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vendredi 27 mars 2026

OCCIDENT : LA GUERRE POUR SEUL HORIZON ? - Emmanuel TODD & David TEURTRIE

À l'heure où les équilibres géopolitiques mondiaux connaissant une accélération sans précédent, l'ICES, Institut catholique de Vendée se place au cœur du débat intellectuel contemporain. Le mardi 17 mars 2026, l'établissement accueillera une conférence de haut niveau réunissant l'anthropologue Emmanuel Todd et politologue David Teurtrie. Deux ans après le retentissement de l'ouvrage La Défaite de l'Occident, cette rencontre exceptionnelle, proposent de décrypter les lignes de faille de l'ordre international à l'aune du retour de Donal Trump au pouvoir.

UNE ANALYSE PROSPECTIVE DES RAPPORTS DE FORCE 

Cette conférence s'inscrit dans un contexte de recomposition profonde de la scène internationale. En s'appuyant sur les thèses développées par Emmanuel Todd en 2024, les intervenants interrogeront la résilience des structures occidentales face à l'émergence de nouveaux pôles d'influence. Le débat portera une attention particulière aux conséquences stratégiques du retour de Donal Trump aux affaires. Ce changement de paradigme à la tête de la première puissance mondiale impose une relecture des alliances traditionnelles et des trajectoires diplomatiques de l'Europe.

REGARDS CROISÉS : EXPERTISE ACADÉMIQUE ET RECHERCHE

L'événement propose une confrontation enrichissante entre deux perspectives expertes :

Emmanuel Todd : historien, anthropologue, démographe et essayiste, il est l'auteur de travaux majeurs en sciences sociales ayant souvent anticipé les ruptures historiques.
David Teurtrie : Maîtrise de conférences en science politique à l'ICES et directeur de l'Observatoire français des Brics, il apporte un éclairage technique sur le rôle croissant des puissances émergentes.
- ICES

samedi 31 janvier 2026

« C’EST LEUR MONDE QUI S’EFFONDRE » : la défaite américaine va tout changer - Emmanuel Todd

Emmanuel TODD est anthropologue, démographe et historien, auteur de « Après l'empire » (2002), « Où en sommes-nous ? » (2027) et « La défaite de l'Occident » (2024). Dans cette interview, il déroule une lecture rationnelle du moment historique que nous vivons. Pour lui, ce n’est pas « le monde » qui vacille, mais l’ordre occidental et les élites qui en vivaient, et qui découvrent trop tard que le centre de gravité a basculé. Il replace la Chine au cœur de la réalité industrielle, décrit l’Amérique en perte de contrôle, et l’Europe en posture de dépendance et d’aveuglement. Ukraine, Groenland, Venezuela, Iran : tout est passé en revue pour comprendre le sens de ce qui arrive. Avec les graphiques inédits d'Élucid, et les analyses sans langue de bois d'Olivier Berruyer, Emmanuel Todd propose une synthèse impressionnante et importante de la réalité économique et géopolitique du monde, pour comprendre et anticiper l'avenir.

mercredi 3 décembre 2025

« La France à la veille du jugement dernier » - Emmanuel Todd

Avec la complicité du pouvoir et de ses oppositions politiques, notre pays est entré en état de décomposition terminale. Perte de souveraineté à tous égards, déclassement international, gérontocratie irresponsable qui verbalise même désormais l’idée de « perdre ses enfants » dans des guerres ingagnables à l’échelle monstrueuse, nous approchons du point où nous ne pourrons plus nous raconter d’histoires sur nous-même. Quand et comment éclatera cette bulle d’irréalité qui nous conduit au désastre dans tous les domaines ?

Pour évoquer la situation critique qui se précise pour la France, Aude Lancelin a reçu Emmanuel Todd pour un long entretien le mardi 2 décembre en direct. Historien, démographe, auteur de nombreux best-sellers, parmi lesquels « La Défaite de l’Occident » (Gallimard) et figure du débat d’idées français traduite dans le monde entier.
Pour voir l'émission en entier : LIEN

samedi 20 septembre 2025

Emmanuel Todd : « Victoire russe, enfermement et fracturation de l’Occident »


LE MONDE SELON TODD – Épisode 6 : Victoire russe, enfermement et fracturation de l’Occident

 Un entretien exceptionnel sur la transformation en cours de l’ordre mondial.

Dans ce nouvel épisode, Emmanuel Todd propose une analyse profonde et radicale des transformations géopolitiques et sociétales qui affectent actuellement l’Occident, en particulier les États-Unis, l’Europe et Israël.

À travers une approche historique et anthropologique, il met en lumière la fracture croissante qui divise ces entités, analysant les facteurs internes et externes qui contribuent à une désintégration potentielle.

Todd explore la complexité des enjeux économiques, politiques et sociaux, ainsi que le rôle des identités culturelles dans la montée des tensions. Il souligne que cette fragmentation pourrait conduire à une implosion majeure de l’Occident tel que nous le connaissons, questionnant ainsi la stabilité future du système mondial.

Sa vision, bien que radicale, invite à repenser les alliances traditionnelles et à anticiper un monde en profonde recomposition, marqué par des rivalités exacerbées et des mutations identitaires.

samedi 26 juillet 2025

Emmanuel Todd - La Russie est notre Rorschach


En avril dernier, interrogé par une chaîne de télévision russe sur la russophobie occidentale, j’avais eu une illumination. J’avais à peu près répondu : cela va vous être désagréable d’entendre ça, mais notre russophobie n’a aucun rapport avec vous. C’est un fantasme, une pathologie des sociétés occidentales, un besoin endogène d’imaginer un monstre russe.

Pour la première fois à Moscou depuis 1993, je vivais un choc de normalité. Mes indicateurs habituels – mortalité infantile, suicide et homicide – m’avaient montré, sans bouger de Paris, que la Russie était sauvée, après sa crise de sortie du communisme. Mais Moscou normale à ce point, c’était au-delà de tout ce que j’avais conçu. J’ai eu sur place l’intuition que la russophobie était une maladie.

Cette intuition résout toutes sortes de questions. Je m’obstinais, par exemple, à rechercher dans l’histoire les racines de la russophobie anglaise, la plus obstinée de toutes. L’affrontement des empires britanniques et russe au dix-neuvième siècle semblait justifier une telle approche. Mais quand même, durant les deux guerres mondiales, la Grande-Bretagne et Russie furent alliées, et elles se durent mutuellement leur survie durant la seconde. Alors, pourquoi tant de haine ? L’hypothèse géopsychiatrique nous donne une solution. La société anglaise est la plus russophobe, tout simplement parce qu’elle est la plus malade d’Europe. Acteur majeur et victime première de l’ultralibéralisme, l’Angleterre n’en finit pas de produire des symptômes graves: effondrement universitaire et hospitalier, sous-alimentation des vieux, sans oublier Liz Truss, la plus brève et la plus folle des premiers ministres britanniques, hallucination fulgurante au pays de Disraeli, Gladstone et Churchill. Qui aurait osé une chute des recettes fiscales sans la sécurité d’une monnaie, non pas seulement nationale, mais impériale, monnaie de réserve du monde ? Trump aussi fait n’importe quoi avec son budget mais il ne menace pas le dollar. Dans l’immédiat.

En quelques jours, Truss avait détrôné Macron au hit-parade de l’absurdité occidentale. J’avoue attendre beaucoup de Friedrich Merz, dont le potentiel belliciste antirusse menace l’Allemagne de beaucoup plus qu’un effondrement monétaire. La destruction des ponts du Rhin par des missiles oreshnik ? Malgré la protection nucléaire française ? En Europe, c’est carnaval tous les jours.

La France va de plus en plus mal, avec son système politique bloqué, son système économique et social à crédit, sa hausse de mortalité infantile. Nous coulons. Et hop, poussée russophobe. Macron, le chef d’état-major des armées et le patron de la DGSE viennent d’entonner en cœur la chanson. La France, ennemi numéro 1 de la Russie. On croit rêver. Notre insignifiance militaire et industrielle fait de la France le cadet des soucis de la Russie, suffisamment occupée par son affrontement planétaire avec les États-Unis.

Cette dernière absurdité macronienne rend le recours à la géopsychiatrie indispensable. Un diagnostic d’érotomanie est inévitable. L’érotomanie, c’est cette affection, plutôt féminine mais non exclusivement, qui conduit le sujet à se penser universellement désiré sexuellement et menacé d’une pénétration par, mettons, tous les mâles environnants. La pénétration russe donc, menace…

Je dois avouer ma lassitude à taper sur Macron (d’autres s’en chargent désormais, malgré la servilité journalistique générale). Heureusement pour moi, nous avions été préparés au discours de 14 juillet du Président par du neuf, les interventions de deux petits soldats du régime, Thierry Burkhard (chef d’Etat-major des armées) et Nicolas Lerner (patron de la DGSE). Je ne suis pas constitutionnaliste et ne sais s’il est de bon augure pour la démocratie que des gérants du monopole de la violence légitime de l’État se répandent sur les ondes, en conférence de presse (Burkhard) ou en divagations angoissées sur la chaîne LCI (Lerner) pour y définir en avant-première la politique extérieure de la France.

Reste que l’expression publique et libre de leur parole russophobie est un trésor pour le géopsychiatre. J’en ai tiré deux enseignements essentiels sur l’état d’esprit des classes dirigeantes françaises (ces interventions ont été reçues comme normales par la majorité du monde politico-journaliste et nous parlent donc de la classe qui nous guide)

Écoutons d’abord Burkhard. Je reprends la transcription du Figaro avec ses évidentes imperfections. Je ne touche à rien. Comment notre chef d’État-major définit-il la Russie et les Russes? « C’est aussi par sa capacité de sa population à durer, voir à endurer, même si la situation est compliquée. Là aussi, historiquement et culturellement, c’est un peuple qui est capable d’endurer des choses qui nous semblent d’ailleurs complètement inimaginables. C’est un aspect important pour la résistance et à la capacité à soutenir l’État ». Je traduis : le patriotisme russe est pour notre militaire inimaginable. Ce n’est pas de la Russie qu’il nous parle, c’est de lui et des siens. Il ne sait pas, ils ne savent pas, ce qu’est le patriotisme. Grâce au fantasme russe, nous découvrons pourquoi la France a perdu son indépendance, pourquoi, intégrée dans l’OTAN, elle est devenue un proxy des Etats-Unis. Nos chefs n’aiment plus leur pays. Réarmer, pour eux, ce n’est pas pour la sécurité de la France, c’est pour servir un empire en décomposition qui, après avoir jeté les Ukrainiens puis les Israéliens à l’assaut du monde des nations souveraines, s’apprête à mobiliser les Européens pour continuer de semer le désordre en Eurasie. La France est loin du front. Notre mission de proxy, si l’Allemagne est un Hezbollah, sera d’être les Houthis de l’Empire.

Passons à Nicolas Lerner s’étalant sur LCI. Cet homme semble en grande détresse intellectuelle. Décrire la Russie comme une menace existentielle pour la France… Avec une population qui diminue, déjà trop petite pour ses 17 millions de kilomètres carrés. Seul un malade des nerfs peut croire que Poutine veut pénétrer la France. La Russie de Vladivostok à Brest? Reste que dans sa détresse, Lerner est utile pour comprendre la mentalité des gens qui nous mènent à l’abîme. Il voit la Russie impériale là où elle est nationale, viscéralement attaché à sa souveraineté. La Nouvelle Russie, entre Odessa et le Donbass, c’est tout bêtement l’Alsace-Lorraine des Russes. Aurait-on décrit la France de 1914, prête à se battre pour résister à l’Empire allemand et reprendre ses provinces perdues comme impériale? Burkhard ne comprend pas le patriotisme, Lerner ne comprend pas la nation.

Une menace existentielle pour la France ? Oui bien sûr, ils la sentent, ils ont raison, ils la cherchent en Russie. Mais c’est en eux-mêmes qu’ils devraient la chercher. Elle est double. Menace n°1 : nos élites n’aiment plus leur pays. Menace n°2 : ils le mettent service d’une puissance étrangère, les États-Unis d’Amérique, sans jamais tenir compte de nos intérêts nationaux.

C’est quand ils parlent de la Russie que les dirigeants français, britanniques, allemands ou suédois nous disent qui ils sont. La russophobie est certes une pathologie. Mais La Russie est surtout devenue un formidable test projectif. Son image est semblable aux planches du test de Rorschach. Le sujet décrit au psychiatre ce qu’il voit dans des formes à la fois aléatoires et symétrisées. Il projette ainsi des éléments cachés de sa personnalité. La Russie est notre Rorschach.


jeudi 15 mai 2025

Emmanuel Todd - APOCALYPSE NOW : Des États-Unis à l'Europe

Dans ce 4e épisode de la série Le monde selon Todd, l’historien et anthropologue Emmanuel Todd dresse un bilan du début de la mandature de Donald Trump en ce qui concerne l’état social, économique et politique de l'occident dans cette nouvelle configuration.
S’appuyant sur ses ouvrages dont la Défaite de l'occident, il décrypte les fractures invisibles : paupérisation, crise de l’État Fédéral, inégalités croissantes, fracture sociale…

mercredi 26 mars 2025

LA DÉFAITE DE L’OCCIDENT. ET APRÈS? - Emmanuel TODD

Un an après la parution de La défaite de l'Occident (2024), Emmanuel Todd et David Teurtrie reviennent sur le thème du déclin occidental à travers les bouleversements récents. Entre affaiblissement économique, fragmentation politique et perte d'influence mondiale, l'Occident est-il condamné à un déclassement irréversible ? Ou assiste-t-on à une transformation plus profonde du pouvoir global ? 

jeudi 13 février 2025

Emmanuel Todd - Allemagne : de la puissance à l'impuissance


Dans ce deuxième épisode de la série *Le Monde selon Todd*, Emmanuel Todd analyse en profondeur la situation actuelle de l'Allemagne, un pays confronté à des bouleversements majeurs à l'approche des élections du 23 février. 

Autrefois modèle de prospérité, de rigueur, de phare économique de l’Union Européenne, l'Allemagne fait aujourd'hui face à une crise économique alimentée par la guerre en Ukraine, la dépendance énergétique et des choix stratégiques discutables, comme les conséquences des politiques ordo libérales imposées au peuple allemand pendant des décennies.
Emmanuel Todd décrypte ce basculement à travers sa méthodologie unique, qui combine histoire longue, structures sociales et analyse démographique. 

Il explore également la montée de l'extrême droite, la fragmentation politique et les tensions internes qui pourraient façonner l'avenir du pays. Enfin, il questionne l'évolution des relations franco-allemandes, la place de l'Allemagne en Europe et son rôle dans la dynamique géopolitique mondiale.


lundi 20 janvier 2025

L'Occident en Déclin (OV) | Emmanuel Todd & Ulrike Guérot

L'Occident ne perd pas seulement la guerre en Ukraine : il se perd lui-même et est en déclin. Ulrike Guérot en discute avec Emmanuel Todd, ainsi que sur bien d'autres sujets.
L'éminent historien et anthropologue Emmanuel Todd prédit le déclin définitif du monde occidental. Il attribue cela à la décadence culturelle et religieuse qui s'accompagne d'un déclin économique. Alors que l'implosion de l'Union soviétique avait initialement plongé la Russie dans une profonde crise, le vide qui en a résulté a finalement entraîné les États-Unis et l'Occident dans son sillage. Une évolution paradoxale s'est produite : une expansion conquérante de l'Occident, qui, en même temps, dépérissait de l'intérieur. La Russie, en revanche, a réussi à se stabiliser. Ainsi, dans la guerre en Ukraine, l'OTAN et l'Ukraine se retrouvent face à une grande puissance russe, qui agit désormais de manière conservatrice et rassurante pour le reste du monde, lequel ne souhaite pas suivre l'Occident dans son aventure.

Todd prévoit qu'une réconciliation entre l'Union européenne et la Russie finira par avoir lieu. Un Europe libérée de l'influence américaine pourrait en être l'aboutissement. Grâce à l'économie critique, à la sociologie des religions et à l'anthropologie, Emmanuel Todd nous guide à travers le monde : la Russie et l'Ukraine, l'Europe centrale et orientale, l'Allemagne, le Royaume-Uni, la Scandinavie et les États-Unis, sans oublier l'Asie et le Sud global, dont la position sera déterminante pour l'issue de la guerre.
Cette conversation a été enregistrée le 17 octobre 2024.