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dimanche 5 décembre 2010

Quand Wikileaks dément Libé…


On se souvient de la complaisance immédiate de la presse française, Libération en tête, pour le coup d’État perpétré au Honduras, dont le régime de facto continue depuis à assassiner ou a "disparaître" des centaines d’opposants. Un des arguments des journalistes français était que le président Zelaya aurait voulu se perpétuer au pouvoir… Les premiers documents publiés par Wikileaks apportent un clair démenti à cette vision. Le président chassé renversé, Manuel Zelaya a dénoncé dans une entrevue exclusive à TeleSUR ce 29 novembre la double morale des États-Unis qui savaient que son exil et le gouvernement de facto de Roberto Micheletti attentaient contre la constitutionnalité au Honduras, mais n’en ont pas tenu compte. Au contraire ils ont encouragé puis avalisé des élections frauduleuses tandis que la résistance se pressait autour de l’ambassade du Brésil à Tegucigalpa où il s’était réfugié.

“Ce document va nous permettre de saisir la Cour Pénale Internationale et des Droits de l’Homme pour dénoncer les États-Unis comme État violeur des droits humains puisqu’il n’a pris aucune mesure contre le coup d’État et que les révélations de Wikileaks démontrent leur implication et leur volonté de couvvrir ce qu’ils savaient être un délit”.

Manuel Zelaya s’étonne du contrôle des médias internationaux qui ont occulté la vérité, totalement ou en partie, alors qu’on savait déjà, avant la publication de Wikileaks, que Washington était complice du coup d’État.

Le président renversé a déclaré que “les services secrets nord-américains connaissaient le coup d’État et les plans de nettoyage idéologique des faucons de Washington, en particulier l’assassinat de journalistes et la répression de la dissidence, non seulement sous le régime de Micheletti mais aussi sous celui de Lobo”.

Le président considère que le gouvernement d’Obama est dans l’obligation pressante de répondre “pour la violation des droits de l’homme au Honduras”. Zelaya souligne le paradoxe de la mention récente par les États-Unis que l’évaluation des droits de l’homme n’était pas un préalable à la discussion sur le retour du pays centraméricain au sein de l’Organisation des États Américains (OEA).

Dans le texte révélé par Wikileaks, l’ambassade des États-Unis au Honduras reconnaît qu’il n’a “jamais été démontré que le président Zelaya ait enfreint la loi” et affirme que l’argument selon lequel il voulait se perpétuer au pouvoir était “une pure supposition”.

Le document révèle que les arguments employés par Micheletti, les militaires et les politiques putschistes “n’ont pas de valeur substantielle” et ajoute que “certains sont ouvertement faux”.

Le rapport considère que plusieurs des mesures exécutées par les putschistes furent “clairement illégales” comme le fait que “les militaires ont chassé Zelaya du pays sans autorité pour le faire”, ce qui “a violé de multiples garanties constitutionnelles, dont l’interdiction d’expatriation, la présomption d’innocence et le droit à un procès légal”.

Les États-Unis sont le pays qui a le plus tardé à appliquer des sanctions à la suite du coup d’État contre le président Zelaya, alors que d’autres gouvernements comme ceux de l’Alliance Bolivarienne pour les Peuples de notre Amérique (ALBA), et du Marché Commun (Mercosur), se sont prononcés immédiatement contre le coup d’État.

Au bout de 73 jours, les États-Unis avaient décidé de “suspendre” l’aide du Compte pur le Défi du Millénaire destinée au pays centraméricain, pour l’ordre de 11 millions de dollars, mais quelques mois plus tard la secrétaire d`État Hillary Clinton annonçait le rétablissement des relations et de l’aide financière au régime de Porfirio Lobo.

Source : www.telesurtv.net

Traduction : Thierry Deronne

vendredi 1 octobre 2010

Tentative de coup d'état en Equateur


Un troisième coup d'état est en cours contre un pays membre de l'Alliance Bolivarienne pour les Amériques (ALBA), un groupe de nations latino-américaines qui s'opposent à l'hégémonie US et ont créé un nouveau système d'échange et d'intégration basé sur la solidarité et l'indépendance face à toutes les formes d'impérialisme.

Les militaires putschistes prennent le contrôle de l'aéroport de Quito

En 2002, un coup d'état des forces d'opposition soutenues par Washington a brièvement évincé Hugo Chavez du pouvoir au Venezuela. Le coup a échoué grâce à la population vénézuélienne qui s'est soulevée, refusant de voir détruire la démocratie. Chavez est revenu au pouvoir deux jours plus tard. Depuis, le Venezuela a subi de nombreuses tentatives de déstabilisation, des sabotages économiques, la guerre psychologique – tant à l'échelon national que dans le monde entier – la fraude électorale, des tentatives d'attentat contre le Président Chavez et une campagne médiatique internationale pour décrire le Venezuela comme une dictature. Ce week-end, les forces d'opposition, financées et soutenues par les agences américaines, ont récupéré des postes clé au sein de l'appareil d'état; une plate-forme d'où ils peuvent intensifier leurs efforts en vue de provoquer un changement de régime.

En juin 2009, le Président hondurien Manuel Zelaya a été renversé par un coup d’état soutenu par l'administration d'Obama et promu par les forces de droite et militaire au Honduras. Depuis lors, le Honduras n'a jamais retrouvé sa démocratie. Zelaya reste en exil.

Rafael Correa

Aujourd'hui, c'est au tour de l'Equateur d'être la victime d'un putsch contre le Président Rafael Correa, un chef d'état solide et courageux qui a évincé la base militaire américaine de son pays l'année dernière et a pris une position ferme contre le modèle économique capitaliste américain. Les forces de sécurité se sont soulevées contre son gouvernement, soutenues par des organisations politiques financées par l'USAID et la National Endowment for Democracy.

L'ex-président Guttierez, le probable chef occulte du coup d'état

Une réunion d'urgence a été convoquée par l'ALBA et les nations de l'UNASUR en Argentine jeudi soir. La vie du président Correa était en danger jeudi, alors qu'il était séquestré par les putschistes.

Le président Correa, actuellement séquestré à l'hôpital de la police de Quito

Après le Vénézuela et le Honduras, c'est une nouvelle tentative de détruire l'ALBA, cette alliance qui dérange si fortement les visées des forces impérialistes à l'œuvre en Amérique Latine.

Manifestations de soutien au président Correa à Quito

Le peuple équatorien est mis à l'épreuve et devra lutter seul pour sauver sa démocratie.

jeudi 13 mai 2010

Honduras : l’ONU s’émeut des assassinats de journalistes, pas RSF


L’association française Reporters sans frontières n’a pas placé le Honduras dans sa liste des Etats prédateurs de la liberté d’expression, publiée le 3 mai, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse. L’ONG pro-US estime qu’il n’est pas établi que ces meurtres soient liés au contexte politique et que l’actuel gouvernement est démocratique.
Le 28 juin 2009, un coup d’Etat militaire, orchestré par les Etats-Unis, a renversé le président élu Manuel Zelaya et placé au pouvoir Roberto Micheletti. Le 29 novembre, la junte a convoqué des élections et déclaré vainqueur Porfirio Lobo Sosa. Le nouveau régime a fait appel à des experts israéliens du maintien de l’ordre. La répression s’est concentrée sur des assassinats ciblés, dont ceux de journalistes.
Le 10 mai 2010, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la promotion et la protection des droits à la liberté d’expression et d’opinion, Frank La Rue, le Rapporteur spécial sur les exécutions sommaires, extrajudiciaires ou arbitraires, Philip Alston, et la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l’homme, Margaret Sekaggya, ont appelé les autorités honduriennes à faire toute la lumière sur les sept assassinats de journalistes survenus en six semaines dans le pays.
Voltaire

jeudi 15 octobre 2009

Honduras : du coup d'État à la faillite économique

Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya (g), le 14 octobre 2009 à Tegucigalpa
AFP
Magasins vides, aide internationale gelée, chômage en hausse : le coup d'État du 28 juin au Honduras a déjà coûté très cher au Honduras, troisième pays le plus pauvre des Amériques, dont l'économie devrait se contracter de 4 % cette année, selon les analystes.

Alors que le président déchu Manuel Zelaya et le gouvernement putschiste négocient toujours une sortie de crise, dans les commerces de Tegucigalpa, les vendeurs attendent les clients, comme Ada Moltalban, qui désespère de voir arriver quelqu'un dans le restaurant de fruits de mer où elle travaille. Cette femme de 46 ans a du mal à nourrir ses quatre enfants avec le salaire minimal, 289 dollars par mois, pourtant augmenté de 60 % par le président Manuel Zelaya, avant qu'il soit renversé par le coup d'État.

"Je complète avec les pourboires, mais ces derniers mois, il n'y a personne et j'ai peur d'être licenciée. Nous les pauvres, nous sommes toujours les plus touchés", dit-elle à l'AFP. "Nous étions pauvres, maintenant nous sommes misérables. Beaucoup de commerces ferment. Chaque jour, j'arrive avec la peur de trouver ma lettre de licenciement, car les chiffres sont dans le rouge", témoigne aussi Filiberto, serveur dans l'hôtel où des délégués des deux camps négocient. Le Honduras est enferré dans une crise politique complexe depuis le coup d'État qui a renversé M. Zelaya. Pour pousser le gouvernement putschiste à rétablir le président déchu dans ses fonctions, la communauté internationale a gelé de nombreuses programmes économiques. Les États-Unis et l'Union européenne ont ainsi suspendu plus de 120 millions de dollars d'aide à eux deux.

Le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres organismes internationaux ont également gelé leurs crédits, en attendant que la situation politique se stabilise. Associée à la crise internationale, cette coupure de l'aide internationale a créé 180.000 chômeurs de plus dans le petit pays d'Amérique centrale, où 40 % de la population active (3,5 millions de personnes) n'a pas de travail ou est sous-employée. Environ 700.000 membres de la classe moyenne sont menacés de glisser sous le seuil de pauvreté cette année, estime le Forum social de la dette extérieure du Honduras (Fosdeh), organisme non gouvernemental, selon qui 70 % de la population (7,6 millions d'habitants) pourrait bientôt vivre sous ce seuil.

"La situation du Honduras est sans précédent et 2010 sera encore plus difficile", prévient le responsable du Fosdeh, Mauricio Diaz, qui prévoit une chute de 4 % de l'économie cette année. Le gouverneur en exil de la Banque centrale, Edwin Araque, table, lui, sur une baisse de 3 %, après une croissance de 4 % en 2008. "Nous avions déjà la crise internationale et avec ce conflit, la situation a empiré. Pour ne pas déprimer, nous préférons ne pas faire les comptes", a déclaré à l'AFP le patron des patrons, Adolfo Facussé, allié du régime putschiste. Les ventes de véhicules neufs ont déjà chuté de 60 %, selon les entreprises du secteur.

Les couvre-feu décrétés à plusieurs reprises par le gouvernement putschiste ont également durement affecté les bars, restaurants et hôtels. Certains affichent des taux d'occupation inférieurs ou égaux à 30 %. Et la crise s'est déjà étendue au-delà des frontières du pays. Le commerce interrégional est en baisse et les voisins du Honduras souffrent aussi d'une baisse des investissements étrangers et du tourisme, selon Juan Daniel Aleman, secrétaire général du Système d'intégration centraméricain.


Honduras: les délégués établissent un plan de sortie de crise

AFP

TEGUCIGALPA — Les représentants du président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, et du gouvernement putschiste de Roberto Micheletti sont parvenus à un accord mercredi sur la restitution du dirigeant évincé par le coup d'Etat du 28 juin, a annoncé l'un des délégués.

Ce compromis doit cependant encore être accepté par MM. Zelaya et Micheletti.

"Nous avons approuvé un document sur le point numéro six, qui est le point portant sur la restitution des pouvoirs de l'Etat tels qu'ils fonctionnaient avant le 28 juin 2009", a déclaré l'un des négociateurs du président déchu, Victor Meza, lors d'une conférence de presse.

Le retour à la situation précédant le coup d'Etat du 28 juin implique le retour de M. Zelaya au pouvoir, hypothèse jusqu'ici rejetée par M. Micheletti.

Le point numéro six était le dernier des huit points clés du plan de sortie de crise qui restait à approuver.

"Je suis optimiste par nature", a ajouté le négociateur avant de se diriger vers l'ambassade du Brésil, où M. Zelaya a trouvé refuge depuis son retour clandestin dans le pays le 21 septembre.

M. Meza, ministre du gouvernement au sein de l'exécutif déchu, a en revanche refusé de dévoiler les termes de l'accord "pour ne pas violer un pacte" conclu par les représentants des deux équipes de négociateurs.

M. Meza a par ailleurs rappelé que M. Zelaya avait donné jusqu'à jeudi soir 00H00 (vendredi 06H00 GMT) pour arriver à un accord de sortie de crise. Le dirigeant déchu n'a cependant pas précisé ce qu'il comptait faire en cas de statu quo.

Mardi soir, les négociateurs avaient annoncé être tombés d'accord sur sept des huit points clés du plan de sortie de crise en discussion, parmi lesquels la formation d'un gouvernement d'unité nationale, le rejet d'une amnistie ou le renoncement de M. Zelaya à convoquer une assemblée constituante.

Manuel Zelaya a été renversé et expulsé du pays par un coup d'Etat le 28 juin, le jour où il avait organisé contre l'avis de la Cour suprême une consultation populaire sur un éventuel changement de la Constitution, qui interdit à un président de briguer un deuxième mandat.

Il est réfugié à l'ambassade du Brésil depuis son retour clandestin au Honduras le 21 septembre.

jeudi 9 juillet 2009

Les 18 crimes de Manuel Zelaya

Le passage qui suit est extrait d'un récit de Medea Benjamin pour le site CommonDreams.org. L'auteur raconte la journée du 5 juillet à Tegucigalpa et la grande manifestation populaire organisée pour le retour (avorté) du président constitutionnel Manuel Zelaya, qui s'est achevée par le drame de la mort d'au moins deux manifestants.
Dans l'extrait qui nous intéresse ici, l'auteur interroge une jeune étudiante hondurienne sur ses motivations concernant le soutien à Zelaya. La réponse qu'elle lui fait éclaire singulièrement ce point crucial et pourtant étrangement occulté dans les rares médias français qui ont relatés ces évènements, médias généralement plutôt critiques sur la personnalité du président hondurien et peu diserts en ce qui concerne ses actions politiques durant son mandat.

"Je lui demandais pourquoi elle soutenait le président Zelaya, ou "Mel", comme l'appellent ses partisans. "Le gouvernement dit qu'il a enfreint la loi et qu'il est coupable de 18 crimes," me répondit-elle, "sais-tu lesquels ?". Elle sortit alors son téléphone portable et commença à y lire une liste : Il a augmenté le salaire minimum, offert des repas gratuits dans les cantines scolaires, fait distribuer du lait pour les bébés et des pensions de retraites pour les personnes âgées, distribué des ampoules basse-consommation, fait baisser le prix des transports publics, donné des bourses d'études aux étudiants pauvres." Subitement une foule se rassembla autour de nous et commença à nous interrompre. "Il a réparé les routes" disait l'un."Il a ouvert des écoles dans les endroits reculés, comme mon petit village où il n'y en avait jamais eu." ajouta un autre. "il a permis à tout le monde de rentrer dans le palais présidentiel et l'a transformé, d'une résidence pour l'élite en une maison du peuple", dit encore un autre.

"Tu vois ?" sourit Alejandra. "Il est même coupable de plus de 18 crimes. C'est pour cela que les classes supérieures le détestent et que nous voulons qu'il revienne. C'est réellement un conflit de classe."

(Trad.: BDGD)

mercredi 8 juillet 2009

Photoshopez ce sang que nous ne saurions voir


Voila comment la presse conservatrice hondurienne considère l'éthique journalistique : le journal de droite La Prensa, souvent utilisé comme "référence" par nos journaux français de "gauche" pour décrire les évènements au Honduras, s'est tout simplement permis de publier la photo du jeune manifestant de 19 ans Isis Obed Murillo, assassiné d'une balle dans la tête par l'armée lors de la grande manifestation du 5 juillet, en effaçant les traces de sang.
Voila comment l'information est manipulée, en ce
moment au Honduras.

Détail de la page du journal "La Prensa"

Photo originale

Les putschistes au Honduras formés à la "Torture Academy"


Par Doug Ireland

Depuis un demi-siècle, les Etats-Unis forment des militaires sud-américains avec un net penchant pour la dictature au sein de la School of Americas, une annexe du Pentagone. Le responsable du coup d’Etat au Honduras en est issu.

Ainsi, les États-Unis n’auraient pas de responsabilité dans le coup d’Etat militaire du 28 juin dernier qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Honduras ? Faux et archi faux !

Comme l’a rapporté l’hebdomadaire National Catholic Reporter du 29 juin, l’homme qui a fait ce coup, le général Romeo Orlando Vasquez Velasquez, commandant de l’armée, a été diplômé à deux reprises de l’infâme School of the Americas (L’École des Amériques), une succursale du Pentagone située à Fort Benning dans l’Etat de Géorgie et tristement célèbre école de torture d’où sont sortis une belle brochette de dictateurs et d’affairistes militaires en Amérique centrale et latine. Un autre leader du coup d’Etat est, lui aussi, diplômé de la même école : il s’agit du général Luis Javier Prince Suazo, chef des forces aériennes et responsable du transport du président déchu, Manuel Zelaya, en dehors du pays.

Relique de la Guerre Froide, la School of the Americas a été créée il y a un demi-siècle afin, disait-on, de former des militaires, des policiers et des agents de renseignement des pays au sud des États-Unis afin qu’ils conduisent la lutte contre les « insurrections » étiquetées « communistes » par le Pentagone. Mais dans les faits, les diplômés de cette école ont toujours constitué les troupes de choc de la répression politique contre la gauche dans ces pays hispanophones.

La torture enseignée à la School of the Americas

Bien avant les horreurs d’Abou Ghraïb en Irak, les pires techniques de torture étaient enseignées à la School of the Americas. En mai 2004, les manuels d’interrogatoire utilisés par l’école ont été rendus publics par le National Security Archive, un institut de recherche indépendant, après un procès qui s’est tenu selon la loi du Freedom of Information Act, intenté par des médias réputés comme le Baltimore Sun. Ces manuels, traduits en espagnol et dont des milliers d’exemplaires ont été distribués aux alliés hispanophones de Washington, donnaient des consignes explicites pour torturer, bastonner et assassiner.

La longue histoire de ces supplices pratiqués par les voyous diplômés de la School of the Americas a également été bien documentée par d’autres organismes, notamment Amnesty International dans son rapport intitulé « Unmatched Power, Unmet Principles » (Pouvoir incomparable, Principes abandonnés), ainsi que dans les excellents ouvrages « Hidden Terrors » (Terreurs cachées) de A.J. Langguth (un ancien reporter du New York Times), « Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower « (publié en France sous le titre L’État voyou : un guide de la seule superpuissance mondiale) par William Blum, ancien diplomate du Département d’Etat, ou encore « A Miracle, A Universe ») (Un miracle, un univers) par Lawrence Weschler (l’expert Amérique latine du New Yorker).

L’enseignement de la torture dans cette école été suspendu par le président Jimmy Carter en 1977, mais réintroduit par Ronald Reagan quatre ans plus tard. En 2000, suite à des enquêtes sur cette école par des médias tels que le Washington Post et le Baltimore Sun et grâce à une opposition grandissante à son encontre au Congrès, le Pentagone en a relifté le nom et l’a rebaptisé Western Hemisphere Institute for Security Cooperation (WHINSEC). Mais comme le disait à l’époque le sénateur Paul Coverdale de l’Etat de Géorgie, un conservateur membre du Parti républicain, cette soi-disant « réforme » n’était qu’« essentiellement superficielle ». D’ailleurs, aujourd’hui, tout le monde en dehors du Pentagone continue d’appeler l’école par son ancien nom.

Des généraux-dictateurs diplômés de cette annexe du Pentagone

Le coup d’Etat du 28 juin au Honduras est le troisième dans l’histoire de ce petit pays de 7 millions d’habitants, dont 50 % vivent dans une pauvreté extrême. En 1975, le général Juan Megler Castro, diplômé de la School of the Americas, est devenu le dictateur militaire de ce Honduras. Puis, entre 1980-1982, le chef de la dictature était un autre diplômé de « l’école de torture », Policarpo Paz Garcia. Ses principaux faits d’armes consistent à avoir intensifié la répression et semé la terreur avec le Bataillon 3-16, l’un des plus terrifiants escadrons de la mort de toute l’Amérique latine fondé par des diplômés honduriens de la School of the Americas, avec l’aide de diplômés argentins de cette école. Car cette dernière n’a pas essaimé qu’au Honduras. Loin de là.

Parmi les soixante mille et quelques militaires qui y sont passés, on compte plusieurs dictateurs avérés : les généraux Noriega et Trujillo au Nicaragua, le général Hugo Banzer Suarez en Bolivie, le général Guido Vildoso Calderon au Pérou, le général Efrain Rios Montt au Guatemala et les généraux Leopoldo Galtieri et Roberto Viola en Argentine.

La lutte pour fermer cette école immonde est menée depuis vingt ans par l’association School of the Americas Watch, animée par des catholiques de gauche et fondée par un prêtre, le père Roy Bourgeois, lui-même une ancienne victime des tortionnaires de cette institution au Salvador, après les meurtres de quatre bonnes sœurs catholiques et de l’évêque Oscar Romero par des escadrons de la mort organisés et commandés par le colonel Roberto D’Aubuisson, un autre diplômé de l’école et auteur des pires crimes commis pendant la guerre civile salvadorienne.

Hollywood se mobilise

Des manifestations récentes qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes demandant sa fermeture devant les portes de l’école ont attiré la participation des personnalités comme l’actrice Susan Sarandon, l’acteur Martin Sheen et la sœur Helen Prejean, auteur du livre « Dead Man Walking » devenu un film célèbre avec Sean Penn (La Dernière Marche, de Tim Robbins).

Pour comprendre les dessous du coup d’Etat du 28 juin, il faut savoir que le président Zelaya du Honduras, comme l’a rapporté le National Catholic Reporter dans son article cité plus haut, « était un homme d’affaires qui penchait plutôt à droite quand il a été élu en 2006. Mais il a surpris beaucoup de monde quand il a commencé à desserrer les liens entre le Honduras et les Etats-Unis qui contrôlait le pays à tel point qu’on le surnommait “U.S.S. Honduras”. »

De plus, Zelaya avait augmenté le Smic local de 60 %, ce qui a rendu l’élite économique du pays folle de rage puis s’est « heurté aux multinationales pétrolières et à l’ambassade des États Unis quand il a tenté de réduire le prix du pétrole pour les Honduriens », comme l’a écrit le National Catholic Reporter.

La dernière fois qu’il y a eu un vote au Congrès américain pour stopper le financement de la School of the Americas — en 2007 — sept voix ont manqué pour fermer l’école. Mais lors des élections législatives de 2008, une trentaine de ses supporters ont perdu leurs sièges.

Ainsi, si le président Obama est vraiment sérieux au sujet de son auto-proclamé « nouveau départ » en politique étrangère, rien ne l’empêche du point de vue électoral de fermer immédiatement la School of the Americas. Mais jusqu’ici la Maison-Blanche est muette sur ce sujet.

Pour l’administration américaine, il n’y a pas eu de coup d’Etat au Honduras

Même si Barack Obama a déclaré que le renversement du président Zelaya n’était « pas légal », il l’a fait dans des termes bien moins forts que l’Organisation des États Américains, qui représente les 34 pays indépendants de l’hémisphère.

Qui plus est, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a refusé de le qualifier de « coup d’Etat » ce qui entraînerait automatiquement l’arrêt de toute aide économique et militaire au nouveau régime illégal du Honduras, selon la loi américaine qui régit l’aide aux pays étrangers. Le fait que Zelaya se soit laissé photographier souriant bras-dessus bras-dessous avec Hugo Chavez du Venezuela et Raul Castro de Cuba au sommet des gouvernements de gauche de l’Amérique latine en est sans doute pour quelque chose…

Bakchich

mardi 7 juillet 2009

En hondura no pasa nada, todo tranquilo


PS : Lisez l'article d'Henri Maler pour ACRIMED : Sous-information et désinformation : Loin du Honduras

Répression au Honduras, médias complices


Alors que dimanche, près de 200.000 manifestants s'était rassemblés à Tegucigalpa pour attendre le retour du président Zelaya, l'armée hondurienne au service des putschistes a violemment réprimé les manifestants par des jets de lacrymogènes et des tirs à balles réelles, faisant au moins deux morts officiellement (les organisations syndicales parlent de 6 morts ou plus), des dizaines de blessés dont 6 graves et plus de 800 arrestations. Tous ces faits et chiffres ont été confirmés par les quelques journalistes occidentaux, principalement de CNN (pas spécialement "gauchistes") qui étaient présents sur place.


Pendant ce temps, nos médias qui nous ont pourtant abondamment gavés des images douteuses de la "mort de Neda" à Téhéran dont de nombreux indices tendraient à laisser soupçonner une mise en scène, nos médias, disais-je, préfèrent regarder ailleurs et nous parler jusqu'à l'overdose d'affaires bien plus importantes comme les suites interminables de la mort d'un chanteur à succès ou de celle d'un milliardaire propriétaire d'un club de foot...


HOMMAGE A ISIS OBED MURILLO LÂCHEMENT ASSASSINÉ PAR L'ARMÉE PUTSCHISTE LE DIMANCHE 5 JUILLET 2009 A L'AÉROPORT TONCONTIN DE TEGUCIGALPA.

mercredi 1 juillet 2009

L'Express vole au secours des putschistes


Cela fait longtemps que la lecture de "l'Express" de Christophe Barbier dit "Barbier le servile", quand je m'y risque au détour d'une salle d'attente, me laisse à chaque fois un arrière-gout si pestilentiel que, généralement, je cours illico m'acheter des cachous.

On pensait, après sa couverture complaisante du massacre de Gaza et sa misérable campagne de désinformation sur les élections Iraniennes, que l'Express ne pouvait pas tomber plus bas, étant donné qu'il avait déjà touché le fond. Eh bien nous avions tord, en effet, il creuse encore!

Nous est servi ce jour, sous la plume du dénommé Axel Gyldén, qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière, un modèle de propagande néo-conservatrice de la plus belle facture où le mensonge côtoie la mauvaise foi dans la plus parfaite alacrité.

Ainsi, Gyldén reprend à son compte tous les arguments fallacieux des putschistes sans la moindre analyse critique dont il ne se prive pourtant pas à l'égard du président Zelaya.

Quelques exemples :

-" [Zelaya] est également à l'origine de la crise qui a abouti - provisoirement? - à sa destitution."

En gros, il l'a bien cherché, ce sale gauchiste.

- "Elu en 2005 sur un programme de droite..."

Ce que ne nous dira pas Gyldén, c'est que José Manuel Zelaya à été élu en tant que candidat du parti libéral (centre-droit) d'opposition au parti conservateur du président sortant Maduro (vraiment "de droite", lui, pour le coup), sur un programme prônant la défense des services publics, la lutte contre le chômage et la gratuité de l'enseignement public. Un programme typiquement "de droite", donc, en tout cas selon les critères d'Axel Gyldén.

- "...ce propriétaire terrien a effectué un virage sur l'aile en 2008 en rejoignant le Nicaragua sandiniste de Daniel Ortega et le Cuba des frères Castro au sein du "club" très antiaméricain créé par le Vénézuélien Hugo Chavez: Alternative bolivarienne pour les Amériques (Alba, neuf pays membres)."

Ce qu'oublie de nous dire le journaliste, c'est le pourquoi de ce "virage sur l'aile" :
Suite à la politique de la sourde oreille pratiquée par l'administration Bush face à ses appels à l'aide répétés pour l'aider à mettre en place son programme social, le président Hondurien s'est en effet tourné, en désespoir de cause, vers l'accord "Petrocaribe" et l'Alliance Bolivarienne des Amériques (ALBA), organisations initiées par le président du Vénézuela Hugo Chavez.

Outre l'aspect croquignolet qu'il y a à qualifier d' "antiaméricains" des pays qui sont tous américains, je vous renvoie à Nils Solari dans un article déjà consacré à l'oeuvre du sieur Gyldén :

Ayant emporté dans ses bagages d’envoyé spécial le petit nécessaire de toilette idéologique qui permet de dénoncer comme antiaméricaniste toute critique de la politique des gouvernements états-uniens, Gyldén n’a pas fait le déplacement pour ne pas s’en servir. Le Président du Venezuela, donc, ferait preuve d’un « antiaméricanisme viscéral ». Tellement « viscéral » d’ailleurs que le vocable très informatif d’ « antiaméricanisme » revient trois fois dans le texte. Qu’importe si Chavez ne met en cause que le modèle néolibéral que les gouvernements des USA cherchent à propager partout et par tous les moyens, sans jamais s’en prendre au peuple américain. Deux initiatives récentes montrent, que le gouvernement du Venezuela entend clairement distinguer la politique des Etats-Unis de son peuple :
- la proposition d’étendre la « Misión Milagro » [7], aux américains pauvres, lesquels se sont vus dépourvus de sécurité sociale après sa réduction par le gouvernement Bush ;
- tout comme de nombreux autres pays, le Venezuela a proposé d’apporter de l’aide humanitaire aux Etats-Unis (pour un montant de 5 millions de dollars), afin de faire face aux conséquences de l’ouragan « Katrina » [8].


- "Sur les conseils de son mentor Hugo Chavez, il s'est ensuite placé au-dessus des lois en convoquant, le 28 juin, un référendum qui lui aurait permis de modifier la Constitution afin de se présenter, à la fin de 2009, à sa propre succession. "

Cette affirmation est totalement fausse puisque le référendum (non-contraignant) du 28 juin portait sur l'élection d'une assemblée constituante qui en cas de victoire du "oui" aurait été élue le jour même de la prochaine présidentielle de novembre prochain et que la constitution n’aurait donc pas pu être modifiée avant 2010. José Manuel Zelaya n’aurait donc pas pu être candidat à sa propre succession.
Gyldén nous sert ici mot pour mot la propagande des putschistes.

- "Petit problème: un tel scrutin est inconstitutionnel."

Encore faux, la cour suprême Hondurienne ayant déclaré le référendum "illégal" et pas "inconstitutionnel".
Selon l'article 2 de la constitution Hondurienne : « La souveraineté appartient au Peuple dont émanent tous les pouvoirs de l’Etat exercés par représentation. La Souveraineté du Peuple pourra également s’exercer de manière directe, à travers le plébiscite et le référendum (...). »
Si, comme on le voit, ce référendum est parfaitement constitutionnel, la loi dont s'est servie la cour suprême pour le déclarer "illégal" est une loi votée le 9 juin par le congrès interdisant la tenue d'un référendum à moins de 180 jours du scrutin présidentiel. Une loi soit-disant "constitutionnelle" qui contredit elle-même l'article 2 de la constitution n'est-elle pas, en réalité, inconstitutionnelle ?

- "La Cour suprême, le Congrès, le tribunal suprême électoral, l'Eglise, les médias et l'armée craignaient que Zelaya ne cherchât, comme Chavez, à se perpétuer au pouvoir."

Gylden oublie juste de rajouter le mot "conservateurs" après "les médias". A part cela, cette affirmation est juste puisqu'il n'a pas osé ajouter "le peuple" à sa liste tant il est vrai que celui-ci ne voyait aucun inconvénient à être consulté par un référendum appuyé par 400.000 signatures.
Question :
Pourquoi les référendums seraient-ils dangereux pour la démocratie ?
Réponse :
Sans doute parce que les peuples ont trop tendance à ne pas y répondre de la façon dont M. Gyldén et la rédaction de l'Express le souhaitent (cf. le référendum Européen de 2005).

- "C'est donc paradoxalement afin de défendre l'Etat de droit que la classe politique a pris le risque (lourd de conséquences imprévisibles) de commanditer un pronunciamiento."

Joignons-nous donc à M.Gyldén pour remercier l'héroïque armée Hondurienne d'empêcher le peuple (ce gêneur!) de s'exprimer démocratiquement et manifestons-lui notre infini reconnaissance pour sa courageuse défense de l'état de droit à grands coups de matraque.

En bref, un bien bel article que feu le général Pinochet, ce grand démocrate devant l'Éternel, n'aurait certainement pas renié.

lundi 29 juin 2009

Circulez, y a rien à voir!

Ce jeune Hondurien n'est pas sur Twitter,
d'ailleurs, il n'existe pas
.

Comme de bien entendu, si on se fie aux journaux télévisés de notre cher pays, il ne se passe rien au Honduras.
Après nous avoir bassinés jusqu'à la nausée avec les élections faussement truquées en Iran (dont on sait aujourd'hui ce qu'il en était), nous assistons, éberlués, à leur (quasi)silence alors même qu'un coup d'état militaire se déroule en direct en Amérique Centrale.

Celui-ci non plus

A propos, vous savez pourquoi il n’y a jamais de coup d’état aux USA ?
Parce que c’est le seul pays du monde où l’on ne trouve pas une ambassade américaine.