jeudi 18 septembre 2014

Que signifie l’intervention de Strelkov ? Cela signifie que Poutine a fait son choix !



Le 17.09.2014

Beaucoup de gens intelligents savent que Poutine n’est pas un roi et ni un dictateur. Dans le sens qu’il ne traite pas toutes les questions sur le principe de "je veux" et un coup de poing sur la table.

Derrière lui, il y a des élites.

Deux camps (comme on le pense). D’un côté, les faucons de type Rogozine, de l’autre – les libéraux "patriotiques". Les uns – le parti de la guerre, les Impériaux prônant la confrontation avec l’Occident et se moquant des sanctions, les autres – pro-occidentaux, prônant le compromis au détriment des intérêts nationaux (bien que ce soit justement en cela qu’ils voient l’intérêt national) – ceux qu’on appelle "les purgeurs". Pour eux, l’amitié avec l’Occident est très importante, ne serait-ce que parce que tout leur fric est là-bas. Certains les appellent – pragmatiques. Douguine les appelle "la sixième colonne". En fait, les sanctions américaines ciblent précisément cette cohorte, et elles ont pour but de provoquer le mécontentement des boyards et de les amener à influencer la politique de Poutine.

Et Poutine lui-même était toujours en équilibre entre les deux camps. Sans privilégier personne. Soit parce qu’il vient de la sécurité d’État, soit parce qu’il est du signe de la "Balance"... Quoi qu’il en soit, la situation paradoxale en Novorussie est liée à la lutte de ces groupes du Kremlin. Les uns veulent purger la Novorussie, négocier avec l’Occident, céder, tout en maintenant pour la Russie un simulacre de visage (les verbiages sur une Ukraine unie prorusse), les autres veulent laver les bottes dans le Dniepr (et même, dans le Dniestr). Les premiers ont tenté d’enterrer Strelkov moyennant des "kourguinian's" apprivoisés, ils ont engagé toutes sortes de négociations secrètes et, finalement, ont ficelé cette "paix" boueuse de Minsk avec tous ses "statuts spéciaux". Les deuxièmes exigent de rompre, au diable ce scénario, et tout de même, d’aller laver leurs bottes.

C’est un moment historique quand Poutine doit faire un choix.

Tous ces racontars du genre d’Iossif Vissarionovitch : « Allo, camarade Beria ? Camarade Abakoumov a dit que vous êtes un ennemi du peuple et qu’il faut vous fusiller... bonne nuit. Allo, camarade Abakoumov ? Camarade Beria a dit que vous êtes un ennemi du peuple et qu’il faut vous fusiller... bonne nuit. Eh bien, j’ai souhaité bonne nuit à tout le monde, maintenant, je peux me coucher », ne passeront pas. De ce choix dépend l’avenir de la Russie, de Poutine lui-même, et peut-être du continent.

Le choix est : soit renoncer sous la pression des sanctions = reconnaître sa défaite = démolir son autorité personnelle, enterrer le concept du Monde Russe, déshonorer la Russie et semer de grands troubles dans la société, ou bien montrer les dents et montrer à l’Occident la Russie qu’ils voient dans leurs rêves humides de submissivité durant toutes ces décennies.

Nous connaissons Poutine. Nous savons que c’est un combattant. Tout le monde le sait. Nous savons que, bien qu’il soit un homme pragmatique, il est assez émotionnel. Nous n’avions aucun doute de quelle serait la position que prendrait cet homme quand on commencera à lui imposer l’obéissance par la contrainte. Et aux hommes politiques occidentaux qui ne le comprennent pas, il est grand temps de remettre le prix de Darwin.

Parce que Poutine a fait un choix.

Je pense que Poutine a choisi la guerre. Bon, ok, disons-le de manière plus soft : une position ferme sans compromis dictée par les intérêts du peuple russe. La vidéo avec la bougie à la mémoire des défenseurs de la Novorussie, morts au combat, n’est pas le fruit du hasard. C’est un message. Sur cette vidéo, le président de la Fédération de Russie a prononcé le mot « Novorossia ». Et en le disant, il regardait droit dans la caméra. Ceci est important. Quand Poutine donne des interviews, il regarde le journaliste, et non pas la caméra. Ici, il nous a tous regardés dans les yeux. Et il avait de l’émotion dans la voix. On l’entend. Elle a humainement tremblé. Comme chez tout le monde dans les moments de profonde tristesse et de douleur. Je doute qu’il l’ait répété.

Et puis, il y a le discours de Strelkov.

Très audacieux. Dans lequel il s’exprime très clairement. Qui est l’ennemi, quels sont les objectifs des Russes, et avec qui il faut se battre. L’essentiel est – qu’il faut nettoyer l’entourage de Poutine des traîtres et des ennemis de Poutine. Et, en fait, c’est pour cela qu’il est ici, et non pas en Novorussie. C’est-à-dire, que cela est encore plus important que la guerre dans le Donbass. Eh bien, il n’a pas dit exactement cela, mais le fil rouge y est. Et Igor Ivanovitch a promis de formuler bientôt un plan.

Je pense que la déclaration de Strelkov – n’est pas seulement la déclaration de Strelkov.

Vladimir Poutine a choisi son camp et, par conséquent, les membres de l’autre camp doivent être "ratissés". Ainsi faisait le susmentionné Iossif Vissarionovitch. Eh bien, non pas littéralement, bien sûr... Par d’autres méthodes. De façon culturelle et civilisée. Et certainement pas avec les mains de Strelkov. Mais ils vont résister. Et ils ont de l’argent, des ressources. C’est la première chose. La deuxième – les sanctions deviennent vraiment sévères (si avant on piquait l’ours avec un bâton, maintenant on le pique avec une lance) et les sanctions de riposte seront également sévères. Et lourdes pour les Russes. Aux "jambon cru et camembert" s’ajoutent maintenant les automobiles et les vêtements. C’est-à-dire, qu’elles vont toucher des milieux plus larges de citoyens russes. Et les sanctions contre les secteurs énergétiques et bancaires peuvent ébranler l’économie, avec toutes les conséquences toujours pour les mêmes citoyens de Russie. Dans la société, le scepticisme peut commencer à croître, se transformant progressivement en protestation. Naturellement, soigneusement attisée par ceux qui seront ratissés. C’est ici qu’on a besoin de Strelkov.

Strelkov – c’est une icône. Strelkov – c’est une bannière. Strelkov – c’est le centre autour duquel se rassembleront les patriotes.

Et le principal patriote de la Russie – c'est le Souverain. C’est ce que Strelkov a dit. Au-dessus de lui était accrochée une photo de Poutine.

Strelkov – c’est le soutien de Poutine. Strelkov – c’est un phare dans l’obscurité, qui débutera bientôt en Russie. Igor Ivanovitch va créer la force (sous forme d’une association, d’un parti, je ne sais pas...) qui résistera aux troubles. Les "patriotes" libéraux (la sixième colonne selon Douguine) ont essayé de discréditer son nom, se rendant compte de l’envergure du personnage. Ils voulaient traîner dans la boue l’image de "Strelkov-de-fer" aux yeux des Russes patriotiques, afin de semer la déception et la frustration dans leurs cœurs. Le ressentiment. Et après avoir coulé la Novorussie (ce qu’ils ont préparé de leurs propres mains), canaliser la colère des patriotes (et même elle se dirigerait toute seule) contre le traître principal des Russes et du Monde Russe – Poutine. Et puis, dans la frénésie révolutionnaire fusionneront les rubans blancs et nationalistes, les libéraux, gauche et droite.

Le plan visant à démanteler la Novorussie – est un plan de renversement de Poutine.

Le sérénissime n’est pas un imbécile, il comprend tout cela, c’est juste qu’il était décontenancé par le prix à payer, en choisissant définitivement le "parti du bien". Je pense ainsi. Et le prix – c’est peut-être la guerre globale. Il pesait longuement (du signe de la Balance...), et il a pris la décision finale. Je pense ainsi.

Je pense qu’il a commencé à soupeser depuis longtemps. Pourquoi des exercices militaires d’envergure dans toute la Russie ? Pourquoi des centaines de milliards de dollars pour le complexe militaro-industriel ? Pourquoi le réarmement intensif de toute l’armée, la construction des sous-marins, des hélicoptères, de divers autres équipements militaires, l’uniforme de Youdachkine et les troupes de débarquement dans l’Arctique ? Non, les gars, mieux vaut préparer les traîneaux en été.

Strelkov a clairement fait comprendre (il l'a déclaré en clair) que faire de lui une image du combattant contre le régime, le mettre dans le camp protestataire du marais libéral – c'était peine perdue. Vous aurez les trous de l’Emmental, et pas Strelkov.

Le Monde Russe – ce n’est pas une abstraction. Le Monde Russe commence à se matérialiser. La Russie entre dans une nouvelle ère. Et ce processus est très dangereux. Le Pays prend le large, et ce que nous observons maintenant – c’est le largage des amarres. Dans ce périlleux voyage, le vent soufflera en tempête, la mer passera par-dessus bord, et toutes sortes de monstres océaniques (transocéaniques) vont briser les mâts de leurs tentacules et le tirer au fond. Et peut-être même des pirates tenteront de le prendre à l’abordage ou bien tireront un coup foudroyant de canon. Tout est possible.

Le plus important, c’est de choisir une bonne équipe. Puisqu’on commence à larguer les amarres.

Alexandre Douguine
Agence centrale d’information de Nouvelle-Russie
Novorus.info

Article original : LIEN

Source : Paralipomènes d'une journée ordinaire
Traduction : GalCha

mercredi 17 septembre 2014

Ukraine/Novorossia : SITREP des combats du 17.09.2014



les opérations au cours des derniers jours.


Dans l'ensemble, le "cessez-le-feu" semble se maintenir même si les deux camps sont engagés dans leurs préparations respectives en vue de sa conclusion inévitable. Pour la partie ukrainienne, il s'agit de la poursuite de l'accumulation de renforts - principalement dans les régions de Donetsk et du nord et dans la région de Telmanovo au sud.

Aménagement routier ukrainien dans le Donbass
Les FAN sont passés dans ce qu'on peut appeler une phase de «défense active», c'est à dire des tentatives de perturber les déplacements et l'avancée des renforts ukrainiens. A cet effet, les opérations suivantes ont été effectuées : 

Rencontre entre un "rebelle" et un ukrainien pendant un échange de prisonniers
1. L'encerclement des forces ukrainiennes dans le secteur de Debaltsevo, à l'E de Gorlovka. Bien que, comme mentionné précédemment, cet encerclement ne serait probablement pas capable de résister à une attaque vigoureuse, il a forcé le camp ukrainien à stopper l'avancée de ses renforts dans ce secteur face à l'étroite bande de territoire entre les localités de Vuglegorsk et Mironovskoe, à 20 km au NO de Debaltsevo, ou les engager dans des attaques locales pour tenter de rouvrir la route de Debaltsevo.

Membres de la garde nats/Secteur Droit soutenant l’État Islamique en Irak
2.  L'aéroport, où les FAN ont passé les deux derniers jours à essayer de déloger les forces ukrainiennes, n'est qu'un succès partiel. Certains rapports disent que les FAN ont réussi à chasser les forces ukrainiennes de certains bâtiments de l'aéroport, mais ce n'est pas confirmé. On signale également que la partie ukrainienne a été renforcée avec un maximum de deux douzaines de chars, ce qui peut aider à expliquer leur résistance tenace.


MàJ : Les FAN aujourd'hui, à l'aéroport de Donetsk

Deux missiles dans le même cratère, c'est possible
3. Selon un rapport d'il y a un jour ou deux, les FAN ont réussi à couper un grand corps de troupes ukrainiennes en deux au S de Gorlovka, dans la région de Panteleimonovka.
 

4. Aujourd'hui, il a été rapporté que les FAN ont capturé un bloc post ukrainien dans le secteur de Yasinavata et ont repoussé des éléments de la 93e Brigade ukrainienne vers l'O.

MàJ : Ce soir 17.09, un rapport confirme la prise de Novotroïska par les FAN à 30 km S de Donetsk sur l'autoroute directe Donetsk-Marioupol.

La centrale de Schastye en feu, aujourd'hui
5. La centrale thermique de Schastye au N de Lougansk a été endommagée et partiellement détruite. Les ukrainiens en rejettent la responsabilité sur les FAN, pourtant, il y a peu, le commandant du fameux bataillon "Aïdar", Sergeï Melnychuk se vantait publiquement d'avoir placé des charges explosives dans la centrale de manière a priver la région de courant en cas de retraite forcée de ses troupes. 


Vidéo Sous-titrée en anglais 

6. Donetsk et Lougansk unissent leurs forces armées. La nouvelle structure sera appelée les Forces armées unies de Novorossia. Les républiques populaires autoproclamées ont décidé de mettre en place des forces armées unifiées, a déclaré le service de presse de la république de Donetsk mardi.
Le lieutenant-général Ivan Korsun a été nommé commandant des forces armées.

Carte de la situation au 16/09 : Statu quo
 Vidéos :


CESSEZ LE FEU ? VOUS AVEZ DIT CESSEZ LE FEU ?
Un petit aperçu de l'application des accords de Minsk par la junte de "Piètre" Porochenko !
(Erwan Castel)


Vidéo filmée à partir du casque d'un combattant du bataillon Azov pendant la bataille (la débâcle) de Yasinavata. Enregistrement retrouvé sur le champ de bataille par les FAN. On distingue bien de l'anglais parlé avec un fort accent étranger... Peut-être belge ou français, il est probablement mort depuis, en tout cas.


A Slaviansk, comme ce qui reste de la population n'est pas suffisamment convaincu de son bonheur d'avoir été "libéré" par les troupes démocratiques et progressistes ukrainiennes, un blindé équipé de haut-parleurs est chargé de le lui rappeler en permanence.


Colonne de lanceurs BM-30 "SMERCH" ukrainiens en direction de l'Est (Non confirmée)


Nettoyage de Vergunka par l'escouade "Batman" des FAN, 11-13.08.2014 (S/T ang.)

Première neige dans l'Oural. L'hiver va être rude à Kiev.
Pendant ce temps, justement, à Kiev :


Les "patriotes ukrainiens" de Pravy sektor attaquent le parlement


Kiev, le 17.09.2014

(A suivre...)

lundi 15 septembre 2014

Ukraine/Novorossia : Réalité fluctuante dans les médias


Un échantillon de l'info vue selon le pays :
 
-Ukraine 5 : la Russie frappe un grand coup
 

-Russie 24 : les punisseurs ukrainiens ont tiré sur leurs propres citoyens

-Al Jazeera : hein ???

A priori, à ce que je sais du moins et selon toute vraisemblance, il s'agit bien d'un camion des Forces Novorossiennes touché par un missile 'Smerch' ukrainien qui n'a pas explosé.

MàJ : Vue sous un autre angle, avec soldat des FAN en cadeau :

 

dimanche 14 septembre 2014

Ukraine/Novorossia : SITREP des combats de la semaine du 8 au 14.09.2014


Le 14 septembre, intenses combats sur l'aéroport de Donetsk :


Une bataille féroce se déroule le long de la route entre Donetsk et Gorlovka. Les Forces ukrainiennes situées à l'aéroport ont tiré des salves de Grad et d'artillerie contre les quartiers de Donetsk Oktyabrsky, Kievsky et Azotny. Les habitants auraient fui dans la panique. Beaucoup de résidences privées sont en feu. Le nombre de victimes est inconnu. Les FAN auraient répondu avec un contre-feu de Grads contre les forces ukrainiennes retranchées à l'aéroport.

MàJ : "Depuis ce matin, Donetsk a subi une quarantaine de tirs. Pour le moment, on compte près de 20 morts parmi les civils, tandis que six personnes ont été grièvement blessées", a indiqué M.Zakhartchenko dans une interview accordée à la chaîne de télévision russe LifeNews. 
(Info : André Chanclu) 


(18+) Bombardements à Donetsk (S/T Ang.) -Attention, images très dures!-


Banlieue de Donetsk, aujourd'hui
 
Que s'est-il passé la semaine dernière?

Pont détruit par les ukrainiens près de Marioupol
Marioupol - Les Ukrainiens ont créé au moins deux anneaux défensifs autour de la ville. Ils ont également fait sauter au moins un pont menant à la ville et minés plusieurs autres avec des explosifs. Des échanges de territoires se déroulent dans la banlieue de Marioupol, les FAN semblent abandonner la banlieue nord-est de Talakivka, mais occupent toujours la banlieue E de Sakanka. Il y a eu un rapport, il y a près d'une semaine, d'une colonne de blindés ukrainiens prise en embuscade à l'extérieur de Marioupol, dans laquelle jusqu'à 18 T-64, 2 APC et 10 camions ont été détruits. Quelques jours plus tard, un nouveau rapport faisait état d'une autre colonne prise dans une embuscade, cette fois avec 2 APC et quatre autres véhicules détruits ainsi que 6 chars capturés.

 
Tout nouveau "wunderwaffe" ukrainien sur chassis UAZ-469B, construit en juillet et équipant la 11eme motorisée "Kievian Rus" à slaviansk.
A Telmanovo, un important carrefour routier à 45 km NE de Marioupol, les forces ukrainiennes ont tenté de s'emparer de la ville il y a une semaine. La tentative a été déjouée et les troupes ukrainiennes auraient abandonné une grande quantité de matériel - incluant un certain nombre de 4X4 blindés KRAZ Cougar (9 selon un rapport, 3 selon un autre). Selon le décompte officiel le plus récent, les forces ukrainiennes en possédaient seulement 10.

KRAZ "Cougar" passés aux mains des FAN
Dans la région de Donetsk, la banlieue sud-ouest de Marinka a apparemment changé de mains à plusieurs reprises. Rapports de bombardements ukrainiens sur les villes de Yelenovka et Pétrovskoïé. Les forces ukrainiennes ont fortement poussé vers Yasinavata dans la banlieue N de Donetsk. Il y a toujours des duels sporadiques d'artillerie et de roquettes à l'aéroport de Donetsk, où quelque 200 soldats/mercenaires ukrainiens sont restés terrés. Il y a eu plusieurs tentatives des FAN pour les déloger - sans succès.

Tank d'Igor "Demon" Bezler qui commande la brigade de Gorlovka et affiche ses gouts musicaux
Dans le secteur de Gorlovka, on observe encore des bombardements sporadiques de la ville. Le commandant Mozgovoï des FAN de la RPL a annoncé il y a quelques jours que ses forces étaient entrées dans Svetlodarsk et qu'ainsi entre 1500 et 2000 soldats ukrainiens et une grande quantité de matériel sont maintenant encerclés dans la zone de Debaltsevo. Cependant, il me semble peu probable que cet encerclement soit suffisamment solide pour résister à un assaut ukrainien ferme et déterminé.

 
Dans la région de Lougansk, il y a encore des éléments ukrainiens dispersés encerclés au S et SO de la ville. On a rapporté une tentative de la part des forces ukrainiennes d'établir une position proche de Shchastya, au N de Lougansk, mais ils ont été repoussés par les troupes de la RPL.
 
Drapeau de Kharkov
Du coté des partisans, les maquisards de Zaporojie ont affirmé avoir attaqué un convoi militaire en route vers Marioupol il y a une semaine, mais le décompte des pertes ukrainiennes n'a pas été révélé. Les partisans de Kharkov ont affirmé avoir intercepté un convoi de nouvelles recrues en route vers le front. Sur les 84 recrues, 9 auraient rejoint les partisans, 20 ont déclaré vouloir demander l'asile en Russie et le reste a décidé de rentrer à la maison. Ils affirment également avoir fait sauter un train transportant du carburant aux forces ukrainiennes.


Nuit du 12 au 13.09.2014, Incendie et explosion à la station de chemin de fer de la base militaire de Kharkov
 
Alors que les forces ukrainiennes continuent à envoyer des renforts et des équipements en première ligne, les FAN et les milices de la RPD n'ont pas manqué de construire des défenses à Makeïevka, Marinka, Peski, Karlovka, Kharzysk, Zugres, et Stepano-Krynka, y compris des fortifications et des tranchées antichars. Les Forces Armées de Novorossia (FAN) ont également mis en place un certain nombre de centres de formation, avec entrainement pour le déminage des ponts et des bâtiments, l'artillerie, le sauvetage d'otages, et pour les manœuvres de contre-attaque rapides. Quelque 200 véhicules militaires sont en cours de réparation - environ 50 devraient être livrés au service actif dans la semaine.


Restes ukrainiens après le nettoyage de Motorola sur Komsomolsk
 
Du coté ukrainien on rapporte que le bataillon de "volontaires" Shakhtyarsk aurait été dissous, tandis que le bataillon de 400 hommes Tcherkassy a lui, purement et simplement déserté. Par ailleurs 200 soldats de la 55eme brigade aéromobile ont refusé de servir dans l'OAT.


Motorola au travail (S/T Ang. Merci à "Kurgan" pour le lien!)


Cartes de la situation (approximative) au 14.09


MàJ : Vidéo de la fuite ukrainienne du chaudron d'Ilovaïsk

- /Bertrand (avec l'aide de "Goblin")-

samedi 13 septembre 2014

La Brigade fantôme (Prizrak)


La brigade « Prizrak » (« fantôme ») opère sur le secteur Nord du front du Donbass, entre Lougansk et Gorlovka. Elle y tient un front large de 90 km. Elle est dorénavant composée d’environ 2.000 hommes et officiers, et elle est dotée d’environ 10 chars lourds (T-64), de 50 blindés d’infanterie (BMP-2, BTR, BRDM, MT-LB), de canons antiaériens ZU-23/2, de 30 mortiers et 30 pièces d’artillerie (122 D-30), ainsi que de 10 lance-roquettes multiples BM-21 Grad. C’est elle qui devrait être chargée d’encercler et capturer Debaltsevo, si l’assaut est lancé au Nord, là où sont retranchés un bataillon incomplet de la 25e brigade de parachutistes ukrainienne et des éléments du 11e « bataillon » de la défense territoriale « Kievan Rus », dont le commandant, Oleksandr Gumeniuk a été tué le 15 août.

Alexeï Mozgovoï, commandant de la brigade Prizrak
De nombreux volontaires se sont engagés dans la brigade d'auto-défense d'Alexeï Mozgovoï, ces derniers jours, la vidéo suivante montre le serment militaire à la Novorossia des volontaires de la brigade Prizrak, le 09.09.2014 :



Source : Le Saker Français

Post-Scriptum : Une vidéo signalée par "anonyme" :

Conférence de presse du 08.09.2014

jeudi 11 septembre 2014

Ukraine/Novorossia - Strelkov : "Vous ne pouvez pas imaginer d'accords plus honteux que ceux de Minsk." (Vidéo S/T fra.ang.)



Conférence de presse d'Igor Strelkov sur la chaine "Tsargrad TV" du 11 septembre 2014


1ere partie (S/T Fra.)


2eme partie (S/T Fra.)


Intrégrale (S/T Ang.)

Vidéo en français : Yelena Delville et Svetlana Kissileva pour Novorossia News (un grand merci à elles pour ce formidable travail!)
Vidéo en Anglais : Kazzura

Le Nationalisme Donbassien





Par Leonid Savine*

Les événements en cours dans le Sud Est de l'Ukraine dévoilent un phénomène extrêmement important. Il s’agit non Seulement de l’indicateur d’un front de la lutte géopolitique entre l’Occident et un club de la construction mondiale multipolaire; de la rupture au sein même de la nature de l’Etat ukrainien qui, ces derniers temps, intervient en qualité de satellite et client de Washington et de Bruxelles ; de la croissance de la conscience politique des citoyens (dans le sens où les citadins défendent leurs droits et libertés les armes à la main plutôt que d’être les sujets d’un Etat wébérien faible et incapable de les protéger de l’arbitraire de leurs opposants politiques ni encore de continuer à remplir ses obligations sociales) ; mais aussi la manifestation d’un nouveau nationalisme, unique en ses caractéristiques et objectifs.

Nombreux sont ceux qui ont l’habitude d’envisager le nationalisme selon deux caractéristiques fondamentales, basées l’une sur la culture, y compris la langue (version allemande) et l’autre sur la politique (variante française). Toutefois, le nationalisme a au fond un assortiment d’attributs beaucoup plus large, dans lequel entrent l’ethnicité, la solidarité de groupe, les autoreprésentations et identifications. C’est précisément selon cette approche que nous examinerons les processus de désintégration de l’Etat ukrainien se développant actuellement dans le Sud-est, et que nous identifions comme l’expression du nationalisme donbassien.

Le caractère politique du processus apparaît de façon suffisamment évidente dès lors qu’à Lougansk, à Donetsk, à Slaviansk et dans une série d’autres cités, nous voyons clairement s’incarner la notion de sujet politique. Cette qualité de sujet politique entra dans sa phase active de formation dans la période de conflit tout comme ce fut le cas en Abkhazie et en Ossétie du Sud, lorsque dans le contexte de l’aversion aiguë de la politique extrêmement chauviniste du président géorgien Gamsakhourdia, s’enflammèrent des foyers de résistance et résonnèrent les déclarations d’indépendance vis-à-vis de la Géorgie.

Dans d'autres régions du monde, nous pouvons observer de semblables aspirations à devenir sujet politique. Elles y sont liées au facteur ethnique et connaissent des voies de résolution diverses. Il s'agit en Grande Bretagne des nationalismes irlandais et écossais, et en Espagne des nationalismes basque et catalan. Les partisans de l'unification et de la création d'une nation ukrainienne unitaire passent cela intentionnellement sous silence, malgré que ce soit précisément ces mouvements nationalistes européens qui viennent à l'esprit dès qu'on fait appel à l'idée de nation. Évidemment, l'Ukraine était vouée aux différentes formes d'ethno-nationalisme, du moins si on se place du point de vue de la géographie politique : par comparaison aux autres pays d'Europe, cette ancienne république soviétique est trop grande pour être une seule masse uniforme, homogénéisée en termes de culture nationale, d'histoire et de pratique sociopolitique. Il est clair qu'en dehors du nationalisme artificiel et en grande partie théorique des débordements bandéristes, il existe en Ukraine d'autres formes identitaires, depuis la ruthène à l'extrême Ouest jusqu'à la Slobode et à celle propre à l'empire russe à l'Est.

Selon la typologie, le nationalisme donbassien peut être défini comme étant du type mixte. D'une part il est situationnel, c'est-à-dire doté d'une spécificité constructiviste, à laquelle se sont heurtés les agissements de la junte de Kiev. Mais en outre, il est primordial, c'est-à-dire qu'il dispose de profondes racines historiques et de ce qu'il est convenu d’appeler une connaissance sous-jacente. La déficience de la politique libérale-galicienne des officiels de Kiev au cours des dix dernières années, eut pour conséquence que l'embryon de nationalisme donbassien pu croître et se renforcer, et ce sous différentes variantes, toutes enracinées dans une seule plate-forme globale. Si en son temps l'on eu introduit le fédéralisme, il est possible que l'Ukraine eut échappé à la situation actuelle. Et dans le cadre d'un nationalisme inclusif officiel, à différents niveaux, linguistiques et culturels, il nous serait donné de voir quelque chose de semblable à ce qui existe avec les länder de l'Allemagne et les cantons suisses (nous prenons de telles variantes en considération, compte tenu de l'apparition fréquente du vecteur et du choix européen de l'Ukraine de la part de ses différentes forces politiques au cours des quinze dernières années). Mais ceci ne se produisit pas.

Dans la mesure où des aspects primordiaux se situent le plus souvent dans l'argumentation des mouvements nationalistes (et de libération nationale), il est nécessaire d'examiner en détail toutes les phases historiques qui y sont liées afin de proposer une succession unique de couches, qui peut inclure une mythologie propre, ainsi que la mémoire historique. Une première phase concerne la période protoétatique, lorsque manquait l'expression claire des spécificités de l'Etat moderne, liées à la compréhension de la souveraineté. Nous y décelons toutefois des facteurs intéressants, tels que la présence des Alains (sarmates et scythes) dans la région du Don inférieur, et plus haut, sur la rive gauche du Dniepr et au Nord du littoral de la Mer d'Azov. Ainsi, alors que la Crimée est intégrée dans la sphère du monde hellénique, le Donbass fait partie de la sphère culturelle Alano-sarmatienne.

La deuxième phase, relative à la période des grandes migrations des peuples, témoigne du passage de nombreux peuples à travers le territoire que nous examinons, ainsi que de l'installation de certains d'entre eux dans ce dernier. Outre les slaves arrivèrent des peuples turcophones ; Petchenègues, Torques, Polovtses, Bérendiens, souvent désignés sous l'appellation de « chapeaux noirs ». Le territoire lui-même passa sous l'emprise du Kaghanat Khazar, et ensuite fut intégré dans la Horde d'Or.

Au cours de la troisième phase, la région devint terra nullius, étendue sauvage dépourvue de structure politique claire, contiguë à la périphérie des possessions de différentes puissances (Empire russe, Royaume polonais, Khanat de Crimée et Empire Ottoman) dont les intérêts rivaux pouvaient se traduire en conflits guerriers. Il est opportun de se souvenir du courrier qu'adressa Yvan le Terrible au Khan de Crimée, lui indiquant que les cosaques vivant sur ce territoire et importunant les Tatares n'avaient aucun lien avec l'empire moscovite ; il s'agissait d'un peuple libre. Mais de tels limes ne demeurent pas longtemps autonomes, car les « gros joueurs » ont besoin de contrôler les voies de communication terrestres, fluviales et marines, ainsi que de constituer des zones tampons destinées à protéger la métropole de toute surprise.

C'est ainsi que fut créé la « Nouvelle Russie », quand au cours de la guerre contre l'Empire Ottoman elle s'appropria la région riveraine de la Mer Noire ainsi que des districts plus éloignés. Il est extrêmement important d'observer que la région du Donbass fut influencée par le facteur de croisement des cultures, celles-ci étant toutefois reliées par une identité chrétienne orthodoxe commune : dans les districts actuels de Lougansk et de Donetsk apparut une unité militaro-agricole portant la dénomination de « Slaviano-Serbie », et de même, lors de l'avancée turque dans les Balkans émigrèrent dans la région des Serbes, des Monténégrins et des Valaques (ainsi, une autre unité apparut dans le district de Kirovograd : la « Nouvelle Serbie ».) De fait, sur le territoire de Slaviansk apparurent, plus tôt encore, un détachement de guerriers Monténégrins qui s’installèrent dans la place fortifiée de Tor (La localité d’Ostrojets apparut à cet endroit en 1637). Nous observons en ce nom de lieu une connotation intéressante. L’homme de sciences norvégien, grand voyageur et explorateur, Thor Heyerdahl, alors qu’il tentait de remonter aux sources de la mythologie scandinave, parvint à la conclusion que la divinité suprême du panthéon païen, Odin, fut un personnage historique, chef d’une peuplade, qui remonta du Don inférieur jusqu’au Nord de l’Europe. Comme nous le savons, Odin comptait dans sa suite Thor, porteur du foudre, et concerné directement par la guerre et les pratiques guerrières. Thor sacrifia son bras afin que les dieux trompent la ruse du loup Fenrir, incarnation du mal dans la mythologie scandinave.

La phase suivante fut l’unification territoriale et politique par l’Empire de Russie, à travers la constitution de la Terre (plus tard « Oblast ») de l’Armée du Don. Ici se combinent les facteurs cosaque et religieux. La majorité des cosaques rejeta les réformes du Patriarche Nikon et s’en tinrent à la « vieille foi ». A cette phase succéda la période de la révolution d’octobre, marquée par la tentative de création de la République de la Grande Armée du Don, de Donetsk et Krivoï Rog. Toutefois, le territoire fut intégré aux composantes de l’Ukraine.

Ensuite vient l’époque de la modernisation stalinienne, au cours de laquelle un flot de nouveaux arrivants contribua à établir l’industrie régionale. Il est clair que le caractère travailleur et les exploits héroïques des mineurs et des métallurgistes, par opposition aux figures laborieuses des marchands et des politiciens (la crypto-bourgeoisie) exerça également une influence dans le processus profond de prise de conscience de l’identité « donbassienne ». Cette phase se prolonge organiquement dans la période postsoviétique, au cours de laquelle on pu entendre de la bouche même des habitants de la région l’expression « nous somme du Donbass » plutôt que d’évoqué toute notion d’appartenance au territoire ukrainien dans son ensemble.

Le facteur industrie minière prit également une signification déterminante dans la formation de la vision du monde propre aux habitants du Donbass. Le métier de mineur est dangereux. Souvent la mort est au rendez-vous, pour une personne, ou pour un groupe d’entre elles. Une perception de la mort et une relation à celle-ci, toutes particulières, se sont développées, étrangères aux habitants de Polésie ou de Lvov. Les nationalistes de Lvov préfèrent à la mort l’évasion vers l’ « Europe des Lumières » ou vers une nouvelle patrie, comme le Canada, ou la Chicago nord-américaine. C’est ce que firent leurs prédécesseurs après qu’ils eurent décidé de se joindre à la lutte de la CIA contre l’Union soviétique. Au Donbass, les résistants actuels témoignent d’un esprit élevé et passionné propre aux habitants de la région.

En 1991, à l’appel de Kravtchouk, l’intelligentsia (y compris la diaspora) s’impliquèrent dans le processus de formation d’un nouvel Etat ukrainien. La construction d’une semblait extraordinaire, telle l’élaboration d’un mythe, narrant les grands ancêtres, les «ukrainopithèques», les ariens. Il fallait fixer les fondements d’une primordialité de l’idéologie ukrainienne. Cela s’apparentait plutôt au délire intense et aux hallucinations d’esprits malades qu’à l’investigation scientifique et à un programme devant présider à la naissance de nouvelles élites de l’Etat et à l’éducation dans un esprit de patriotisme. Le nationalisme bandérovien est par nature exclusif, et les contradictions internes au nationalisme ukrainien, sévissant entre autres parmi une série d’idéologues du vingtième siècle, exerce plus une fonction répulsive qu’attractive (de telles contradictions sont habituellement bien dissimulées dans les rangs des intellectuels nationalistes actuels, bien que dans leur grande majorité ils soient loin de disposer des connaissances théoriques de Dontsov, Lipa, Stetsko, Mikhnovski et d’autres apologètes du nationalisme ukrainien).

En outre, il convient de remarquer que la région du Donbass n’a pas soutenu l’expansion greco-catholique dont a dû souffrir l’Ukraine Occidentale. Ainsi, c’est à l’Eglise orthodoxe russe du Patriarcat de Moscou que revient la position dominante. Quelques poignées d’hérétiques se proclamant fidèles au Patriarcat de Kiev (les philarétiens), certaines extensions tardives de l’uniatisme et différents courants protestants ne jouent aucun rôle significatif dans la formation de l’état d’esprit dans les oblast de Lougansk et de Donetsk, où ces adeptes et leurs prédicateurs suscitent l’aversion.

En somme nous observons l’apparition d’un phénomène nouveau, unique et intéressant : le nationalisme donbassien. En même temps, il se manifeste en tant que partie intrinsèque d’un nationalisme russe plus vaste, car sa structure est mise en œuvre sur les mêmes fondements que le nationalisme russe, celui-ci exerçant une fonction de coupole, et en tant que lien avec la Russie, tout particulièrement dans les districts du Sud, historiquement liés au Donbass. Et, indépendamment de l’issue de la guerre qui sévit actuellement entre Don et Dniepr, il est évident que le nationalisme donbassien s’intègre organiquement dans le monde russe de l’Eurasie.

geopolitika.ru


*Rédacteur en chef du Portail/ Magazine Geopolitika (http://www.geopolitika.ru/), édité par la Chaire de Sociologie des Relations internationales de l'Université d'État Lomonossov de Moscou, Leonid Savine, aujourd’hui moscovite, est né, a vécu et étudié en Ukraine, où il a exercé la profession de journaliste et de rédacteur en chef de plusieurs magazines. Il est l’auteur de plus d’un millier d’articles dans la presse ukrainienne et la presse russe.
(trad. SP - BDD)

mercredi 10 septembre 2014

Libération de Youri Iourtchenko, les vidéos (S/T Français)

Youri remercie ceux qui l'ont soutenu pendant sa détention
Le 19 août 2014, Youri Iourtchenko, 59 ans, poète, dramaturge et citoyen français, a été fait prisonnier avec sept autres personnes par les troupes du bataillon "Donbass" de la garde nationale ukrainienne, alors qu'il livrait des médicaments aux civils à proximité d’Ilovaïsk.

Détenu dans un sous-sol, "sans air, sans rien", Youri raconte également avoir été enfermé avec un autre prisonnier, un slovaque, dans une grosse boite métallique, une sorte d'armoire en fer, pendant sa première semaine de détention et avoir été sciemment exposé aux tirs des Forces Armées de Novorossia (FAN) qui menaient l'assaut sur la localité. Il a aussi été sévèrement battu et maltraité par ses geôliers comme en témoignent ses blessures.

Mais, comme rien dans une guerre n'est jamais tout noir, ni tout blanc, il doit sa libération à des soldats géorgiens de l'armée ukrainienne (Youri est connu en Géorgie où il a été diplômé de l'institut du théâtre géorgien et acteur du théâtre de Tbilissi dans les années 80).
Ces hommes sont parvenus à le transférer de base en base, falsifiant des documents et mentant sur son identité, jusqu’à organiser son échange contre des prisonniers ukrainiens avec les forces rebelles.

Youri n'est pas homme à se laisser aller à la haine ni au ressentiment, comme on le voit sur la vidéo suivante où il serre la main d'un de ses tortionnaires fait prisonnier par les FAN lors de la prise d'Ilovaisk et qui a demandé à pouvoir s'excuser auprès de lui.
Une magnifique leçon d'humanité nous est ici offerte par un homme hors du commun.
Merci Youra!



Vidéo de l'échange de prisonniers, le 07.09.2014 (S/T Fra. par Laurence Guillon)


Extrait de l'interview réalisée à peine deux heures après sa libération
(S/T Fra. par le "Courrier de Russie")


Vidéo de l'Interview complète
(En russe, S/T Fra. à venir bientôt dans une prochaine mise à jour de l'article)


MàJ : Nouvelle vidéo de Life News (en russe). Devant Youri Iourtchenko,se tiennent les prisonniers du bataillon Donbass qui l'a capturé. Youri est chargé de reconnaître ceux qui l'ont torturé. Mais il se refuse à reconnaitre quiconque, il dit avoir peur de se tromper, ne pas se souvenir des visages mais seulement des voix. Il préfère essayer de reconnaitre ceux qui l'ont aidé, lui ont donné quelque nourriture en cachette ou quelques mots de réconfort. Un des prisonniers se dénonce de lui-même :"Excusez-moi,je vous ai torturé très durement,mais vous comprenez,à la guerre comme à la guerre,c’était mon devoir d'obéir". 
Le dernier,le plus vieux , l'a aidé pendant sa captivité, lui donnant à boire et à manger. Youri lui dit : "j'étais inquiet pour vous,c'est bien que vous soyez vivant." avant de le prendre dans ses bras.

PS : Je tiens à remercier chaleureusement son épouse Dany de son aide inestimable pour la réalisation de cet article.

mardi 9 septembre 2014

Poutine, Strelkov et la sixième colonne


Par Alexandre Douguine

Igor Strelkov est vivant et en bonne santé. Il a été forcé de quitter la République Populaire de Donetsk et les charges qu'il y occupait. En tant qu'homme fidèle au seul Monde Russe, il ne pouvait accepter de jouer selon les règles dictées par le parti qui veut liquider la Novorossia et qui a commencé à reprendre l'initiative à Moscou à la mi-mai. Strelkov était devenu un danger mortel pour la « sixième colonne ». Au moyen de basses intrigues, cette dernière parvint à convaincre la direction russe de rappeler Strelkov.

Dès le début du conflit, j'ai pronostiqué une lutte cruelle entre les patriotes et la sixième colonne au sujet de la bataille pour la Novorossia. Sourkov, de retour au pouvoir incarnait le personnage opposé à Strelkov. Il incarnait le clan oligarque, les réseaux d'influence, la bourgeoisie compradore et les restes ratés de la famille Eltsine, c'est-à-dire le pôle du parti de la liquidation.

Mais Strelkov n'allait pas partir dans n'importe quelles circonstances, si ce n'était un ultimatum : tu sors de la République Populaire de Donetsk, et on fournit une aide suffisante pour créer un revirement des forces sur le terrain. Strelkov est devenu le nom du Printemps Russe, une figure du mythe russe. Si l'aide lui avait été fournie, il aurait pris la tête de la Grande Offensive, et le réveil populaire aurait été irréversible, non seulement en Novorossia, mais en Russie même. Avons-nous bien accordé attention au revirement, au sens militaire, à la fin juillet, à peu près au moment du départ de Strelkov ? Avons nous bien compris la déclaration de Zakharchenko au sujet du renforcement de 1200 hommes ? Nous souvenons-nous du moment où les médias de la junte ont commencé à glapir au sujet des « soldats russes » ? Quand donc fut rompu le siège de Donetsk et de Lougansk et commença la marche vers Marioupol ?

De sombres intrigues politiques se nouaient, en parallèle aux succès militaires. A Moscou, d'un côté, on se chargeait de l'aide concrète ; d'un autre on s'occupait de technologie politique. Les récits des uns et des autres diffèrent. Le départ de Strelkov priva la RPD d'un centre politico-militaire. Alors débutèrent les processus destructifs dans la direction des deux républiques du Donbass. Le parti de la liquidation se vit face à un système plus malléable. S'en suivirent des déclarations contradictoires, du type de celles de Minsk, et puis vinrent les démarches très ambiguës d'Antioufeev, qui contribuèrent à ce que commencent à s'effondrer les forces qui était à la source même de la RPD.

Là où se trouve Sourkov, là sévissent le mensonge, l'intrigue, la vilenie, le gâchis, le simulacre, les manigances de Kourganine, et l'échec. Dans un tel milieu, semblable à l'acide sulfurique, un personnage héroïque tel Strelkov ne peut subsister.

Mais il ne faut pas accuser Sourkov seulement. Il est intégré au réseau ramifié de l'oligarchie pro-américaine de la Russie des années '90, oligarchie réformatrice libérale et s'appuyant sur des réseaux d'influence. Il a des alliés à tous les étages du pouvoir russe, depuis l'administration présidentielle jusqu'au sein du gouvernement. De telles coteries existent chez les militaires et dans les services spéciaux. A la fin des années '80 et pendant les années '90, c'est à peine si on n'encourageait pas la collaboration de nos services spéciaux avec ceux des Américains et des Européens. Pendant longtemps, Primakov, partisan de Gorbachev et de la perestroïka, a dirigé le Service des Renseignements Extérieurs et a promu plus d'un personnage douteux dans les hautes sphères du pouvoir.
Après la Crimée, tout ce réseau a été mis sur le pied de guerre. Une série de personnes (très) proches de Poutine sont intervenues directement et ouvertement contre son attitude décidée envers l'Ukraine et envers la Crimée. Mais lorsque commença l'insurrection en Novorossia, la sixième colonne s'insurgea véritablement contre Poutine. Jusqu'ici, il s'agit d'une insurrection matérielle, d'un sabotage actif. Mais les agents de la sixième colonne, stimulés par l'Occident vont clairement passer à une nouvelle étape, et pousseront les choses jusqu'à susciter un maïdan russe. Dans de telles circonstances, le patriote Igor Strelkov, fidèle à Poutine et incarnant l'éveil populaire, ne pouvait être qu'une pierre d'achoppement. Voilà la raison de son péremptoire rappel hors de la RPD. Pour Strelkov, une aide à la RPD, suffisante pour créer un revirement militaire, c'est fondamental, et Poutine , c'est le chef suprême. Voilà les deux motifs de son départ. L'aide est arrivée, de même que l'ordre de partir. Mais pour autant que je comprenne, il n'est pas résigné à demeurer inactif et veut poursuivre son combat pour la Russie et le Monde Russe, combat entamé il y a longtemps, mené sur les fronts de Bosnie, de Transnistrie, de Tchétchénie, de Crimée et du Donbass, de même qu'au sein du FSB de la République de Russie, où il a servi 16 ans en tant que colonel.

Il y en a qui servent sous l'effet de la peur. D'autres sont mus par leur conscience. Strelkov sert en conscience, une conscience combative. Il sert la Russie en tant qu'Idée, en tant qu'Histoire, en tant que Peuple, en tant qu'Empire.

Depuis son départ, on observe deux tendances en Novorossia :

1.l'arrivée de l'aide en contrepartie de son départ (le début de l'offensive).

2. le parti des liquidateurs se conduit en Novorossia comme chez lui, ne rencontrant plus l'opposition de l'inflexible patriote Strelkov et des révolutionnaires de la première vague, qui s'appuyaient sur lui.

Voilà les circonstances dans lesquelles les négociations de paix furent entamées. Porochenko est hanté par l'effroi face à l'effondrement de son opération militaire et à un quasi effondrement. Mais le parti russe des liquidateurs, en échange de la promesse de levée des sanctions, ou encore du retrait d'une nouvelle série de celles-ci, accourt à l'aide de la junte, acculée au bord du gouffre par les succès militaires de la Novorossia. En Finlande des oiseaux de la nichée de Primakov ont mené des entretiens secrets avec le Council of Foreign Relations, tentant de concrétiser le lâchage de la Novorossia. Il s'agit, fondamentalement, du sabotage des décisions patriotiques de Poutine.

En Russie même, les réseaux libéraux ont repris la chasse aux patriotes. Ceux-ci sont démonisés, noircis, calomniés, salis, accusés de « fascisme » et de tous les péchés mortels. Bien entendu, Igor Strelkov est une des cibles principales.

Nous entrons dans une période extrêmement difficile, la sixième colonne liquide la Novorossia, mais elle prépare aussi le renversement de Poutine. Bien sûr, il est fort et décidé. Mais l'élite russe formée dans les années '80 et '90 consiste presqu'exclusivement en libéraux, en partisans de l'Occident et fondamentalement en traîtres à la cause nationale. Ce milieu corrompu a transformé, lavé, et corrompu jusqu'aux militaires et forces de sécurité arrivés au pouvoir avec Poutine. Comment ? On le constate avec l'exemple de la Novorossia : on fait entrer dans l'affaire des technologues de la politique, les intrigues démarrent, et puis les affrontements, la corruption, la tromperie, et la liquidation.

Si on laisse échapper la Novorossia, on perdra la Crimée, quelles qu'aient pu être les promesses que nous aurait faites l'Occident à travers ses réseaux d'influence. Et surtout : nous laisserons échapper l'Idée Russe, trompant les attentes du peuple russe qui commence à s'éveiller, à s'unir et retrouver confiance en lui-même. On en reviendra à un point critique, semblable à celui de la Période des Troubles (au début du 17e siècle), à celui des révoltes en 1917. Et de nouveau, comme si souvent au cours de l'histoire russe, le Guide est arraché et isolé du peuple, et entouré d'une élite traîtresse qui le hait et hait le peuple et joue lâchement à les opposer.
Toutes les conversations concernant un « plan astucieux » ne sont que rêveries naïves. Aujourd'hui, la situation est très difficile pour Poutine. Il n' a pu se décider à miser sur le peuple et à mener jusqu'à la victoire (si proche!) la guerre dans laquelle l'Occident l'a fait entrer. Mais son élite (la sixième colonne), l'a trompé ouvertement. Derrière leur dévouement personnel se cache le réseau d'influence, au service du seul capital, ceux qui espionnent Poutine. Dans la Bible, il est écrit : « Là où est ton trésor, là est ton cœur ». Leur trésor se trouve dans les banques étrangères et offshore, leurs familles et leurs villas sont en Occident. C'est pourquoi leur loyauté est mensongère et intéressée. Ils servent un autre dieu : mammon, leviathan. Dans les situations critiques, seul le peuple peut être un soutien réel pour le Guide, le peuple et son avant-garde patriotique. Le nom de cette avant-garde est Igor Strelkov.

Nous n'avons pas besoin d'un cessez-le-feu. Nous avons besoin de la libération de toute la Novorossia. Nous avons besoin qu'il soit mis un terme au déchaînement de la junte. Il est fini, le temps du faux patriotisme sur commande, dans l'esprit du Seliger et des « nachis ». Nous avons besoin d'une réelle révolution conservatrice, et si elle vient d'en haut, elle ne sera que molle et apprêtée.

Alexandre Douguine, le 06 septembre 2014

(Trad. SP-BDD)
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Sanctions contre la Russie : l'Occident spécule sur la chute de Poutine

L'Union Européenne se heurte à la vision du monde adoptée par le Président Poutine. 
Le Premier Ministre Medvedev est mieux adapté à l'image occidentale.
Voici un article, une fois n'est pas coutume, venu de la presse allemande, paru le 04.09.2014 sur le site du magazine "Deutsche Wirtschafts Nachrichten" (Les Nouvelles Économiques Allemandes) :

Sanctions contre la Russie : l'Occident spécule sur la chute de Poutine

L'Occident pourrait, à travers les sanctions contre la Russie, accélérer la chute du Président Vladimir Poutine. Après la chute du mur de Berlin, l'Occident a tenté de « moderniser » la Russie depuis l'extérieur. Cette tentative a échoué. Poutine mène une politique conservatrice et autoritaire. Le conflit est inévitable.

Selon Marie-Louise Beck, membre de la Commission des Affaires Extérieures du Parlement Allemand, il est vraisemblable que les sanctions affaibliront la position du Président Vladimir Poutine au sein du Kremlin. En marge du Forum Economique de Krynica-Zdroj, en Pologne, Madame Beck a déclaré au journaliste des « Deutsche Wirtschafts Nachrichten » : « Les sanctions suscitent l'opportunité de faire survenir des frictions au sein du Kremlin ».

Madame Beck pense qu'il convient de transformer la politique de Poutine en Ukraine en un affaiblissement du Président russe sur le plan de la politique intérieure : « Poutine utilise la stabilisation de l'Ukraine pour s'assurer le succès à Moscou ». Madame Beck appelle l'Occident à ne pas croire que le cesser-le-feu résoudra le problème : « Ce serait une erreur que d'en arriver à sous-estimer le danger. La tentation est grande car l'Occident espère ne pas avoir à supporter de conséquences de ces sanctions ».

Madame Beck conteste de façon véhémente l'éventualité selon laquelle l'Union Européenne puisse endosser une partie de la responsabilité de la crise en Ukraine : c'est le Président Yanoukovich qui a décidé d'entrer en négociation avec la Russie. S'il ne l'avait pas fait la crise n'aurait pas empiré.

Madame Beck qualifie la collaboration avec le gouvernement russe actuel comme particulièrement difficile : « Lorsque notre Ministre des Affaires Étrangères, Monsieur Steinmeier négocie avec Monsieur Lavrov, on ne peut partir du postulat selon lequel le Ministre russe des Affaires étrangères ait reçu procuration pour l'entretien. Toutes les décisions relèvent du cercle restreint autour de Poutine. Le Kremlin est dirigé de façon très autocratique ». Madame Beck voit en cette situation une preuve de ce que : « Poutine, malgré ces gestes menaçants vis-à-vis de l'extérieur, doit à l'intérieur lutter pour conserver son pouvoir. » « Nous avons déjà constaté cela en 2012, lorsque le pouvoir de Poutine fut sérieusement contesté pour la première fois. »

Dès le début de la crise en Ukraine, les Americains interviennent pour renverser Poutine. Les Etats Unis préfèreraient au Kremlin un dirigeant pragmatique et occidental. On note avec intérêt que durant le Forum Economique, Madame Beck a expressément loué l'apparition du Premier Ministre Medvedev. Celui-ci a suscité de grands espoirs en Occident, donnant l'impression d'un politicien moderne.

Au podium lors d'une discussion, Madame Beck a expliqué que l'Europe a d'abord tenté à la fin de la guerre froide d'établir un partenariat avec la Russie. Ce partenariat était sensé se muer en partenariat de modernisation : « A terme, un pays comme la Russie ne peut vivre du pétrole et des matières premières. Un pays tel que la Russie a besoin d'une économie moderne et d'une société moderne ». Toutefois, Poutine a montré qu'il voulait une autre société. La limitation des libertés civiles en Russie aurait, selon Madame Beck, « concrètement mené à l'élimination de la société civile ».

L'Occident veut voir son modèle de société devenir une réalité en Russie aussi. Une société libérale correspond à cette vision. Mais du point de vue de nombreux politiciens occidentaux, Poutine a en tête un Etat conservateur et autoritaire. Et ceci éveille, surtout chez les Européens de l'Est, la peur du retour d'une idéologie répressive. Parmi les politiciens actuels en Europe orientale, nombreux sont ceux qui proviennent des mouvements civils de lutte contre le communisme. Ainsi, le Premier Ministre polonais, désigné en qualité de Président du Conseil de l'Union Européenne, fut actif au sein de Solidarnosc. Ce souci fut exprimé pendant le Forum Economique par de nombreux participants de l'Europe de l'Est.
(Trad. Serge pour BDD)

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dimanche 7 septembre 2014

Moscou : Conférence sur la Novorossia avec Goubarev, Mozgovoï et un colonel légendaire


Le 13 Septembre 2014, à Moscou, aura lieu une grande conférence sur la Novorossia avec la présence annoncée de Pavel Goubarev, gouverneur de la République de Donetsk et Alexei Mozgovoï, commandant des Forces armées de la République de Lougansk. On parle de la présence d'un légendaire moustachu* qui est resté silencieux depuis un mois et qui pourrait bien prendre la parole à cette occasion...



L'évènement est organisé par la fondation Spasidonbass du célèbre musicien moscovite Gleb Kornilov.

Pas plus d'infos pour l'instant. Un grand mystère plane encore sur ce grand évènement.
A suivre...

MàJ du 15.09 : En raison de l'évolution des évènements dans le Donbass, la conférence a été malheureusement reportée à une date ultérieure. 


Les explications de l'annulation (en russe)