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mardi 30 juin 2020

Infatigable, le New York Times invente un nouveau bobard sur la Russie basé sur des "sources anonymes" !

(Image: getty)
Selon le NYT, véritable usine à Fake News planétaire, les russes ont payé les talibans pour qu'ils tuent des soldats américains et britanniques en Afghanistan! Si, si. le tout émanerait d'une source des services secrets US et Britanniques, source "anonyme" bien entendu.

Evidemment, le félon Donald Trump, ce suppôt de l'ogre de Moscou "était au courant" et "n'a rien fait", cela va sans dire, et les médias mainstream (NYT,Washington Post, CNN et le Guardian) sont outrés au dernier degré par ce scandale.

Ne me demandez surtout pas pourquoi la Russie aurait donné des primes aux talibans pour faire EXACTEMENT LA MÊME CHOSE QU'ILS FONT DÉJÀ GRATUITEMENT AVEC UN ENTHOUSIASME SANS FAILLE DEPUIS 20 ANS !

Moi aussi, comme vous, je trouve cette idée complètement stupide mais c'est considéré comme tout à fait sérieux et crédible puisque des médias "de référence" aussi dignes de confiance que CNN et le WaPo affirment que c'est vrai. Peu importe si les précédentes "révélations fracassantes" sur la "collusion russe", l'affaire du coup de fil ukrainien et autres fadaises se sont absolument toutes révélées bidons, on continue sans relâche à leur accorder confiance, aussi hallucinant que cela puisse paraître.

Il faut se rendre à l'évidence, ces gens vivent dans un univers fantasmatique incroyable à la compréhension duquel nous n'avons définitivement pas accès, mes chers amis.

Les "informations" auraient été obtenues par des interrogatoires de prisonniers talibans et de... criminels. Si si. Des sources incontestablement reconnues pour la fiabilité de leurs informations, vous en conviendrez tous aisément avec moi.

Une chose semble certaine, c'est que le monde peut brûler autour d'eux, les médias mainstream, le Deep State US, les Démocrates et leurs alliés républicains bushistes resteront imperturbablement fixés sur leur obsession perpétuelle : inventer des bobards plus débiles les uns que les autres sur la Russie pour tenter de s'en servir contre le Président Trump.

/Bertrand R.
______________

Message de Bertrand : Mes amis, la censure TOTALE du Blogue Noir de Brocéliande par Facebook depuis plus de quatre mois, m'a privé d'une part importante de mes revenus publicitaires, me mettant en grave difficulté financière (c'est bien entendu le but recherché). 
Si vous aimez ce blog et souhaitez qu'il survive après 12 années de combat acharné et quotidien pour diffuser la vérité et dénoncer les mensonges médiatiques, SVP aidez-moi grâce a un don (même modeste, il sera le bienvenu) via le compte Paypal sécurisé dont le lien est ci-dessous :


jeudi 25 mai 2017

John Pilger : La guerre invisible [VOSTFR]


Ce documentaire est une critique acerbe du rôle des journalistes et des dirigeants des grands médias de masse, des principales chaines de télévisions notamment, qui sont littéralement amenés à agir comme de véritables agents de la propagande gouvernementale lors des couvertures médiatiques des guerres contemporaines, tandis que d’autres journalistes et photographes de presse, indépendants, sont en première ligne, confrontés à des dangers inimaginables, dont la mort, au nom de la liberté de la presse.

Ce film dénonce la propagande médiatique, télévisée et radiophonique notamment, lors de l’invasion de l’Afghanistan, de l’Irak, et en ce qui concerne le conflit Israël/Palestine. John Pilger a interviewé des journalistes de haut niveau et des dirigeants de médias au sujet de leur refus de donner l’antenne aux inspecteurs d’armes et aux analystes militaires des services de renseignements qui contestaient publiquement les raisons officielles de ces invasions militaires.

lundi 10 octobre 2016

États-Unis-Russie : Tensions Géopolitiques et Terrorisme


Entretien avec Artem Studennikov (Ministre Conseiller de l'Ambassade de Russie).
Vidéo enregistrée le 7 octobre 2016.

SUJETS :
Conflit Nucléaire, Ministre Conseiller, Russie, USA, Iran, Arabie Saoudite, Syrie, Libye, France, Liban, Yémen, OTAN, Guerre froide, Moyen-Orient, Afghanistan, Cameroun, Tchad, Mali, Nigeria, Tchétchénie, Terrorisme, Déstabilisation extrémiste, opposition modérée, Etat Islamique, Égypte, Bavures, Alep.

http://thinkerview.com

vendredi 23 octobre 2015

Les secrets de la guerre en Syrie, par Israël Adam Shamir



Les plus gros secrets : l’Occident n’a personne en Syrie pour prendre le contrôle des territoires libérés ; les Russes cherchent encore des partenaires, Erdogan a eu les yeux plus gros que le ventre, et ISIS n’est qu’un fantasme, après tout.


Les Russes sont aux anges, avec leur aventure syrienne. Vingt jours après leur entrée dans la guerre de Syrie, l’opération est rentabilisée. Ils ont déployé leurs joujoux militaires et bien épaté les autres gars dans le bac à sable. Après une longue période de découragement, les Russes ont été acclamés, merci pour eux, ils se sentent bien mieux, comme un convalescent après une grave maladie. Ils adorent les images de leurs pilotes en tenue chic, style américain, de leurs jets exquisément dernier cri, de cette campagne intrépide si loin de chez eux. Ils adorent la publicité faite à leurs opérations militaires, tout à fait inédite. Les commandements postent des vidéos et leur permettent de suivre attaques et tirs en temps réel.

Poutine était déjà très populaire avant la guerre, avec 86% d’opinions favorables dans les sondages, et maintenant il crève le plafond. Ce que les Russes ont préféré, c’est le lancement osé de leurs 26 Kalibr tout neufs, ces missiles de croisière, tirés depuis une frégate dans la Mer Caspienne, bondissant jusqu’en  Syrie par-dessus les buttes et déserts d’Irak et d’Iran. Irak et Iran avaient été prévenus, mais n’ont pas vendu la mèche à leurs partenaires US. Les missiles ont frappé à la perfection, et les experts militaires disent que ce nouveau type de missiles de croisière pourrait permettre, si nécessaire, à la Russie de faire son affaire du bouclier anti-aérien US installé chez les voisins d’Europe orientale. Les Russes ont été aussi heureux que le jour où ils ont lancé leur premier Spoutnik au firmament.

La campagne syrienne était tellement populaire qu’une tentative pour organiser une manif anti-guerre a spectaculairement échoué : cent cinquante personnes en tout et pour tout s’y sont retrouvées, sur  les quinze millions de Moscovites. Par comparaison, les rassemblements contre l’intervention dans les affaires ukrainiennes ont attiré quelques milliers de protestataires au moins.
Comme nous l’avions prédit, les Russes ne se sont pas trop inquiétés à propos d’Isis (en dehors de quelques raides sur Raqqa, leur « capitale » supposée), mais ont attaqué d’autres groupes d’opposition autour de Damas et d’Alep, en projetant de libérer tout le nord de la Syrie, pour ouvrir la route jusqu’à la frontière turque. Les opérations terrestres sont menées par l’armée syrienne, peut-être avec le renfort d’unités iraniennes et de combattants du Hezbollah, avec une couverture aérienne russe. Ça ne se passe pas en douceur, parce que l’opposition garde des positions bien ancrées, mais  ça avance, car l’opposition fragmentée n’est pas une cible digne d’une armée régulière avec un soutien aérien.

Ils envisagent de boucler la frontière turque du côté syrien, mettant ainsi fin à l’approvisionnement des rebelles (y compris Isis) mais en leur laissant probablement une issue de secours. Les Occidentaux disent qu’ils bombardent « l’opposition modérée ». Mais les Russes nient qu’une telle opposition existe : ce sont tous des djihadistes, disent-ils. Les  Russes comparent leur indignation contre l’attaque des rebelles (réputés agents de la CIA) avec leur indifférence relative après le bombardement de Médecins  Sans Frontières en Afghanistan : « donc l’hôpital a été touché par accident, ça ne compte pas, aucune  raison de nous répandre là-dessus chez nous non plus», a renchéri Sergueï Lavrov, emboîtant le pas aux Occidentaux sur cette atrocité perpétrée par les US.
Dans le cadre négociations confidentielles entre officiers de haut-rang russes et européens, les Russes disent que l’Armée Syrienne Libre est complètement désintégrée, n’est plus bonne à rien en pratique. Elle était constituée principalement de déserteurs de l’armée syrienne, les uns  religieux, les autres pas, mais « les rasés ont pris la fuite parce que les autres, les barbus, leur ont fait peur. » De fait, même les journaux les plus favorables aux rebelles comme le Guardian ont arrêté de clamer qu’il existe une opposition non djihadiste consistante. Ils disent que les rebelles sont divisés entre djihadistes et « unités non-idéologiques », c’est-à-dire des gangs. Ils terrifient la population, qui préfère nettement la férule du gouvernement. Bachar al Assad tient 20% du territoire, mais 80% de la population.

Lors de la rencontre de Lavrov avec le chef de l’opposition syrienne Burhan Ghalioun, le ministre des affaires étrangères russe lui a dit suavement : « vous êtes un professeur émérite de la Sorbonne, vous savez tout cent fois mieux que moi.  Vous dites que Bachar est un criminel de guerre. Vous comprenez certainement que si aujourd’hui le président syrien vous embauchait, Isis vous combattrait comme ils le font avec Bachar. Ils veulent établir leur califat de l’Andalousie espagnole jusqu’au Pakistan, et ils ne tolèreront même pas les Frères musulmans, encore moins les intellectuels éclairés comme vous, s’ils vous trouvent sur leur passage. »

Dans les intenses négociations diplomatiques pour convaincre de la légitimité de l’intervention russe, ceux-ci ont rappelé à leurs partenaires européens que lors du sommet du G8 en Irlande du Nord, les parties avaient convenu d’utiliser leur force aérienne contre les rebelles djihadistes, parce qu’ils menaçaient la sécurité mondiale. Cela avait été proposé par le Hollande de France et le Cameron du Royaume Uni, et applaudi tant par Obama que par Poutine.

Les Français ont fait quelques sorties, disant qu’il y avait quelque 1600 Français combattant dans les unités de l’Isis, et pour eux c’était une question d’autodéfense. Fort bien, ont dit les Russes, si c’est là un argument valable, il y a 2000 citoyens russes aussi, dont il va falloir prendre soin de la même façon. Voilà pour notre auto-défense.

Les Russes ont proposé aux Français de faire le travail pour eux (avec un certain sourire, j’imagine). « Dites-nous où et qui vous souhaitez que nous lâchions quelques pétards », a demandé le Russe.  Mais les Français n’ont dit mot. « Eh bien dites-nous alors où et qui vous ne voulez pas que nous ramenions à la raison », insistait le Russe. Mais le Français est encore resté coi.

Les Russes soupçonnent que les Occidentaux n’ont pas de réponse et n’ont personne sur le terrain pour s’emparer des territoires libérés. Ce qui le prouve, ce sont les millions de dollars lamentablement gaspillés par les US pour entraîner quatre ou cinq combattants. Ce qui explique aussi la longue campagne futile de bombardements : plus de 7500 sorties sans résultat tangible, à moins de compter la centrale récemment détruite, qui fournissait leur électricité aux habitants d’Alep.

Lavrov a quelques histoires intéressantes sur l’époque antérieure, quand les Forces aériennes russes n’étaient pas encore installées dans la région. Les observateurs russes ont clairement identifié la colonne d’Isis sur des jeeps Toyota avec des étendards noirs,  se déplaçant dans le désert autour de Palmyre, mais ils ont reçu, avec leurs alliés syriens,  une requête des US, leur demandant de les laisser passer sans les toucher. Plus encore, les US ont prévenu Bachar : ils le frapperont s’il essaie seulement de se servir des sorties US contre l’Isis pour gagner du terrain.

Mais il n’y a pas d’alternative à Bachar al Assad, maintenant, a dit Lavrov. C’est lui ou l’anarchie. Il n’y a pas d’opposition unie pour faire contrepoids à Isis, juste des troupes clairsemées. « Laissez l’opposition se rassembler et former une coalition. Qu’ils s’unissent et prennent part à la bataille contre Isis ». Il est peu probable que l’offre soit retenue.

La tonalité des entretiens russo-européens a récemment changé. Auparavant, les ministres européens se comportaient comme des sahibs arrogants avec des indigènes rétifs, maintenant les voici devenus respectueux, voire obséquieux. L’envol des Kalibr a modifié la perception, comme les vagues de réfugiés syriens. Les Européens ont fini par comprendre que les Russes sont capables de pacifier la Syrie et de ramener les réfugiés chez eux. Seulement il y a une autre partie prenante dans le conflit, la Turquie d’Erdogan. (...)

Lire la suite sur : LA PLUME ET L'ENCLUME

mercredi 3 juin 2015

Entretien avec Pepe Escobar (Avril 2015)


Un entretien avec le célèbre journaliste Pepe Escobar (Sputnik, RT, Asia Times) réalisé par le Cercle des Volontaires en avril 2015 :


(touche CC pour afficher les sous-titres français)

Pepe Escobar est un journaliste indépendant brésilien, qui a vécu dans de nombreux pays, de Londres à Bangkok en passant par Los Angeles et Paris. Il a notamment voyagé en Afghanistan, en zone talibane, avant le 11 septembre 2001. Il est l'auteur du concept de « Globalistan », qu'il développe dans ses quatre ouvrages, dont le dernier en date, « Empire of Chaos », est sorti en 2014.

lundi 5 décembre 2011

Echos de la Chute finale : Il avait 22 ans... Elle en avait 12...


 Un article de Tom Englehardt (TomDispatch)
 
Extrait :
[...]souvenez-vous des grands espoirs de Washington il y a seulement 10 ans : les divisions "légères" engendreraient "shock and awe" (terreur et effroi), ne feraient qu’une bouchée de l’ennemi, réorganiseraient le Moyen Orient, créeraient un nouvel ordre mondial, feraient couler le pétrole à flot, privatiseraient et reconstruiraient des pays entiers, et instaureraient une paix globale, spécialement au Moyen Orient, qui conviendrait en tous points a la seule superpuissance de la planète.
Le fait que de telles "espérances" démesurées aient reçu alors le sceau de Washington, illustre à quel point les illusions ont pu passer pour des stratégies et comment les dirigeants de toutes sortes les ont considérées comme la réalité. Et pourtant il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une "politique étrangère" à la pointe de l’épée commandée par une armée d’une puissance technologique écrasante se révèle incapable de construire quoi que ce soit. Personne ne devrait être surpris qu’une telle armée ne soit bonne qu’à accomplir ce pourquoi elle a été faite, c’est à dire tuer et détruire.[...]

mardi 1 mars 2011

Tom Engelhardt : Le déclin à l’américaine dans un monde nouveau



Il faut lire l'article de l'excellent Tom Engelhardt dont voici la conclusion :

Nous ne sommes pas les Bons

Imaginez ceci : pour la première fois dans l’histoire, un mouvement d’Arabes inspire les américains du Wisconsin et peut-être d’ailleurs. En ce moment même, il y a quelque chose de nouveau sous le soleil et ce n’est pas nous qui l’avons inventé. Attention, respirez un bon coup avant de lire ce qui suit : nous ne sommes même pas les Bons de cette histoire. Les Bons étaient ceux qui réclamaient la liberté et la démocratie dans les rues du Moyen orient, tandis que les Etats-Unis se livraient eux à des numéros indécents de "déséquilibristes" en faveur de ces voyous que nous avons soutenus pendant si longtemps au Moyen orient.

L’histoire change avec une telle ampleur que tous les événements majeurs des dernières années du siècle américain – la Guerre du Vietnam, la fin de la Guerre Froide, et même les attentats du 11/9 – risquent de se voir éclipsés par les événements en cours. Pourtant, à l’intérieur de la chambre acoustique de Washington, les esprits réagissent au ralenti. Pendant ce temps, notre pays malheureux, désorienté et dérangé, avec ses infrastructures vieillissantes qui tombent en ruines, représente de moins en moins un modèle pour quiconque dans le monde (mais ça, vous ne le sauriez que de l’extérieur).

Insensible aux événements, Washington a clairement l’intention de poursuivre ses guerres et fortifier ses bases militaires permanentes, provoquant des rejets et des déstabilisations encore plus forts et encore plus nombreux, jusqu’à ce qu’il se consume de l’intérieur. C’est cela la définition du déclin à l’américaine dans un monde nouveau et imprévu. Oui, les crocs sont peut-être plantés dans la jugulaire mais n’en déplaise au général Petraeus, il reste encore à savoir quels crocs et dans quelle jugulaire.

Tandis que le soleil se lève sur le monde Arabe, l’obscurité tombe sur l’Amérique. Dans la pénombre, les Etats-Unis continuent de jouer les cartes qu’ils se sont distribuées eux-mêmes, parfois en trichant, alors même que les autres joueurs sont en train de quitter la table de jeu. Pendant ce temps, on entend au loin les hurlements. L’heure du festin a sonné et l’odeur du sang plane dans l’air. Alors, gare !

Tom Engelhardt

Lire l'article en intégralité sur : Le Grand Soir

jeudi 4 novembre 2010

American Dream (Endgame)


"Dans une aristocratie d'argent sans industrie, c'est-à-dire sans moyen de créer de nouvelles richesses, chacun cherche la richesse dans la seule voie qui puisse suppléer à la production, dans la spoliation. Le pauvre devient toujours plus pauvre, le riche toujours plus riche." Michelet, Histoire romaine, vol.II, 1833.

Huit ans après la parution d'Après l'Empire et douze ans après celle de l'Illusion économique, Le Monde découvre grâce à Arianna Huffington l'état de délabrement des infrastructures et de la société des états-soit-disant-unis.
Une entrevue d'Annick Cojean pour Le Monde :

Arianna Huffington : "Les Etats-Unis se délabrent"

jeudi 8 juillet 2010

Où est passé la fierté nationale française ?


Au moment ou le parlement s'apprête à voter une loi islamophobe, hypocrite et liberticide, dite "loi sur la burka", avec l'assentiment tacite de ce qu'on appelle "la gauche", Jean Bricmont s'interroge sur la dualité si singulière du nationalisme français.
Notons, au passage, que Bricmont n'est pas français mais belge, ce qui est en soi une éclatante démonstration de ce qu'il écrit.

Merci Jean. Merci la Belgique.


Quelques remarques sur le nationalisme français

Par Jean BRICMONT

S’il y a un préjugé fort répandu dans l’extrême-gauche française, ainsi que chez de nombreux étrangers, c’est que les Français sont très nationalistes. Un incident récent permet néanmoins de s’interroger sur la nature de ce "nationalisme".

Un article du magazine Rolling Stone rapporte des propos non démentis du général américain Stanley McChrystal, au moment où il dirigeait encore les forces de l’Otan en Afghanistan. En visite à Paris, McChrystal déclare à son entourage qu’il préfère « se faire botter le cul par une salle remplie de gens que d’aller à ce dîner ». Après qu’il soit parti, le journaliste demande à un de ses assistants avec qui le général va dîner. Réponse : « Un ministre français - c’est un foutu truc de pédés » ("It’s fucking gay", en anglais).

Suite à cet article, McChrystal a été démis de ses fonctions par Obama. Mais bien entendu pas pour ses propos peu élégants sur ses alliés français, mais pour d’autres remarques désobligeantes visant de hauts responsables américains, y compris le vice président américain Joe Biden.

À ma connaissance, ces propos n’ont suscité aucune réaction en France – ni protestation officielle, ni scandale médiatique. Or, vu l’impact exceptionnel de cet article aux Etats-Unis (le remplacement de McChrystal par Petraeus comme commandant en chef de la guerre en Afghanistan), il est difficile de croire que les journalistes et les services diplomatiques français n’en n’aient pas eu connaissance.

Que dit Libération, si prompt à traquer l’homophobie quand elle émane de « beaufs français », de « cathos tradis », ou de musulmans ? Rien. On ne va quand même pas attaquer le grand frère américain et la patrie du capitalisme.

Résumons : des soldats français se battent et parfois meurent en Afghanistan, en réponse aux appels insistants des Etats-Unis, et sous le commandement d’un général américain qui préfère « se faire botter le cul » plutôt que d’aller dîner avec un ministre français. Et cela ne suscite pas un murmure de protestation de la part des autorités politiques, des journalistes ou des excités de « l’identité nationale ».

Où est passé la fierté nationale française ?

En réalité, le nationalisme français a eu, depuis 1789, une nature duale. A cause de sa radicalité, à la fois antireligieuse, antiféodale et égalitariste, la Révolution française a souvent joué un rôle symbolique par opposition aux autres « révolutions bourgeoises », anglaise ou américaine. Au moins jusqu’en 1917, ce sont les idéaux de cette révolution qui servirent de référence à presque tous les contestataires de l’ordre établi et, dans beaucoup d’endroits hors de France, elle fut l’emblème de l’opposition aux oppressions religieuses et féodales et même, parfois, coloniales.

A cause précisément de cela, les réactionnaires et les cléricaux du monde entier ont vu la France de la révolution comme la bête à abattre, au moins symboliquement. Et, en France même, la version de droite du nationalisme s’est appuyé sur tout ce qui, dans l’histoire de France, faisait penser à autre chose qu’à la révolution de 1789 : la longue histoire de la monarchie, les deux Napoléon, l’empire colonial, la fille ainée de l’Eglise, etc. Du point de vue de ce nationalisme, il fallait que la France se repentisse de son exception historique révolutionnaire et devienne une nation « comme les autres », certains de ces « nationalistes » prenant modèle sur l’Allemagne, d’autres sur l’Angleterre, et aujourd’hui, presque tous sur les Etats-Unis. Le Sacré Coeur de Montmartre voulait expier les pêchés de la Commune. Le pétainisme était un régime de repentance – pour les « folies » du Front populaire, et trouvait son inspiration dans les régimes fascistes qui dominaient, avant 1940, presque toute l’Europe, sauf la France.

Bien entendu, tous les nationalismes ont quelque chose de mythique et d’intellectuellement indéfendable - pourquoi être fier d’être né ici et pas ailleurs ? Mais pas plus que les religions, qui sont souvent encore plus irrationnelles. En gros, il y a deux sortes d’instincts qui poussent l’être humain vers l’irrationnel : l’un est l’invention de causes imaginaires (qui engendre religions et superstitions), l’autre le sentiment d’appartenance à un groupe (qui engendre le nationalisme). Les deux sentiments se combinant pour le pire dans les « identités religieuses ».

Mais alors que presque toute la gauche applaudit au rôle progressiste de la théologie de la libération et pour certains, de la résistance islamique (Hamas ou Hezbollah), presque personne ne veut admettre qu’il pourrait y avoir un aspect objectivement progressiste dans une certaine version du nationalisme français, celle qui était présente dans la Commune de Paris, le front populaire et la résistance. Un nationalisme, qui contrairement à sa version de droite, insiste sur la tradition issue de la Révolution, sur la singularité française et sur son indépendance. Un nationalisme qui, étant politique plutôt qu’ethnico-racial, ne s’oppose pas à un véritable internationalisme : il y avait plus d’opposition (même si on peut la juger insuffisante) aux guerres d’Indochine et d’Algérie dans le PCF de l’époque (qui était porteur de ce nationalisme progressiste) que d’opposition, dans toute la gauche actuelle, à la guerre en Afghanistan ou à l’alignement français sur l’état d’Israël. Une ironie de l’histoire veut que la gauche actuellement dominante soit issue idéologiquement de la “nouvelle gauche” des années 60, laquelle est née de la critique du PCF et, en particulier, de la mollesse de son opposition aux guerres impériales.

Mais ce nationalisme progressiste a aujourd’hui quasiment disparu, de même que le PCF, qui d’ailleurs se garderait bien aujourd’hui de défendre la souveraineté de la France comme il le faisait dans les années 1960, à l’époque où il avait encore un certain poids.

Le discours nationaliste est entièrement aux mains de la droite et consiste en une exaltation d’une identité éternelle et mythique, qu’on a essayé pitoyablement et en vain de “définir” – sans arriver à autre chose qu’à une vague islamophobie. Le PS suit, en ajoutant une dose de “laïcité” et de “droits de l’homme”, ou de la femme, plutôt rhétorique. Tout cela va de pair avec une soumission croissante envers l’étranger — les Etats-Unis, Israël ou la bureaucratie européenne. Mais à la gauche du PS, la « riposte » consiste à insister encore plus sur l’auto-dénigrement. C’est-à-dire que ce qui domine aujourd’hui sont précisément les deux faces du pétainisme : prendre exemple sur l’étranger et dénigrer la spécificité française. Le paradoxe, c’est qu’une bonne partie de la gauche, souvent celle qui se croit la plus « antifasciste », assume le rôle de dénigreur, en refusant de percevoir la nature duale du nationalisme français.

En fait, c’est autour de Mai 68, mouvement dont la nature politique était ambigüe, qu’on est passé d’un nationalisme objectivement progressiste (gaullo-communiste), car accompagné d’avancées sociales et opposé à l’hégémonie américaine, à l’auto-dénigrement réactionnaire ; le changement de paradigme étant symbolisé par deux films : celui qui incarne le mythe résistancialiste, "L’armée des ombres", et celui qui a inauguré la religion de la culpabilité, "Le chagrin et la pitié". Sous Pétain, la France devait se repentir des crimes du front populaire ; aujourd’hui elle doit se repentir des crimes de Pétain (et, pour certains, du colonialisme). Mais aucune politique progressiste ne pourra jamais se fonder sur la culpabilité et la haine de soi.

Les discours de De Gaulle à Moscou ou à Phnom Penh dans les années 1960, ou celui de Villepin à l’ONU en 2003, semblent avoir disparu dans les poubelles de l’histoire. Des pays bien moins puissants que la France, comme le Venezuela, Cuba ou l’Iran, tiennent tête aux Etats-Unis et suscitent, comme la France l’a parfois fait dans le passé, l’admiration des peuples du monde.

Les conséquences de ce changement sont catastrophiques, à la fois à l’étranger et en France. Avant 1968, il aurait été impensable d’envoyer des troupes françaises combattre sous commandement américain, par exemple au Vietnam. Si un personnage politique avait suggéré une telle chose, il aurait été dénoncé comme "valet de l’impérialisme américain" par toute la gauche. Aujourd’hui, personne n’oserait utiliser cette expression "désuète" et "stalinienne" pour parler de Sarkozy. Pourtant, rhétorique mise à part, c’est exactement ce qu’il est.

Sur le plan intérieur, on ordonne aux gens issus de l’immigration d’aimer la France (ou, sous-entendu, de la quitter). Mais comment aimer un pays qui ne s’aime pas lui-même ? Qui se soumet aux puissants et qui méprise les faibles ? Qui combat la burqa et accepte les propos de McChrystal ?

Ce n’est que si la France renoue avec ce qui fit, dans le passé, sa véritable grandeur, la liberté de sa pensée, son idéal égalitariste et l’indépendance de sa politique, qu’elle sera acceptée par tous ses citoyens et redeviendra une source d’inspiration pour le reste du monde. Mais aucune force politique, et malheureusement pas la gauche de la gauche, n’est prête aujourd’hui à contribuer à cette entreprise.

Jean Bricmont
6 juillet 2010.

mardi 2 février 2010

Afghanistan : Villepin veut "engager un processus de retrait"

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à son arrivée à une conférence sur le rôle des puissances occidentales en Afghanistan, le 1er fevrier 2010 à Paris

Lors d'un débat public, hier soir à SciencesPo, organisé par l'association Jeune République, Dominique de Villepin a pris ses distances avec la politique française en Afghanistan. Il a souhaité que s'engage "un processus de retrait" militaire, "énergique, maîtrisé, volontaire", des Occidentaux et fixé la date de 2011. "L'intervention militaire n'est pas la solution, elle est le problème " a-t-il affirmé, car elle est "incomprise" par la population afghane.. "Ma conviction que c'est à la France de porter cette exigence de retrait, c'est à la France à marquer les esprits".

Pour l'ancien Premier ministre, la perspective d'un retrait prochain obligerait le président Karzaï à modifier sa politique, s'il veut survivre et pousserait les puissances régionales à s'impliquer davantage dans le règlement de la crise, si elles veulent éviter le chaos. Faute de ce retrait annoncer, assure Dominique de Villepin, les militaires français resteront comme "le fruit confit sur le gâteau" : "une cible immobile".

Ce retrait militaire ne doit pas être un abandon du pays, affirme l'ancien Premier ministre, qui plaide pour un renforcement de la coopération avec l'Afghanistan.

Intervenant dans ce débat, auquel je participais également aux côtés de Josselin de Rohan, Jean Glavany et Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin a, pour la première fois, expliqué que le retrait des forces spéciales, décidé alors qu'il était Premier ministre en 2006, était déjà, dans l'idée de Jacques Chirac, la volonté d'un désengagement militaire. "Les interventions militaires doivent avoir une fin", a-t-il expliqué.

Secret Défense


"Il faut engager un processus de retrait en Afghanistan"
envoyé par clubvillepin. - L'actualité du moment en vidéo.

mercredi 20 janvier 2010

Bugsplat


Au moment de l'invasion de l'Irak, en 2003, les psychopathes du Pentagone avaient créé le "programme bugsplat", un nom charmant pour un logiciel chargé d'évaluer le nombre de victimes civiles potentielles pour chaque "frappe aérienne"(*) .
Il était conventionnellement admis qu'à partir de 30 civils tués, on parlait d'un "heavy bugsplat".

Le premier jour de l'offensive, un rapport fut présenté au général Tommy Franks indiquant que vingt-deux des frappes aériennes planifiées pour la nuit produiraient un "heavy bugsplat". Franks répondit aussi sec :" Feu vert. Faisons les 22." (“Go ahead. We’re doing all twenty-two.”)

Aujourd'hui, rien n'a changé et le Pentagone continue d'évaluer le nombres de "cafards écrasés" à l'aide du "bugsplat program". La seule différence étant que les cafards "villageois" deviennent systématiquement des cafards "militants" les rares fois où ils sont cités dans les rapports de presse.

Drone strike kills 6 in N Waziristan

Wednesday, January 20, 2010
MIRANSHAH: Six Taliban were killed when a US drone fired two missiles at a compound in Degan village of North Waziristan’s Dattakhel tehsil on Tuesday. Local sources said the drone struck at around 6:30pm in Degan village – 35 kilometres west of Miranshah. They said that at least six militants were killed in the attack, and all of them were locals.

Tuesday’s strike was the 12th since a suicide bomber targeted a CIA base in Afghanistan’s Khost province last month. haji mujtaba
Daily Times


(*) entendre "bombardement" dans la novlangue médiatico-pentagonesque.

mercredi 16 décembre 2009

Pourquoi nous occupons l'Afghanistan


Selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), des milliards de dollars provenant du trafic de drogue ont permis au système financier mondial de se maintenir la tête hors de l'eau au plus fort de la crise financière en 2008, rapporte le journal dominical. "Dans bien des cas, les liquidités provenant de l'argent de la drogue étaient les seules liquidités disponibles... Des prêts interbancaires ont été financés par de l'argent de la drogue et d'autres activités illégales. Nous avons des indications que des banques ont été sauvées avec cet argent," a déclaré au journal le directeur de l'ONUDC, Antonio Maria Costa. Des preuves en ce sens proviendraient d'informations fournies par des fonctionnaires suisses, italiens et britanniques, précise The Observer.

Courrier international

jeudi 26 novembre 2009

Mardi, Obama annoncera l'envoi de 34.000 hommes supplémentaires...


Pour les plus jeunes, ceci est la photo de Lyndon B. Johnson, qui fit campagne en tant que "candidat de la paix" contre le "faucon" Barry Goldwater aux présidentielles américaines de 1964.

Une fois élu, il fit passer les effectifs de l'armée US au Viet-Nam de 16.000 hommes à 550.000.

AFP

dimanche 18 octobre 2009

Boum!


Voici le genre d'images de l'Afghanistan que nos médias MSM occidentaux ne nous montrent jamais...
Surtout ne ratez pas la dernière minute de ce film plutôt, dirons-nous... Explosif.

jeudi 15 octobre 2009

Lâcher de colombe morte en Afghanistan



En Afghanistan, les italiens payent les "talibans" pour avoir la paix, sans en informer leurs alliés. Les américains (qui espionnent copieusement leurs alliés) le découvrent et le leur reprochent (alors qu'ils emploient les mêmes "tactiques" par ailleurs)...

...Pendant ce temps là, les afghans font des lâchers de colombes mortes.

mercredi 17 juin 2009

Obama est en train de se transformer en un Dick Cheney


par Paul Craig Roberts*

Au cours de sa visite au Moyen-Orient et avant tout avec son discours à l’Université du Caire, le président Obama a tenté de gagner à sa politique un large public arabe et islamique . De nombreux médias du monde entier l’ont soutenu unanimement, comme s’ils s’étaient concertés. Ceux qui se sont montrés sceptiques et ont demandé que les actes succèdent aux paroles n’ont généralement pas été pris au sérieux. Or ces demandes sont tout à fait justifiées : non seulement l’expérience que l’on a de la politique étrangère américaine au cours des dernières décennies mais également celle des déclarations d’Obama et de ce qu’il a fait jusqu’ici. C’est ce qu’explique Paul Craig Roberts, ex-sous-secrétaire au Trésor des États-Unis.

Les États-Unis et leur président ont perdu leur âme. Un pays désespéré a élu un président qui promettait le changement. Des États-uniens étaient venus de tout le pays assister à Washington, par un froid glacial, à la cérémonie de prestation de serment. Aucun autre président n’avait attiré une telle foule. La bonne disposition du peuple à son égard et ses attentes suffisait pour qu’il mette fin aux guerres gratuites et fasse passer des réformes importantes, mais il a trahi le peuple pour favoriser d’autres intérêts. Il se fie à son attitude et à sa rhétorique modérées pour convaincre les gens que le changement est en route.

Or le changement que nous observons est en lui et non dans sa politique. Il est en train de se transformer en un Dick Cheney. Il est en fonctions depuis à peine quatre mois et l’on pourrait déjà écrire un livre entier sur les promesses qu’il n’a pas tenues.

Il avait déclaré qu’il allait fermer Guantanamo, la prison où l’on torturait, et abolir les cours illégales connues sous le nom de tribunaux militaires. Mais maintenant, il dit qu’il va réformer ces tribunaux et poursuivre les procédures, mais sans aveux obtenus sous la torture. Appuyant son adhésion à la politique de Bush/Cheney, les démocrates de la Chambre des représentants lui ont refusé le budget nécessaire à la fermeture de Guantanamo.

On continuera d’enlever des personnes (en général sur la foi de fausses informations fournies par leurs adversaires) et de les interner dans des prisons du tiers-monde pour les y interroger. Une nouvelle fois, Obama a remplacé par une « réforme » sa promesse d’abolir une pratique illégale. Selon lui, la pratique des détentions secrètes (renditions) a été réformée et n’impliquera plus la torture. Comment le savoir ? Obama va-t-il confier à un agent du gouvernement la mission de surveiller les traitements réservés par des brutes du tiers-monde aux personnes enlevées ? Étant donné la propension de la police états-unienne à brutaliser les citoyens états-uniens, rien ne peut garantir que les victimes ne seront pas torturées.

Obama a défendu le programme d’écoutes téléphoniques sans mandat de l’Agence de sécurité nationale (NSA) instauré par l’administration Bush/Cheney et confirmé l’argumentation juridique selon laquelle l’« immunité de juridiction » protège les fonctionnaires gouvernementaux de toutes poursuites pénales et civiles lorsqu’ils violent les lois états-uniennes et les droits constitutionnels des citoyens. Le ministère de la Justice d’Obama a pris la défense de Donald Rumsfeld dans un procès intenté par des détenus dont Rumsfeld avait violé les droits.

Par une « déclaration signée » [1], Obama a renoncé ce mois-ci à protéger les whistleblowers, ceux qui révèlent au Congrès les actions illégales de l’exécutif.

Obama revendique des pouvoirs encore plus étendus que Bush pour l’exécutif. À ce sujet, Bruce Fein écrit : « En principe, le président Obama soutient que les victimes des agissements anticonstitutionnels du gouvernement américain ne pourront pas porter plainte, cela afin d’empêcher les Américains et le monde entier de tirer les leçons des actes illégaux perpétrés au nom de la sécurité nationale et d’exiger des responsables qu’ils répondent de leurs actes politiquement et juridiquement. » En d’autres termes, Obama s’est engagé à couvrir les crimes du régime Bush et à assurer que son propre régime pourra continuer à agir de manière illégale et anticonstitutionnelle.

Obama s’oppose à la publication de la dernière série d’épouvantables photos de tortures qui viennent d’être découvertes. Il prétend que cette publication va susciter la colère des insurgés et les amener à tuer des GI’s. Bien sûr que c’est insensé. Ceux qui résistent à l’occupation de leur pays par les troupes états-uniennes et les mercenaires de l’OTAN ont déjà pour vocation de tuer nos soldats et ils savent que les États-uniens torturent tous ceux qu’ils capturent. Obama s’oppose à cette publication parce qu’il sait que l’image barbare de l’armée US que donnent ces photos va saper l’appui aux guerres qui enrichissent le complexe militaro-sécuritaire, qui calment le lobby pro-Israël et récompensent ceux qui ont financé sa campagne.

Obama est également revenu sur sa promesse de retirer les troupes d’Irak. À la consternation de ses partisans, il laisse là-bas 50 000 GI’s. Les autres sont envoyés en Afghanistan et au Pakistan où, sous les yeux d’Obama, la guerre a éclaté sur une grande échelle et où les bombardements de civils ont déjà fait un million de réfugiés.

Et la guerre contre l’Iran reste une option. Sur l’insistance de Washington, l’OTAN effectue des manœuvres sur un ancien territoire soviétique, préparant la voie à un futur enrichissement du complexe militaro-sécuritaire états-unien. Le chômage états-unien qui monte en flèche fournit les troupes nécessaires aux guerres expansionnistes d’Obama.

Le président peut faire de grands discours sans malmener la langue anglaise. Il sait sourire et amener les gens à croire à sa rhétorique. Le monde, ou du moins une grande partie de celui-ci, semble se satisfaire des paroles modérées qui font passer la politique de suprématie de l’Exécutif et d’hégémonie mondiale qui était celle de Dick Cheney.

[1] Signing statement : acte par lequel le président modifie la signification d’un texte de loi.


*Paul Craig Roberts est l’auteur de la loi Kemp-Roth. Il fut sous-secrétaire au Trésor de l’administration Reagan. Il fut rédacteur en chef adjoint au Wall Street Journal et rédacteur à la National Review.

Voltaire.net

dimanche 7 décembre 2008

Pakistan: 200 talibans attaquent un terminal d'approvisionnement de l'Otan


PESHAWAR (AFP) — Plus de 200 talibans ont attaqué dimanche un dépôt de l'Otan au Pakistan, tuant un gardien et incendiant 65 camions devant approvisionner les milliers de soldats de l'Alliance en Afghanistan, une attaque très bien préparée, selon la police.

Les insurgés armés, présentés comme étant des talibans, ont encerclé un terminal de l'Otan près de Peshawar, dans le nord-ouest du pays, et ont désarmé une dizaine de gardiens avant d'asperger les camions d'essence et y mettre le feu, selon la police.

La police a qualifié cette attaque, au cours de laquelle un gardien a été tué, d'une des plus graves contre un entrepôt de l'Otan. "C'est la première fois que les militants viennent en aussi grand nombre", a expliqué à l'AFP Abdul Qadir Qamar, un haut responsable de la police, en estimant qu'il s'agissait d'une "attaque coordonnée et bien planifiée".

Toutefois depuis Kaboul, le colonel Greg Julian, porte-parole des forces américaines en Afghanistan, a minimisé la portée de l'attaque. "Nous avons de multiples voies pour assurer que nos troupes aient ce dont elles ont besoin", a-t-il souligné. Selon lui, l'attaque de dimanche "est le résultat de la pression accrue sur les insurgés venant des deux côtés de la frontière" qui ont "subi de lourdes pertes"(...)


Autrement dit, ça sent de plus en plus le pâté pour la coalition, quoiqu'en dise l'impayable colonel Greg Julian.

Combien de temps faudra-t-il encore à nos dirigeants pour s'en rendre compte et mettre fin pour de bon à cette absurdité ?

jeudi 6 novembre 2008

Good Morning Kabul!



L'armée US a dignement célébré l'élection de Barack Obama (a.k.a. : le nouveau messie cosmoplanétaire) en bombardant un village Afghan en plein mariage, une de ses grandes spécialités festives.

US airstrikes reported to hit Afghan wedding
By ABDUL WAHEED WAFA and MARK MCDONALD
Published: November 5, 2008
KABUL, Afghanistan — Tensions between American forces and the Afghan government over civilian casualties from coalition airstrikes spiked again on Wednesday with a report by Afghan officials that a missile from a United States aircraft had killed 40 civilians and wounded 28 others at a wedding party in the southern province of Kandahar...


J'admire énormément la stratégie US de bombardement systématique des mariages en Afghanistan. Pourvu qu'ils ne laissent pas tomber, je suis confiant dans le fait qu'à la longue, les Afghans seront suffisamment dissuadés de se marier et qu'ainsi la baisse consécutive du taux de natalité épuisera les capacités de recrutement des talibans.


On peut noter, par ailleurs, que l'article publié à l'origine sur le site du NYTimes, a été réécrit depuis et qu'une nouvelle version a remplacée l'originale, à la demande de qui ? Dans quel but ?
En quoi la première version était-elle incorrecte ?
On peut se poser ces questions. En attendant, voici la première version qui a été reprise par plusieurs sites avant d'être modifiée sur celui du NYTimes.

On y constate, entre autres, la disparition de ce passage dans la version remaniée :

"The coalition and Afghan authorities are investigating reports of non-combatant casualties in the village of Wech Baghtu," said Cmdr. Jeff Bender, deputy public affairs officer of United States forces in Afghanistan, in a statement.

"If innocent people were killed in this operation, we apologize and express our condolences to the families and the people of Afghanistan," he said, adding that the facts were "unclear at this point."


Le fameux "pardon aux familles, tout ça" popularisé en France par les "guignols de l'info".

Les mystérieux correcteurs du NYT se sont-ils rendus compte tout seuls de l'aspect grotesquement indécent de ce genre de déclaration ou regardent-ils les marionettes de la chaîne Française cryptée ?

jeudi 30 octobre 2008

We will not go to the negotia- erm, um... nevermind.


US willing to hold talks with Taliban, says report

By Anwar Iqbal and Masood Haider
WASHINGTON/NEW YORK, Oct 28: The US is willing to hold direct talks with elements of the Taliban in an effort to quell unrest in Afghanistan, the Wall Street Journal reported on Tuesday, citing unidentified Bush administration officials...

...Amid these reports of a possible breakthrough in the search for a peaceful solution to the Afghan conflict, Christian Science Monitor noted that on Monday the Taliban militia showed “a new potency” in the fight against coalition forces, bringing down a US military helicopter near Kabul, while a suicide bomber struck and killed two Americans in northern Afghanistan.
The Los Angeles Times on Tuesday highlighted the significance of the attack, noting that “choppers are a crucial mode of transport for troops and supplies” in Afghanistan...

...Gen Petraeus also indicated that he believed insurgencies rarely ended with complete victory by one or the other side.
“You have to talk to enemies,” said Gen Petraeus while pointing to Kabul’s efforts to negotiate a deal with the Taliban that would potentially bring some Taliban members back to power, saying that if they were “willing to reconcile” it would be “a positive step”. US Afghan experts outside the Bush administration have also been urging the White House to try to end violence “by co-optation, integration and appeasement”, as one of them said. They urge the Bush administration to give the Taliban a positive reason to stop fighting. This, they argue, would allow Washington to separate hardcore militants from others within the Taliban and would also expose the extremists before the Afghan people.
Source : Dawn

Par charité chrétienne, je m'abstiendrais de tout sarcasme à base de "surrender monkeys" et autres joyeusetés...

PS : On ne dit pas : "manger son chapeau", mais : "avaler son stetson".