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jeudi 18 janvier 2024
mardi 24 octobre 2023
mercredi 27 juillet 2022
De plus en plus fort : La «liste noire» de Zelensky des personnes à arrêter pour «mauvaise pensée» dont Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Eric Zemmour et Florian Philippot!
Le 14 juillet, le gouvernement ukrainien a publié une liste noire d'individus qu'il juge être "favorables à la propagande russe" - y compris un certain nombre de personnalités politiques et d'intellectuels français de premier plan.
La liste comprend ainsi les ex-candidats à la présidentielle Nicolas Dupont-Aignan, Marine Le Pen, Eric Zemmour et Jacques Cheminade, le président des patriotes Florian Philippot, l'ancien député du Vaucluse Thierry Mariani, les députés européens RN Jean-Lin Lacapelle, Hervé Juvin et Nicolas Bay, Alain Corvez, ancien conseiller du ministère de la Défense, Eric Dénécé, politologue et directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, Jacques Baud, ancien colonel de l'armée suisse, analyste stratégique, spécialiste du renseignement et du terrorisme, Olivier Dujardin, chercheur spécialiste des systèmes radar et de la guerre électronique.
Par ailleurs, on y trouve Kim Dotcom, et parmi les américains le sénateur républicain Rand Paul, l'ancienne députée démocrate Tulsi Gabbard, l'analyste militaire et géopolitique Edward N. Luttwak, le politologue John Mearsheimer et le journaliste hétérodoxe Glenn Greenwald (prix Pulitzer), entre autres.
Le « Centre de lutte contre la désinformation », créé en 2021 sous Volodymyr Zelensky et dirigé par l'ancienne avocate Polina Lyssenko , siège au sein du Conseil national de sécurité et de défense d'Ukraine . Son objectif déclaré est de détecter et de contrer la « propagande » et la « désinformation destructrice » et d'empêcher la « manipulation de l'opinion publique ».
La liste n'explique pas quelles sont les conséquences pour toute personne mentionnée.
Les critères exacts d'inclusion ne sont pas non plus clairs, bien qu'à côté de chaque nom, le rapport énumère les opinions «pro-russes» que l'individu promeut. Par exemple, l'infraction d'Edward Luttwak a été de suggérer que « des référendums devraient avoir lieu dans les régions de Donetsk et Louhansk » ; La violation de Mearsheimer est enregistrée alors qu'il disait que "l'OTAN est en Ukraine depuis 2014" et que "l'OTAN a provoqué Poutine".
Lors de la diffusion de "Tucker Carlson Tonight" de Fox News le 25 juillet, le célèbre présentateur s'est penché sur la liste noire du gouvernement ukrainien désignant de nombreux Américains comme étant pro-russes, y compris l'éminent journaliste Glenn Greenwald qui est apparu dans l'émission de Carlson pour discuter des efforts du président ukrainien Volodymyr Zelensky pour calomnier ses détracteurs. Carlson a brièvement mentionné le zèle que l'administration Biden a déployé pour protéger la soi-disant «démocratie» de l'Ukraine, malgré le fait que l'Ukraine n'est pas du tout une démocratie.
Les intellectuels concernés ont été surpris et inquiets d'être ainsi inscrits sur une liste noire du gouvernement ukrainien.
Le politologue américain et expert en relations internationales John Mearsheimer a notamment déclaré à quel point il était inquiet d'être ainsi étiqueté :
«Quand j'étais un jeune garçon, ma mère m'a appris que lorsque les autres ne peuvent pas combattre vos arguments avec des faits et de la logique, ils vous salissent. C'est ce qui se passe ici.«Je soutiens qu'il ressort clairement des preuves disponibles que la Russie a envahi l'Ukraine parce que les États-Unis et leurs alliés européens étaient déterminés à faire de l'Ukraine un rempart occidental à la frontière russe, ce que Moscou considérait comme une menace existentielle. Les Ukrainiens rejettent mon argument et blâment à la place Vladimir Poutine, qui aurait voulu conquérir l'Ukraine et l'intégrer à une plus grande Russie."Mais il n'y a aucune preuve dans les archives publiques pour étayer cette affirmation, ce qui crée de réels problèmes à la fois pour Kiev et pour l'Occident. Alors comment me traitent-ils ? La réponse est bien sûr de me qualifier de propagandiste russe, ce que je ne suis pas.
Le journaliste hétérodoxe Glenn Greenwald a également rejeté le fait d'être qualifié de propagandiste russe, déclarant qu'il s'agissait d'une « idiotie maccarthyste standard » :
« Les partisans de la guerre en Occident et d'autres fonctionnaires des agences d'État de sécurité occidentales ont utilisé les mêmes tactiques pendant des décennies pour diaboliser quiconque remettait en question la politique étrangère des États-Unis et de l'OTAN. Le principal d'entre eux, remontant au début de la guerre froide, accusait déjà tous les dissidents de répandre la "propagande russe" ou de servir simplement le Kremlin. C'est la même tactique venant des Ukrainiens : juste une idiotie maccarthyste standard.« Les Ukrainiens ont le droit absolu de poursuivre la politique de guerre qu'ils veulent. Mais quand ils commencent à exiger que mon pays et mon gouvernement utilisent ses ressources pour alimenter leur effort de guerre, alors moi, avec tous les autres Américains, j'ai le droit absolu de remettre en question cette politique ou de souligner ses dangers et ses risques. Je ne me soucie pas du tout des tentatives de l'Ukraine de mettre fin au débat dans notre pays en salissant les journalistes et les politiciens qui remettent en question la politique des États-Unis et de l'OTAN comme étant des propagandistes russes. Cette tactique est aussi insignifiante qu'elle est bon marché, vulgaire et discréditée.
Le gouvernement ukrainien a été approché pour commentaires mais n'a jusqu'ici pas donné suite aux questions.
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mercredi 26 février 2020
vendredi 31 mai 2019
Idlib, la dernière grande bataille en Syrie ?
Alors que les forces gouvernementales syriennes assiègent le dernier bastion des insurgés d'Idlib dans le nord-ouest de la Syrie, le département d’état américain accuse à nouveau le président Bachar al Assad d’utiliser des armes chimiques. Washington a déclaré également que le gouvernement syrien violait un cessez-le-feu dans la région d'Idlib. Retour sur cette bataille d'Idlib avec le colonel Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL), et ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères.
samedi 11 mai 2019
Alain Corvez : "Une guerre contre l'Iran est impossible"
Entretien du 11/5/2019 avec Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale : «Il y a dans le déploiement américain énormément de communication»
vendredi 19 avril 2019
Implication «humanitaire» de la France au Yémen : le «summum des mensonges» selon Alain Corvez
Entretien du 18/4/2019 avec Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale. Invité sur le plateau de RT France, il réagit à de Florence Parly qui répète que les armes françaises «ne sont pas utilisées de façon offensive au Yémen». Cette information avait été démentie par les révélations de l'ONG Disclose.
mercredi 13 juin 2018
Sommet de Singapour : «Il est anormal et dangereux qu’une seule puissance dicte sa loi au monde» + [MàJ : Itw TVL sur l'Iran]
Entretien du 12/06/2018 avec Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale. Après le sommet entre Pyongyang et Washington, Alain Corvez estime que Kim Jong-un est parvenu à imposer ses conditions et que la dénucléarisation ne se fera qu'au prix de concessions américaines.
[MàJ : 18H30]
Qu'il s'agisse de la guerre en Syrie ou des accords sur le nucléaire, l'Iran est au cœur de l'actualité internationale. A peine rentré d'un voyage dans la nation perse, le colonel Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale et ancien conseiller aux ministères de l'Intérieur et de la Défense, nous livre un décryptage implacable : la France n'a aucun intérêt à voir l'Iran mise au ban du monde.
samedi 26 mai 2018
Alain Corvez : «C'est Kim Jong-un qui a amené Trump à négocier, et pas l'inverse»
Entretien du 26/05/2018 avec Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale. Réagissant à l'annonce de Donald Trump de peut-être revenir sur sa décision d'annuler sa rencontre avec Kim Jong-un, Alain Corvez analyse sur la plateau de RT France la situation dans la péninsule coréenne, et les coups diplomatiques du dirigeant nord-coréen. Il évoque l'ambition de rapprochement entre les deux Corées et le «fin doigté» de Kim en ce qui concerne sa force de dissuasion nucléaire.
dimanche 20 mai 2018
Corvez et Cheminade décryptent "le logiciel néo-conservateur de Macron"
Face à une situation internationale qui ne cesse de s’aggraver, suite aux frappes occidentales contre la Syrie, à la volonté de Trump et des ses alliés israéliens et saoudiens de faire la guerre à l’Iran, et à la tentation occidentale de déclarer la guerre à la Russie et à la Chine pour défendre leur suprématie, Jacques Cheminade et Alain Corvez ont décidé d’échanger pour présenter une vision d’avenir pouvant créer les conditions de la paix.
Comment Macron, May, Merkel, Trump, pourraient-ils défendre la paix, prisonniers qu’ils sont du logiciel néo-conservateur et géopolitique de la guerre ? C’est tout le dilemme que posent ces deux gaullistes dans cette vidéo tournée le lundi 7 mai 2018.
Intervenants :
Jacques Cheminade, ancien candidat présidentiel
Alain Corvez, consultant en stratégie internationale
jeudi 17 mai 2018
[Gazage en Syrie 4/5] – L’intervention héroïque de la Coalition
Voir aussi :
Syrie, mensonges et crimes d'état avec Richard Labévière : LIEN
Alain Corvez : "Cette guerre est voulue par les occidentaux pour masquer leurs échecs stratégiques" : LIEN
La réalité du conflit syrien expliquée à JJ Bourdin par Caroline Galactéros, spécialiste en géopolotique : LIEN
PIERRE LE CORF EST-IL MEDIUM ? : LIEN
Pourquoi ceux qui pleurent sur les 'rebelles' de la Ghouta se fichent-ils de cette jeune fille ? : LIEN
vendredi 13 avril 2018
Alain Corvez : "Cette guerre est voulue par les occidentaux pour masquer leurs échecs stratégiques"
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| Les médias américains affichent clairement l'objectif (capture d'écran CBS) |
Entretien du 13/04/2018 avec Alain Corvez. L'ex-conseiller en relations internationales au ministère français des Affaires étrangères estime que les Occidentaux, en échec, optent pour la politique du pire en Syrie. Mais pour cela, ils doivent, selon lui, manipuler leur opinion publique.
mardi 27 mars 2018
Affaire Skripal : «Les pays occidentaux sont au service de la stratégie américaine» dénonce Alain Corvez
Entretien du 27/03/2018 avec Alain Corvez, conseiller en stratégie internationale. Le militaire répond aux questions de RT France à l’heure où l’Occident semble déployer un front quasi-uni, expulsant plus de cent diplomates russes. «Des peuples commencent à s’éveiller et se rendent compte qu’ils ne sont plus libres», estime en outre le colonel Corvez.
Plus d'infos :
May - Poutine, l'affaire du poison avec Alain Corvez et Alain Juillet (ex-DGSE)
dimanche 18 mars 2018
May - Poutine, l'affaire du poison avec Alain Corvez et Alain Juillet (ex-DGSE)
Sommes-nous à l'aube d'une nouvelle guerre froide ?
Le colonel Alain Corvez, consultant en stratégie internationale, ancien conseiller du Général commandant la Force des Nations Unies au Sud Liban et Alain Juillet, ancien patron de la DGSE nous livrent leur lecture de la situation.
L'Hebdo Politique
lundi 17 mars 2014
La crise ukrainienne révèle l’impuissance de l’UE et son alignement absurde sur la vision américaine de l’Europe.
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| L'inénarrable BHL haranguant des nazis |
Par Alain Corvez
Date de parution: 11/3/2014
L’appréciation des évènements d’Ukraine par les occidentaux et leurs médias montre à l’évidence une inversion des valeurs du droit international qui atteint une dimension proche de l’absurde. Et l’ensemble des moyens de communication accompagne unilatéralement cette dangereuse perversion, seuls quelques rares organes semblant prendre un peu de recul face à une unique et paradoxale présentation de la vérité.
La terminologie «Occident», désigne les Etats-Unis d’Amérique, grande puissance souveraine, fière et sûre de représenter les valeurs universelles de la liberté dont la statue illumine le monde à l’entrée de New York, première force militaire du moment, qui définit ses intérêts planétaires et les défend avec âpreté, et ses alliés européens qu’elle a poussés à s’unir dans une organisation technocratique afin que cette Europe de l’Ouest ne constitue qu’un glacis apolitique protecteur, uniquement préoccupé d’organiser le commerce libre et sans frontières ouvert aux capitaux prédateurs de la finance internationale, initialement contre le monde soviétique et désormais contre la Russie dont elle ne cesse de saper les appuis pour l’empêcher de redevenir une grande puissance et qui est déjà sa rivale. Cette Union Européenne qui n’en finit pas de mourir d’impuissance politique, simultanément à des échecs économiques dramatiques, est désormais rejetée par la majorité des habitants du continent qui ont fini par voir en elle la source de leurs malheurs, d’autant plus que la bureaucratie bruxelloise s’arroge aussi la mission de réglementer le mode de vie journalier des individus ainsi que leurs valeurs morales et spirituelles. Les nations qui la composent transmettent chaque jour davantage leurs droits régaliens à une technocratie bruxelloise qui, à peine consciente de sa vacuité, ne voit d’issue à ses échecs patents que dans une intégration encore plus forte. Il va sans dire que face à cette impuissance ressentie, les dirigeants européens ne voient pas d’avenir à leur survie nationale et délèguent leur défense au parrain d’outre-Atlantique en intégrant l’organisation militaire de l’OTAN, liant ipso facto leurs destins au succès de la grande Amérique.
Russophobie
L’Union Soviétique s’étant effondrée au début des années 90, on aurait pu croire qu’une grande Europe des nations allait pouvoir se construire sur des bases sérieuses mais il fut rapidement clair que l’UE n’avait pas de politique cohérente à cet égard et qu’après l’intermède Eltsine qui ouvrait la Russie aux prédateurs occidentaux, Poutine affirmait la volonté de la Russie de se reconstruire en une puissance politique et militaire, enracinant cette action dans les traditions ancestrales de la Russie des tsars, luttant contre les oligarques qui avaient commencé à s’emparer des richesses nationales avec l’appui de l’étranger, et surtout développant les valeurs patriotiques, religieuses, spirituelles et morales propres à l’âme russe.
C’est dire que le modèle construit par le nouveau tsar avec l’appui d’une forte majorité de la population, représente l’opposé de celui prôné par l’Union Européenne et les nations qui la composent, qui passent leur temps à nier leur histoire ou à s’en accuser, à réfuter leurs racines religieuses, culturelles et spirituelles et plaident en permanence pour l’abolition des barrières morales au nom du libéralisme total, allant même jusqu’à refuser de façon aberrante les différences entre les sexes. Il est donc indispensable pour les tenants de cette Europe démoniaque de dénigrer systématiquement tout ce qui est russe, d’autant plus qu’ils participent ainsi au combat que mène leur parrain américain pour affaiblir la Russie.
Sans aucune logique stratégique, l’UE s’est élargie depuis l’effondrement de l’URSS aux pays de l’Europe de l’est, cet élargissement allant de pair avec leur intégration dans l’OTAN qui, d’une défense contre l’Union Soviétique qui n’existe plus est devenue une alliance contre la Russie, même si les Etats-Unis prétendent le contraire, allant même jusqu’à proposer à Moscou un partenariat en son sein. Mais la défense antimissile balistique (DAMB) est, malgré les arguties de langage, un système sous l’égide des Etats-Unis dirigé contre la Russie et non contre l’Iran.
Déni du droit international.
Pour ne pas alourdir ce propos, je ne retracerai pas l’histoire de l’Ukraine dont les frontières ont évolué au cours des siècles, passant tour à tour sous domination baltique, autrichienne, polonaise, ottomane et russe. Mais l’influence russe est incontestablement la plus ancienne, la plus pérenne et aussi la plus récente. On sait que Kiev fut le berceau et la capitale de la Russie. On sait aussi qu’après avoir été le fleuron et la côte d’azur de l’empire russe, elle n’est indépendante que depuis 1991, avec l’éclatement de l’éphémère CEI, Communauté des Etats Indépendants.
Dès cette indépendance, l’UE et les EUA parlent de l’intégrer un jour dans l’UE simultanément à l’OTAN, c’est-à-dire de l’enlever à la sphère d’influence de son voisin russe. La « révolution orange » de 2004 visait déjà à renverser son gouvernement prorusse pour installer des dirigeants tournés vers l’UE. On sait maintenant de façon précise le nombre de milliards de dollars que les organismes américains ont dépensés en Ukraine pour organiser les mouvements d’opposition. Après les échecs de cette politique, malgré tous leurs efforts, la volonté d’y parvenir n’a fait qu’attendre le moment propice pour y parvenir. Il s’est présenté avec la politique d’un président corrompu s’appuyant sur des oligarques liés aux intérêts occidentaux qui s’était proposé fin 2013 de signer avec l’UE un accord d’association, en rejetant la proposition russe d’une union douanière au sein d’un ensemble eurasiatique. Mais l’UE se montrait alors incapable de faire face à ce souhait, n’ayant pas les moyens financiers pour y répondre. Face à une situation financière désastreuse, Yanoukovic renonçait alors en novembre 2013 à l’UE et acceptait les propositions avantageuses de la Russie.
Déçus par ce revirement, les Ukrainiens attirés par l’UE, principalement dans la partie occidentale du pays, dont ils pensaient adopter du jour au lendemain l’opulence économique, ont manifesté leur mécontentement sur la place Maïdan à Kiev, aussitôt soutenus dans leur révolte pacifique par des groupes préparés de longue date au combat de rues. Sous les pressions de l’UE, Yanoukovic avait désarmé ses policiers pour éviter les morts mais on sait maintenant, notamment par l'enregistrement d’une conversation entre Lady Ashton et le Ministre des AE d’Estonie, que ce sont des tireurs de ces groupes qui ont tué des membres des forces de l’ordre et des manifestants pour enclencher le mécanisme insurrectionnel violent.
L’UE n’a pas même pu jouer un rôle de médiateur. Aussi Victoria Nuland, la Sous-secrétaire d’Etat américaine, consciente de cette impotence ordonna-t-elle à son ambassadeur à Kiev d’agir pour défendre les intérêts américains en mettant le paquet pour soutenir les opposants et, devant les réticences au téléphone de son interlocuteur vis-à-vis des européens occupés à négocier, de dire vertement « que l’UE aille se faire foutre » (Fuck with EU). Ce sont cependant trois ministres des AE européens, le français, le polonais et l’allemand qui parvinrent le 21 février dernier à conclure un accord entre le gouvernement et l’opposition qui entérinait des concessions importantes du Président et prévoyait des élections en mai prochain, proposant ainsi une sortie de crise. Tout le monde se félicitait de cet accord qui avait l’appui de tous les intéressés et de la communauté internationale. Sauf des Etats-Unis qui, à en croire l’enregistrement de la conversation de Victoria Nuland voulaient aller à l’épreuve de force.
Mais le lendemain, ceux mêmes qui avaient signé le document donnaient l’ordre à leurs milices, dont certaines sont connues pour leurs passés fasciste ou nazi, de s’emparer des bâtiments administratifs. Lâché par ses forces de l’ordre qu’il avait trahies, de même que par les oligarques du Parti des Régions, le Président devait fuir pour sauver sa vie. Les révoltés s’emparaient alors des postes du pouvoir et affichaient leur haine de la Russie, interdisant le lendemain de leur putsch la langue russe dans toute l’Ukraine, langue pourtant parlée par plus de la moitié des Ukrainiens.
Bien qu’incapables de faire face à la crise financière de l’Ukraine en cessation de paiement, l’UE et les Etats-Unis s’empressaient, contrevenant aux règles élémentaires du droit international et surtout aux termes de l’accord qu’ils avaient signé ou aider à réaliser le 21 février, de reconnaître les putschistes comme les nouveaux dirigeants légitimes de l’Ukraine.
Dans ces conditions, Poutine a beau jeu de dire que, même s’il ne lui porte pas grande estime, Yanoukovic est le président légitime et que les fascistes de Kiev font courir un risque énorme aux Russes de la partie est du pays et notamment de la Crimée où il s’est empressé de prendre facilement les mesures de sauvegarde que lui demandaient les habitants, les protégeant et protégeant la base navale de Sébastopol.
Il est clair qu’il ne reviendra pas en arrière et qu’il menace d’aller plus loin en Ukraine de l’est où l’attendent ses partisans.
L’UE n’a pas les moyens de répondre militairement, ni économiquement, d’autant plus qu’on devine déjà des approches différentes des Britanniques et des Allemands dont les liens économiques avec la Russie et l’Ukraine sont importants. Donner 35 milliards d’euros par an à l’Ukraine pendant une durée indéterminée n’est pas à la mesure d’une UE exsangue et l’Allemagne ne s’engagerait jamais dans un tel processus. Quant aux Etats-Unis qui se replient militairement des endroits où ils se sont inconsidérément enlisés, ils n’ont pas l’intention d’envoyer leurs soldats pour affirmer une politique qu’ils savent d’avance vouée à l’échec.
Il reste donc aux Etats-Unis et à l’UE à prendre un peu de recul, à comprendre les intérêts stratégiques de la Russie et à les accepter.
Cette crise aura montré à nouveau tragiquement comment le droit international est défini par le plus fort jusqu’à l’absurde, comme notre Jean de La Fontaine l’a si bien illustré dans sa fable du loup et l’agneau. Les putschistes reçus dans les palais nationaux européens parce qu’ils sont contre la Russie et pour l’UE- il faudrait d’ailleurs voir ce qu’il adviendrait si par malheur les fascistes ou les incapables devaient continuer leur aventure au pouvoir- sont une illustration des aberrations de la diplomatie quand les équilibres sont rompus et que seule la loi du plus fort préside au destin du monde. Je laisse le soin aux observateurs objectifs de mettre en évidence les analogies avec d’autres « révolutions » en Libye, en Syrie et ailleurs.
L’Europe de l’Atlantique à l’Oural.
Oubli de l’Histoire ou inculture des dirigeants européens, tout devrait pourtant les pousser à construire avec la Russie « l’Europe de l’Atlantique à l’Oural » préconisée par de Gaulle dans une formule par laquelle il ne limitait évidemment pas territorialement la Russie à sa dimension européenne. Mais organiser le continent européen en une force politique et, par conséquent économique et stratégique, implique de construire entre les nations européennes enracinées dans leurs histoires particulières, des coopérations et des accords qui, au lieu de détruire leurs racines spécifiques pour constituer un magma informe et impuissant, les mettent en commun pour réaliser enfin une puissance qui ne pourra exister que si chacune garde ses richesses propres et les ajoute à celles des autres. La France, l’Allemagne, l’Italie, l’ancien Benelux qui ont commencé cette construction, et toutes les autres qui s’y sont agrégées ensuite ont leurs originalités essentielles, à commencer par leurs langues porteuses de leurs cultures, qui enrichiront le patrimoine commun quand elles auront défini ensemble leurs buts et intérêts partagés qui sont, à l’évidence nombreux.
« Il n’est de richesse que d’hommes » écrivait au XVIème siècle le juriste Jean Bodin. C’est à partir de cette conception que de Gaulle jugeait que « la Russie boirait le communisme comme le buvard boit l’encre », car il savait que l’homme s’organise en familles, en clans et en nations enracinées dans la terre et dans l’Histoire. L’établissement de relations diplomatiques avec la Chine en 1964, à la surprise générale et au scandale des Etats-Unis qui ne comprirent que plus tard la pertinence de cette décision, résultait de sa culture générale qui lui faisait reconnaître ce « grand peuple, le plus nombreux de la terre » et « cet Etat plus ancien que l’Histoire », quel que soit le régime qui le dirigeait.
L’Ukraine est un pays européen lié par l’Histoire à la Russie. Ceux qui ne veulent pas reconnaître cette vérité n’aident pas à construire une Europe européenne mais poursuivent une guerre froide contre Moscou qui pourrait se réchauffer dangereusement. Continuer à se réfugier derrière le parrain américain au sein même de l’Europe est un danger face auquel des états de l’UE pourraient finir par trouver que ce n’est plus leur intérêt. Tout pousse l’Allemagne à s’entendre avec la Russie car les deux économies sont très imbriquées, notamment, mais pas seulement, dans le domaine énergétique, et Berlin pourrait prochainement privilégier ses intérêts à la solidarité européenne. La France, qui a un passé riche d’amitié avec la Russie devrait y réfléchir aussi.
Le problème de l’Union Européenne est que même quand elle est à l’évidence inutile ou inefficace, elle continue d’exister car personne n’ose dénoncer le tabou de cette utopie idéologique, productrice seulement d’un libéralisme destructeur des économies nationales. Mais reconnaître un pouvoir insurrectionnel comme légitime et porteur d’espoir pour l’Ukraine, surtout quand on sait son origine extrémiste, est une preuve de plus de son inconsistance et, finalement, de sa nuisance intrinsèque au destin des Européens. Et qu’elle n’est finalement que le jouet des Etats-Unis qui, après avoir empêché avec succès l’émergence d’une Europe politique forte sur le continent qui n’aurait pu être logiquement qu’une rivale, ou à la rigueur une partenaire indépendante, poursuivent leur objectif d’affaiblir la Russie dont ils redoutent la montée en puissance.
Source : Esprit Corsaire
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