Les débris tombés en Pologne correspondraient à un missile anti-aérien du système de défense aérienne S-300, que l'Ukraine utilise pour protéger son espace aérien. pic.twitter.com/3qynGeJiGt
— Bertrand Riviere (@BGaideclin) November 15, 2022
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mercredi 16 novembre 2022
Jacques Baud - "Il est improbable que les Russes se soient permis de tirer sur la Pologne"
samedi 9 janvier 2016
Xavier Moreau : Ukraine, le grand virage à l’Ouest
Signé en 2014, l’accord d’association entre l’Union européenne et l’Ukraine est entré en vigueur depuis le 1er janvier de cette année.Trois ans après la « révolution du Maïdan », L’Ukraine accélère son virage à l’Ouest au grand détriment de son grand voisin russe. Est-ce un échec pour Vladimir Poutine qui voit se dresser, face à lui, un président ukrainien qui affirme qu’il est prêt à payer « le prix pour la liberté et en faveur du choix européen » ?
Xavier Moreau est un analyste installé en Russie depuis 14 ans. Il est l'un des intervenants principaux du site d'analyses politico-stratégiques stratpol.com.
TV Libertés
mercredi 8 octobre 2014
El Murid décrypte Loukachenko
![]() | |
| Alexandre Loukachenko, le "renard de Bielorussie" |
(NB : Suite aux réactions de fidèles lecteurs ne comprenant pas la publication de certains articles récents, particulièrement les traductions de Strelkov et El Murid, je me vois dans l'obligation de rappeler une chose importante : Cet article représente uniquement l'opinion de son auteur et en aucun cas mon opinion personnelle, je le publie ici pour son caractère informatif, étant donné qu'El Murid représente une tendance importante de l'opinion russe conservatrice, et qu'il est un des blogueurs les plus lus en Russie. J'essaie à travers mon suivi de la situation en Ukraine/Novorossia de présenter au public francophone qui me lit un angle de vue différent sur ce conflit de celui proposé dans les médias. Cela ne veut pas dire que j'adhère systématiquement aux billets d'opinions que je publie ici.)
Anatoly El Murid (*) donne son analyse de l'interview du président biélorusse Loukachenko à la chaine officielle euro-atlantiste "Euronews" (vidéo en fin d'article) :
L'irritation de Loukachenko et sa position catégorique ne sont pas les produits d'une réaction épidermique, mais d'une réflexion profondément mûrie.
Anatoly El Murid (*) donne son analyse de l'interview du président biélorusse Loukachenko à la chaine officielle euro-atlantiste "Euronews" (vidéo en fin d'article) :
L'irritation de Loukachenko et sa position catégorique ne sont pas les produits d'une réaction épidermique, mais d'une réflexion profondément mûrie.
Les événements d'Ukraine vont bon
train depuis quasi une année déjà, sept mois depuis la victoire
des nazis, cinq mois d'opération punitive, six mois depuis l'union
retrouvée avec la Crimée. Dès lors, Loukachenko ne se laisse pas
emporter par l'émotion, ce qu'il dit est mûrement pensé,
équilibré.
La Russie a rétabli l'union avec la
Crimée, mais n'a pas mené le travail jusqu'au bout. Elle n'a pas
fait admettre l'événement par l'Ukraine, laissant la porte ouverte
à une mise en question de ce retour. La Russie a garanti la
protection des habitants du Donbass, déclarant se réserver le droit
d'intervention en cas d'opération punitive. Le Donbass est détruit,
des millions d'habitants ont fui, des dizaines de milliers ont été
tués. Aucune intervention directe ne s'en est suivie. L'armée russe
n'est pas sortie de sa position, derrière les femmes et les enfants.
La Russie a misé sur le territoire limité de l'insurrection, sur
des bandits avoués, elle en récolte un effondrement de la direction
de l'opération et une catastrophe permanente. Le Président de la
Russie s'est éloigné du déroulement des événements, apparaissant
épisodiquement pour avancer des initiatives qui suscitent
l'interrogation quant à leurs conséquences. Dans de telles
circonstances, ce sont des fonctionnaires de troisième rang qui
tirent les ficelles et ne font qu'aggraver la situation. Quant aux
sanctions, il semble qu'elles n'en soient qu'à leur début.
Loukachenko s'est déjà exprimé
auparavant à propos de la situation en Ukraine, pas de façon très
positive, mais avec retenue. Le nouvel entretien se fait tranchant,
peu amical. Mais il a entièrement raison. Le retournement de
situation est tel qu'en Russie, les questions géopolitiques ont
cessé d'être la prérogative du Président, pour devenir un champ
accueillant les ébats frauduleux des bestioles du musée de cire du
Kremlin et de la Maison Blanche. Loukachenko n'a aucune intention de
traiter à leur niveau. Il a donc remisé les politesses.
Il est malaisé d'affirmer que
Loukachenko ait, ou non, pu aborder ces thèmes en tête à tête,
mais la cruauté de son évaluation semble relever de son désespoir
de ne pouvoir faire part à Poutine de sa vision de la situation.
C'est sans doute de ce point de vue que l'interview prend tout son
sens.
Les déclarations selon lesquelles
Loukachenko trahit la Russie vont bon train. Il est Président du
Belarus et il promeut évidemment les intérêts de son pays.
Toutefois ses propos empreints d'irritation ne recèlent aucune forme
de trahison. La Russie elle-même mène sa propre politique, mais de
façon tellement médiocre et inconséquente que ce n'est pas
Loukachenko qu'il convient d'accuser de trahison, mais ceux qui se
promènent négligemment en Novorossie et en Ukraine. Pourquoi leur
permet-on d'y folâtrer ? C'est une autre question, sérieuse.
Au cours de notre histoire, nous avons déjà eu affaire à de vils
escrocs du genre de Bezobrazov, qui sut comment tirer profit de la
cupidité des élites et du détachement total du monarque pour
pousser les choses jusqu'à la guerre russo-japonaise, perdue avec
fracas par la Russie, qui récolta en outre la révolte de 1905. La
Russie parcourt le champ de l'histoire avec un rateau, et avec zèle,
« elle n'en rate pas une ».
Lorsqu'on reproche à Igor Strelkov sa
tendance maniaque à vouloir faire comprendre à Poutine que ses
fonctionnaires conduisent le pays à la catastrophe avec la pleine
approbation du président, on oublie qu'il est historien, et de plus,
spécialisé dans les dernières années de l'Empire de Russie. Il
comprend parfaitement se qui se passe, mais il n'a pas la possibilité
de résoudre le problème comme il a pu, à Slaviansk, résoudre le
problème des pillards et des criminels.
Dans notre cas, les commentaires de
Loukachenko sont du même ordre. Il n'est pas en mesure de faire
comprendre cette même réalité à Poutine, autrement qu'à travers
une évaluation tranchante des lamentables échecs de l'année
écoulée.
L'interview complète de Loukachenko (Trad. Euronews)
(*) Anatoly E. Nesmiyan : blogueur russe de Saint-Pétersbourg, plus connu par son surnom à savoir el_murid (El mouride). En 2011, l'Institut biographique russe l'a nommé «blogueur de l'année» et lui a attribué le "Prix national de la blogosphère" pour sa "contribution au développement de la société civile". Darya Mitina, une ancienne député de la Douma, classée très à gauche sur l'échiquier politique russe, a dit qu' El mouride était le blogueur le plus lu du pays, cité par tous les grands médias en Russie et même à l'étranger, qui s'est fait connaître notamment à travers ses analyses de la guerre en Libye, et sa lutte contre les "bacchanales de l' information".
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