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vendredi 7 juin 2024

De Gaulle sur le conflit Israël / Palestine

 

« Je voudrais que les Français, dans cette affaire, voient leur intérêt national avant tout. Quand nous avons prôné la modération, les Arabes nous ont écoutés. Pas les Israéliens, que nous avions pourtant prévenus contre les succès militaires initiaux que leur assuraient leur armement, leur expérience, leur cohésion et leur situation sur le terrain. J'avais mis en garde Abba Eban avec la plus grande netteté dans notre entretien du 24 mai.

Aujourd'hui, le fait de leur victoire est là. Mais nous ne pouvons admettre d'entériner des conquêtes territoriales. Les Israéliens ne voudront lâcher ni Gaza, ni Charm-el-Cheikh, ni les étendues du Sinaï, ni les rives du Jourdain, ni les hauteurs du Golan. Or les Arabes ne peuvent accepter ces conquêtes. Il y a donc un armistice, mais pas la paix.

Le spectacle des réfugiés arabes mourant de soif et sans recours est tragique. Il y a un vrai ghetto arabe à Gaza. Les conséquences morales et politiques du drame pèseront lourd.

Quant à la suite, nous n'avons aucune raison de prendre parti, quels que soient les sentiments. On ne recouvrera pas la paix avant très longtemps, car ce n'est pas avant très longtemps que les États en cause se rapprocheront. Les Israéliens n'ont rien à nous demander et nous n'avons rien à leur donner. Nous nous efforcerons en revanche, dans la mesure convenable, de secourir les Arabes moralement et de garder leur confiance péniblement recouvrée.

Alors, il y a l'opinion française ! Elle ne nous encourage pas ! Ce n'est pas nouveau. Quand une question de politique internationale grave est en cause, jamais les Français n'ont vu juste pour commencer. Mais on ne fait pas une politique en suivant l'opinion publique. L'opinion finit toujours par se rallier à une politique, à condition qu'elle soit bonne. »

Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle, tome III. 27 juin 1967.


dimanche 20 mai 2018

Corvez et Cheminade décryptent "le logiciel néo-conservateur de Macron"


Face à une situation internationale qui ne cesse de s’aggraver, suite aux frappes occidentales contre la Syrie, à la volonté de Trump et des ses alliés israéliens et saoudiens de faire la guerre à l’Iran, et à la tentation occidentale de déclarer la guerre à la Russie et à la Chine pour défendre leur suprématie, Jacques Cheminade et Alain Corvez ont décidé d’échanger pour présenter une vision d’avenir pouvant créer les conditions de la paix.

Comment Macron, May, Merkel, Trump, pourraient-ils défendre la paix, prisonniers qu’ils sont du logiciel néo-conservateur et géopolitique de la guerre ? C’est tout le dilemme que posent ces deux gaullistes dans cette vidéo tournée le lundi 7 mai 2018.

Intervenants :
Jacques Cheminade, ancien candidat présidentiel
Alain Corvez, consultant en stratégie internationale

samedi 19 mai 2018

Israël–Gaza, Trump et Macron face à un conflit insoluble [Pierre Conesa]


Tous les ans, les Palestiniens célèbrent la Journée de la Terre, lors d'une marche du retour. Cette année, pour le 70e anniversaire du départ des Palestiniens du territoire en 1948, la marche du retour devait avoir lieu du 30 mars au 15 mai, à la frontière entre Gaza. Dès le premier jour, de violents heurts ont éclaté. A une situation déjà explosive, s'ajoutent les décisions politiques de Donald Trump. Le déplacement de l'ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem le 14 mai a été émaillé de nouvelles manifestations. Près de 60 Palestiniens sont morts et plus d'un millier de manifestants sont blessés. Les tensions sont à leur comble.

Quelles sont les réactions de la communauté internationale ? Quelle est la position d'Emmanuel Macron ? Quelle partition joue Donald Trump ?

Pierre Conesa, ancien haut fonctionnaire au ministère de la Défense et auteur de la Fabrication de l'Ennemi, et de Hollywar, Hollywood, arme de propagande massive, chez Robert Laffont.
TVL

lundi 14 mai 2018

Ambassade US à Jérusalem : Richard Labevière et Richard Abitbol confrontent leur analyse


A l'occasion du 70ème anniversaire de la proclamation de l'Etat d'Israël, l'ambassade US est inaugurée à Jérusalem, sur fond de violences. Pour RT France, Richard Labevière et Richard Abitbol confrontent leur analyse de la situation au Proche-Orient.

samedi 9 décembre 2017

QUIZ : Qui a dit en 2008 : "Jérusalem devra rester la capitale d'Israël et devra demeurer indivisible" ?




Pour Barack Obama, "Jérusalem doit rester la capitale d'Israël"

Le Monde.fr avec AFP et AP | 04.06.2008

A peine proclamé candidat démocrate, Barack Obama a choisi de consacrer son premier discours, mercredi 4 juin devant l'American Israël Public Affairs Council (Aipac), à la politique étrangère. Attaqué à plusieurs reprises sur sa volonté présumée de négocier avec le Hamas ou l'Iran, M. Obama a promis de soutenir Israël, tout en dénonçant un régime iranien qualifié "de menace".

Devant le groupe d'amitié américano-israélien, le sénateur de l'Illinois s'est montré ferme sur le dossier du Proche-Orient. "Jérusalem devra rester la capitale d'Israël et devra demeurer indivisible", a-t-il lancé. Israël a proclamé Jérusalem comme sa capitale, mais la ville n'est pas reconnue comme telle par les Nations unies en raison du litige israélo-palestinien sur Jérusalem-Est, annexée par les Israéliens en 1967 et revendiquée comme capitale d'un futur Etat palestinien.

"ÉLIMINER LA MENACE" IRANIENNE

De visite en Israël en mars, le candidat républicain John McCain avait qualifié Jérusalem de capitale d'Israël, dans la lignée de George W. Bush. Comme la plupart des pays, les Etats-Unis ont leur ambassade en Israël à Tel-Aviv, et non pas à Jérusalem. Mais sur le site du département d'Etat, Jérusalem est considérée comme la capitale du pays. Une note de bas de page précise toutefois qu'"Israël a proclamé Jérusalem comme capitale en 1950. Les Etats-Unis, comme presque tous les autres pays, conservent leur ambassade à Tel-Aviv".

Barack Obama a profité de son intervention devant l'Aipac pour attaquer le régime de Téhéran, qu'il considère comme "la plus grande menace pour Israël et pour la paix et la stabilité dans la région". "Mon but sera d'éliminer cette menace", a assuré M. Obama, vantant les "liens indestructibles" entre les Etats-Unis et Israël. "Il n'y pas de place à la table des négociations pour les organisations terroristes", a-t-il encore ajouté. Lui succédant sur scène, Hillary Clinton a assuré que "Barack Obama sera un bon ami d'Israël".

jeudi 25 mai 2017

John Pilger : La guerre invisible [VOSTFR]


Ce documentaire est une critique acerbe du rôle des journalistes et des dirigeants des grands médias de masse, des principales chaines de télévisions notamment, qui sont littéralement amenés à agir comme de véritables agents de la propagande gouvernementale lors des couvertures médiatiques des guerres contemporaines, tandis que d’autres journalistes et photographes de presse, indépendants, sont en première ligne, confrontés à des dangers inimaginables, dont la mort, au nom de la liberté de la presse.

Ce film dénonce la propagande médiatique, télévisée et radiophonique notamment, lors de l’invasion de l’Afghanistan, de l’Irak, et en ce qui concerne le conflit Israël/Palestine. John Pilger a interviewé des journalistes de haut niveau et des dirigeants de médias au sujet de leur refus de donner l’antenne aux inspecteurs d’armes et aux analystes militaires des services de renseignements qui contestaient publiquement les raisons officielles de ces invasions militaires.

lundi 16 mai 2016

vendredi 25 décembre 2015

Syrie : Le Noël que les médias français ne vous montreront pas



Voici des images que vous ne verrez certainement pas dans les médias français!
A Damas, sous la protection du régime de Bachar Al Assad que Fabius et Valls trouvent odieux (ils préfèrent les "modérés" de Jabhat Al Nosra), les syriens fêtent Noël comme chez nous en toute tranquillité...

Dans les zones sous contrôle des "rebelles modérés" que vous affectionnez tant, M. Fabius, comment se passent les fêtes de Noël ? 
____________

Pendant ce temps à Bethléem...


Le mur de la honte n'est toujours pas tombé...

jeudi 13 août 2015

Jacob Cohen réagit à l'organisation de Tel-Aviv sur Seine


Jacob Cohen, écrivain antisioniste, revient sur la tenue d'un évènement organisé par la Mairie de Paris en collaboration avec Tel-Aviv : la transformation d'une berge de la Seine en une plage israélienne, le temps d'une journée, le 13 août 2015.



Source : AIL 

dimanche 2 août 2015

lundi 12 janvier 2015

(Liberté d'expression*) Maximilien Le Roy, dessinateur, interdit de séjour en Israël

Entretien. Invité pour un festival de BD 
le 13 octobre, le dessinateur a été refoulé par les autorités israéliennes qui 
ne semblent guère apprécier ses dessins. 
 
Photo : DR
Maximilien Le Roy
Photo : DR
À tout juste vingt-neuf ans, Maximilien Le Roy témoigne dans ses livres de trajectoires individuelles et historiques ancrées dans les problématiques sociales et politiques. Dessinateur et scénariste, toujours sur le terrain, il milite depuis 2008 pour la Palestine et réunit ­plusieurs collectifs de dessinateurs autour du conflit israélo-palestinien, Gaza un pavé dans la mer (2009) et Faire le mur (2010). Il publie en 2010, avec Soulman, les Chemins de traverse et, en 2013, avec Emmanuel Prost, Palestine, dans quel État ?, un carnet de route. Désormais interdit de séjour sur le territoire israélien, 
il revient sur les conditions de son expulsion et les répercussions sur son travail.

Dans quelles conditions avez-vous été interrogé ?
Maximilien Le Roy : J’avais été invité pour le premier festival de bande dessinée en territoire palestinien à l’occasion d’une exposition et d’un cycle de rencontres. Je m’étais déjà rendu quatre fois en Palestine et je connaissais ce type d’interrogatoires. De toute façon, nous arrivons en Israël en touriste et il est préférable de ne pas mentionner un séjour dans les territoires occupés, encore moins à Gaza même si nous sommes invités par un festival de BD. Contrairement à tous les pays du monde, il n’y a pas de demande de visa préalable pour Israël qui décide sur place de laisser passer ou non. Je faisais la queue pour faire tamponner mon passeport, on m’a emmené dans un bureau et l’interrogatoire a duré près de quatre heures et demie, entre l’attente et les questions à répétition les plus absurdes.

Comment s’est déroulé votre interrogatoire ?
Maximilien Le Roy : Ils savaient ce que j’écrivais et m’ont cité les titres de mes livres. Ils ont fouillé mes affaires, mon téléphone portable, en me questionnant sur les photographies des drapeaux du Parti communiste français et du Front de gauche, sur les noms arabes de mon répertoire, en me demandant pourquoi je portais la barbe. Ils m’ont posé dix fois les mêmes questions sur tous les tons, et en dernier, un représentant du ministère de l’Intérieur s’est montré très agressif. Ils m’ont expliqué, pour conclure, que si je pouvais critiquer Israël dans mon pays, je n’aurais plus le droit de le faire sur leur territoire. Je savais dès les premières minutes qu’ils allaient m’expulser, mais je ne ­m’attendais pas à une interdiction de séjour de dix ans. Ils m’ont traité comme si j’étais un terroriste.

Pouvez-vous définir votre engagement ?
Maximilien Le Roy : J’ai commencé à étudier le conflit israélo-palestinien dans les livres, car je voulais savoir pourquoi le sujet était aussi clivant et cristallisait des attaques contre des intellectuels comme Edgar Morin ou Daniel Mermet. J’ai donc décidé d’aller voir sur place au camp de réfugiés d’Aïda où j’ai noué des contacts. Je suis foncièrement athée et je ne défends ni un État juif ni un État musulman. Dans mes livres, j’ai toujours fait en sorte de donner la parole à des Israéliens et à des Palestiniens, même si parmi les Israéliens, j’interroge des ­activistes militants pour la cause palestinienne qui ne représentent pas la majorité de l’opinion israélienne. Avec le besoin de ­comprendre, j’explore la possibilité du vivre-ensemble, le taayoush, en arabe, du nom d’un mouvement judéo-arabe né en 2000 ayant pour vocation de réunir les deux peuples. Les Français contre la guerre d’Algérie ou les Américains contre la guerre du Viêt Nam ont toujours paru, en leur temps, comme des traîtres à la patrie. ­Aujourd’hui, Matan Cohen, objecteur de conscience, engagé au sein du mouvement Les ­Anarchistes contre le mur, ou Michel ­Warschawski, un militant pacifiste, sont des personnalités dissidentes qui vont au contact des Palestiniens et leur rendent une humanité contrairement de la propagande officielle. Cette démarche est universelle.

Comment comptez-vous poursuivre votre travail sur la Palestine ?
Maximilien Le Roy:  C’est bien là le problème. Les Israéliens verrouillent tous les passages vers le territoire palestinien, y compris par la Jordanie, et il est bien entendu impossible de passer par les tunnels égyptiens vers Gaza. Je ne peux donc plus me rendre en Palestine. J’ai eu l’occasion d’aller en Algérie, en Chine, au Viêt Nam, en Russie sans être inquiété. Comment un régime qui se targue d’être la plus grande démocratie du Moyen-Orient peut-il interdire le passage sur son territoire sous prétexte d’écrits ? Comment peut-on apparaître comme un fanatique en critiquant simplement la politique ­d’Israël ? Je n’ai jamais prôné ou fait l’apologie du terrorisme. Criminaliser la parole et la pensée est un vrai danger pour toutes les démocraties. Pour ma part, je me tourne vers d’autres sujets et, en ce moment, je travaille sur une biographie de Carmen Castillo et sur la dictature de Pinochet au Chili. Je fais de la bande dessinée politique, j’aime donner à voir d’autres regards, à contre-champ, et je continuerai ainsi.

Maximilien 
Le Roy est dessinateur 
et scénariste
Entretien réalisé par 
Lucie Servin
Mardi, 28 Octobre, 2014


* Le premier ministre israélien Netanyahou était à Paris ainsi que le président ukrainien Porochenko pour défendre Charlie Hebdo et la "liberté d'expression". 

samedi 6 décembre 2014

Jean Bricmont : "Le monde est en guerre et la gauche se combat elle-même sur Facebook"


Interview ( skype) du physicien et essayiste belge Jean Bricmont, auteur de "La République des censeurs". Editions de l’Herne. Propos recueillis le 03.12.2014 par Silvia Cattori - Montage vidéo Gérard Lazare.



Arrêt sur Info 

jeudi 4 décembre 2014

Général Pinatel : "On a le sentiment que la France n'est plus la France!"


Le 26 Novembre 2014, le Général Jean-Bernard Pinatel répondait aux questions d'Independenza Web TV sur l'actualité géopolitique internationale et la situation d'une France qu'il n'arrive plus à reconnaitre.


1. "La France est totalement vassalisée aux intérêts américains"


2. "BHL c'est une Nabilla qui s'occupe de politique étrangère"


3. "On a le sentiment que la France n'est plus la France!"

 independenza webtv ©

lundi 4 août 2014

Jean Bricmont sur la Palestine : La véritable solidarité commence par notre propre autonomie



Quelles sont les limites des mouvements de "solidarité" ?
Les actions et les engagements "politiques" exigent que les citoyens s’assurent que leur propre autonomie et leur espace de liberté d’expression ne soient entravés d’aucune manière, par des intérêts sectaires, contraires au bien commun. Pour le professeur Jean Bricmont il y a une nécessité absolue pour nos sociétés à reconquérir cette autonomie confisquée.

Vidéo et interview réalisés par Gérard Lazare pour Arrêt sur Info.

Silvia Cattori

mercredi 30 juillet 2014

L'Histoire expliquée à Netanyahou et Porochenko

Uri Avnery

 A quoi l'Histoire pourrait-elle ressembler si elle était écrite dans le style de l'opération "Strong Cliff"  (Rocher Solide) ou "Protective Border"  (Bordure Protectrice) ?

Par Uri Avnery, le 19.07.2014

Prenons un exemple :

Winston Churchill était un scélérat. 

Pendant cinq ans, il a laissé la population de Londres sous le feu incessant de la Luftwaffe allemande. Il a utilisé les habitants de Londres comme bouclier humain dans sa guerre folle. Alors que la population civile était exposée à des bombes et des roquettes, sans la protection d'un "dôme de fer", il se cachait dans son bunker sous le 10, Downing Street.

Il utilisait tous les habitants de Londres comme otages. Lorsque les dirigeants allemands ont fait une proposition de paix généreuse, il l'a rejetée pour de folles raisons idéologiques. Ainsi, il a condamné son peuple à des souffrances inimaginables.

De temps en temps, il sortait de sa cachette souterraine pour se faire prendre en photo devant les ruines, puis retournait se mettre en sécurité dans son trou de rat. Mais aux Londoniens, il disait : "Les générations futures diront que c'était votre heure de gloire!"

La Luftwaffe allemande n'avait pas d'autre choix que le bombardement de la ville. Ses commandants ont annoncé qu'ils frapperaient uniquement des cibles militaires, tels que les maisons de soldats britanniques, où les réunions militaires avaient lieu.

La Luftwaffe allemande avait appelé les habitants de Londres à quitter la ville, et de nombreux enfants ont en effet été évacués. Mais la plupart des Londoniens ont répondu à l'appel de Churchill à rester, se condamnant ainsi au sort de "dommages collatéraux".

Les espoirs du haut commandement allemand que la destruction de leurs maisons, et le meurtre de leurs familles inciterait les gens de Londres à se soulever, et chasser à coups de pieds Churchill et sa bande belliciste, n'ont abouti à rien.

Les Londoniens primitifs, dont la haine des allemands dépassait le sens de la logique, ont, de façon perverse, suivi les instructions du lâche Churchill. Leur admiration pour lui a grandi de jour en jour, et à la fin de la guerre, il était quasiment devenu un dieu.

Une statue de lui se dresse encore aujourd'hui devant le Parlement de Westminster.

Quatre ans plus tard la roue avait tourné. Les forces aériennes britanniques et américaines bombardaient les villes allemandes et les détruisaient complètement. Plus une pierre ne restait sur une autre pierre, les palais glorieux étaient aplatis, les trésors culturels effacés. Les "civils non impliqués" furent réduits en miettes, brûlés vifs ou ont tout simplement disparu. Dresde, l'une des plus belles villes d'Europe,  fut totalement détruite en quelques heures par une "tempête de feu".

L'objectif officiel était de détruire l'industrie de guerre allemande, mais il ne fut pas atteint. Le but réel était de terroriser la population civile, afin de l'inciter à virer ses dirigeants et capituler.

Cela n'est pas arrivé. En effet, la seule révolte sérieuse contre Hitler a été tentée par des officiers supérieurs de l'armée (et n'a pas réussi). La population civile ne s'est pas soulevé. Au contraire. Dans une de ses diatribes contre les "pilotes de la terreur" Goebbels a déclaré: «Ils peuvent détruire nos maisons, mais ils ne peuvent pas briser notre esprit!"

L’Allemagne n'a capitulé qu'au tout dernier moment. Les millions de tonnes de bombes n'ont pas suffit à la faire céder plus tôt. Ils n'ont fait que renforcer le moral de la population et sa fidélité au Führer. (...)

Conclusion de Bertrand pour les présidents israélien et ukrainien:  
Puisque cela n'a marché ni à Londres, ni en Allemagne, ni nulle part ailleurs dans l'Histoire (cf : Viet Nam, Japon...) pourquoi cela réussirait-il dans la bande de Gaza ou le Donbass ?

mardi 28 janvier 2014

La Shoah : Religion d’Etat ?

La campagne du gouvernement français, des grands médias et des organisations influentes pour faire taire l’humoriste franco-camerounais Dieudonné M’Bala M’Bala ne cesse de révéler une coupure radicale dans la perception que les Français ont du comédien mais aussi sur d’autres questions.
Par Diana Johnstone

Le Blasphème en France laïque 

La « mobilisation » officielle, annoncée par le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls à l’Université d’Eté du Parti Socialiste en août dernier, se poursuit en accusant le comédien d’utiliser ses spectacles pour semer la haine contre les Juifs. Son geste de la « quenelle » (*) serait un « salut nazi renversé ».
Son public rejette ces accusations.

Probablement l’effet de la controverse qui, jusqu’à présent, a été le plus significatif, est la prise de conscience croissante du fait que la Shoah fonctionne comme religion officieuse d’Etat en France.
Exprimant son commentaire sur l’affaire le 10 janvier sur RTL, Eric Zemmour a tancé Valls pour avoir oublié la liberté d’expression tout en se présentant comme un homme de gauche. « C’est la gauche qui nous a appris depuis mai 68 qu’il est interdit d’interdire, c’est la gauche artistique qui nous a enseigné qu’il fallait choquer le bourgeois. C’est la gauche antiraciste qui a fait de la Shoah la religion suprême de la République… ». Produit de la gauche, Dieudonné provoque, d’après Zemmour, la « bourgeoisie bien-pensante de gauche ».

Admettant que Dieudonné fait des plaisanteries "antisémites", Zemmour juge qu’il était « grotesque et ridicule de faire de M’bala M’bala un nostalgique du troisième Reich ». Le comédien, dit-il, « reproche aux juifs de vouloir conserver le monopole de la souffrance et de voler aux descendants des esclaves la primauté du malheur. »

Il y a d’autres enjeux de plus grande portée. Rappeler la Shoah sert indirectement à justifier le rapprochement toujours plus fort entre la France et Israël en ce qui concerne la politique au Moyen Orient. Dieudonné s’est opposé à la guerre contre la Libye au point de montrer sa solidarité en visitant le pays sous les bombes de l’Otan.

Dieudonné a commencé sa carrière en tant que militant antiraciste. Au lieu de s’excuser lors des protestations contre son sketch de 2003 critiquant un «  colon sioniste extrémiste », Dieudonné a, pendant les années qui suivirent, graduellement élargi la sphère de ses parodies pour y inclure la Shoah elle-même. On peut voir la campagne actuelle pour le faire taire comme un effort visant à réaffirmer le caractère sacré de la Shoah en réprimant une forme contemporaine de blasphème.

Comme s’ils voulaient confirmer cette impression, le Parquet de Paris et le Mémorial de la Shoah ont conclu une convention le 9 janvier selon laquelle tout auteur d’une infraction antisémite âgé d’au moins 13 ans pourra désormais être condamné à effectuer un stage de sensibilisation à l’histoire de l’extermination des Juifs. L’étude des génocides est censée inculquer « les valeurs républicaines de tolérance et de respect pour autrui ».

Et si c’était le contraire de ce qu’il faudrait faire ? Le Procureur de Paris ignore peut-être les jeunes qui prétendent avoir subi trop, au lieu de pas assez, d’éducation sur la Shoah ?

Exceptionnellement, un article du Monde du 8 janvier a cité des opinions qu’on peut facilement entendre de la part de jeunes, si l’on veut bien les écouter. Soren Seelow a interviewé une dizaine de jeunes admirateurs de Dieudonné, issus de la classe moyenne, politiquement modérés, souvent de gauche et qui se défendent de tout antisémitisme. Ils font remonter la « sacralisation » de la Shoah à leurs cours d’histoire à l’école, dont ils gardent un souvenir pesant.

Nico, 22 ans, étudiant en droit à la Sorbonne, qui vote à gauche, rappelle : « On nous en parle depuis la primaire… A 12 ans, j’ai vu un film où des tractopelles poussaient des cadavres dans des fosses. Nous subissons une morale culpabilisatrice dès le plus jeune âge. » Etudiant en master en langues, Guillaume, également âgé de 20 ans, se plaint : «  La Shoah, on en a mangé jusqu’à la terminale. Je respecte ce moment de l’histoire, mais pas plus que d’autres. »

En plus des cours, certains professeurs organisent des commémorations, des pèlerinages à Auschwitz. Les articles, les films, les documentaires sur la Shoah remplissent les loisirs.

De très nombreux messages reçus de Français, ainsi que de nombreuses conversations, me convainquent que pour beaucoup de personnes nées quelques décennies après la défaite du nazisme, la mémoire de la Shoah est ressentie comme une invitation à la culpabilité, ou, pour le moins, à un sentiment de malaise en ce qui concerne des crimes qu’ils n’ont pas commis. L’exigence de solennité obligatoire peut imposer un silence gêné. On accueille alors le rire comme une libération.

Mais pour d’autres, un tel rire est une abomination.

Les condamnations de Dieudonné, résultant de procès entamés en général par la LICRA, telle une amende de 8.000 euros pour la chanson Shoananas, s’accumulent, pour le stigmatiser, et, en fin de compte, pour le ruiner financièrement.

“La Haine”

Dans le chœur politico-médiatique, on entend souvent que Dieudonné n’est plus un humoriste, mais tient plutôt des meetings politiques pour répandre « la haine ». Même le lointain New Yorker l’accuse d’être un médiocre comédien qui doit sa carrière à la diffusion de la « haine ». Cette allégation évoque des images très éloignées de ses spectacles ou de leurs conséquences.

On n’observait aucune haine parmi les milliers de spectateurs abruptement privé du spectacle pour lequel ils avaient payé leur place à Nantes le 9 janvier, suite à une décision du Conseil d’Etat confirmant le désir du Ministre Valls de l’interdire. Personne ne se plaignait de rater les frissons d’un meeting nazi. Personne ne voulait partir mener des rafles contre des juifs. Tout le monde regrettait de ne pas pouvoir passer une soirée de bonne humeur et de rires. Comme d’habitude, les spectateurs étaient un mélange de jeunes Français, généralement issus des classes moyennes. Le spectacle fut interdit pour éviter un «  trouble immatériel de l’ordre public ». Le public déçu se dispersa paisiblement. Aucun des spectacles de Dieudonné n’a jamais troublé l’ordre public.

Mais il n’y a aucun doute sur la haine virulente des adversaires de Dieudonné à son égard.

Le journaliste Philippe Tesson s’exclama sur Radio Classique : « Ce type, sa mort par un peloton de soldat me réjouirait profondément ! », avant d’ajouter que « c’est une bête immonde, donc on le supprime. C’est tout ! »

Au cours d’une leçon de théologie diffusée par internet, le rabbin Rav Hai Dynovisz, hostile à la théorie d’évolution de Darwin, « admettait » que la personne de Dieudonné avait montré que « certaines » personnes ont dû descendre des gorilles.

Deux adolescents âgés de 17 ans furent expulsés de leur lycée pour avoir fait le geste de la quenelle, accusés d’apologie de « crimes contre l’humanité ». Le magazine électronique franco-israélien JSSnews enquête sur l’identité de personnes ayant fait la quenelle dans le but de les faire renvoyer par leurs patrons.

Les propriétaires du petit théâtre parisien loué jusqu’à 2019 par Dieudonné, La Main d’Or, seraient revenus d’Israël en exprimant leur intention de l’en expulser.

Que je sache, la pire chose que Dieudonné ait dit sur scène fut une insulte personnelle proférée contre l’annonceur de radio Patrick Cohen. Celui-ci avait insisté longuement dans une émission de télévision que les organisateurs de débats télévisés devraient s’interdire d’inviter des « cerveaux malades » comme Dieudonné et Tariq Ramadan. Fin décembre, lorsque la campagne anti-Dieudo battait son plein, la télévision française (qui en effet ne l’invite plus depuis un moment) a diffusé une « vidéo volée » du comédien disant que, lorsqu’il entendait parler Patrick Cohen, il pensait aux « chambres à gaz… dommage… » Cette malheureuse sortie en réplique aux attaques virulentes contre sa personne fut naturellement saisie par tous ses adversaires comme typique du contenu de ses spectacles.

Que cela plaise ou non, l’irrévérence est l’outil principal des comiques qui se produisent en solo. Les allusions à la Shoah de la part de Dieudonné appartiennent à cette catégorie.

Dès qu’il s’agit d’autre chose que de l’Holocauste, il ne manque pas d’irrévérence en France.

Les religions traditionnelles, ainsi que des personnalités en vue, n’échappent pas aux caricatures dont la nature scatologique fait paraître la quenelle comme excessivement prude. En octobre 2011, la police parisienne a dû intervenir pour protéger, contre l’action de catholiques traditionnels indignés, une pièce d’avant-garde dans laquelle on faisait semblant de verser des excréments sur le visage de Jésus. Tout l’establishment politico-médiatique défendit la pièce, sans se soucier du fait que certains la trouvaient « blessante ».

Récemment, la France a accueilli à bras ouvert le groupe ukrainien des « Femen », jeunes femmes ayant apparemment appris les doctrines de provocation à des fins de déstabilisation de l’Américain Gene Sharp, et qui emploient leurs seins nus pour s’exprimer, politiquement disent-elles. On leur a rapidement accordés des papiers de résidence souvent difficiles à obtenir pour des travailleurs immigrés. Les Femen se sont installées dans le quartier le plus musulman de Paris, où elles se sont mises à essayer (en vain) de provoquer leurs nouveaux voisins ébahis. Une image de la chef du groupe embellit même le nouveau timbre-poste français, en guise de portrait de « Marianne », symbole de la République.

Le 20 décembre dernier ces « nouvelles féministes » ont envahi l’Eglise de la Madeleine en plein Paris pour y mimer « l’avortement de Jésus » avant d’uriner sur l’autel. On n’entendit pas de cri d’indignation des ministres du gouvernement français. L’Eglise Catholique se plaint, mais l’écho en est faible.

Pourquoi la Shoah doit être sacrée

Lorsque Dieudonné chante avec légèreté à propos de la Shoah, pour certains, il nie l’Holocauste tout en demandant sa répétition (une proposition contradictoire, si on y réfléchit). La nature sacrée de la Shoah est défendue en soutenant que garder vivante la mémoire de l’Holocauste est essentiel pour empêcher qu’il ne se reproduise. Cette suggestion d’une répétition possible entretient la peur.

Cet argument est largement accepté comme une sorte de loi de la nature. Nous devons continuer à commémorer le génocide pour l’empêcher de se reproduire. Mais où sont les preuves de cette affirmation ?

Rien ne montre que les rappels insistants d’un immense événement historique du passé empêche sa répétition. L’histoire ne fonctionne pas ainsi. Quant à la Shoah, il est insensé d’imaginer qu’elle puisse se reproduire, quand on pense à tous les éléments spécifiques qui l’ont produite. Hitler avait le projet d’établir la domination allemande sur l’Europe, en tant que race « arienne » de maîtres, et haïssait les Juifs en tant que groupe rival dangereux. Qui aujourd’hui mijote un tel projet ? Certainement pas un humoriste franco-africain ! Hitler ne va pas revenir, pas plus que Napoléon Bonaparte, Attila ou Genghis Khan.

Le rappel constant de la Shoah, dans les articles, les films, les discours, ainsi qu’à l’école, loin d’empêcher quoi que ce soit, crée une sort de fascination morbide pour les « identités ». Il encourage la « compétition victimaire ». Cette fascination peut produire des effets surprenants. Quelques 330 écoles parisiennes portent des plaques en commémoration des enfants juifs déportés dans les camps nazis. Comment les enfants juifs réagissent-ils à cela ? Trouvent-ils cela rassurant ?

Cette commémoration sert en tout cas Israël, qui entame actuellement un programme de trois ans pour encourager un nombre croissant des quelques 600.000 Juifs de France à partir pour Israël. L’année dernière, plus de 3.000 Juifs ont fait leur Aliyah, une tendance attribuée par l’European Jewish Press à « la mentalité de plus en plus sioniste de la communauté juive française, surtout parmi les jeunes, et une manifestation des efforts de l’Agence juive, du gouvernement israélien et des ONG, pour cultiver l’identité juive en France. »

« Si cette année nous avons vu l’Aliyah de la France augmenter de moins de 2.000 à plus de 3.000, j’attends avec impatience le jour où je verrai le nombre atteindre 6.000 et davantage dans un avenir proche, » a dit Natan Charansky, président de l’exécutive de l’Agence Juive pour Israël. Une façon d’encourager l’Aliyah est d’effrayer les Juifs en brandissant la menace de l’antisémitisme, en prétendant que les nombreux admirateurs de Dieudonné sont tous des nazis en herbe.

Quant aux Juifs qui veulent continuer à vivre en France, est-il vraiment sain de faire croire aux enfants juifs que, s’ils baissent leur garde, ils risquent un jour d’être poussés dans des trains pour Auschwitz ? N’est-ce pas une forme de maltraitance de l’enfance ?

Quelqu’un qui le pense est Jonathan Moadab, journaliste indépendant âgé de 25 ans, interviewé par Soren Seelow. Moadab est à la fois juif pratiquant et anti-sioniste. Enfant, il a été amené à visiter Auschwitz. Il raconte à Seelow que vivre avec cet « endoctrinement victimaire » avait engendré un « syndrome de stress pré-traumatique ».

Selon Jonathan Moadab, « Les blagues de Dieudonné sur la Shoah, comme sa chanson Shoananas, ne visent pas la Shoah elle-même, mais l’instrumentalisation de l’Holocauste décrite par le politologue américain Norman Finkelstein ».

Le 22 janvier, sur son site Agence Info Libre, Jonathan Moadab a ouvertement appelé à la « séparation entre l’Etat et la religion de l’Holocauste ». Le professeur Yeshayahu Leibowitz d’origine lettonne de l’Université hébraïque a probablement été le premier à suggérer que l’Holocauste était devenu la nouvelle religion juive, dit-il. Si cela est vrai, tout le monde a certainement le droit de pratiquer la religion de la Shoah. Mais doit-elle être la religion officielle de la République Française ?

La classe politique française ne cesse de célébrer la « laïcité » de la République. Le Ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui proclame sa fidélité à Israël, parce que sa femme est juive, a récemment qualifié la Shoah de « sanctuaire qu’on ne peut pas profaner ». Or, dit Moadab, si « la Shoah est un sanctuaire », alors l’Holocauste est une religion, et la République n’est pas laïque.

L’esprit des jeunes en France change. Ces changements ne peuvent pas être attribués à Dieudonné. Ils sont dus au passage du temps. L’Holocauste est devenu la religion de l’Occident à une époque où la première génération née après la Deuxième Guerre Mondiale était d’humeur à culpabiliser leurs parents. Aujourd’hui nous avons affaire aux petits-enfants, ou aux arrières petits-enfants, de ceux qui ont vécu cette époque, et ils veulent regarder vers l’avenir.

Aucune loi ne peut arrêter ce processus.
 
Paris, 24 janvier 2014

Diana Johnstone peut être contactée à
diana.johnstone@wanadoo.fr
(*) Pour ceux qui ne la connaissent pas, la quenelle est un geste plutôt vulgaire, une variation du “bras d’honneur”, avec une main placée en haut de l’autre bras dirigé vers le bas. Le comédien avait introduit ce geste il y a des années, dans un autre contexte, pour exprimer le ras-le-bol.
Traduction et source : Diana Johnstone