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lundi 25 janvier 2010

Haïti regorge de ressources en matières premières



En cherchant un peu sur le web, on peut trouver un grand nombre d’indicateurs qui expliquent que Haïti, la plus petite partie de Hispaniola (l’autre, et plus grande partie de l’île, étant la République Dominicaine ou Saint-Domingue) représente un potentiel énorme en ressources pétrolières, aurifères, mais également en Iridium (métal rare du groupe du Platine qui est actuellement utilisé dans l’industrie militaire : missiles nucléaires, mais aussi dans le développement de l’industrie liée à la conquête de l’espace : fusées, système de mise en orbite, etc…).

A la lumière de ces éléments, on pourrait facilement en déduire que la volonté et l’énergie déployées par Washington pour déployer rapidement entre 12 et 15.000 soldats sur le sol haïtien dans une mission qui, comme l’annonce le haut commandement militaire US, se prolongera dans le long terme.

Dans les années 70 des travaux géophysiques ont été entrepris en divers points d’Haïti. Les forages ont signalé la présence d’huile et de gaz révélateurs de l’existence de pétrole. Des réservoirs de pétrole ont été localisés dans les sédiments marins entre 6000 à 7000 mètres de profondeur dans le Canal de la Gonâve et spécifiquement dans la Baie de Rochelois à l’Ile de la Gonâve.

Parmi les zones d’intérêt potentiel, citons le Plateau Central, la partie terrestre de la Plaine du Cul-de-Sac et la Grande Caïmite. « L’état actuel des connaissances accumulées sur le potentiel pétrolier haïtien est suffisamment satisfaisant pour attirer des investissements. » conclut le rapport No 3 du Bureau des mines d’Haïti.

Mais pourquoi ne peut-on pas exploiter le pétrole d’Haïti et soulager la misère du Peuple haïtien ?

La raison est d’ordre politique. Haïti est considérée comme l’arrière-cour du Grand Voisin (les USA bien sur). Le pétrole haïtien est inclus dans leurs réserves au cas d’une pénurie mondiale causée par la Guerre ou l’épuisement de cette ressource naturelle non renouvelable sur les autres Continents.

En 1949, le Gouvernement de Dumarsais Estimé avait déjà tenté d’exploiter les gisements pétrolifères haïtiens en faisant appel à la « Atlantic Reffining Company » (ATRECO). Les travaux de forage ont été exécutés avec l’assistance du Ministère de l’Agriculture et des Ressources Naturelles et du Développement Rural sous la supervision de l’Agronome Jean David.

Encore aujourd’hui, si l’on se rend sur la localité de Caradeux, entre l’Aéroport International et Pétion-Ville, on peut voir les traces des Derricks qui ont oeuvré dans la zone. La bouche du puit est scellée avec une plaque en cuivre portant la date de forage et le nom de la ATRECO.

L’ordre formel fut donné par Washington de cesser immédiatement les travaux, ATRECO fut dédommagée. Adieu pétrole haïtien!

Il n’est pas superflu de mentionner qu’en 1975 le Gouvernement de Jean Claude Duvalier a fait appel à la Crux Limited pour l’exploration des dites ressources pétrolières repérées dans la rade de Port-au-Prince près de la Gonâve, aussi bien qu’à Grande Saline.

L’INAREM ou Institut National des Ressources Minières dont le Coordinateur fut Henri P.Bayard a entamé des recherches pendant près de 6 mois de Port-au-Prince jusqu’à la frontière dominicaine comme l’aire possible du forage entrepris par la ATRECO dans la Plaine du Cul-de-Sac.

Ce puits se trouverait sur la route vicinale qui sort de Caradeux pour aller à la chapelle Ste Marie de Pétion-ville.

Des échantillons ont été prélevés et analysés dans le laboratoire du Bureau des mines. Les ingénieurs ont établi l’existence d’une nappe de pétrole sous-marine contiguë aux gisements pétrolifères du Venezuela (la capacité de cette nappe est estimée par certains, 5 fois supérieure à celle de son voisin continental). Une fois de plus, la Compagnie Crux Limited a été forcée d’abandonner les travaux d’exploration, pour les mêmes raisons qu’ATRECO en 1949 .

Quelques années plus tard, un ingénieur géologue haïtien, ministre des Mines a tenté de reprendre les travaux de concert avec les autorités vénézuéliennes, et si ce n’est grâce à la vigilance de la police vénézuélienne, il serait mort suite à une tentative d’assassinat dans la chambre d’hôtel où il se trouvait lors de son séjour au Venezuela pour mettre les accords au point.

De plus, l’ex-président de la Raffinerie Dominicaine de Pétrole (REFIDOMSA), Leopold Espaillat Nanita, a expliqué que l’une des solutions pour que l’Etat haïtien puisse sortir de cette dette externe sans fin, mais aussi, afin de résoudre ses problèmes socio-économiques, se trouverait dans l’exploitation de ces gisement aurifères ainsi que ceux d’autres minéraux que possède le territoire voisin de la République Dominicaine.

Espaillat Nanita a révélé que les études et les recherches géologiques réalisées sur le sol haïtien indiquent que cette nation possède conjointement avec Saint-Domingue, possiblement le terrain aurifère non exploité le plus grand du monde.

De même, il existe un gisement (en seconde position après l’Afrique du Sud, le principal fournisseur mondial), d’un minerai peu connu : l’Iridium, utilisé dans la construction de navettes spatiales, missiles tactiques et autres engins. Ces deux ressources sont suffisantes pour alléger la « pauvreté » du peuple haïtien…

Espaillat Nanita, qui est également architecte, dénonce le fait que ces ressources sont peu connues en raison d’une « conspiration » des multinationales, qui prétendent enlever aux Haïtiens leurs richesses naturelles.

L’ex-président de REFIDOMSA a dit que dans cette « conspiration », sont impliqués certains holdings pro-USA mais aussi des fonctionnaires d’Etat qui se dédient à entretenir la pauvreté et l’indigence en Haïti.

Dans ce sens, il appuie les déclarations du tout récent Premier ministre désigné, Jean-Max Bellerive, sur la recherche de nouvelles alternatives qui faciliteront la création d’emplois et attireront des investisseurs étrangers dans le plus petit des deux pays qui se partagent l’île d’Hispaniola au lieu de compter exclusivement sur la République Dominicaine.

Espaillat reconnaît qu’il existe en Haïti une classe nationaliste formée principalement d’hommes politiques et d’intellectuels – à laquelle appartient Bellerive (Désigné Premier ministre le 30 octobre 2009 par le président René Préval) – intéressée à ce que les problèmes d’Haïti trouvent des solutions sur son propre territoire et non dans une autre partie du monde, comme par exemple chez son voisin (Saint-Domingue).

L’ex-fonctionnaire de l’énergie a fait ces déclarations au cours d’un entretien réalisé par le programme de radio « Dejando huellas » sur Dominicana FM.

Sources : Jean Erich René et Espacinsular.org

Traduction et mise en forme : Chevalier Jedi pour Mecanopolis

Jean Erich René est originaire d’Haïti. Il est né dans la ville de Jérémie où il a accompli ses études primaires et secondaires. Il a exploré divers domaines scientifiques notamment: – Agronomie à la Faculté d’Agronomie de Damien (Haïti) 1970-1974 – Gestion et Hautes Etudes Internationales à l’Institut National d’Administration (Haïti)1990-1994 – Administration à l’Université d’Ottawa (Canada) 1995-1998 – Economie à l’Université d’Ottawa (Canada)1998-2001

vendredi 22 janvier 2010

Haïti ou le capitalisme du désastre

Naomi Klein, le 14/01.2010

Le titre fait référence au livre de Naomi Klein "la stratégie du choc", dont on peut lire l'illustration parfaite dans ce texte publié sur le site du "think-tank" néo-conservateur The Heritage foundation, un texte d'une indécence telle qu'il a promptement été retiré du site après un début de polémique.


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Bottled Water Supplies in Port-au-Prince Airport Being Distributed…to US Embassy

dimanche 17 janvier 2010

Show à l'américaine à Port-Au-Prince


Les yankees ont pris possession de l'aéroport Toussaint Louverture à Port-au-Prince. L'occasion pour eux de faire la démonstration qui-n'est-plus-à-faire de leur légendaire efficacité.
Un avion-hôpital français a été vertement refoulé. L'occasion pour le quai d'Orsay de faire la démonstration de son désormais légendaire statut de "carpette officielle de l'Empire".
Un blockbuster tragi-comique dans la grande tradition hollywoodienne :

Couacs et colère à l'aéroport de Port-au-Prince tenu par les Américains

De Deborah PASMANTIER (AFP)

PORT-AU-PRINCE — Des avions remplis d'aide refoulés, des dizaines de personnes obligées de dormir sur le tarmac faute de pouvoir s'envoler, des tonnes d'aide attentant d'être distribués du fait d'une mauvaise coordination: la colère grondait samedi à l'aéroport de Port-au-Prince.

"Envahissons la piste !" crie une voix. "Faut en parler à Obama", lance une autre.

Des dizaines de Français et Franco-Haïtiens étaient remontés samedi matin: depuis le séisme de magnitude 7 qui a frappé Haïti mardi, ils attendaient d'être évacués et vendredi devait être le bon jour. Mais à la dernière minute, l'avion qui devait les emmener vers la Guadeloupe a été interdit d'atterrir. Ils ont dormi sur le tarmac.

"Ils rapatrient les Américains, et les autres, rien", s'énerve Charles Misteder, 50 ans. "Le monopole américain faut que cela cesse. Ils nous dominent et ne nous laissent pas rentrer chez nous. Prenons la piste".

Dans la foule, les Américains, à qui les autorités haïtiennes ont transféré la gestion de l'aéroport, sont accusés de monopoliser l'unique piste de l'aéroport pour évacuer tous leurs ressortissants en Haïti (40.000 à 45.000), ce que dément l'ambassade des Etats-Unis.

D'autres sont interloqués. "Je n'ai pas pu dire à ma famille que j'étais en vie. La coordination, c'est n'importe quoi", dit Wilfried Brevil, agent d'entretien de 33 ans.

"J'étais à l'hôtel Christopher", siège de la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah), effondré lors du séisme, lance furieuse et exténuée, Danièle Saada, 65 ans.

"J'ai été extrêmement choquée, je m'en suis tirée, les autres pas. J'ai décidé de rentrer en France, je n'ai plus rien et puis voila je suis bloquée", ajoute cette membre de la Minustah.

Cette gestion de l'aéroport par les Américains a même créé des tensions diplomatiques après le refoulement vendredi d'un avion français qui avait à son bord un hôpital de campagne, alors que les moyens pour traiter les blessés manquent cruellement.

"Quand un avion qui transporte à bord un hôpital de campagne ne peut pas atterrir, ce n'est pas possible", a réagi le secrétaire d'Etat français à la Coopération, Alain Joyandet. "Il y a eu un problème de coordination et de discernement."

Le responsable a dit avoir protesté auprès de l'ambassadeur américain Kenneth Merten, mais le Quai d'Orsay a démenti quelques heures plus tard quelque protestation officielle.

"On décide en coordination avec l'ONU et les Haïtiens", a expliqué M. Merten, en rappelant la nécessité de hiérarchiser les priorités: "il est clair qu'il y a un problème", a-t-il reconnu. Il met néanmoins en avant le fait que les Américains ont été capables de rendre, en 24 heures, utilisable l'aéroport dont la tour de contrôle a été touchée par le séisme.

Finalement les Français devaient être évacués samedi et l'hôpital de campagne était attendu dans l'après-midi.

Sur le tarmac, des caisses remplies d'aide et des engins attendent au soleil. Là aussi, il y a un "gros problème de coordination", reconnaissent les autorités haïtiennes.

"Les Haïtiens n'ont pas été avertis de l'arrivée de vols. Et quand ils doivent atterrir, il n'y a pas de prise en charge et une grande quantité de matériel est arrivée sans coordination", constate un responsable du gouvernement haïtien, Michel Chancy.

L'ambassadeur américain explique que jusqu'à samedi, "on ne savait où les Haïtiens voulaient installer leurs points de distribution" de l'aide internationale.

Pendant ce temps dans les rues, des rescapés traumatisés et affamés demandent aux étrangers qu'ils voient passer s'ils n'ont pas de nourriture à leur donner.

AFP