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mardi 18 mars 2025
samedi 14 décembre 2024
Mon pays, ce n'est pas un pays
Alors que Donald Trump menace le Canada de tarifs douaniers, la dépendance du Canada envers les États-Unis est plus flagrante et plus dangereuse que jamais auparavant.
Comment le Canada a-t-il pu tomber si bas dans sa relation face à Washington, et plus largement, sur la scène internationale? Autrefois ami de la France, pourquoi le Canada est-il si isolé?
Dans cette vidéo, Benjamin Tremblay et 7 jours sur Terre proposent un regard différent, froid, et lucide sur la posture du Canada et l’état déplorable de la souveraineté canadienne. Le problème dépasse largement le gouvernement de Justin Trudeau.
Un témoignage sur la perte d’influence d’Ottawa à travers le monde, sur l’oppression de la nation québécoise et sur le projet d’indépendance.
vendredi 13 juillet 2018
Éric Zemmour : "L'OTAN, ou le 'et en même temps' de Trump"
Le sommet de l'OTAN a débuté mercredi 11 juillet à Bruxelles. Jamais l'ambiance entre alliés américains et européens n'a été aussi détestable.
Débat houleux sur Trump à l'OTAN : Caroline Galactéros affronte les gardiens du temple sur France 24
La géopolitologue Caroline Galactéros déclenche les foudres des deux bassets artésiens de la haute finance internationale Benjamin Haddad (Hudson Institute) et Fabrice Pothier (Rasmussen Global) lors d'un débat sur le sommet de l'OTAN et les relations entre Trump, les USA, l'UE et la Russie.
VOIR AUSSI :
La réalité du conflit syrien expliquée à JJ Bourdin par Caroline Galactéros, spécialiste en géopolotique : LIEN
mercredi 15 novembre 2017
Espagne - Ukraine. Nations réelles contre Nations fictives [Xavier MOREAU]
Le cas catalan n'est absolument pas comparable à celui du Donbass car l'Espagne est une Nation millénaire alors que l'Ukraine est une Nation idéologique indépendante depuis 26 ans. http://stratpol.com/
mercredi 27 septembre 2017
ALSTOM : Coups bas de l’État au service des entreprises américaines ?
Le Désordre Mondial avec Rachel Marsden
La domination omnipotente des États-Unis sur les affaires économiques européennes est telle, qu’elle en devient presque caricaturale. Dernier exemple en date : l’acquisition de la branche ferroviaire Alstom en septembre 2017 par Siemens. Ce qui vient conclure le démantèlement de la compagnie française, General Electric avait déjà racheté sa branche énergie en 2015. La France n’a donc plus le contrôle sur sa propre production d’énergie et notamment sur le nucléaire. Peut-on encore parler de souveraineté économique française ?
Invité : Eric Denécé est Directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), et ancien officier-analyste du renseignement pour le Secrétariat Général de la Défense Nationale (SGDN).
jeudi 18 mai 2017
Macron : vers une armée européenne?
Le Clash avec Rachel Marsden
Le jour de son investiture, Emmanuel Macron affichait une posture très régalienne en compagnie des forces de l’ordre et de l’armée. Puis hier, la composition du premier gouvernement d’Edouard Philippe était annoncée, avec une nouvelle ministre des Armées Sylvie Goulard, connue pour être favorable au renforcement de l’intégration européenne. Que peut-on en déduire sur les orientations d’Emmanuel Macron en matière de Défense européenne ?
Invités:
Le général de brigade aérienne Jean-Vincent Brisset est directeur de recherche à l’IRIS. Ses principaux domaines d’expertise sont les questions de défense, relations internationales et sur le monde asiatique.
Le Général Dominique Trinquand est l’ancien chef de mission militaire auprès de l’ONU et de l’Otan, spécialiste de la gestion de crise et des opérations de maintien de la paix.
vendredi 28 avril 2017
Jacques Sapir : Le défi de la souveraineté
Jacques Sapir vient de publier un dialogue avec le théologien Bernard Bourdin, intitulé Souveraineté, Nation, Religion (Le Cerf, 2017).
lundi 18 juillet 2016
Pour John Kerry, la solution contre le Brexit, c'est... Le TAFTA
John Kerry, en tournée d'inspection des popottes à Bruxelles, à affirmé sans ciller que "l'accord de libre-échange en cours de négociation entre l'UE et les États-Unis pourrait atténuer tout effet négatif lié à la sortie du Royaume-Uni du bloc européen". En plus clair : pour vous protéger des catastrophes générées par l'irresponsable souverainisme du peuple britannique, jetez-vous dans les bras de l'Oncle Sam et vous verrez, tout ira encore mieux (car ça va déjà mieux grâce à François Hollande comme le savent les français)...
"Le TTIP (l'accord de commerce et d'investissement USA-UE) prend plus d'importance car il s'agit d'un très grand marché" et l'accord a "une capacité très significative de faire contrepoids à tout effet négatif qui ressortirait de l'accord qui sera négocié entre le Royaume-Uni et l'UE", a plaidé M. Kerry lors d'une conférence de presse au côté de la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.
John Kerry a regretté les commentaires négatifs de certains Européens, issus de la société civile ou du monde politique, sur l'accord de commerce et d'investissements USA-UE, qui en est à son 14e round de négociations et vise à créer la plus grande zone de libre-échange au monde.
"Une certaine mythologie s'est développée autour" de cet accord, communément appelé TTIP ou Tafta.
"Cela créera des emplois, cela protégera les intérêts (des Européens), protégera leurs droits en matière de régulation, protégera leur capacité de respecter le droit du travail ou encore l'environnement", a assuré l'Américain, qui rencontrait dans la capitale européenne les 28 ministres des Affaires étrangères ainsi que Federica Mogherini.
"J'ai l'intention de revenir dans le mois qui vient pour donner plusieurs discours, dans différents lieux, pour présenter les faits et que les gens comprennent exactement le côté positif et le coup de fouet économique dont l'Europe a besoin", a-t-il promis.
Lors d'un point vendredi sur une nouvelle semaine de négociations qui venait de s'écouler, le négociateur en chef de l'UE, Ignacio Garcia Bercero, avait assuré que les deux blocs avaient avancé dans leurs discussions, malgré le choc provoqué par le Brexit.
Son homologue américain Dan Mullaney avait tout de même reconnu que "le retrait du Royaume-Uni du marché européen (allait) affecter la valeur du marché de l'UE".
(Source AFP)
mardi 28 juin 2016
Amiral Michel Debray : "Se laisser occuper par des forces étrangères en temps de paix n’est pas excusable"
Le vice-amiral français Michel Debray a donné une interview à RT France dans laquelle a il soulevé les problèmes de la Défense française et du rôle de l’OTAN en Europe.
lundi 26 octobre 2015
La vente d'Alstom, histoire d'une guerre économique
Eric Denécé et Jean-Michel Quatrepoint reviennent sur la vente d'Alstom à General Electric ainsi que les enjeux de guerre économique qui la sous-tend.
Source : Stratpol
-Eric Denécé, docteur ès Science Politique, habilité à diriger des recherches, est directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R)
-Jean-Michel Quatrepoint est Journaliste économiste
lundi 6 avril 2015
Crimée : retour à la patrie (VIDEO S/T FR)
Un grand documentaire en trois parties de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR] :
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 1/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 2/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 3/3] par boubliktv
mercredi 24 septembre 2014
Ukraine : Odessa demande l'autonomie par rapport à Kiev
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| Conseil Municipal d'Odessa |
Le groupe d'initiative des députés du conseil municipal d'Odessa présentera la semaine prochaine un projet de loi pour l'autonomie d'Odessa. Une proposition d'examen des initiatives sera envoyé à la Verkhovna Rada et au Cabinet des Ministres d'Ukraine.
Le document précise que les autorités locales doivent pouvoir choisir la langue dans l'éducation et l'administration, afin de déterminer les politiques économiques de la ville d'Odessa, de créer et de superviser le travail des unités de la milice populaire. Le projet de loi propose d'élaborer un accord entre le Cabinet des Ministres de l'Ukraine et le conseil municipal sur le développement économique, social et culturel d'Odessa.
Dans le projet de donner à la ville d'Odessa et région d'Odessa un statut spécial est également dit que cette décision affecte le vote de la Verkhovna Rada de la loi "sur les circonstances particulières de l'administration locale dans certaines régions de Donetsk et de Lougansk", qui élargit considérablement les pouvoirs du gouvernement local. Le projet de loi sera soumis à l'approbation du maire d'Odessa Gennady Truhanov. [*]Izveztia.ru
[*] Le maire d'Odessa, récemment élu à la surprise générale, est notoirement pro-russe. La plainte des conseillers municipaux est essentiellement "assez de taxation sans représentation", les odessites en ont assez des payer des impôts à Kiev sans recevoir de soutien ou de services... Ils ont le sentiment que Kiev leur vole leur argent. Odessa est particulièrement intéressant du point de vue séparatiste - C'est le port principal restant en Ukraine (même si apparemment il ne peut actuellement pas recevoir de charbon comme celui de Marioupol). Odessa est contiguë à la Transnistrie (occupée par une "force de maintien de la paix" russe). A l'est il est proche de Kherson qui borde la Crimée et Zaporojié, lui-même contiguë à Donetsk. Odessa est, bien sur, le lieu de la tragédie du printemps que personne n'a oublié et de nombreux témoins sont là, qui souvent pointent du doigt le gouverneur de Dniepropetrovsk Kolomoisky comme l'homme derrière ces atrocités.
lundi 12 mai 2014
La République populaire de Donetsk demande à Moscou d'envisager l'adhésion à la Russie
La République populaire de Donetsk s'est proclamé Etat souverain et a demandé à Moscou de considérer son adhésion à la Russie.
" Nous, le peuple de Donetsk , en fonction des résultats du référendum du 11 mai et de la déclaration de souveraineté de la République populaire de Donetsk , déclarons que désormais la R.P.D. est un Etat souverain ", a déclaré le co-président Denis Pushilin . " Compte tenu de la volonté du peuple de la République populaire de Donetsk , et afin de rétablir la justice historique , nous demandons à la Russie d'examiner la question de l'adhésion de notre république à la Fédération de Russie "
Plus tôt lundi les résultats des référendums ont été annoncés à Donetsk et Lougansk , montrant que la majorité des électeurs soutiennent l'autonomie , malgré une opération militaire intensifiée par Kiev qui a entraîné plusieurs décès .
Près de 90 % des électeurs de la région de Donetsk ont approuvé l'indépendance politique de Kiev , a déclaré le chef de la Commission électorale centrale de la République Donetsk populaire autoproclamée , Roman Lyagin." Compter les bulletins de vote s'est avéré étonnamment facile - le nombre de personnes qui ont dit « non » était relativement faible et il semble y avoir seulement une petite proportion de bulletins nuls , aussi nous avons réussi à mener à bien le décompte de façon assez rapide. Les chiffres sont les suivants : 89,07 % ont voté «pour» , 10,19 % ont voté «contre» et 0,74 % des bulletins de vote étaient nuls ".
Dans la région de Lougansk, 96,2 % des électeurs ont voté pour l'autonomie de la région , selon les chiffres définitifs annoncés par la commission électorale locale .Le service de presse du Kremlin a publié une déclaration , disant : " Moscou respecte la volonté du peuple à Donetsk et Lougansk et espère que la mise en pratique des résultats des référendums sera effectuée d'une manière civilisée . "Il a souligné la nécessité d'un "dialogue entre les représentants de Kiev , Donetsk et Lougansk ."
Dans le même temps , l'Union européenne et les États-Unis ont rejeté les résultats du vote dans l'est de l'Ukraine, considérant la consultation comme illégale .
Dans les deux semaines qui ont précédé le référendum , Kiev a intensifié son opération militaire dans le sud de l'Ukraine. Le 9 mai a été l'un des jours les plus sanglants depuis le début de l'opération . Il a été confirmé que neuf personnes ont été tuées et 49 autres blessées lors de l' attaque de l'armée de Kiev sur le QG de la police de Marioupol.
source : RT
mercredi 23 avril 2014
Pierre Falardeau : cinéma, politique, censure, colonialisme et culture québécoise
Une interview inédite du cinéaste québécois Pierre Falardeau, décédé en 2009, à propos de politique, de censure, de cinéma, de colonialisme, de culture québécoise, de contrôle de la pensée...
mardi 18 mars 2014
A force de se tirer des balles dans les pieds, la France va finir cul-de-jatte
La France vient enfin de faire la
déclaration que ses concurrents attendaient d’elle depuis le début de la
crise ukrainienne. A chaque interview de Laurent Fabius, la question du contrat concernant la vente des Mistrals à la Russie
a toujours été posée, question qu’il a éludée jusqu’à présent. Il vient
enfin de se lâcher : « Si Poutine continue ce qu’il fait, nous pouvons
envisager d’annuler ces ventes ».
Après avoir sabordé l’industrie automobile française en Iran au profit de General Motors,
après avoir raté la vente de ses Rafales au Brésil, la France envisage
calmement de mettre à mal les chantiers navals en dénonçant le dernier
contrat important qui lui reste, compromettant définitivement sa
crédibilité en matière de transactions internationales sur la haute technologie.
Si la France exécute sa menace, que va
perdre la Russie ? Pas grand-chose. Elle a déjà des porte-hélicoptères.
L’achat des Mistrals lui apportait juste un gain de temps en R&D
pour ce type de navires de dernière génération. En revanche, la France
non seulement y perd quelques milliards dont elle aurait bien besoin,
mais aura à faire face à des licenciements dans le secteur de la
construction navale et, plus grave, compromet définitivement les
dernières chances du Rafale, dont le dernier espoir repose sur un
possible futur contrat avec l’Inde.
Que va faire l’Inde ou tout autre pays,
sachant que la France n’est pas fiable, qu’elle peut tout annuler du
jour au lendemain sur ordre des Etats-Unis ou à cause de la « sanctionnite » aigüe de l’Union Européenne
? Personne ne prendra plus le risque de traiter avec un tel
fournisseur. Après ce coup, la France n’aura plus que son fromage à
proposer à l’étranger, en espérant que la Suisse et la Hollande lui laisse une petite place sur ce marché.
dimanche 19 janvier 2014
Les élites françaises ont honte de la France
Marianne : Vous venez d'affirmer dans un entretien publié dans l'Expansion que «la spécificité française tient surtout à la détestation des élites envers la nation». Pouvez-vous préciser cette pensée et la justifier par quelques exemples ?
Marie-Françoise Bechtel : C'est une idée qui me poursuit depuis assez longtemps. Je me souviens l'avoir soutenue pour la première fois dans un entretien accordé à Joseph Macé-Scaron dans le Figaro fin 2000. Je lui avais dit que j'étais très frappée de voir à quel point les élites britanniques étaient fières de leur nation. Aujourd'hui, pour moi, c'est plus que jamais un constat absolu et évident. Les élites françaises ont honte de la France, ce qui n'empêche qu'elles peuvent avoir un comportement extrêmement arrogant, même si cela peut paraître paradoxal. Je cite souvent l'exemple de Jean-Marie Messier. Ce pur produit des élites françaises avait qualifié les Etats-Unis de «vraie patrie des hommes d'affaires», et ce, juste avant de s'y installer. Ici, le propos est chimiquement pur. Toutes les élites ne sont pas aussi claires, mais beaucoup n'en pensent pas moins.
Ça ne fait qu'un exemple !
M.-F.B. : Je peux vous en trouver des dizaines. Prenons celui des grands patrons dont les groupes investissent à l'étranger et qui se soustraient au versement de leurs impôts en France. Vous ne pouvez pas dire que ce sont des comportements patriotiques... Total ne paie quasiment pas d'impôts en France. Bien sûr, à l'étranger, nombreux sont les groupes qui ont les mêmes comportements, mais ils savent être présents quand leur pays a besoin d'eux. Regardez aussi la façon dont on traite les commémorations de la guerre de 1914-1918 : les élites, dont le PS, incriminent les nations. On oublie que les peuples ne voulaient pas la guerre, et que c'est le déni de la nation qui nous entraîne aujourd'hui dans une Europe qui ne cesse de faire monter l'extrême droite. Autre exemple qui m'a été raconté de première main et qui illustre ce mélange de déni et d'arrogance. Dans les négociations européennes de 1997 à 1999, en vue de la conclusion du traité de Nice, Pierre Moscovici, alors ministre délégué aux Affaires européennes, avait traité les petits pays avec une morgue incroyable, coupant la parole aux uns, leur demandant d'abréger leur discours, exigeant que le représentant de la Belgique se taise. C'est ce même Pierre Moscovici, toute son action le démontre, qui est persuadé que la nation française a disparu, que nous sommes devenus une région de la grande nébuleuse libérale et atlantisée.
Face à ça, dans cette période de crise, en France, le peuple se replie sur la nation, et comme on lui interdit d'être fier de son pays, qu'à longueur d'émission de télévision on lui explique que la France est une nation rance et sur le déclin, il prend le mauvais chemin, une mauvaise direction. Tous ces petits messieurs font le jeu du Front national. (...)
...La suite :
jeudi 8 août 2013
Contre l'impuissance - Entretien avec Emmanuel Todd
Avec du retard, une vidéo à voir et un papier à lire cet été...
lundi 10 septembre 2012
"Si le Québec était indépendant..." - Bernard Drainville
11 mai 2012 - Que ferait-on de différent dans le pays du Québec ?
Réponse au ministre libéral Alain Paquet, qui pose la question à Bernard
Drainville. -
bernarddrainville.org
bernarddrainville.org
mercredi 5 septembre 2012
Ce qui se cache derrière la fusillade des élections au Québec
Les orangistes contre le fait français
Fondé en 1795 en Irlande du Nord afin de combattre pour la suprématie de la foi protestante et la monarchie britannique, le Loyal Order of Orange connut un essor phénoménal dans tout l’Empire, mais en aucun endroit, en dehors des îles britanniques, l’expansion du mouvement orangiste sera plus fulgurante qu’au Canada. Il sera au coeur du combat contre le fait français au pays
À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, un Canadien anglais sur trois sera membre de cette organisation prônant la suprématie anglo-saxonne. L’Ordre d’Orange, qui représente l’intolérance érigée en système, aura alors une influence marquée sur la politique canadienne. Plus de 300 élus feront partie de l’Ordre, dont 4 premiers ministres fédéraux (Macdonald, Abbott, Bowell, Diefenbaker) et de nombreux premiers ministres provinciaux. À Toronto, on vibrera au son des tambours orangistes.
Le mouvement orangiste a été si important au Canada et a exercée une telle influence sur la vie sociale et politique canadienne qu’il s’est retrouvé impliqué au cœur des conflits qui ont bouleversés l’histoire de l’Amérique du Nord britannique. Des rebellions de 1837-38 aux débats plus contemporains sur l’unité nationale, en passant par les raids Fenian de 1866, les rebellions métisses de 1870 et 1885, la Guerre des Boers, les deux guerres mondiales, etc., le mouvement orangiste a joué un rôle de premier plan et a eu une influence considérable. Notamment, c’est en grande partie à son action que l’on doit toutes ces lois canadiennes-anglaises (le Règlement 17 ontarien est la plus célèbre) pour interdire l’éducation en français au Canada.
En fait, l’Ordre d’Orange suscitera lui-même de nombreuses crises linguistiques et politiques. En plus des crises des écoles françaises au Canada anglais, on peut penser aux émeutes de 1820 et des années 1840 au Nouveau-Brunswick, à l’émeute Gavazzi ou à l’incendie du Parlement de Montréal en 1849, au piétinement du drapeau québécois à Brockville (ville d’origine de l’orangisme canadien organisé) en 1990, pour ne nommer que quelques crises politiques pour lesquelles le mouvement orangiste ne sera pas seulement qu’un acteur, mais bien le provocateur et le principal moteur.
Qui plus est, le mouvement orangiste canadien développera même la capacité d’enfanter des mouvements encore plus intolérants et racistes que lui (le paroxysme de l’intolérance canadienne-anglaise, pourrions-nous dire), notamment le Ku Klux Klan canadien, mouvement hautement intolérant qui sera lui aussi en mesure d’alimenter et de faire naître les crises et les conflits. Ensemble, ils combattront le français au Canada avec une épouvantable efficacité. Pour cause, le KKK canadian sera présent d’un océan à l’autre, suivant le sillon orangiste, et comptera plus de 60 000 membres en règle à son apogée! Le journal albertain du KKK produira à lui seul, dans les années 1920, un tirage de… 250 000 exemplaires!
L’Ordre d’Orange, et les mouvements qu’il contribuera à faire naître, joueront un rôle immense dans le génocide culturel des francophones au Canada. Or, encore aujourd’hui, le mouvement demeure présent et actif au pays, avec une vitalité étonnante d’ailleurs, même si leur objectif a été en grande partie atteint : empêcher que le fait français au Canada déborde des frontières d’un Québec qu’ils honnissent.
Pour plus d’informations :
BÉGIN, Pierre-Luc, Loyalisme et fanatisme. Petite histoire du mouvement orangiste canadien, Québec, Éditions du Québécois, 2008.
"Speak White" de Michèle Lalonde interprété par Pierre Falardeau
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