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lundi 5 août 2019
Crimée : La maison de L'HORREUR ???
L'Intrépide reporter Graham Phillips nous fait découvrir l'hôtel "Neva", un gigantesque et hallucinant bâtiment inachevé à cause de la fin de l'Union Soviétique à Alushta, célèbre station balnéaire de Crimée. Il avait la réputation pendant la période ukrainienne (1991/2014) d’être un repaire de criminels et de drogués ainsi qu'un spot pour suicidaires. Une visite étonnante, inquiétante et vertigineuse. Un endroit mythique.
Bonnes vacances à tous !
mercredi 4 octobre 2017
Maria Zakharova sur la Catalogne : "C'est l'Europe qui veut nous parler du référendum en Crimée et du respect des droits de l'Homme? "
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a commenté la situation en Catalogne au lendemain du référendum sur son autodétermination: «C'est l'Europe qui veut nous parler du référendum en Crimée?»
«Je regarde et je lis des informations sur ce qui se passe en Catalogne. C'est l'Europe qui veut nous parler du référendum en Crimée et du respect des droits de l'Homme? Tous ces sommets européens qui prorogent les sanctions contre la Russie ressemblent désormais, à la lumière des évènements en Espagne, à La Parabole des Aveugles de Pieter Brueghel l'Ancien», a-t-elle indiqué sur Facebook.
Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a annoncé que des débats auraient lieu le 4 octobre à Strasbourg sur le référendum d'autodétermination en Catalogne en présence de membres de la Commission européenne.
Suite : sputniknews
lundi 11 septembre 2017
Soudain, dans les capitales de l’UE, un désir de guerre...
Ce qui vous apparaît sur cette image, c'est bien le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson. Il est allé en Estonie pour pouvoir se déguiser à l’aise et il a (selon le Telegraph) « grandement apprécié » une balade à bord d’un char Challenger des forces armées britanniques déployées en Estonie dans le cadre de la grande stratégie de l’OTAN de containment agressif de la Russie. Ces chars, a-t-il dit, sont « une présence rassurante pour les alliés face à l'antagonisme russe en Europe du Nord et dans la région balte ».
Avec la déclaration du président français Macron selon lequel « 70 ans de paix sont une aberration de notre histoire », l'image d’un diplomate qui reprend le casque guerrier montre qu’il existe dans notre soi-disant classe dirigeante un désir de guerre étrange dans cette pose antagoniste vis-à-vis de la Russie ; et, au travers de telles manifestations simultanées, on pourrait voir une sorte d’obéissance à un “signal convenu”.
Quiconque a vu le débat pré-électoral entre les deux prétendants à ma chancellerie allemande, Angela Merkel et Martin Schulz, a pu mesurer le simulacre de leur affrontement : bien plus qu’antagoniste et concurrent, Schulz était celui qui tient le rôle du faire-valoir notamment dans la comedia dell’arte italienne, celui qui est chargé de mettre en valeur la performance de la vedette comique. Aucune critique de la conduite de l'UE, de l'euro, de la réduction de la Grèce à la mendicité, aucune élaboration sur les questions délicates que Schulz avait posée concernant la victoire inscrite dans les astres de Mutti. La plus grande prudence était de mise pour un débat à sens unique parce qu’aucun autre n’est possible (il faut parler comme il faut, il s’agit de la démocratie allemande).
Une raison de cette retenue complice se trouve probablement dans le fait que les deux pseudo-compétiteurs se préparent à former un gouvernement de coalition. L’autre raison est que les projets concernant le type d’hégémonie que l’Allemagne doit imposer à l'Europe sont bien compris par les acteurs concernés et il n'est pas nécessaire d'alarmer quelque auditeur ou spectateur non averti avec un débat à ce propos.
Laquelle hégémonie, cela va sans dire, doit être militaire.
« Le groupe de réflexion fédéral, SWP (Stiftung für Wissenschaft und Politik), propose que Berlin prenne le leadership militaire de l'UE sinon de l'OTAN, – écrit le site German Foreign Policy. Selon ce centre de réflexion stratégique, l'Allemagne doit montrer un “leadership fort” au sein de l'OTAN et inciter l'ensemble “occidental” à adopter une nouvelle orientation stratégique ».
Et quel est ce “nouveau” concept stratégique ? Vous le reconnaîtrez sans peine : « La réorientation de la politique mondiale germanique, qui, après la prise de contrôle de la Crimée par la Russie, ne doit plus envisager que des interventions militaires dans le monde entier pour protéger et assurer les intérêts stratégiques ou économiques [c'est-à-dire participer à des guerres du type-neocon] et pour lutter contre les « conceptions concurrentes de sa [propre] conception » de la politique internationale. Les projets de “conception concurrentes” sont ceux de la Russie et de Pékin, et ils sont détestables et nuisibles parce qu'ils représentent « un ordre multipolaire en formation » et qu’ils « exercent une influence croissante sur le plan économique, politique et militaire » – réduisant ainsi la liberté d’intervention militaire de l'Occident par projection des forces, comme en Syrie, en Irak, en Afghanistan, en Libye ...
L'agressivité de Moscou est définie par le fait qu'il « apparaît comme un centre d’influence indépendant à l'échelle mondiale ». Tant que Moscou insiste sur « la capacité d’opérer indépendamment » [notamment par rapport aux intentions de Merkel et de Mogherini], il s’agit d’un « un défi [inacceptable] pour notre continent », dit le groupe de réflexion allemand.
L’Allemagne, estime le SWP, devra assurer le commandement de cette dynamique d’hégémonie qui se manifestera dans la création de trois divisions multinationales « pour assurer le complément des troupes de l'OTAN stationnées dans les pays baltes et en Pologne », qui constituent le “fer de lance” de l'Alliance contre l’agressive Russie. Deux des trois divisions multinationales devront être constituées à partir « du personnel et des structures des divisions allemandes » ; en bref, elles seront allemandes et commandées par des Allemands. En outre, l’élément aérien qui viendra renforcer l'OTAN « s'appuiera pour plus de 75% des capacités sur la République fédérale », explique le “Livre blanc” du SWP, ignorant complètement la contribution française, du seul pays européen qui dispose d’une production complète indépendante d’armements. En ce qui concerne la Marine, le projet implique « un commandement naval dans la Baltique dominé par l'Allemagne » ; ce qui se résume par le constat que « [l]e rôle de l'Allemagne dans ces alliances et structures est important sur terre, dans le ciel et sut mer". En d’autres termes, Berlin se prépare à remplacer les États-Unis « dans le rôle traditionnel du leader de l'Alliance », qui aujourd'hui « ne l’assurent plus de façon satisfaisante ». Tout cela coûtera beaucoup plus que les €130 milliards prévus par le ministère de la Défense jusqu'en 2030, « mais le leadership politique-militaire a son prix », et Mutti, de concert avec les Allemands comme il est habitué à faire, est prêt à payer pour cela.
La Bundeswehr deviendra alors « l'une des armées les plus importantes du continent », proclame le SWP. De même, les formations de combat multinationales dirigées par les Allemands « devront pouvoir être utilisées » dans les opérations de l'UE : donc en dehors du cadre de L'OTAN, dans une sorte d'armée européenne hégémonique allemande.
L’UE se comporte en fait comme un ennemi de guerre de Moscou. Lorsque Poutine a lancé une initiative inattendue en proposant qu’une mission de Casques Bleus de l’ONU soit déployée dans le Donbass pour tenter de contrôler et d’arrêter les affrontements sporadiques dans cette région, quelle a été la réponse de l’UE ? Le 6 septembre, l'Union européenne a étendu les sanctions contre la Russie pendant six mois, y compris le gel des biens et l'interdiction d'entrer dans l'UE faite au responsables russes et aux séparatistes ukrainiens « soutenus par Moscou ». Dans le même temps, il était annoncé que le nouvel ambassadeur russe aux États-Unis, Anatoly Antonov, « devrait rester sur la liste des sanctions », selon Spoutnik. En cela, l'Europe dépasse même l'Amérique : contre Antonov, Washington n'a pas fait de restrictions, notamment puisqu’il l’a accepté comme nouvel ambassadeur de Russie.
Bref, un grand désir de guerre emporte Mutti, Macron, Boris Johnson... comme suivant un “signal convenu”. Pour vous autres, Italiens, tout va bien n’est-ce pas ?
Maurizio Blondet (Article original italien)
Traduction + commentaire de P. Grasset : Dedefensa
mercredi 5 octobre 2016
Dialogue Franco-Russe - Relations internationales : parole et réalité
Gérard Conio est l'auteur de « Théologie de la provocation »
Professeur émérite de l’Université Nancy-2 et directeur de collections aux éditions de l’Âge d’homme, traducteur d’auteurs russes et polonais, a écrit de nombreux ouvrages : L’Art contre les masses / Esthétiques et idéologies de la modernité, Eisenstein, Le cinéma comme art total, Dépassements constructivistes – Taraboukine – Axionov – Eisenstein Le Monde sans-objet ou Le repos éternel, (In-Folio), Le Constructivisme russe, Du goût public et Les Avant-gardes entre métaphysique et histoire. Il est également l’auteur de plusieurs traductions dont récemment Picasso et alentours d’Ivan Axionov, Picasso en Russie (In-Folio) et les traductions de Kazimir Malévitch Le Suprématisme, Mon Siècle d’Alexandre Wat, des Âmes mal lavées et de L’Unique issue de S.I. Witkiewicz. Il est membre du jury du prix Russophonie.
mercredi 3 février 2016
Russie : Pierre Richard explique l'annulation de sa tournée en Crimée
Le célèbre acteur Pierre Richard, parlant de Moscou mercredi, a expliqué le fait que les représentations de sa pièce en Crimée ont été annulées. Il a expliqué que la situation prenait une trop grande ampleur politique comme raison pour l'annulation de sa pièce "Pierre Richard III", qui devait être jouée les 10 et 11 Février à guichet fermé.
lundi 28 décembre 2015
L'Ukraine, la Crimée et les juifs
Lors de sa visite officielle en Israël, le président ukrainien Petro Porochenko a prétendu que les droits des Juifs n'étaient pas respectés en Crimée.
Notre infatigable journaliste ukrainien dissident en exil Anatoly Shary a voulu se renseigner auprès d'un représentant de la communauté juive de Crimée pour savoir de quoi il retournait vraiment...
Vidéo traduite en français par Thalie Thalie
Les Juifs de Crimée se distancient de Porochenko sur les "représailles du Kremlin"
Les organisations juives de la Crimée démentent les allégations du président ukrainien sur des violations de leurs droits dans la péninsule.
Lors de sa visite officielle en Israël, le président ukrainien Piotr Porochenko a prétendu que les droits des Juifs n'étaient pas respectés en Crimée, rapporte la presse.
"Ces allégations sont notoirement mensongères et représentent une tentative tant maladroite qu'inutile de dénaturer la situation réelle en matière de paix et de concorde qui règnent en Crimée russe", lit-on dans la déclaration des organisations juives de la péninsule.
Commentant le discours du dirigeant ukrainien à la Knesset (parlement israélien), les auteurs du document ont souligné que M.Porochenko devraient savoir qu'en Crimée, les Juifs étaient tranquilles pour eux-mêmes et leurs proches.
"Nous n'avons pas d'antisémites-partisans du nationaliste ukrainien Bandera, nous n'avons pas non plus de légions de commandos, et des défilés aux flambeaux avec la croix gammée ne sont pas organisés chez nous", dit le texte, signé par le Congrès juif de Crimée, les autonomies culturelles juives de Simferopol et de Ialta, ainsi que la communauté juive de Sébastopol.
... Lire la suite
Rappel :
Le 17 mars 2014, Olivier Berruyer dénonçait déjà la présence de nazis ukrainiens dans le gouvernement de Kiev. Si certains d'entre eux ont été depuis "épurés", la plupart sont toujours bel et bien la...
mercredi 23 décembre 2015
A VOIR! Le documentaire censuré en France : Crimée : retour à la patrie (VIDEO S/T FR)
A voir ou revoir d'urgence!
Déja publié ici-même en avril, voici "Crimée, retour à la patrie" le documentaire censuré par les mairies de Nice, Strasbourg, Cannes et surtout par celle de notre futur président bien-aimé : Bordeaux.
Et avec les félicitations de l'Ambassade d'Ukraine, s'il vous plait!
"Nous saluons la décision responsable de la Mairie de Bordeaux et M.@alainjuppe d’annuler la projection d'un film “Crimée retour à la patrie” "L'Ambassade allant même jusqu'à saluer l'association pro-ukrainienne à l'origine de l'interdiction du film « pour leur contribution à la vie culturelle de Bordeaux »
Il faut être ukrainien pour considérer un tel acte de censure pure et simple comme une "contribution à la vie culturelle"...
Bref, c'est ÉNORME et cela se passe dans la ville dirigée par le grand favori des médias pour 2017...
Bref, c'est ÉNORME et cela se passe dans la ville dirigée par le grand favori des médias pour 2017...
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Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 1/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 2/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 3/3] par boubliktv
samedi 31 octobre 2015
Les élections régionales d'Ukraine, octobre 2015 par Xavier Moreau
Xavier Moreau est un analyste installé en Russie depuis 14 ans. Il est l'auteur de la "Nouvelle Grande Russie" et l'un des intervenants principaux du site d'analyses politico-stratégiques stratpol.com.
Voir par ailleurs sur ce site (très pro-occidental) :
Une semaine après le premier tour des municipales, la situation est de plus en plus tendue en Ukraine. Le résultat du vote du 25 octobre n’a pas été à la hauteur des espoirs du gouvernement, bien au contraire, comme le rappelle l’hebdomadaire Kyiv Post : “Les élections ont montré que les partis aujourd’hui au pouvoir sont en perte de vitesse, tandis que les forces de l’opposition, dont des membres de l’ancienne élite politique aux commandes avant Euromaïdan, regagnent peu à peu du terrain.”
jeudi 1 octobre 2015
Ministère des Affaires étrangères ukrainien : "les frappes aériennes russes en Syrie violent les accords de Minsk"
PS : Par avance pour les grincheux : la photo d'illustration est honteusement truquée. C'est de l'humour!
L'article qui suit est, par contre, aussi incroyable que cela paraisse, tout à fait sérieux.
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Photo: Ministère de la Défense de Russie
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Ministère des Affaires étrangères ukrainien : "les frappes aériennes russes en Syrie violent les accords de Minsk"
Le Ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine a annoncé la position officielle.
Le Ministère ukrainien des Affaires étrangères a déclaré que la décision de la Russie d'utiliser l'armée à l'extérieur de ses frontières est une menace pour la sécurité nationale de l'Ukraine, a déclaré dans un communiqué l'agence.
Une telle décision par le législateur russe sape le processus de paix à la veille de la réunion du "Quartet de Normandie" sur le Donbass, le 2 Octobre.
Le diplomate a rappelé qu'une décision similaire a été prise à Moscou en Mars l'année dernière, quand le Kremlin a envahi la Crimée.
"Le ministère des Affaires étrangères de l'Ukraine reçoit avec une profonde préoccupation le rapport sur l'approbation par le Conseil de l'Assemblée fédérale de la Fédération de Russie, de la résolution sur l'utilisation des forces armées en dehors des frontières de l'Etat. Une décision similaire par la Fédération de Russie du 1er Mars 2014 a conduit à l'occupation et l'annexion de la République autonome de Crimée et de Sébastopol et a provoqué une crise de sécurité sans précédent en Europe ", - dit le communiqué du ministère ukrainien des Affaires étrangères.
"Une autre carte blanche pour l'utilisation des forces armées de l'agresseur dans le contexte de l'agression continue contre l'Ukraine est considérée comme une menace pour la sécurité nationale et une étape qui sape le règlement pacifique en conformité avec un ensemble de mesures à mettre en œuvre dans l'accord de Minsk, à la veille du sommet au "format Normandie " à Paris le 2 Octobre" - dit le document.
Les diplomates ukrainiens attendent de la Fédération de Russie "Les assurances publiques sur l'absence de toute intention sur l'utilisation des possibilités offertes par la décision du Conseil de la Fédération contre l'Ukraine, la mise en œuvre cohérente des obligations en vertu des accords de Minsk et le retrait immédiat de ses forces armées du territoire de l'Ukraine."
Notez que l'accord de Minsk ne mentionne pas la situation en Syrie.
Auparavant, il a été signalé que les frappes aériennes sur des cibles en Syrie des forces aérospatiales russes ne changeront pas la stratégie choisie par la coalition internationale contre les militants de "l'Etat islamique" (EI).
Source : Korrespondent.net
jeudi 10 septembre 2015
Simféropol : Des touristes français témoignent de la situation en Crimée
Notre ami le reporter britannique Graham Phillips s'est rendu en Crimée dernièrement pour une série de reportages. Il a recueilli sur place le témoignage de différentes personnes pour se faire une idée de l'atmosphère qui règne dans la presqu'ile désormais redevenue russe. Une atmosphère décrite souvent dans les médias français comme pesante voire dangereuse, en tout cas inquiétante, à l'image des messages véhiculés en France par le Ministère des Affaires Étrangères et par la presse au service du régime, du style :"N'y allez pas, c'est dangereux!"...
Ces deux sympathiques "français imprudents" nous distillent au micro de Graham, un son de cloche radicalement différent :
Vidéo filmée le 08.09.2015 par Graham Phillips
PS :
Pour ceux qui ne sont pas convaincus et qui me réclament des témoignages d'habitants, voici la série complète des vidéos de GP en Crimée avec de nombreux témoignages locaux :
Les aventures de Graham reporter en Crimée
Pour ceux qui ne comprennent pas le russe, utilisez la fonction "traduction des sous-titres" disponible sur youtube! (en bas à droite)
samedi 25 juillet 2015
Visite en Crimée : la conférence de presse de la délégation française à Moscou
Après sa visite en Crimée qui a duré deux jours, la délégation de parlementaires français donne une conférence de presse à Moscou.
lundi 6 avril 2015
Crimée : retour à la patrie (VIDEO S/T FR)
Un grand documentaire en trois parties de la chaîne Rossiya 1 sur les évènements qui ont eu lieu au printemps 2014 en Crimée. [VOSTFR] :
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 1/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 2/3] par boubliktv
Crimée. Le retour à la Patrie (2015) [Partie 3/3] par boubliktv
mercredi 21 janvier 2015
George Friedman (Stratfor) dit tout sur le rôle des USA dans la crise ukrainienne
Une fois n'est pas coutume, je reprend ici, pour son importance, l'interview accordée par George Friedman, fondateur et directeur général de la société d’information Stratfor, considérée par beaucoup comme la "CIA-Bis" ou "Shadow-CIA", au magazine russe de tendance libérale ("pro-occidentale") Kommersant en décembre dernier.
Voici la première partie de cette interview traduite par Dedefensa.org :
(Les commentaires et analyses de Philippe Grasset sont à lire sur le site)
Kommersant : «Dans vos analyses, vous vous référez à la fragmentation de l’Europe. Comment se manifeste cette fragmentation ?»
George Friedman : «Durant la Guerre froide, les frontières en Europe ont été préservées. Il était entendu que, si l’on changeait quelque chose, une déstabilisation s’ensuivait. Une fois la Guerre froide terminée, le bouleversement des frontières a commencé avec la Yougoslavie. Ensuite, il y a eu les changements de facto dans les frontières des pays du Caucase. Très récemment, 45% des Écossais ont voté pour l’indépendance. Les Catalans veulent aussi leur indépendance. »
Dans le contexte de ce mouvement de fond, je ne pense pas que la situation ukrainienne (où une partie du pays est attirée par un rapprochement avec l’UE tandis que l’autre veut être proche de la Russie) est unique. La situation ukrainienne prend parfaitement sa place dans les tendances centrifuges que nous avons observées en Europe depuis un certain temps. Bien entendu et jusqu’à récemment, personne ne pensait à la question des rapports entre l’Angleterre et l’Écosse, qui semblait être réglée depuis 300 ans, et qui est réapparue de façon si soudaine et urgente. En d’autres mots, la crise ukrainienne, si elle est connectées avec la situation russe, est aussi une partie d’un processus qui marque la crise européenne elle-même.»
Kommersant : «Les politiciens européens disent que ce qui a causé la déstabilisation de l’Europe c’est l’action de la Russie en Ukraine.»
George Friedman : «Les Européens sont très fiers de ce qu’ils nomment leur “exceptionnalité”. Cela implique qu’ils se sont débarrassés de toute menace de guerre interne, depuis au moins un demi-siècle, et qu’ils ont vécu dans un monde de stabilité et de prospérité. Mais jusqu’aux années 1990, l’Europe a vécu, en fait, sous l’occupation conjointe des USA et de l’URSS. Et puis, il y a eu la Yougoslavie, et puis le Caucase. Le continent européen n’a jamais été complètement pacifié.»
Kommersant : «Mais les officiels US, aussi bien que les directions des États-membres de l’UE, ont justifié leur politique très dure contre la Russie par le fait que, avec l’annexion de la Crimée, la Russie a “redessiné des frontières par la force” depuis la Seconde Guerre mondiale.»
George Friedman : «Les Américains savent que c’est un non-sens. Le premier exemple de changement des frontières par la force a été la Yougoslavie. Et le Kosovo fut seulement l’achèvement du processus. Et les USA sont directement impliqués dans ce processus.»
Kommersant : «Quel est le but de la politique US pour ce qui concerne l’Ukraine ?»
George Friedman : «Durant les cent dernières années, les Américains ont poursuivi avec constance une politique étrangère très consistante: empêcher quelque nation que ce soit de constituer une trop grande puissance en Europe. D’abord, les USA ont cherché à empêcher l’Allemagne de dominer l’Europe, ensuite ils ont cherché à limiter l’influence de l’URSS.
«L’essence de cette politique est ceci: maintenir aussi longtemps que possible un certain rapport de forces en Europe [qui les avantage], en aidant les partis les plus faibles, et lorsque le rapport de forces existant était [ou est] sur le point d’être modifiée, – en intervenant au dernier moment. Ce fut le cas durant la Première Guerre mondiale, lorsque les USA intervinrent seulement après l’abdication du tsar Nicolas II en 1917 pour éviter que l’Allemagne s’affirmât d’une façon prééminente. Durant la Deuxième Guerre mondiale, les USA ouvrirent un second front très tardivement (en juin 1944), après qu’il fût devenu évident que les Russes allaient l’emporter sur les Allemands.
»Par-dessus tout, l’alliance potentiellement la plus dangereuse, selon le point de vue des USA, a toujours été une alliance entre la Russie et l’Allemagne. Cela serait une alliance entre la technologie et le capital allemands avec les ressources naturelles et humaines de la Russie.»
Kommersant : «Aujourd’hui, que croyez-vous que les USA tentent de contenir ?»
George Friedman : «Aujourd’hui, les USA cherchent à bloquer l’émergence d’un ensemble d’hégémonies régionales potentielles : la Serbie, l’Iran, l’Irak. En même temps, les USA utilisent des attaques de diversion. Par exemple, dans une bataille, quand l’ennemi est sur le point de parvenir à une victoire, vous le frappez de façon à déstabiliser son avantage. Les USA ne cherchent pas à “vaincre” la Serbie, l’Iran ou l’Irak, mais ils cherchent à créer le chaos dans ces zones pour empêcher ces pays de devenir trop forts.»
Kommersant : «Et pour ce qui est de la Russie, quelle tactique utilisent-ils ?»
George Friedman : «La fragmentation de l’Europe est accompagnée par l’affaiblissement de l’OTAN. Les pays européens n’ont pratiquement par de réelles armées qui leur soient propres. Dans l’alliance, seuls les USA sont puissants en termes militaires. Dans le cadre de l’affaiblissement de l’Europe, la puissance relative de la Russie a considérablement grandi.
»L’impératif stratégique de la Russie est d’établir une zone de sécurité la plus profonde possible sur ses frontières occidentales. Par conséquent, la Russie a toujours été particulièrement sensibles à ses relations avec la Biélorussie, l’Ukraine, les pays baltes et les autres pays d’Europe de l’Est. Ils sont d’une très grande importance pour la sécurité nationale de la Russie.
»Au début de cette année [2014], il existait en Ukraine un gouvernement assez pro-russe mais très faible. Cette situation convenait parfaitement à la Russie: après tout, la Russie ne voulait pas contrôler complètement l’Ukraine ni l’occuper; il était suffisant pour elle que l’Ukraine ne rejoignît ni l’OTAN ni l’UE. Les autorités russes ne peuvent tolérer une situation où des forces militaires occidentales seraient stationnées à une centaine de kilomètres de Koursk ou de Voronezh.
»Les USA, pour leur part, étaient intéressés par la formation d’un gouvernement pro-occidental en Ukraine. Ils voyaient que la puissance russe augmentait et ils cherchaient à empêcher la Russie de consolider cette position dans l’espace post-soviétique. Le succès des forces pro-occidentales en Ukraine devait permettre de contenir la Russie.
»La Russie définit l’événement qui a eu lieu au début de cette année [en février 2014] comme un coup d’Etat organisé par les USA. Et en vérité, ce fut le coup [d’État] le plus flagrant dans l’histoire.»
Kommersant : «Vous parlez bien de la liquidation de l’accord du 21 février [2014], c’est-à-dire du processus Maidan ?
George Friedman : «Tout le processus. Après tout, les USA ont soutenu ouvertement les groupes des droits de l’homme en Ukraine, y compris par des soutiens financiers. Pendant ce temps, les services de renseignement russes rataient complètement l’identification de cette tendance et sa signification. Ils n’ont pas compris ce qui était en train de se passer, et quand ils ont enfin réalisé ils se trouvèrent incapables de stabiliser la situation, et ils firent une mauvaise évaluation de l’état d’esprit dans l’Est de l’Ukraine.»
Kommersant : «En d’autres mots, la crise ukrainienne est le résultat de la confrontation entre la Russie et les USA ?»
George Friedman : «Vous avez là deux puissances: l’une veut une Ukraine neutre, l’autre une Ukraine qui forme un élément d’une ligne de restriction de l’expansion russe. On ne peut dire que l’une des deux parties se trompent: tous les deux agissent selon leurs intérêts nationaux. Il y a juste le fait que leurs intérêts nationaux sont antagonistes.
»Pour les Américains, comme je l’ai dit, il est important d’empêcher l’émergence d’une hégémonie en Europe. Récemment, les USA ont commencé à s’inquiéter des intentions et du potentiel de la Russie. La Russie est en train d’évoluer de la position défensive qu’elle avait depuis 1992 vers une restauration de son influence. Il s’agit d’une divergence des intérêts nationaux de deux grandes puissances»
Dedefensa
mardi 6 janvier 2015
Nikolaï Starikov : Pourquoi la Russie ne reconnaît pas la Novorossia
NB : Ceci est la transcription de la vidéo disponible en fin d'article
Nikolaï Viktorovitch*, quelle est votre vision politique quant à l’avenir de la Novorussie ? Car pour le moment elle n’est reconnue officiellement que par la Tchétchénie et encore un ou deux Etats étrangers. Aussi, quelles seraient les conséquences de la sortie de l’Ukraine de la CEI vu qu’elle fait partie de ses trois Etats fondateurs ?
La question est formulée de manière quelque peu paradoxale. La Tchétchénie fait partie intégrante de la Russie, et je suis absolument convaincu qu’il en sera toujours ainsi. C’est premièrement. Deuxièmement, la République Tchétchène n’a reconnu aucun Etat étranger et, d’ailleurs, elle ne peut pas le faire suivant la Constitution de la Fédération de la Russie, puisque sa politique extérieure est régie par le centre fédéral et il est le seul à pouvoir reconnaître ou ne pas reconnaître qui que ce soit.
Par contre, accorder une aide, un soutien… Des volontaires de Tchétchénie peuvent-ils s’y trouver ? Evidemment, ils peuvent. Nous sommes dans un pays libre. Si quelqu’un veut aller au Donbass, nous n’allons tout de même pas l’attacher avec des cordes ! Bien sûr que non.
En conséquence, aujourd’hui la RPD et la RPL ont été reconnues, si je ne me trompe pas, uniquement par l’Ossétie du Sud. Aujourd’hui, la reconnaissance internationale diplomatique reste bien de cet ordre là.
Ainsi, pour comprendre ce qui va se passer par la suite…je voudrais proposer de laisser de côté nos émotions. Car on va parler des choses très sérieuses, et les émotions ne feront que nous brouiller.
Si vous permettez, je vais vous emprunter votre stylo, ce serait plus simple pour dessiner.
Que font nos adversaires géopolitiques durant plusieurs siècles ? Ils ont une certaine méthode.
Regardez.
L’année 1949. L’Inde. Nos partenaires britanniques, grâce à la victoire de l’Union Soviétique dans la 2e Guerre Mondiale, se font évincer de l’Inde. Il est clair que le peuple indien luttait aussi pour son indépendance. Mais il aurait lutté pendant encore 150 années, si les chars soviétiques n’étaient pas rentrés à Berlin et, chose bien plus importante encore, si les chars soviétiques n’étaient pas rentrés en Corée du Nord et n’étaient pas devenus présents directement dans cette région-là.
Dans une telle situation, les Anglais et tous les autres impérialistes ont eu besoin de montrer qu’ils sont pour la liberté, pour l’égalité, pour la fraternité. Et pour ce faire ils devaient quitter l’Inde. Que font-ils en partant ? Ils divisent ce pays en deux parties. Ainsi, le Pakistan est créé. Pour ceux qui ne savent pas, jamais de la vie, aucun Pakistan n’avait existé. C’est un Etat qui a été créé de manière artificielle, le nom a été inventé par les étudiants hindous qui faisaient leurs études à Londres. Tout comme d’habitude : à Londres.
Ainsi le pays est divisé selon le principe religieux : ceux qui sont bouddhistes… pardon, nos pas bouddhistes, hindouistes devaient aller en Inde, et ceux qui sont musulmans devaient aller au Pakistan. Ainsi, des populations se mélangeaient, provoquant des tragédies…
Qu’est-ce qui se fait en réalité ? Il y a l’Inde… alors, on crée une anti-Inde sous le nom du Pakistan. En perdant le contrôle d’un territoire, ils créent un anti-territoire. Une antithèse. Et ensuite, ils les lâchent comme des chiens les uns contre les autres. Ils soutiennent des groupements terroristes, provoquent des guerres…Vous voyez par vous-même, au Pakistan ce genre de choses existe jusqu’) nos jours. En Inde pareil, des terroristes… des combattants pour la séparation des quelconques Etats… Tout cela est mis en place par ceux qui en sont partis.
J’insiste bien, en perdant le contrôle d’un territoire, ils créent un anti-territoire. Inde – anti-Inde.
La même année 49. La Chine. Une guerre civile il y a lieu depuis 1946. En 45 on en a chassé les Japonais, on est resté un an à discuter et on s’est mis à faire la guerre. De 46 à 49, trois ans de guerre civile. L’Union Soviétique soutient Mao Zedong, l’Occident soutient Chiang Kaï-chek. C’est Mao Zedong qui remporte la victoire. Que font les Américains et l’Occident ?
Ils créent une anti-Chine. Ils évacuent les restes des troupes de Chiang Kaï-chek, les couvrent avec leur flotte et créent le Taïwan… Sur l’île de Formose. Chine – anti-Chine.
On peut citer bien d’autres exemples historiques, mais on ne va pas s’écarter maintenant.
L’année 2011, la Russie. Que font-ils ?
La Russie… La place Bolotnaïa (NDT: le lieu symbolisant des émeutes massives à Moscou et l’utilisation de la force contre des représentants des autorités)… Navalny (NDT : un des leaders de place Bolotnaïa, considéré à l’Occident comme un prisonnier politique)… Des rubans blancs (NDT : les rubans blancs distribués aux manifestants place Bolotnaya symbolisaient l’union des différents partis et mouvements politiques dans leur combat pour les élections honnêtes)… Vacillations et désarroi dans pratiquement tous les partis parlementaires… La Russie est au bord d’un coup d’Etat…
Tout s’est bien terminé. Poutine est devenu président. Ils ont perdu le contrôle de la Russie. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils créent une anti-Russie. Ils créent une antithèse. Où ça ? En Ukraine. C’est-à-diren dès que Poutine est devenu président, ils ont compris qu’ils n’arriveraient pas à provoquer une explosion interne, ils ont mis le cap sur la création d’une anti-Russie, d’une antithèse, en Ukraine. Mais, comme ils ont une économie planifiée, malgré qu’ils soient pour la main invisible du marché… Pourtant il est bien connu que derrière la main invisible du marché doit aussi se trouver un poing invisible.
Et c’est avec ce poing-là qu’ils s’apprêtaient à frapper l’Ukraine vers 2015 où il devait y avoir des élections… planifiées au printemps. Là, c’est nous qui avons accéléré le processus… en automne Ianoukovytch n’a pas signé cet accord… tout a chamboulé… un coup d’Etat… Voilà pourquoi ils ont fait un coup d’Etat aussi sanglant, en violant la constitution… Ils avaient besoin de créer une antithèse.
Aussitôt des cris se sont fait entendre que c’est de la faute à la Russie…
Quelles sont les perspectives ?
Les perspectives s’entrevoient justement de toutes ces variantes précédentes.
On créé une antithèse. On commence à l’armer, à la remplir du fric… Et en perspective, on provoque un affrontement. L’Ukraine est plus faible ? Evidemment, elle l’est. Mais elle n’est pas, non plus, un Luxembourg minuscule. Vous m’excuserez, mais il y a plus de 40 millions d’habitants. Si on les arme bien, si on les excite bien… cela peut donner un superbe – pour nos partenaires américains – conflit.
Le plus important qu’il faut comprendre, c’est qu’ils n’ont nullement besoin que l’Ukraine gagne. Il leur faut qu’une guerre éclate.
Et pour les Américains, plus il y a des Ukrainiens qui vont périr, plus il y a des Russes, c’est exactement ce dont ils ont besoin.
Voilà ce qu’ils s’apprêtent à faire.
Dans une telle situation, comment la Russie peut éviter un tel déroulement des évènements ?
Ca c’est l’Ukraine. Et en Ukraine, des forces apparaissent qui déclarent ne pas être d’accord avec un tel déroulement des évènements. C’est là que se créent la RPD et la RPL. Il se crée, si vous voulez, une anti-anti-Russie. S’ils ont fait une anti-Russie de l’Ukraine, alors la RPD et la RPL c’est une anti-anti-Russie.
Le schéma est le même.
Mais ça se crée de lui-même. Voilà ce qui est important.
Nous apportons notre soutien. Pourquoi ? Tant que la RPD et la RPL se trouvent là, elles accrochent l’Ukraine pour l’empêcher à mettre en œuvre ce scénario. Tant que les gens du Donbass luttent pour défendre leur droit à avoir leur propre vision du développement de l’Ukraine, la guerre entre l’Ukraine et la Russie est impossible !
J’attire votre attention que c’est ainsi que les choses se déroulent :
- le pouvoir kiévien hurle que la Russie a attaqué,
- que la Russie est un agresseur,
- qu’il y a une armée russe…
- elle ne déclare pas l’état de guerre supposant l’introduction d’une loi martiale,
- elle ne rompt pas les relations diplomatiques…
Voilà ce que cela veut dire.
Maintenant, quelques conclusions qui en découlent.
J’insiste une fois de plus, faisons l’impasse sur nos émotions.
Il faut comprendre, si on n’entrave d’aucune façon les projets des Etat Unis de créer une anti-Russie en Ukraine, les Américains la lâcheront obligatoirement contre la Russie. Obligatoirement. Ce qui, avec une offensive simultanée de l’EIIL au travers Afghanistan et le Moyen Orient, conduira à une guerre sur deux fronts. La même chose qu’on nous a été faite dans les années 30, lorsque d’un côté avançait le Japon, au travers la Chine, la Mongolie, et de l’autre côté on amenait Hitler à nos frontières. La Pologne, jusqu’au tout dernier moment aurait dû être non pas son ennemi, mais son alliée dans sa campagne moscovite… Mais comme on dit, l’homme propose… bref…
Ce pourquoi n’importe quel… On aime parler de la trahison de la RPD et de la RPL… Si vous trahissez la RPD et la RPL et qu’on arrive à liquider la résistance militairement, le projet américain entre en jeu.
Si Donetsk et Lougansk tombent, cela voudrait dire, à terme je pense de quelques 5 ans, une agression contre la Russie. Ou une autre sorte de conflit qu’on organisera obligatoirement là-bas… Le prétexte existe. On dira : “Il faut qu’on récupère la Crimée”. Les nazis le diront. Et l’Occident les y soutiendra. Ils ont un casus belli.
Ainsi, la Russie, compte tenu de ses propres intérêts… On met de côté ce qui est propre à notre civilisation : le soutien des faibles, des compatriotes, les Russes ne laissent pas tomber les siens… Tout cela, on le met purement et simplement de côté. Rien que du pragmatisme tout nu. Mais il en découle que la Russie ne peut pas laisser à leur triste sort Donetsk et Lougansk.
Maintenant, un autre point important. La Russie peut-elle reconnaître l’indépendance de ce territoire ?
Une fois de plus, on fait l’impasse sur nos émotions.
Si cela arrive, on retrouve le même schéma. Ceci est coupé, c’est un Etat séparé, on saura quoi faire d’eux après. Mais d’abord on récupère la Crimée. D’abord, on va frapper celui qui est à l’origine de tous nos maux. Ainsi, dès que la RPD et la RPL se séparent de l’Ukraine, tout ce schéma américain se remet en marche. Ce pourquoi… je risque de dire là une chose non populaire… pour les intérêts de la Russie, du Monde Russe dans son intégralité, car nous avons tous les mêmes intérêts… ce territoire doit continuer à faire partie de l’Ukraine. C’est un poids accroché à la jambe de l’Ukraine qui empêche de l’entrainer dans la guerre contre la Russie. C’est de là que viennent les déclarations de notre ministre des affaires étrangères, qui dit que la Russie est pour l’intégrité territoriale de l’Ukraine… pour que Donetsk et Lougansk… c’est de là que viennent notre désir de les réunir tous autour d’une même table.
Puisqu’en réalité les choses ne vont pas si bien que ça chez les Américains avec leur économie. Et dans l’état actuel des choses, nous devons aider Donetsk et Lougansk… Combien sont-ils ? Deux-trois millions ? Et les Américains devonts aider tout le reste de l’Ukraine. Cela fait 40 millions. Voilà de quoi il s’agit.
Lorsque vous comprenez quelles sont les règles que suit le jeu géopolitique, vous comprenez ce qui est permis de faire, et ce qui ne l’est pas. Les têtes brûlées présentes dans notre front patriotique ne le comprennent pas. C’est ça qui fait la différence entre un chef d’une unité qui doit s’emparer, je ne sais pas, d’une quelconque hauteur… il doit et c’est tout… et il y va… Et un stratège qui doit remporter toute la guerre. Et non seulement s’emparer de cette hauteur.
Et dans la situation d’aujourd’hui, la RPD et la RPL combattent non seulement pour leur propre liberté. Ils combattent pour la vie des 40 millions d’Ukrainiens qui ne comprennent pas que si la RPD et la RPL tombent, on les entrainera dans une guerre contre la Russie. Et des victimes se compteront par centaines de milliers, si ce n’est par millions. Aujourd’hui, on combat à Donetsk et à Lougansk pour le Monde Russe dans son intégralité. Et pour l’Ukraine, et pour la Russie.
De cette façon, il ne peut absolument pas y avoir question d’une quelconque trahison. Cela reviendrait à trahir soi-même.
De même que ne pas réunifier la Crimée avec la Russie, cela aurait signifié qu’une Maïdan dans 2-3 mois serait éclaté à Moscou. Voilà de quoi il s’agit.
Ainsi, à chaque fois que nous voulons comprendre les actions des joueurs en géopolitique, il faut faire l’impasse sur nos émotions. Loukachenko est venu à Kiev, d’abord on fait l’impasse sur nos émotions, ensuite on se met à évaluer le pourquoi du comment. Loukachenko a parlé du dollar, on fait l’impasse sur nos émotions et on évalue les actes.
Pourquoi telle ou autre chose se passe à Donetsk et à Lougansk ? Si vous essayez de le comprendre à travers la sphère émotionnelle, cela ne conduira à rien de bon.
* Nikolaï Starikov est un écrivain russe, journaliste et analyste politique, co-président du Parti de la Grande Patrie et de sa filiale ONG “Union des citoyens russes”.
La vidéo originale, non sous-titrée:
Source : Novorossia Today
lundi 8 décembre 2014
Vladimir Poutine :"Nous allons protéger la diversité du monde" (Vidéo sous-titrée français)
Un discours important du président russe où il s'affirme clairement en opposant N°1 au "Nouvel Ordre Mondial" de Sarkozy, Bush, Hollande, Obama et compagnie...
Vladimir Poutine : Discours à l'Assemblée Fédérale - 4 décembre 2014 :
(Sous-titres français : cliquer sur le 2eme bouton en bas à droite pour activer l'option)
mercredi 27 août 2014
Russie : Le moment de vérité approche pour le pays
Comme nous avons pu le remarquer dans sa récente interview, Sergueï Glaziev présentait une analyse de la situation destinée essentiellement à des spectateurs occidentaux. Voici maintenant un article paru le 21 août dernier dans l'hebdomadaire « Zavtra » et cosigné par Mikhaïl Deliaguine et Alexandre Nagorny. Ceux-ci font partie du Club Izborsky (Alexandre Nagorny en est le secrétaire exécutif. Il est également rédacteur en chef adjoint de l'hebdomadaire Zavtra), aux côtés de Sergueï Glaziev, Alexandre Prokhanov, Alexandre Douguine et l'archimandrite Tikhon Shevkounov, entre autres. Ce texte, intitulé «Le moment de vérité approche pour le pays» nous présente cette fois une analyse de la situation adressée aux lecteurs russes. L'interview de Glaziev et le présent texte, offrent donc une analyse d'une même situation, présentée sous deux éclairages différents. Le texte nous entr'ouvre en outre une fenêtre nouvelle sur la Russie.
Le moment de vérité approche pour le pays
Le moment de vérité approche pour le pays
En Ukraine, où culmine la crise, s'est établit un régime durement anti-russe et qui plus est, «néobanderiste», qui au cours des six à dix derniers mois a reçu de l'occident toute l'aide militaro-technique, financière et économique nécessaire. Cela doit permettre de constituer une armée puissante de six cent à huit cent mille hommes habités d'un esprit fermement anti-russe et dotés d'un équipement moderne. Mais le plus important consiste en ce que ce bras armé de l'Occident parvienne à mener ses actions terroristes à large échelle via une «guerre d'attentats à l'explosif» en Crimée, et ensuite dans les districts de la Fédération de Russie avoisinant l'Ukraine. Cela devrait être aisé à réaliser en recourant aux éléments radicaux des Tatars de Crimée, et même à des Ukrainiens vivant en Russie.
Logiquement, il n'y aura plus de touristes en Crimée. Mais Moscou devra prendre en compte les deux millions de Criméens parmi lesquels l'humeur anti-Moscou ira croissante. Et nous devons nous attendre à une montée des actions terroristes dans le Caucase, soutenues secrètement par les Etats-Unis et l'Arabie Saoudite. Le délai dans lequel surviendront ces événements est estimé à douze ou dix-huit mois. Ces tendances s'inscrivent dans le contexte économique conséquent aux sanctions occidentales, et dans une plus grande mesure encore dans le cadre de l'échec écrasant de la politique économique «libérale» du cabinet Medvedev. Ce gouvernement restera probablement en place, dans la mesure où Poutine ne veut clairement pas le remplacer, pour diverses raisons.
Bref, les tensions sociales seront palpables à Moscou même, là où les groupes favorables à l'Occident contrôlent les masse-médias. Dès lors, en 2016 ou 2017, il est probable que l’État de la Fédération de Russie soit poussée vers son point d'éclatement par une habituelle «révolution de couleur» puissamment soutenue par les États -Unis et l'Occident tout entier. Comment échapper à tout cela ? Voilà le problème auquel est confronté la Fédération de Russie et ses dirigeants.
Quels sont dès lors, par priorité, les problèmes les plus graves et les mesures nécessaires pour le pouvoir de la Fédération de Russie ?
En Ukraine : victoire ou paix à tous prix ?
Pour l'instant rien ne dépasse en importance le problème ukrainien. La tendance répétée à éviter l'intervention de la Russie dans le conflit dont a fait montre notre pouvoir exécutif, est considérée par les États-Unis et l'Occident tout entier comme une invitation continuer à se moquer de la faiblesse de la position russe et à poursuivre l'agression. Le résultat se compte en dizaine de milliers de tués et en des centaines de milliers, bientôt un million, de réfugiés.
Pour arrêter l'agresseur, il convient de fixer idéologiquement une dimension évidente : il faut expliquer directement à notre peuple et au peuple ukrainien ce qui se passe à côté de chez nous et quelle est la tâche de la Fédération de Russie en fonction de ces événements. Cela signifie qu'il faut fixer l'essence néofasciste du régime en place à Kiev, qui est en train de réduire à néant les résultats de la Grande Guerre Patriotique et qui plante un système anti-russe et anti-orthodoxe dans la zone de nos intérêts stratégiques. En d'autres termes aucun de nos hauts fonctionnaires et dirigeants ne peut entretenir aucune accointance avec les représentants d'un tel régime. Par conséquent, à tous prix, il ne faut pas arrêter le combat , mais vaincre le «néofascisme» implanté par les États-Unis et leurs satellites de l'OTAN. Dans la mesure où l'économie ukrainienne ne subsiste que par son intégration à l'économie russe et que la culture ukrainienne est extrêmement proche de la russe, le nazisme est contraire aux intérêts de l'Ukraine et détruit sa structure en tant qu’État.
C'est précisément pour cela que la Crimée s'est unie à la Russie. L'Est s'est levé contre le nazisme, mais en Nouvelle Russie, l'oligarque Kolomoïski a créé une entité moyenâgeuse dont les guerriers accomplissent, avec ceux de Kiev, un génocide de la population. Le «pouvoir» de Kiev ne peut ni ne veut assumer les obligations minimales d'un État (depuis le paiement des importations et des prestations sociales jusqu'au maintien de l'ordre). Ces marionnettes sanglantes plongent l'Ukraine dans le gouffre de la folie et de la russophobie.
La relation de la Russie avec le nazisme est déterminée par son histoire, et par les décisions du Tribunal de Nuremberg. Dans ce contexte, les pouvoirs à Kiev et à Dniepropetrovsk sont considérés par la Russie comme des régimes terroristes d'occupation, transformant l'Ukraine, qui fut la partie la plus riche et développée d'Union Soviétique, en un «État défaillant» tel l’État Somalien, ainsi qu'à l'extinction de sa population. La Russie n'admettra pas leur légalité, regardera toute collaboration avec eux comme un délit, punissable, et entretiendra des relations avec eux uniquement en vue de protéger ses citoyens pendant la durée de l'occupation des territoires par les nazis. La collaboration, y compris le commerce ne peut être développé qu'avec les régions libérées.
La Russie doit déclarer son objectif de dénazification de l'Ukraine et de restauration d'une coopération mutuellement profitable, en soutenant par tous les moyens nécessaires ceux qui combattent le nazisme, depuis l'envoi de volontaires armés jusqu'à l'aide organisée par l'État. En outre, il est nécessaire d'intégrer le patriotisme ukrainien dans un système commun de lutte contre le néofascisme. Et enfin, les criminels de Kiev, Porochenko en tête, doivent être traduits devant un tribunal du type de celui de Nuremberg. L’État doit informer le monde et la communauté de toutes les atrocités des nazis et de leurs maîtres occidentaux, en soulignant le rôle des monopoles globaux basés aux États-Unis.
Projet de mobilisation pour la Russie
La lutte et la victoire en Ukraine sont impensable sans un changement radical de l'actuelle orientation quasi libérale et du présent modèle économico-financier. Cela exige en particulier de réagir aux sanctions introduites par l'Occident. Il est trop tard pour combattre ces sanctions : l'Occident a déchaîné contre nous une «guerre froide», et seule une démonstration de force peut l'empêcher de se transformer en guerre «chaude». Il faut expulser de Russie les entreprises des États-Unis jusqu'à la normalisation de la politique de ces derniers. Mais l'essentiel est de se tourner vers la société russe et de lui donner une orientation nouvelle, basée sur la mobilisation de toutes nos ressources afin de repousser l'agression qui se déploie. Ici, l'essentiel consiste en la modification des modèles financiers et économiques. Cela signifie que nous avons besoin des indicateurs d'une planification stratégique, de l'élimination immédiate de l'actuelle bureaucratie et de la corruption au niveau des entreprises, et du retrait de nos moyens financiers des banques occidentales et du système obligataire des États-Unis. De bien d'autres choses encore, entre autres d'une nouvelle orientation dans la sphère scientifique et éducationnelle.
La Crimée doit devenir une région d'avant-garde en matière de développement, débarrassée de nos vices. L'obtention de leur visa doit être facilitée pour ses habitants en leur permettant l'enregistrement dans d'autres régions.
Les biens nationaux de la Russie investis en Occident doivent y être redéployés afin d'éviter tout lien avec les structures d'État locales à défaut de quoi ils serviront de moyen de chantage. Il convient de réorienter également notre commerce vers des pays ne menant pas de guerre froide contre nous. La question la plus douloureuse en matière de machine-outils de haute précision, c'est la Corée du Sud.
Ayant évalué la volonté de l'Occident de modifier les normes du «droit international», il faut se préparer à sortir de sa sphère d'influence. Les Européens doivent être prévenus de ce que le vol par leurs créatures nazies d'un seul mètre cube de gaz entraînera l'interruption du transit à travers ce qui fut l'Ukraine jusqu'au paiement par ces nazis de toutes leurs dettes. Les Européen hystériques qui ont mis les criminels au pouvoir doivent le savoir : ils ont créé un cas de force majeure, à leur préjudice. La Russie doit se réserver la possibilité d'une contrainte de pacification directe en cas de prolongation de l'agression nazie (sans parler de tirs d'artillerie sur notre territoire et de l'assassinat de nos citoyens), mais les Ukrainiens doivent libérer eux-mêmes leur pays, car alors seulement ils seront leurs propres maîtres.
Poutine et l'Occident.
Ceux qui trouvent ces mesures excessives doivent, se souvenir de ce que l'Occident ne pardonnera jamais à la Russie sa simple existence, ni à Poutine ses agissements, en premier lieu l'accueil de la Crimée au sein de la Russie et l'aide qui fut fournie pour y tenir le référendum. La modification des frontières sans l'accord du «chef», les États-Unis, est un péché mortel, dont l'auteur doit être exterminé comme Saddam Hussein et Mouammar Kadhafi.
Il ne s'agit en fait pas tellement du rejet des valeurs européennes, comme notre aversion à l'égard de l'imposition agressive de l'homosexualité, ou de l'insurrection et de la réunification avec la Crimée, mais de la désobéissance au diktat de l'hégémonie financière et politique.
Les élites occidentales, de Obama à Liaschko, sont habituées à se soumettre sans un murmure au business global: c'est leur maître, dans le sens direct et esclavagiste du terme. Poutine a démontré son indépendance à son égard, tout en n'entrant pas en conflit avec lui. Mais on a pu voir que la Russie, ce n'est pas l'Occident, qu'il existe une différence naturelle. Bien sûr, il serait plus facile de renverser les autochtones audacieusement autonomistes et de les remplacer par des libéraux, mais le prix de la coopération risque d'être très élevé. Pour les politiciens occidentaux toute allusion de Poutine à la possibilité de ne pas se soumettre (sans parler de celle de répondre aux sanctions) est considérée comme une effroyable insulte : ils placent Poutine un rang inférieur à celui de toute la classe politique occidentale.
En signifiant, même involontairement, la possibilité d'insoumission aux monopoles de la mondialisation, Poutine manifeste combien le russe actuel, même s'il n'en a pas conscience, est supérieur à l'Européen et à l'Américain, de par sa liberté intérieure (tout en reconnaissant ses vices et ses malheurs), car il admet les avantages de ces monopoles non en tant que vérité supérieure absolue, mais comme toute autre modalité dont il est raisonnable d'adopter les éléments favorables et d'essayer de se les approprier, et qu'il est déraisonnable d'ignorer. Les leaders occidentaux se sentent personnellement offensés lorsqu'un faraud ignore leurs règles impunément. Cette haine féroce et insatiable ne peut être guérie qu'à travers des démonstrations de force imprévisibles et irrésistibles destinées à briser l'«idiot agressif». Les discours et les préjudices dosés (du genre des 12 milliards d'euro de sanctions réciproques) demeurent inutiles; dans la puanteur d'urine des portes cochères ou dans les sommets de dirigeants internationaux, les hooligans ne comprennent que les réponses asymétriques et inadéquates.
Les cadres décident tout.
Un libéral peut être une personne bonne, un spécialiste, mais la croyance que l'État doit être au service non du peuple mais du business global, font de lui un esclave de ce dernier. Il est dès lors nécessaire, pour la survie du pays, de la société et de ses dirigeants d'assainir l'État, ses cerveaux et ses bras en évaluant son indépendance à l'égard de l'hérésie criminelle. Les libéraux, qui aspirent à revenir à la Russie des années '90 doivent être éloignés des services de l'État, depuis l'administration présidentielle jusqu'à celle des villages, vite et impitoyablement. Ceux qui restent devront choisir entre le service de l'État et celui des actif familiaux placés en Occident. Les fonctionnaires qui auront essayé de se dissimuler devront démissionner sous l’opprobre et resteront libres à condition de ne pas agir contre les intérêts de la Russie.
La fuite de l'«aristocratie offshore» donnera l'occasion de restructurer l'appareil d'État (qui ignore une série de ses fonctions et sévit là où il n'a rien à faire) en l'adaptant au système électronique de prise de décision. Avec amertume, il convient de congédier Medvedev, jusqu'ici marqué de l'empreinte de la «cinquième colonne» libérale. Sa présence en tant que Premier Ministre suscite la tentation d'évincer Poutine du pouvoir au profit d'un jeune manager facilement manipulable, avec qui «tout sera comme au temps du grand-père Eltsine», et qui s'occupera de choses correspondant à son niveau personnel et professionnel. L'Administration socio-économique et la Banque de Russie doivent être dirigées par des personnes aspirant à la prospérité de la patrie, et non par l'extraction d'avantages au profit du business global.
Mass-Media : les clés que constituent les canaux de télévision, de radio et les portails internet (y compris les moteurs de recherche et les principaux fils et agrégateurs d'informations) doivent être retirées à toute gestion extérieure et résolument transférées à des organes de gestion de l'État. Et pas seulement les masse-médias ; à toute propriété privée, il conviendrait d'appliquer le principe de socialisation présent dans la constitution allemande: elle est sacrée seulement dans la mesure où elle sert les intérêts de la société. Si elle est utilisée de façon à porter préjudice à celui-ci, elle devient délictueuse. Il faut alors agir vis-à-vis de son propriétaire comme à l'égard d'un criminel et vis-à-vis d'elle comme d'un instrument du délit.
Première étape: Modernisation des infrastructures.
L'élément clef du développement repose dans la modernisation complexe des infrastructures, permettant de diminuer drastiquement les coûts sociaux et d'augmenter l'activité des affaires. C'est l'unique sphère dans laquelle l'État est protégé de la concurrence malhonnête du business; l'investissement dans les fondements de l'infrastructure outrepasse les possibilités de ce dernier.
De l'argent, il y en a. Dans le budget, on a gelé 7,8 trillions de roubles. Avec une petite partie de cette somme, il est possible de remettre à neuf la Russie, éreintée par les libéraux, d'en faire un pays adapté à l'époque actuelle. Mais il faut gérer plus judicieusement l'argent des budgets sociaux et de la défense et développer l'économie en recourant à des projets de financement: il faut émettre des roubles, comme les pays développés, en fonction des besoins de la Russie, et pas selon ce que nous autorisent nos concurrents.
Pour moderniser les infrastructures, nous avons besoin d'un endiguement fondamental de la corruption, élémentaire techniquement, risqué politiquement (car il sera mis en œuvre parallèlement à la modification de l'appareil d'État), accompagné d'un frein à l'arbitraire des monopoles (sinon une partie des fonds sera volée, l'autre partie contribuant à la hausse des prix), accompagné aussi du passage au protectionnisme raisonnable, même s'il est de type européen, (sinon, les bénéfices des activités seront accaparés par nos concurrents étrangers) et de l'octroi garanti du minimum vital, expression économique du droit à la vie. Coût de l'affaire: approximativement 420 milliards de roubles par an dont la plus grande partie sera récupérée via l'impôt. Sans cela, il sera impossible de former et d'attirer les travailleurs qualifiés nécessaires à la modernisation.
Il s'agit seulement là d'un premier train de mesures. Nous avons également besoin d'organiser l'impôt sur le revenu des particuliers selon une échelle progressive (aujourd'hui elle est en fait régressive; au plus la personne est pauvre au plus elle doit contribuer socialement, et pour les riches, on a créé un paradis fiscal). Il faut constituer un système électronique de tenue des comptes de l'État et des taxes compensatoire sur les privatisations prédatrices. Dans notre pays, maintenu artificiellement dans la pauvreté par les libéraux, les logements, les soins de santé et l'éducation doivent être rendus disponibles quasi gratuitement pour la moitié de la population et gratuitement pour un quart. Le monde crée de la technologie, maintenant il s'agit d'une base technologique renouvelée (la «révolution du schiste», les imprimantes 3D, premières hirondelles du printemps futur). La Russie peut récupérer une capacité concurrentielle globale au moyen de la recherche et du perfectionnement des technologies mises au point par le complexe militaro-industriel soviétique.
Mais la mesure primordiale consiste à transformer en un an la Russie en un pays nouveau, tourné vers le progrès, l'efficacité et la puissance.
Depuis longtemps, les États, même les États-Unis, ne sont plus les acteurs principaux de la politique mondiale. Au-dessus d'eux a grandi une nouvelle communauté toute-puissante: le business global.
C'est pourquoi, tout en conservant la diplomatie habituelle, il faut déplacer le centre de gravité de notre politique étrangère dans la relation avec les véritables maîtres du monde: les monopoles de la mondialisation. Sans cela, la Russie restera ridicule, s'adressant aux serviteurs et ignorant le maître de maison. On peut et on doit jouer au contradicteur vis-à-vis du business de la mondialisation. Pour cela, il faut le connaître. Chez nous, depuis Staline, on s'est dispensé de l'étudier, ainsi que la classe de l'aristocratie dirigeante de la mondialisation, qui lui est soudée, avec ses élites culturelles et technologiques. Il y a bien eu des démarches partielles en ce sens, comme la collaboration entre Rosneft et ExxonMobil, mais rien de systématique; c'est donc insuffisant.
La situation de la Russie mise en perspective: l'effondrement de l'architecture traditionnelle poussera les élites à se tourner vers la culture, le patriotisme et les valeurs sociales, symboles de ce que fut toujours notre pays. La culture russe unit l'humanisme et la compétence technique; il s'agit de la seule culture puissante capable de nous sauver de deux menaces stratégiques évidentes: la déshumanisation et la dégradation technologique. Ce messianisme permettra à la Russie de devenir une ressource pour la survie de l'humanité toute entière.
Mais pour que cette possibilité devienne réalité, l'État devrait commencer par remplir ses obligations les plus immédiates. Sans aucun doute, il faut adopter une nouvelle ligne géopolitique. Cela est partiellement en cours, à travers les BRICS, et l'élaboration de relations de quasi-alliés avec la République Populaire de Chine et l'Inde. Ici, il est nécessaire de se débarrasser des partisans cachés des occidentaux qui tentent de saboter nos initiatives économiques et militaro-politiques de grande envergure. Bref, un «virage stratégique» est nécessaire dans l'architecture de l'État, sans attendre.
Et en cela réside la clé de la victoire. Et celle-ci commencera par la victoire en Ukraine.
(Trad. "Serge")
Source : zavtra.ru
lundi 7 juillet 2014
Ukraine, 07.07.2014, La guerre est loin d'etre terminée
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| La milice de Slaviansk arrive à Donetsk |
Les forces d'autodéfense ont quitté Kramatorsk et Slaviansk, pour se regrouper à Donetsk. Là, ils se préparent à défendre la ville sous le commandement unifié des forces de la République Populaire de Donetsk par Igor Strelkov.
Un grand nombre de civils, qui craignent le filtrage par les forces de Kiev, ont suivi la milice dans les villes de la région de Donetsk.
La milice continue d'occuper les hauteurs stratégiques de Saur-Grave dans la région de Donetsk et toutes les tentatives des forces pro-Kiev pour l'occuper ont été repoussées. Ainsi, le 6 Juillet la milice populaire a réussi à détruire un char T-64 et a causé des dommages importants à un bataillon de la garde nationale "Azov".
Dans la nuit du 7 Juillet sur la place Maidan à Kiev une fusillade a éclaté entre les participants des "sotnias" d'autodéfense d'Euromaidan. Une personne a été blessée, informe le ministère des Affaires intérieures ukrainien. [NDT - Il y aurait 4 blessés selon RT]
Plus tôt à Kiev, la rédaction du journal "Vesti" a été attaquée. Plusieurs dizaines de nationalistes ukrainiens ont tiré, jeté des pierres et envoyés des gaz lacrymogènes dans le bâtiment. Les employés du journal estiment que cette attaque est liée à leur politique éditoriale, qui donne l'occasion à des opposants à Kiev de prendre la parole. (Souce : South Front)
Les infos de South Front en images
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| Carte de la situation dans le Donbass (cliquez sur la carte pour l'agrandir) La carte en Haute Résolution |
Témoignages des victimes du bombardement de Kondrashovka, banlieue de Lougansk. (S/T. Ang.)
Reportage de Life News sur les victimes des attaques ukrainiennes sur la périphérie de Lougansk. (S/T. Français)
Ukraine - Politique de la terre brûlée ? Une vidéo de Vincent Parlier.
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| CNN situe Slaviansk en Crimée |
Une importante colonne de fumée s'élève au dessus du stade du Shaktar à Donetsk.
Un obus de mortier tombe sur une voiture au milieu de la circulation à Lougansk.
Un bus transportant des réfugiés pris pour cible dans la région de Lougansk
Dans
la région de Lougansk près de la ville de Krasnodon, des inconnus ont
tiré sur un bus transportant des réfugiés à destination de la Russie à
l’aide d’armes automatiques. Selon les premiers éléments, personne à
bord du bus n’a survécu.
Suite à une attaque au mortier à Lugansk dans la rue
Oboronaya, près de l’hôtel Initial, un obus a explosé près d’une voiture
qui roulait à proximité. Le véhicule a pris feu. Le conducteur blessé a
été hospitalisé. Dans les maisons voisines, les fenêtres ont explosé. (http://french.ruvr.ru)Résumé de la journée par South Front
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