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mercredi 11 mars 2020
Le podcast du Numéro 6 [Ep.1] Censure Facebook, Faux réfugiés syriens, Tulsi Gabbard...
Bienvenue sur le podcast du Numéro 6 [Ep.1], on parle de la crise des migrants à la frontière greco-turque et de la candidate à la primaire démocrate US boycottée par les médias, Tulsi Gabbard.
mardi 10 mars 2020
Seulement 4% des migrants arrêtés par la police grecque sont syriens !
Les médias vous serinent à longueur d'antenne des histoires sur l'afflux de "réfugiés syriens" poussés par Erdogan et venant soi-disant d'Idlib où ils seraient sensés fuir la guerre menée par l'armée syrienne "du régime" et les russes contre les "rebelles anti-assad".
Mais, dans les faits, ce n'est pas ce que constate la police grecque :
- 252 personnes ont été arrêtées.Source : LIEN
Les nationalités (pays d'origine) des personnes arrêtées à Evros depuis le 28 février sont les suivantes:
- Afghanistan, 64% (beaucoup d'entre eux seraient en fait pakistanais)
- Pakistan, 19%
- Turquie, 5% (!!!)
- Syrie, 4%
- Somalie, 2,6%
- Irak, Iran, Maroc, Éthiopie, Bangladesh, Égypte: 5,4%
On constate donc qu'il y a plus de turcs arrêtés par la police grecque à sa frontière que de syriens, mais, bien entendu, aucun média français ne vous le dira.
Les quelques vrais syriens s'en plaignent eux-mêmes :
"Cela me met en colère quand je rencontre des gens du Maroc, du Pakistan et même d'Afghanistan", a déclaré Yehya Rais, 20 ans, d'Alep, le théâtre de certains des combats les plus violents de la guerre.Source : Aux frontières de la Turquie avec l'Europe, tout le monde veut être syrien : LIEN
«Si seulement deux à trois mille Syriens étaient ici, la Grèce ouvrirait peut-être la frontière. Ils savent que nous sommes de véritables réfugiés »
Le Premier Ministre grec l'a confirmé en personne sur CNN (interview en anglais) :
samedi 17 novembre 2018
Allemagne : le jackpot grâce à la crise grecque
Bingo ! Ni Mme Merkel, ni son ex-ministre des Finances, le sinistre Schäuble, n’en ont pipé mot, et pour cause : l’Allemagne a décroché le jackpot grâce à la crise grecque entre 2010 et 2017. Il aura fallu qu’un député des Verts allemands ne soulève le lièvre pour que le successeur de M. Schäuble en convienne : les bénéfices liés aux intérêts de la dette grecque ont avoisiné les trois milliards d’euros thésaurisés à la Bundesbank, avant de venir renflouer le budget fédéral.
« Contrairement à tous les mythes de droite, l’Allemagne a massivement tiré profit de la crise en Grèce. Le gouvernement allemand doit cesser d’alimenter le budget allemand avec des milliards issus des intérêts de la dette grecque », a déclaré Sven-Christian Kindler, porte-parole des Verts pour la politique budgétaire au Bundestag.
L’Allemagne se révèle être l’un des principaux bénéficiaires de la crise grecque. EURACTIV, l’excellent réseau sur le Net des médias européens, en donne les chiffres : les bénéfices générés pour l’Allemagne par le Programme pour les marchés de titres (SMP) s’élèveraient, au total, à 3,4 milliards d’euros. « Toutefois, en 2013 et 2014, Berlin a transféré respectivement 527 millions d’euros et 387 millions d’euros au mécanisme européen de stabilité (MES), ce qui signifie que le bénéfice net pour l’Allemagne s’est élevé à 2,5 milliards d’euros. » À cela s’ajoutent, précise encore EURACTIV, les intérêts des prêts de la Banque de développement allemande KfW à la Grèce, qui ont engrangé 400 millions d’euros supplémentaires, portant les gains de la crise de la dette grecque à la somme rondelette de 2,9 milliards d’euros dont Athènes n’a jamais vu la couleur.
À la fin de l’été dernier, les dirigeants européens avaient validé la sortie de la Grèce du plan de sauvetage, en louant sans vergogne ni pudeur « les efforts et les sacrifices des Grecs » ainsi que (merci patrons) « la solidarité » des Européens lors de la crise de la dette. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer : en 2012, l’Eurogroupe n’avait-il pas laissé entendre que les intérêts perçus sur la dette grecque – environ huit milliards, tous pays confondus – seraient rétrocédés au pays ? Cette même promesse a été réitérée, fin août de cette année, par le nouveau ministre des Finances allemand dans une interview au quotidien grec Ta Néa, jurant ses grands dieux que « personne ne veut profiter de la crise grecque ». Paroles, paroles ? « Athènes, ma sœur Athènes, ne vois-tu rien venir ? » Et la sœur Athènes de lui répondre : « Je ne vois rien que le soleil qui poudroie, et l’herbe qui verdoie. »
BV
mercredi 17 octobre 2018
La charia et les islamistes au pouvoir dans le célèbre camp de migrants de Moria en Grèce
Selon un reportage de la TV publique allemande Deutsche Welle, des gangs criminels Syriens sympathisants de l' Etat islamique (ISIS) auraient mis en place un régime de terreur dans le camp de migrants de Moria, sur l'île grecque de Lesbos.
Le camp de Moria à Lesbos est considéré comme le pire camp de réfugiés d'Europe. Plus de 8 000 personnes y vivent, entassées dans un espace extrêmement confiné.
La seule chose qui semble fonctionner est le crime: drogue, prostitution et violence.
Récemment, de plus en plus de réfugiés de Deir ez-Zor, l'un des derniers fiefs de l'État islamique en Syrie, arrivent dans le camp. Depuis lors, il semble que la criminalité dans le camp ait pris une nouvelle tournure. Un groupe de Syriens contrôlerait la plupart des activités illégales. Toute personne qui ne se soumet pas aux nouvelles règles doit s'attendre à subir de la violence physique ou des menaces de mort. Les agresseurs invoquent souvent la charia pour se justifier. Le reportage, partiellement tourné en caméra cachée, montre des slogans pro-Daech tagués un peu partout sur les murs du camp .
Les autorités grecques ne prennent aucune mesure.
Est-ce que EI a infiltré avec succès le camp de réfugiés de Moria? Si c'est le cas, Qu'est-ce que cela dit sur le fonctionnement de ce réseau terroriste? Daech projette-t-il d'exporter la terreur de l'intérieur du camp vers l'Europe?
Par ailleurs, selon le site du Réseau Voltaire : 'La police grecque a détecté au moins 120 jihadistes parmi les nouveaux immigrants, notamment dans le camp de Moria, sur l’île de Lesbos.' : LIEN
samedi 7 juillet 2018
Pourquoi l'Euro va couler la Grèce (même si les médias vous font croire le contraire)
Dix ans après la crise de 2008, l’économie grecque se stabilise et renoue avec la croissance. Mais peut-on vraiment parler de succès, alors que les inégalités ont explosé et que l’austérité pourrait brider l’économie ?
Les Chroniques de Jacques Sapir
jeudi 28 juin 2018
La vérité sur la (soi-disant) fin de la crise de la dette grecque
Les médias européistes (pléonasme) claironnent à qui veut l'entendre que "Ayé, grâce à l'ingéniosité sans limites des commissaires bruxellois, la Grèce est enfin sauvée et désormais sur la voie royale d'un avenir radieux débarrassé des problèmes de dette abyssale". En gros, les oiseaux de mauvais augure souverainistes (pléonasme) peuvent aller se rhabiller, le génial Moscovici et ses potes surpayés de la commission leur ont réglé leur compte.
Mais, est-ce vraiment si sur ?
dimanche 2 août 2015
Grèce, nucléaire iranien, Guignols de l'Info : entretien avec Jean Bricmont
Un entretien avec Jean Bricmont, physicien et essayiste belge, auteur de "La République des censeurs". Editions de l’Herne, réalisé par AIL.
mardi 28 juillet 2015
Sauvetage grec, « un nouveau traité de Versailles » pour Yanis Varoufakis
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| L’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis s’adresse à la presse après avoir déposé son bulletin lors du référendum sur l’austérité le 5 juillet 2015 à Athènes (MILOS BICANSKI/GETTY IMAGES) |
Lundi 13 juillet 2015, 22:39
Exclusif : Alex McClintock
Dans sa première interview depuis sa démission du poste de ministre des finances grec, Yanis Varoufakis a pris pour cible les créanciers de la Grèce, révélé le degré de préparation du pays à quitter l’euro et a alerté de la montée de l’extrême droite. Late Night Live vous en fait part.
Dans sa première interview depuis sa démission au début du mois, l’ancien ministre des finances grec Yanis Varoufakis décrit l’accord de sauvetage de 86 milliards accepté par le premier ministre Alexis Tsipras comme « un nouveau traité de Versailles ».
« C’est la politique de l’humiliation », a-t-il dit à Late Night Live. « La troïka a fait en sorte de lui faire ravaler chaque critique qu’il a prononcée sur la troïka pendant les cinq dernières années. Pas seulement ces six mois où nous avons été dans le gouvernement, mais dans les années précédentes.
Cela n’a rien à voir avec l’économie, rien à voir avec la remise en route de la Grèce vers la reprise. Ceci est un nouveau Traité de Versailles qui hante l’Europe à nouveau et le premier ministre le sait. Il sait qu’il aura tort s’il signe et tort s’il ne signe pas. »
L’accord, accepté lundi après 17 heures de pourparlers avec des leaders de la zone Euro, contient des conditions très dures, incluant des coupes dans les pensions de retraite, des augmentations fiscales et le transfert de biens publics dans un fonds de placement pour payer pour la recapitalisation des banques grecques.
M. Varoufakis a rejeté l’accord en utilisant les termes les plus forts possibles, le comparant au coup d’état de 1967 qui a instauré une dictature militaire dans la nation méditerranéenne.
« Dans le coup d’état le choix des armes utilisées pour abattre la démocratie a été alors les tanks. Eh bien, cette fois cela a été les banques. Les banques ont été utilisées par des pouvoirs étrangers pour prendre le contrôle du gouvernement. La différence est que cette fois ils prennent tous les biens publics. »
M. Varoufakis a suggéré que M. Tsipras provoque des élections anticipées plutôt que présenter l’accord devant le Parlement grec, disant qu’il serait « très étonné » si M. Tsipras voulait rester premier ministre.
Il a insisté, cependant, sur le fait que lui et M. Tsipras restent en bons termes et qu’il a adopté une attitude discrète au cours de la semaine dernière pour soutenir M. Tsipras et son successeur au ministère des finances, Euclid Tsakolotos.
« J’ai sauté plus qu’on ne m’a poussé », a dit M. Varoufakis, décrivant sa démission au lendemain immédiat du « non » au référendum du 6 juillet sur des termes du sauvetage similaires à ceux acceptés le lundi.
« Je suis entré ravi dans le bureau du premier ministre. J’étais sur un joli nuage poussé par les bons vents de l’enthousiasme du public pour la victoire de la démocratie grecque au référendum. Au moment où je suis entré dans le bureau du premier ministre, j’ai immédiatement senti un certain sentiment de résignation, une atmosphère chargée négativement. J’étais confronté à un air de défaite qui ne cadrait absolument pas avec ce qui se passait dehors.
À ce stade il fallait que je l’exprime au premier ministre : si vous voulez utiliser le buzz de la démocratie hors des portes de ce bâtiment, vous pouvez compter sur moi. Mais si d’un autre côté vous ne vous sentez pas capable de gérer ce « non » majestueux à une proposition irrationnelle de nos partenaires européens, je disparaîtrai simplement dans la nuit. »
L’ancien ministre des finances a aussi décrit les préparatifs secrets du gouvernement grec pour imprimer des drachmes au cas où le pays serait forcé à quitter l’euro.
« En tant que gouvernement responsable, nous savions pertinemment qu’il y avait une alliance significative à l’intérieur de l’Euro-groupe, et nous avons dû préparer des éventualités, » a-t-il dit. « Il fallait que nous ayons une petite équipe de personnes dans le secret qui créeraient le plan au cas où nous serions forcés à quitter l’union monétaire de la zone euro. »
« C’est évidemment un dilemme. Une fois que le plan commence a être mis en œuvre, une fois que vous passez de cinq personnes qui travaillent dessus à 500, le minimum nécessaire à sa mise en œuvre, cela devient de notoriété publique. Au moment où c’est de notoriété publique, la prophétie auto-réalisatrice crée sa propre dynamique… Nous n’avons jamais fait cette transition de cinq à 500. Nous n’avons jamais eu de mandat pour le faire. Nous n’avons jamais voulu le faire. Nous avions le modèle sur le papier mais il n’a jamais été activé. »
M. Varoufakis a dit qu’il resterait député d’arrière-ban au parlement grec, où il a « beaucoup plus d’espace de manœuvre et pour dire la vérité. » Il a cependant averti que l’austérité encouragera l’extrême droite du pays.
« Au parlement, je dois m’asseoir et regarder la droite de l’auditorium, où 10 nazis siègent, représentant Aube Dorée. Si notre parti, Syriza, qui a cultivé tant d’espoir en Grèce… si nous trahissons cet espoir et inclinons la tête devant cette nouvelle forme d’occupation postmoderne, alors je ne vois pas d’autre issue que le renforcement d’Aube Dorée. Ils vont hériter du manteau de l’élan anti-austérité, c’est tragique. »
« Le projet d’une démocratie européenne, d’une union démocratique de l’Union européenne, vient d’être victime d’une catastrophe majeure. »
Source : ABC, le 13/07/2015
Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.
lundi 27 juillet 2015
Emmanuel Todd : "on est en train sans doute d’assister à la troisième autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande"
Pour le démographe et anthropologue français, l’Europe est en train de scissionner par le milieu : nord contre sud.
Comment analysez-vous le psychodrame grec?
E. Todd : Ce qui me frappe, c’est que l’Europe à laquelle on a
affaire n’est plus celle d’avant : c’est une Europe contrôlée par
l’Allemagne et par ses satellites baltes, polonais, etc. L’Europe est
devenue un système hiérarchique, autoritaire, « austéritaire », sous
direction allemande. Tsipras est probablement en train de polariser
cette Europe du nord contre l’Europe du sud. L’affrontement, il est
entre Tsipras et Schäuble (le ministre allemand des Finances, NDLR). L’Europe
est en train de se scissionner par le milieu. Au-delà de ce que disent
les gouvernements, je suis prêt à parier que les Italiens, les
Espagnols, les Portugais… mais aussi les Anglais ont une immense
sympathie pour Tsipras.
Un clivage nord-sud plutôt que gauche-droite ?
E. Todd : Observez l’attitude des sociodémocrates allemands :
ils sont particulièrement durs envers les Grecs. Tout le discours des
socialistes français, jusqu’à très récemment, consistait à dire : « On
va faire une autre Europe, une Europe de gauche. Et grâce à nos
excellents rapports avec la social-démocratie allemande, il va se passer
autre chose »… Je leur répondais : « Non, ça va être pire avec eux ! »
Les sociodémocrates sont implantés dans les zones protestantes en
Allemagne. Ils sont encore plus au nord, encore plus opposés aux
« cathos rigolards » du sud… Ce qui ressort, ce n’est donc pas du tout
une opposition gauche-droite, c’est une opposition culturelle aussi
ancienne que l’Europe. Je suis sûr que si le fantôme de Fernand Braudel
(grand historien français : 1902-1985) ressortait de la tombe, il dirait
que nous voyons de nouveau apparaître les limites de l’Empire romain.
Les pays vraiment influencés par l’universalisme romain sont
instinctivement du côté d’une Europe raisonnable, c’est-à-dire d’une
Europe dont la sensibilité n’est pas autoritaire et masochiste, qui a
compris que les plans d’austérité sont autodestructeurs, suicidaires. Et
puis en face, il y a une Europe plutôt centrée sur le monde luthérien –
commun aux deux tiers de l’Allemagne, à deux pays baltes sur trois, aux
pays scandinaves – en y rajoutant le satellite polonais – la Pologne
est catholique mais n’a jamais appartenu à l’empire romain. C’est donc
quelque chose d’extraordinairement profond qui ressort.
On n’entend guère la France dans ce débat nord-sud…
E. Todd : C’est la vraie question : est-ce que la France va
bouger ? La France est double. Il y a la vieille France maurrassienne
reconvertie en France socialiste, décentralisatrice, européiste et
germanophile, qui bloque le système. Mais il est clair que les deux
tiers de la France profonde sont du côté de l’Europe du sud. Quelque
part, le système politique français – qui n’en finit pas de produire ces
présidents ridicules, où l’asthénique succède à l’hystérique – ne joue
pas son rôle. Le système est bloqué. Jusqu’à présent, la France jouait
le rôle du bon flic quand l’Allemagne faisait le mauvais… Pour Hollande,
c’est la minute de vérité. S’il laisse tomber les Grecs, il part dans
l’Histoire du côté des socialistes qui ont voté les pleins pouvoirs au
maréchal Pétain. Si les Grecs sont massacrés d’une façon ou d’une autre
avec la complicité et la collaboration de la France, alors on saura que
c’est la France de Pétain qui est au pouvoir.
Un Grexit précipiterait-il la fin de l’euro, que vous prophétisez depuis longtemps ?
E. Todd : A terme, la sortie de la Grèce amènerait de manière
quasi certaine la dissolution de l’ensemble. Il est vraisemblable que
l’Allemagne constituera une zone monétaire avec ses satellites
autrichiens, scandinave, baltes, avec l’appui de la Pologne – qui n’est
pas dans la zone euro. De l’autre côté, on pourrait assister à un retour
d’un partenariat franco-britannique pour équilibrer le système.
Ce qu’on a vu depuis 2011, c’est l’incroyable
obstination des élites européennes – et notamment des élites françaises
néovichystes (laissez « néovichystes » !) : mélange de catholiques
zombies, de banquiers et de hauts fonctionnaires méprisants – à faire
durer ce système qui ne marche pas. L’euro est le trou noir de
l’économie mondiale. L’Europe s’est obstinée dans une attitude d’échec
économique incroyable qui évoque en fait un élément de folie. On est
dans l’irrationnel et la folie : une sorte d’excès de rationalité qui
produit un irrationnel collectif. D’un côté, ça peut encore durer très
longtemps. Mais d’un autre côté, ce que j’ai senti, et pas seulement
chez les Allemands et chez les Grecs, c’est le début d’un vertige, d’une
attirance par la crise. Personne n’ose dire que ça ne marche pas,
personne n’ose prendre la responsabilité d’un échec – car c’est un échec
ahurissant, l’histoire de l’euro ! – mais on sent aussi chez les
acteurs une sorte de besoin d’en finir. Plutôt une fin effroyable qu’un
effroi sans fin. Dans ce cas, la Grèce serait le détonateur. Les gens
sont au bord d’une prise de conscience du tragique réel de la situation.
Le tragique réel de la situation, c’est que l’Europe est un continent
qui, au XXe siècle, de façon cyclique, se suicide sous direction
allemande. Il y a d’abord eu la guerre de 14, puis la deuxième guerre
mondiale. Là, le continent est beaucoup plus riche, beaucoup plus
paisible, démilitarisé, âgé, arthritique. Dans ce contexte ralenti,
comme au ralenti, on est en train sans doute d’assister à la troisième
autodestruction de l’Europe, et de nouveau sous direction allemande.
Et quid de la Grèce ?
E. Todd : Est-ce que ça prendra 5 ans ?, est-ce que ça prendra
10 ans ? – mais la Grèce va commencer à se sentir mieux à l’extérieur
de la zone euro. Les Grecs sont des gens remarquablement intelligents et
adaptables, et qui auront de plus le soutien du patriotisme comme
facteur de redressement. Et c’est à ce moment-là que la situation
deviendra insupportable sur l’euro. Laisser sortir la Grèce, c’est
prendre le risque d’administrer la preuve qu’on est mieux à l’extérieur
de la zone que dedans.
Quand on est dans l’Europe folle, on a l’impression
que les forces anti-grecques sont majoritaires de façon écrasante. Mais
quand on lit la presse internationale, on se rend compte que les Grecs
ont tout le monde avec eux ! Lisez simplement la presse américaine :
elle considère que les gens de Bruxelles, de Strasbourg et de Berlin
sont complètement fous ! Il y a énormément de gens qui auront intérêt à
retaper la Grèce, à commencer par les Américains, qui ne peuvent pas
permettre que ce pays parte en lambeaux, compte tenu de sa position
stratégique. Plein de gens vont aider la Grèce, c’est ça le problème…
mercredi 8 juillet 2015
Les Experts : Édition spéciale Grèce avec Olivier Berruyer
Édition spéciale sur les résultats du référendum Grec : le pays a rejeté massivement (61,31 %) le plan d'aide des créanciers. Avec : Olivier Berruyer, Animateur du blog www.lescrises.fr. Mathilde Lemoine, Directeur des études économiques HSBC-France. Jean-Marc Daniel, Directeur de la revue Sociétal.
- Les Experts, du 6 juillet 2015, présenté par Stéphane Soumier, sur BFM Business.
Partie 1 :
Partie 2 :
mercredi 1 juillet 2015
Grèce : Jacques Sapir face à Ruth Elkrief
Jacques Sapir, économiste et directeur d'études à l'EHESS, a répondu aux questions de Ruth Elkrief, ce lundi 29 juin 2015, sur la décision d'Alexis Tsipras de recourir à un référendum pour une éventuelle sortie de la Grèce de l’Eurozone. Ce vote déterminera si les Grecs accepteront ou pas les propositions de réformes réclamées par le FMI et l'UE en échange du déblocage de nouvelles liquidités. Les créanciers d'Athènes comptent sur une peur du Grexit et la sortie de l'euro pour que les Grecs désavouent leur Premier ministre et disent oui quelle que soit la question posée.
Voir la vidéo (12 mn) : LIEN
dimanche 21 juin 2015
Econoclastes : Sortie de la Grèce de l'Euro, les conséquences à prévoir
Une Grèce en position de force qui ne purgera pas sa dette en la remboursant, Planche à billet, descente à la cave de Mario Draghi, largages de dollars par hélicoptères (appelés pudiquement "QE4") aux US, et autres joyeusetés a attendre dans les semaines qui viennent, avec Olivier Delamarche et Pierre Sabatier :
Olivier Delamarche, associé-gérant de Platinium Gestion, et Pierre Sabatier, président de PrimeView, ne sont pas tout à fait du même avis quant au tour que prendront les négociations entre le gouvernement grec et les instances européennes.
Mais au-delà de leur désaccord quant aux probabilités d’un Grexit prochain, les deux Econoclastes se rejoignent sur le point final et son préalable : les Actions seront à la fête… dans un premier temps, du moins.
Les Econoclastes
samedi 11 avril 2015
Allemagne : Les quatre vérités de Sahra Wagenknecht à Angela Merkel
Un magnifique discours de Sahra Wagenknecht, députée et vice-présidente du parti Die Linke, devant le Bundestag [parlement allemand] le 19 mars 2015. (Notez le comportement ostensiblement détaché et méprisant de Schauble et Merkel tout au long de l'intervention) :
Source et traduction : ilfattoquotidiano.fr
samedi 4 avril 2015
Charles Gave : "Le danger c'est que la Grèce sorte de l'Euro et que ça marche."
Charles Gave, économiste et entrepreneur, était l'invité de Nicolas Doze dans "Les Experts" sur BFM Business, le 30 mars 2015 :
Pour approfondir le sujet avec le site de notre ami Olivier Berruyer :
Une Europe Détestable, conduite par des gens méprisables, par Charles Gave
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