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mercredi 1 août 2018

Danemark : La gauche manifeste pour défendre le droit des islamistes au port de la burka en arborant des niqabs


Manifestants de gauche, féministes et LGTB se sont rassemblés mercredi au centre de Copenhague pour protester contre une nouvelle loi interdisant les niqabs et les burqas qui est entrée en vigueur aujourd'hui.

Les manifestants ont arboré divers masques, costumes et niqabs, couvrant leurs visages pour protester contre la loi.

Selon la page Facebook de l'événement, la loi sape les valeurs libérales des politiciens danois et discrimine injustement les femmes musulmanes.
(Ruptly)

mercredi 13 juin 2018

Le rappeur Médine est-il islamiste ?


Une question que se posent beaucoup de gens (on m'a reproché de l'avoir qualifié de "pro-djihadiste").
La Chronique Politique apporte quelques éclaircissements sur la question. A vous de juger...

lundi 14 mai 2018

Ambassade US à Jérusalem : Richard Labevière et Richard Abitbol confrontent leur analyse


A l'occasion du 70ème anniversaire de la proclamation de l'Etat d'Israël, l'ambassade US est inaugurée à Jérusalem, sur fond de violences. Pour RT France, Richard Labevière et Richard Abitbol confrontent leur analyse de la situation au Proche-Orient.

jeudi 19 octobre 2017

Chute de Raqqa, la fin de Daech ?

Le Clash avec Rachel Marsden 

Raqqa ! Raqqa outragé ! Raqqa brisé ! Raqqa martyrisé ! Mais Raqqa libéré ! La capitale de Daech a finalement été libérée à la mi-octobre par les Forces Démocratiques syriennes, milice arabo-kurde soutenues par les États-Unis. Le « califat » ne règne plus que sur un espace désertique de 15.000 km2, à cheval sur la frontière irako-syrienne. L’éradication annoncée de son territoire et de ses combattants va-t-elle déboucher sur un retour aux frontières d’avant la guerre ? 

Invités: Jean-Pierre Duthion est consultant media, et a été expatrié français en Syrie pendant dix ans, où il a notamment été emprisonné. Christian Chesnot est journaliste à France Inter et spécialiste du Moyen-Orient.

dimanche 15 octobre 2017

Natacha Polony face à Glucksmann sur l'interview de Macron, H.Weintein, B.Cantat et l'islam


l'affaire Harvey Weintein aux Etats Unis, l'exposition de Bertrand Cantat en couverture des Inrocks, l'interview ce soir du Président de la République

Le Grand Face à Face 15/10/2017 Ali Baddou, Natacha Polony et Raphaël Glucksmann

dimanche 1 octobre 2017

L'islam dévoilé - conférence d'Odon Lafontaine (Olaf)


L'islam est aujourd'hui dévoilé sous toutes les coutures : - Par la recherche historique qui dévoile ses origines réelles - Par les convulsions géopolitiques du Proche Orient, par les actes des musulmans eux-mêmes qui dévoilent les fruits de l'islam et sa violence intrinsèque - Par son histoire commune avec l'Occident, depuis plus de 2 siècles - chute du califat, recomposition salafiste, bouillonnement politique, incapacité à "vivre ensemble" avec l'Occident des Lumières... - qui dévoile la nature idéologique de l'islam - Par l'immense mouvement d'apostasie de millions de musulmans, sans précédent dans l'histoire, qui dévoile l'échec de l'islam à satisfaire les aspirations des hommes

Conférence du 18 septembre 2017, donnée au Cercle de l'Aréopage - https://www.cercleareopage.org/

jeudi 29 juin 2017

Le clivage sunnite-chiite est-il toujours pertinent au Moyen-Orient ?


Le Clash avec Rachel Marsden

La récente rupture diplomatique entre le Qatar et les pays du Golfe ne suit pas la logique traditionnelle du clivage religieux entre les sunnites et les chiites. Ryad affiche à nouveau sa grande proximité avec Washington tandis que la Turquie et le Qatar s’alignent progressivement sur les positions de Téhéran. Est-ce le début d’un effacement de ce clivage qui se dirigerait vers la recomposition des rapports de force dans la région?

INVITES:
Thomas Flichy de la Neuville est professeur à l’École Spéciale Militaire de Saint-Cyr.
François Costantini est professeur associé à l'université Saint-Joseph de Beyrouth.
Alexandre del Valle est géopolitologue et essayiste. Il est l’auteur de l’ouvrage Les vrais ennemis de l'Occident : du rejet de la Russie à l'islamisation de nos sociétés ouvertes aux Editions du Toucan.

mercredi 12 avril 2017

Analyse de Bassam Tahhan sur les attaques contre les coptes d'Egypte


Analyse de Bassam Tahhan, spécialiste du Moyen-Orient et de la Syrie, interviewé par Frédéric Saillot le 11 avril 2017, pour Eurasie Express


dimanche 29 janvier 2017

La liste des 7 pays "musulmans" dont l’accès aux US est suspendu a été établie par... Obama



La liste de 7 pays du Moyen-Orient dont les visas seront suspendus pendant 90 jours n'a pas été établie par l'administration Trump, mais par celle d'Obama.

Selon le projet de copie de l' ordre exécutif de Trump , la liste des pays dont les citoyens sont exclus entièrement d'entrer aux États-Unis est fondée sur un projet de loi bi-partisan dont Obama a signé la loi en Décembre 2015.

Obama a signé le "Visa Waiver Program Improvement and Terrorist Travel Prevention Act" dans le cadre d'un projet de loi sur les dépenses fédérales. La loi restreint l' accès au programme d'exemption de visa, qui permet aux citoyens de 38 pays qui sont en visite aux États-Unis pour moins de 90 jours d'entrer sans visa.

Bien que des groupes tels que l'American Civil Liberties Union et action NIAC - l'organisation sœur du National Iranian American Council - se sont opposés à la loi, le projet de loi bipartite a été adopté par le Congrès avec peu de résistance.

Lors de la signature initiale des restrictions, les personnes étrangères qui seraient normalement considérées comme admissibles à une exemption de visa ont été rejetées si elles avaient visité l'Iran, la Syrie, le Soudan ou l'Irak au cours des cinq dernières années ou détenu la double citoyenneté de l'un de ces pays.

En Février 2016, l'administration Obama a ajouté la Libye, la Somalie et le Yémen à la liste des pays qu'on ne pouvait pas visiter - mais a permis a deux citoyens de ces pays qui n'avaient pas voyagé vers ces destinations l' accès au programme d'exemption de visa. Les citoyens avec la double nationalité de Syrie, du Soudan, d' Irak et d' Iran sont cependant toujours inadmissibles.

Donc, en un mot, Obama a restreint l'exemption de visa pour ces sept pays à majorité musulmane - l'Iran, l'Irak, la Syrie, le Soudan, la Somalie, la Libye et le Yémen - et Trump a repris la même liste de pays pour sa suspension de visas temporaire.

Ces restrictions avaient été une réponse de l'administration Obama à la fusillade de San Bernardino et aux attaques de Paris. Il est clair que la décision de Trump est bien plus restrictive en soi pour les ressortissants de ces pays mais il est malhonnête d'affirmer comme le font les médias que Trump a établi une liste de "pays musulmans" par "islamophobie", alors que cette liste émane en réalité de l'administration précédente et qu'ils ne l'avait jamais jugée islamophobe avant que Trump ne s'en empare.

Source

mercredi 2 novembre 2016

L'influence de l'Arabie saoudite par Pierre Conesa


Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense, auteur de Dr Saoud et Mr Jihad, la diplomatie religieuse de l'Arabie Saoudite (Robert Laffont)

vendredi 29 avril 2016

Les recettes de Z Big pour maintenir l'hégémonie impériale US


Le politologue américain célèbre, Zbigniew Brzezinski, a épouvanté l’humanité une fois de plus en disant que «la fin du rôle global de l’Amérique […] serait très probablement le chaos mondial». Pour éviter cela, le partisan de l’hégémonie américaine des États-Unis a suggéré un réalignement mondial. C’est le nom de son article dans la revue The American Interest. Alors, quel est l’intérêt américain selon Brzezinski ?

Pour résumer brièvement le contenu de l’article de Brzezinski, cela se ramène à deux thèses:

1) Les États-Unis ne sont plus une puissance impériale mondiale.

2) L’effondrement de l’hégémonie impériale des États-Unis entraînera probablement le chaos.

Pour permettre aux États-Unis de maintenir leur pouvoir, Brzezinski propose plusieurs recettes :

a) Faire œuvrer les principaux rivaux géopolitiques de l’Amérique – la Russie et la Chine – pour les intérêts américains en utilisant la crise au Moyen-Orient, qui est supposée représenter une source de menaces commune aux trois pouvoirs. «L'Amérique ne peut être efficace dans le traitement de la violence actuelle au Moyen-Orient que si elle forge une coalition qui implique, à des degrés divers, la Russie et la Chine.» [...] «La perspective politique de la Chine dans un proche avenir est de devenir le principal partenaire de l'Amérique pour contenir le chaos mondial, du genre de celui qui se répand à partir du Moyen-Orient – y compris vers le nord-est. Si ce dernier n'est pas empêché, il contaminera la Russie méridionale et ses territoires de l'Est, ainsi que les parties occidentales de la Chine.»

b) Faire travailler le monde islamique pour les intérêts américains. Pour ce faire, Brzezinski rappelle une fois de plus sa doctrine du réveil démocratique mondial, qui justifie la participation des États-Unis dans les Printemps arabes. L’essentiel est simple : utiliser les forces anti-américaines pour renforcer la domination par différents mécanismes d’influence directe et d’infiltration. Brzezinski déclare qu’une attention particulière devrait être portée aux masses du monde non occidental nouvellement éveillées à la politique, et cela ne peut se comprendre que dans le contexte de sa théorie de l’éveil démocratique mondial. L’émergence d’ISIS dans le monde islamique – et avant cela les révolutions de couleur des Frères musulmans – peut être considérée comme l’application pratique de cette stratégie particulière. Étrangement, ces forces créent des problèmes à tout le monde, sauf aux États-Unis.

c) Maintenir la présence militaire américaine au Moyen-Orient par tous les moyens. Le texte indique que c’est crucial pour les États-Unis, le retrait signera immédiatement l’effondrement de l’hégémonie américaine : «Un retrait complet des États-Unis du monde musulman, favorisé par les isolationnistes américains, pourrait donner lieu à de nouvelles guerres (par exemple, Israël contre l'Iran, l'Arabie saoudite contre l'Iran, une intervention égyptienne majeure en Libye) et générerait une crise de confiance encore plus profonde pour le rôle stabilisateur de l'Amérique dans le monde. De façon différente, mais radicalement imprévisible, la Russie et la Chine pourraient être les bénéficiaires géopolitiques d'un tel développement, alors même que c'est l'ordre mondial lui-même qui sera la victime géopolitique immédiate. Last but not least, dans de telles circonstances, une Europe craintive et divisée verrait ses états membres actuels chercher des parrains et se concurrencer les uns les autres, dans des arrangements distincts avec les trois grandes puissances.»

En d’autres termes, Brzezinski propose la stratégie suivante, où le Moyen-Orient joue un rôle clé :

1. Fomenter le chaos et la guerre dans la région, en se fondant sur la force du réveil démocratique mondial.

2. Déclarer la guerre au terrorisme et en transférer la charge sur la Russie et la Chine, en les attirant dans un conflit sans espoir dans la région.

3. Maintenir ou même augmenter sa présence militaire sous le prétexte de préserver la stabilité au Moyen-Orient.

Bien sûr, tout cela est masqué par les thèses de la lutte contre le terrorisme et l’attention accordée à la souffrance des musulmans et des habitants du Tiers-Monde en général, en invitant à participer les principaux acteurs de la crise sur l’échiquier moyen-oriental de l’Eurasie – la Russie, la Chine, l’Iran, la Turquie, Israël, l’Égypte, l’Europe, et l’Arabie saoudite. Le prétexte est qu’ils sont tous intéressés à la résolution du conflit, mais en fait, cela ne fera que conduire à des conflits d’intérêts et augmentera le chaos.

«La menace globale du terrorisme islamique» n’est pas une menace en elle-même. Les États-Unis n’ont été gravement touchés par l’islamisme qu’une seule fois dans leur histoire, le 11 septembre 2001. Aux États-Unis, les musulmans représentent environ 1% de tous les citoyens, par opposition aux populations musulmanes de plusieurs millions en Russie et en Chine. Et contrairement à ces deux pays, il n’y a aucune région aux États-Unis où la menace islamiste du séparatisme peut émerger.

Les États-Unis sont séparés de la région du conflit par l’océan Atlantique. Ainsi, ils peuvent se permettre de jouer sur deux tableaux à la fois – soutenir secrètement les extrémistes et combattre le terrorisme, entraînant la Russie et la Chine dans le conflit, affaiblissant aussi, par la suite, le monde islamique.

L’Amérique espère utiliser les extrémistes islamiques, qu’elle a formés et équipés, pour réengager la Russie dans son orbite – probablement après Poutine. Ainsi c’est la menace de l’islamisme qui sera utilisée pour enrôler la Russie dans un système centré sur l’Amérique. Brzezinski a ouvertement déclaré que cette stratégie pro-occidentale repose sur le nationalisme russe, ou sur la transition de l’expansionnisme impérial de l’idéologie byzantine en Russie vers la notion d’une bourgeoisie nationale russe, du type des États européens, dans le cadre du monde occidental : «Le propre avenir de la Russie dépend de sa capacité à devenir un État-nation important et influent faisant partie d'une Europe unifiée.»

Il est significatif que Brzezinski, selon la tradition géopolitique classique, considère la Russie comme l’ennemi principal des États-Unis et non pas la Chine : «Et voilà pourquoi il incombe aux États-Unis de façonner une politique dans laquelle au moins l'un des deux États potentiellement menaçants devient un partenaire pour la recherche de la stabilité régionale puis mondiale, et donc en contenant le rival le moins prévisible, mais potentiellement le plus susceptible d'aller trop loin. Actuellement, le plus probable est la Russie, mais à plus long terme, ce pourrait être la Chine.» (...)

Lire la suite : Le Saker Francophone

vendredi 25 mars 2016

Pierre-Emmanuel Barré : "C'est la gueeeeerre !"


Aujourd'hui, Pierre-Emmanuel Barré revient sur la psychose post attentats à Bruxelles, et la suspicion qui pèse sur tous les musulmans...


mercredi 25 février 2015

"Difficile d’être prophète", une conférence d'Emmanuel Todd


Une conférence d'Emmanuel Todd, le 11 décembre 2014, intitulée "Difficile d’être prophète" où il nous raconte comment son attirance pour une jeune étudiante hongroise l'a conduit à écrire son premier ouvrage "La chute finale" dans lequel il prédisait, en 1976, la désintégration de la sphère soviétique. On y apprend également comment il s'est retrouvé considéré à tort comme le spin-doctor de Chirac en 95, comment il est devenu le conseiller financier de Georges Soros et lui a fait perdre une fortune et plein d'autres anecdotes marrantes...
Il aborde ensuite les grands sujets d'actualité comme l'Ukraine (à partir d'1h05' environ), qu'il considère comme un "état désintégré dont la seule chose que le gouvernement peut faire, c'est la guerre, parce que c'est plus facile de faire la guerre que de redresser l'économie".


Conférence "difficile d'être prophète" à Montluçon le 11.12.2014
Bonus :

Conférence sur l'anthropologie à Montluçon le 11 décembre 2014 (juste avant l'autre)

mardi 20 janvier 2015

Mensonge des médias : la manifestation de Grozny n'était pas anti-Charlie!

REUTERS/Eduard Korniyenko
Contrairement a ce que racontent les médias français (bis), la manifestation de Grozny qui a rassemblé près d'un million de tchétchènes n'était pas dirigée contre la France ni même contre "Charlie", aucune banderole anti-Charlie n'y était visible et personne n'y a brulé de drapeau français. C'était au contraire une manifestation pour défendre les valeurs de l'Islam et contre la violence et le terrorisme, dont les médias oublient bien entendu de rappeler que la Tchétchénie est victime, tout comme la France...


Reportage de RT France rétablissant la vérité sur l'évènement

De nombreuses photos de la manifestation sont disponibles, aucun slogan anti-Charlie n'y apparait jamais.
En quoi afficher :"I love my prophet Muhammad" est-il "anti-Charlie" ?

jeudi 8 janvier 2015

Attentat à Charlie Hebdo : la réaction de Jean Bricmont



Jean Bricmont (physicien et essayiste belge) s'est exprimé sur l'attentat contre Charlie Hebdo, les racines du terrorisme, Eric Zemmour et Dieudonné. Paris, mercredi 7 janvier 2015.
Journaliste : independenza webtv.

mardi 28 août 2012

Comprendre la situation en Syrie : Interview de Bassam Tahhan



Interview de Bassam Tahhan. 30mn d'utilité publique, afin de mieux comprendre la situation actuelle en Syrie. Bassam Tahhan, franco-syrien, nous explique les tenants et les aboutissants du conflit qui ensanglante actuellement la Syrie.

Source :

samedi 30 juillet 2011

«Le Front national est un front antinational»


L’historien Emmanuel Todd répond à Marine Le Pen qui avait déclaré partager certaines de ses thèses et estime que le FN, en stigmatisant les Français musulmans, porte atteinte à la cohésion de la nation :

Voilà que Marine Le Pen se réfère à vos analyses. Comment réagissez-vous?
Cela m’amuse et m’intéresse, car, dans le débat public français, je suis celui qui a défendu avec le plus de constance, depuis vingt ans, la place des immigrés et de leurs enfants dans la société française. D’ailleurs, au moment même où Marine Le Pen me faisait ces appels du pied, j’ai donné un entretien au site Oumma.com (1), qui a été un énorme succès d’audience. Non pas que je défende un point de vue qui soit très acceptable pour les organisations islamiques, puisque je pointe par exemple la faible pratique religieuse des musulmans de France, ce qui les rapproche des catholiques. Mais ma démonstration consiste justement à souligner que, précisément parce qu’ils se comportent comme des catholiques et qu’ils sont profondément laïcisés, les musulmans de France sont des Français ordinaires. Et, dès lors que les musulmans ne posent pas de problème spécifique à la société française, leur désignation, explicite ou implicite, comme non Français doit être considérée comme une attaque contre la cohésion de la communauté nationale. Le Front national est un front antinational : voilà ce que j’affirme, y compris sur Oumma.com, ce qui rend tout de même assez cocasses les références de Marine Le Pen à mes travaux.
Selon la présidente du Front national, ce qui vous rapproche d’elle, c’est le plaidoyer en faveur de mesures protectionnistes…
C’est qu’elle fait semblant de ne rien comprendre à ma démarche. Il ne s’agit nullement d’un protectionnisme français, mais bien d’instaurer au niveau européen des instruments de régulation des échanges commerciaux, ce qui, par définition, dépasse le cadre national. Protectionnisme européen et défense d’une nation qui intègre sa population musulmane, voilà deux axes radicalement antixénophobes, qui définissent un projet à l’opposé de celui du FN.
Il n’empêche qu’elle vous a cité. N’est-il pas de la responsabilité d’un intellectuel de veiller à ne pas être récupéré par le Front national?

Pour moi, la vraie question est plutôt : pourquoi Marine Le Pen cherche-t-elle à se revendiquer de moi, alors que je suis en situation de choc frontal avec elle ? Je crois qu’il ne s’agit pas de récupération, mais de neutralisation. On assiste actuellement à l’émergence d’une gauche, autour d’Arnaud Montebourg autant que de Jean-Luc Mélenchon, opérant la synthèse entre le projet économique protectionniste et l’idéal républicain compris dans son véritable sens, c’est-à-dire intégrant les immigrés et leurs enfants à la nation. Fin juin, l’Association pour un débat sur le libre-échange, à laquelle j’appartiens, a fait réaliser par l’Ifop, à ses frais, un sondage qui montre que 80% des Français sont favorables à un protectionnisme européen et 57% à un protectionnisme national si les autres pays européens ne font rien. Cela nous a valu les plus vives critiques de la part des libre-échangistes. On nous a fait passer pour des crétins protectionnistes en nous assimilant au FN. Aujourd’hui, c’est Marine Le Pen qui prend le relais. Pourquoi ? Parce que le FN, qui se targue, à tort, de défendre des intérêts de la classe ouvrière, se sent menacé par l’apparition de cette nouvelle gauche. Ce qui se dévoile par cet épisode, c’est combien FN et libre-échangistes forment un système où chacun a besoin de l’autre.
Un protectionnisme européen vous semble-t-il possible?

L’accélération de la crise des dettes souveraines nous indique que nous n’aurons pas le temps de mettre en place le protectionnisme européen avant l’explosion de l’euro. Je le regrette, car j’avais voté pour le traité constitutionnel européen et je continue de croire que c’est à l’échelle européenne que nous devons construire des protections. Accepter la sortie de l’euro, ça n’est pas être antieuropéen, c’est seulement faire cesser l’acharnement thérapeutique sur une monnaie dont la classe dirigeante sait qu’elle est condamnée. Sur ce point, je donne raison à l’économiste Jacques Sapir, qui estime depuis plusieurs mois que la France doit désormais agir seule (2). Cela n’obère nullement la perspective d’un protectionnisme européen, au contraire. Car la sortie de l’euro contraindra l’Allemagne à changer d’attitude, et tout le monde constatera que le seul horizon, c’est d’instaurer des mesures communes de régulation des importations. Tel serait pour moi le contenu d’une véritable Europe. Et l’on pourra alors, si l’on veut, reconstruire une vraie monnaie unique, qui ne soit plus sous souveraineté allemande, comme aujourd’hui, mais un véritable bien commun.
Le FN est-il en train d’évoluer vers une droite républicaine un peu musclée, comme le disent certains commentaires?

Je crois que l’on assiste à la tendance exactement inverse. Le FN version Jean-Marie Le Pen avait quelque chose de folklorique, puisque son programme alliait la stigmatisation des immigrés et le libéralisme économique (dénonciation du «fiscalisme», des fonctionnaires, etc.). A partir du moment où il associe xénophobie et étatisme, il se rapproche des fascismes d’avant-guerre. Il était national et libéral, le voici national et social, et c’est pour ça que, lors de la présentation du sondage sur le protectionnisme, j’ai spontanément établi une comparaison entre le FN et le nazisme. Cela dit, il y a des choses qui bougent et, en tant qu’historien du présent, j’essaie de comprendre ce qui se passe, sans partir du principe que je comprends tout ce qui se passe - ce qui me distingue de certains. Je constate que, d’un côté, le FN est dans le système, mais que, de l’autre, il possède une potentialité «hors système» qui peut être très dangereuse - d’autant plus dangereuse qu’elle converge avec des tendances fascisantes à l’intérieur même de l’UMP. En 1932, le parti nazi était de la même façon hors et dans le système. Nous n’en sommes pas là, mais il faut agir avec à l’esprit tous les scénarios, dont celui du pire.
Des tendances fascisantes à l’UMP?

Pour moi, aujourd’hui, le danger vient moins du FN que de l’émergence, dans la droite dite classique, de tendances protofascistes, comme les historiens parlent de proto-industrie. Depuis quatre ans, l’impulsion des campagnes anti-immigrés, antiRoms et anti-islam a été donnée par le gouvernement. Les thématiques ethnique et autoritaire, c’est bien le sarkozysme qui les a portées. La stratégie, si caractéristique du fascisme, consistant à dire une chose et son contraire - par exemple, à se dire de gauche et de droite à la fois, ou à mélanger le social et le national - existe certes au FN, mais encore plus dans les discours écrits par Henri Guaino, où Nicolas Sarkozy en appelle aux figures historiques de la gauche au moment même où il confère des avantages fiscaux aux plus riches. Aujourd’hui, il délègue à Claude Guéant la charge de faire des «clins d’œil» à l’électorat frontiste. Pourquoi soupçonner toujours les gens de cynisme ? Peut-être est-il sincère, peut-être est-il d’extrême droite.
Le PS est-il en mesure d’éviter que la campagne de 2012 ne se focalise à nouveau sur la triade sécurité-identité nationale-immigration?
Le Parti socialiste représente la vieille culture raisonnable de la France. Ce sont des gens polis, qui continuent de penser que, si l’on ne fait pas trop de vagues, «ça va passer». L’idée de la présidence normale est symptomatique : au fond, il suffirait de gérer les affaires de l’Etat de façon raisonnable pour se poser en alternative à la montée de folie et de violence qui caractérise les droites. J’aimerais que cela soit vrai, et les sondages d’opinion, où Sarkozy apparaît comme profondément méprisé par les Français, semblent indiquer que cela peut suffire. Mais quand bien même l’Elysée reviendrait à François Hollande ou Martine Aubry, une présidence normale n’est pas ce dont la France a besoin pour une période anormale. Il lui faut une gauche capable d’affronter un capitalisme de plus en plus inégalitaire et de plus en plus violent. Une gauche qui rende coup pour coup, qui ne fasse pas comme si tout était normal, justement. Qui désigne les adversaires de classe : les ultrariches. La gauche ne doit pas avoir peur de les taxer, de mettre en place un protectionnisme européenne, de prendre le contrôle de la gestion des banques. Elle doit parler en maître à la nouvelle aristocratie financière - le mot est de Lionel Jospin, je vous le rappelle. Et c’est là que l’escroquerie de Marine Le Pen sera dévoilée. Le FN fait semblant d’avoir deux adversaires : les immigrés et l’establishment, mais la réalité est que la dénonciation des immigrés lui permet de garder le plus grand flou sur ce fameux establishment qu’elle prétend combattre. Si je devais résumer d’une seule formule ma pensée, je dirais ceci : en triant les Français selon leurs origines, le Front national divise les classes populaires et protège l’oligarchie financière.
(1) Site internet sur l’islam en France.
(2) Auteur de «la Démondialisation», Seuil.

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