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mercredi 24 février 2016

Société sans cash : devenez un hors-la-loi !


Par Bill Bonner


L’économiste Larry Summers est une source fiable de sottises. Et un porte-parole régulier du Deep State — l’Etat profond. Un petit rappel pour les nouveaux lecteurs : les électeurs n’ont pas leur mot à dire sur qui régit un pays. C’est plutôt un "gouvernement de l’ombre", constitué de l’élite, de compères, de lobbyistes, de bureaucrates, de politiciens et de zombies — c’est-à-dire le Deep State — qui est en permanence au pouvoir. Dit plus simplement, peu importe le parti au pouvoir ; c’est le Deep State qui règne. Et à quoi est-il occupé en ce moment ? Larry Summers le sait. "Il est temps de tuer le billet de 100 $", écrit-il dans le Washington Post (une autre source fiable de sottises). ▪ Contrôler, taxer, confisquer Le Deep State veut que vous utilisiez de l’argent qu’il peut facilement contrôler, taxer et confisquer. Or la devise papier contrarie ses plans… La France a déjà interdit les transactions en cash de plus de 1 000 euros. Les plus grandes banques de Suède et de Norvège militent pour l’abolition pure et simple du cash. Il y a des plans aux plus hauts niveaux du gouvernement en Israël, en Inde et en Chine pour supprimer le cash de la circulation. Le PDG de la Deutsche Bank, John Cryan, prédit que le cash "n’existera probablement plus" d’ici 10 ans. Et voilà M. Summers dans le Washington Post : "Les activités illicites sont facilitées lorsqu’un million de dollars pèse 1,1 kg, comme dans le cas des billets de 500 euros, plutôt que 25 kg ou plus comme ce serait le cas si le billet de 20 $ était la dénomination la plus élevée". Il propose "un accord mondial pour cesser d’émettre des billets valant plus de 50 $ ou 100 $, par exemple. Un tel accord serait aussi significatif que tout ce que le G7 ou le G20 a fait depuis des années". Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ? Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ? Un article de recherche présenté par Peter Sands, ancien PDG de la banque britannique Standard Chartered, et publié pour la Harvard Kennedy School of Government. ▪ Des idées idiotes "Les billets à dénomination élevée", dit la publication, "ne jouent pas un grand rôle dans le fonctionnement de l’économie légitime, mais un rôle crucial pour l’économie souterraine". M. Sands sait sans doute de quoi il parle, en matière de dissimulation. Lorsqu’il était PDG, le plus grand régulateur financier de New York a menacé de retirer sa licence bancaire à Standard Chartered. Selon l’organisation, la banque avait "conspiré" avec le gouvernement iranien pour dissimuler au moins 60 000 transactions illégales — représentant au moins 250 milliards de dollars. A la Chronique Agora, nous ne prétendons pas savoir comment améliorer le monde. Nous savons simplement ce que nous aimons. Et nous n’aimons pas que d’autres nous disent quoi faire. Les gens qui insistent pour appliquer leurs idées au monde entier sont généralement les gens dont les idées sont idiotes. "Il faut toujours faire le contraire de ce qu’on vous dit de faire", nous a conseillé un ami en France dont le père était maire d’une petite ville durant la Deuxième guerre mondiale. Il continua : "Il y avait eu un ‘incident’. Je crois que la Résistance avait tué un soldat allemand dans la région. C’était vers la fin de la guerre, quand les nazis menaient des actions de représailles contre les civils. Ils dirent donc à mon père de rassembler toute la population sur la place du village. Au lieu de ça, mon père dit à tout le monde d’aller se cacher dans les bois environnants, ce qu’ils firent. Ils ont eu de la chance — ils ont survécu à la guerre". Les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village ▪ Monnaie électronique Aujourd’hui, les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village. Au lieu de billets, ils veulent nous forcer à utiliser des notations électroniques fidèlement enregistrées dans une banque réglementée par le gouvernement. Avez-vous déjà vu un de ces "billets électroniques", cher lecteur ? Nous non. Nous ne savons pas de quoi ils ont l’air. Et nous nous méfions profondément de toute cette histoire. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon — tout comme les banques centrales du Danemark, de la Suède et de la Suisse — ont déjà imposé une "taxe" sous forme de taux d’intérêt négatifs sur les comptes que leurs confient les banques commerciales. Ces banques centrales espèrent que les banques commerciales répercuteront cette nouvelle taxe à leurs clients. C’est déjà arrivé en Suisse… Selon notre collègue Chris Lowe, Alternative Bank Schweiz (ABS) commencera à facturer des taux négatifs sur les dépôts de ses clients cette année. ABS prélèvera une pénalité annuelle de 0,125% sur les dépôts de moins de 100 000 francs suisses et une pénalité annuelle de 0,75% sur les dépôts de plus de 100 000 francs suisses. Dans les faits, ABS fait payer ses clients pour déposer leur argent chez elle. Si on met un million d’euros en banque, avec un taux négatif de 0,75%, on revient un an plus tard et il reste 992 500 euros. La banque a confisqué les 7 500 euros manquants. A un taux négatif de 3%, disons… vous payez 30 000 euros par an juste pour laisser votre argent en banque. Voilà qui ressemble à une escroquerie. Les gouvernements abolissent le cash. Vous n’avez pas d’autre choix que de laisser votre épargne en banque. Et vous êtes forcé de payer la banque pour stocker votre argent. ▪ Le cash hors la loi Mais attendez… Les banques ne stockent pas du tout "votre" argent. Un dépôt bancaire, c’est une reconnaissance de dette de la part de votre banque. Il n’y a pas de billets dans un coffre-fort… juste des 1 et des 0 dans une banque de données quelque part. Si la banque décide de ne pas vous rendre "votre" argent, pas de chance. C’est comme si quelqu’un vous proposait de garder votre tarte aux cerises. Il mange ensuite la tarte, en promettant de vous en rendre une identique quand vous le voudrez. Et il a le culot de vous demander de l’argent chaque mois pour le "stockage" de la tarte. Et puis le jour où vous la voulez… il n’est pas en mesure de vous la donner. "Je n’ai plus de farine. Il faudra revenir demain", dit-il. Ou bien : "je suis désolé, mais le gouvernement a déclaré que les cerises sont une espèce en danger. Il m’est interdit de vous rendre votre tarte. Elle était très bonne, ceci dit". Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon… s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ? Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon… s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ? Imaginez avoir une automobile… et devoir payer des gens pour la conduire. Ou un appartement… et devoir payer des gens pour qu’ils veuillent bien y vivre. Quand on doit payer quelqu’un pour se débarrasser de quelque chose, vous imaginez combien votre argent vaut vraiment. Et quand votre banque — ou le Deep State — voudra confisquer votre argent, qui l’en empêchera ? Au moins, si vous possédez votre argent en espèces sonnantes et trébuchantes, ils doivent venir s’en emparer physiquement. Lorsqu’il est "à la banque" — n’existant sous aucune autre forme que des soldes bancaires électroniques — tout ce qu’ils ont à faire, c’est appuyer sur un bouton. C’est ce qui est arrivé à Chypre. Les banques allaient dans le mur… et les dépôts ont été confisqués pour les remettre à flot. Qui empêchera que la même chose se produise ailleurs ? Les juges nommés par le Deep State ? La police payée par le Deep State ? Les politiciens achetés par le Deep State ? Lorsque le cash sera hors la loi… seuls les hors-la-loi auront du cash. Et nous avons l’intention d’en faire partie.

Plus d'infos sur : http://la-chronique-agora.com/societe-sans-cash/
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L’économiste Larry Summers est une source fiable de sottises. Et un porte-parole régulier du Deep State — l’Etat profond. Un petit rappel pour les nouveaux lecteurs : les électeurs n’ont pas leur mot à dire sur qui régit un pays. C’est plutôt un "gouvernement de l’ombre", constitué de l’élite, de compères, de lobbyistes, de bureaucrates, de politiciens et de zombies — c’est-à-dire le Deep State — qui est en permanence au pouvoir. Dit plus simplement, peu importe le parti au pouvoir ; c’est le Deep State qui règne. Et à quoi est-il occupé en ce moment ? Larry Summers le sait. "Il est temps de tuer le billet de 100 $", écrit-il dans le Washington Post (une autre source fiable de sottises). ▪ Contrôler, taxer, confisquer Le Deep State veut que vous utilisiez de l’argent qu’il peut facilement contrôler, taxer et confisquer. Or la devise papier contrarie ses plans… La France a déjà interdit les transactions en cash de plus de 1 000 euros. Les plus grandes banques de Suède et de Norvège militent pour l’abolition pure et simple du cash. Il y a des plans aux plus hauts niveaux du gouvernement en Israël, en Inde et en Chine pour supprimer le cash de la circulation. Le PDG de la Deutsche Bank, John Cryan, prédit que le cash "n’existera probablement plus" d’ici 10 ans. Et voilà M. Summers dans le Washington Post : "Les activités illicites sont facilitées lorsqu’un million de dollars pèse 1,1 kg, comme dans le cas des billets de 500 euros, plutôt que 25 kg ou plus comme ce serait le cas si le billet de 20 $ était la dénomination la plus élevée". Il propose "un accord mondial pour cesser d’émettre des billets valant plus de 50 $ ou 100 $, par exemple. Un tel accord serait aussi significatif que tout ce que le G7 ou le G20 a fait depuis des années". Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ? Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ? Un article de recherche présenté par Peter Sands, ancien PDG de la banque britannique Standard Chartered, et publié pour la Harvard Kennedy School of Government. ▪ Des idées idiotes "Les billets à dénomination élevée", dit la publication, "ne jouent pas un grand rôle dans le fonctionnement de l’économie légitime, mais un rôle crucial pour l’économie souterraine". M. Sands sait sans doute de quoi il parle, en matière de dissimulation. Lorsqu’il était PDG, le plus grand régulateur financier de New York a menacé de retirer sa licence bancaire à Standard Chartered. Selon l’organisation, la banque avait "conspiré" avec le gouvernement iranien pour dissimuler au moins 60 000 transactions illégales — représentant au moins 250 milliards de dollars. A la Chronique Agora, nous ne prétendons pas savoir comment améliorer le monde. Nous savons simplement ce que nous aimons. Et nous n’aimons pas que d’autres nous disent quoi faire. Les gens qui insistent pour appliquer leurs idées au monde entier sont généralement les gens dont les idées sont idiotes. "Il faut toujours faire le contraire de ce qu’on vous dit de faire", nous a conseillé un ami en France dont le père était maire d’une petite ville durant la Deuxième guerre mondiale. Il continua : "Il y avait eu un ‘incident’. Je crois que la Résistance avait tué un soldat allemand dans la région. C’était vers la fin de la guerre, quand les nazis menaient des actions de représailles contre les civils. Ils dirent donc à mon père de rassembler toute la population sur la place du village. Au lieu de ça, mon père dit à tout le monde d’aller se cacher dans les bois environnants, ce qu’ils firent. Ils ont eu de la chance — ils ont survécu à la guerre". Les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village ▪ Monnaie électronique Aujourd’hui, les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village. Au lieu de billets, ils veulent nous forcer à utiliser des notations électroniques fidèlement enregistrées dans une banque réglementée par le gouvernement. Avez-vous déjà vu un de ces "billets électroniques", cher lecteur ? Nous non. Nous ne savons pas de quoi ils ont l’air. Et nous nous méfions profondément de toute cette histoire. La Banque centrale européenne et la Banque du Japon — tout comme les banques centrales du Danemark, de la Suède et de la Suisse — ont déjà imposé une "taxe" sous forme de taux d’intérêt négatifs sur les comptes que leurs confient les banques commerciales. Ces banques centrales espèrent que les banques commerciales répercuteront cette nouvelle taxe à leurs clients. C’est déjà arrivé en Suisse… Selon notre collègue Chris Lowe, Alternative Bank Schweiz (ABS) commencera à facturer des taux négatifs sur les dépôts de ses clients cette année. ABS prélèvera une pénalité annuelle de 0,125% sur les dépôts de moins de 100 000 francs suisses et une pénalité annuelle de 0,75% sur les dépôts de plus de 100 000 francs suisses. Dans les faits, ABS fait payer ses clients pour déposer leur argent chez elle. Si on met un million d’euros en banque, avec un taux négatif de 0,75%, on revient un an plus tard et il reste 992 500 euros. La banque a confisqué les 7 500 euros manquants. A un taux négatif de 3%, disons… vous payez 30 000 euros par an juste pour laisser votre argent en banque. Voilà qui ressemble à une escroquerie. Les gouvernements abolissent le cash. Vous n’avez pas d’autre choix que de laisser votre épargne en banque. Et vous êtes forcé de payer la banque pour stocker votre argent. ▪ Le cash hors la loi Mais attendez… Les banques ne stockent pas du tout "votre" argent. Un dépôt bancaire, c’est une reconnaissance de dette de la part de votre banque. Il n’y a pas de billets dans un coffre-fort… juste des 1 et des 0 dans une banque de données quelque part. Si la banque décide de ne pas vous rendre "votre" argent, pas de chance. C’est comme si quelqu’un vous proposait de garder votre tarte aux cerises. Il mange ensuite la tarte, en promettant de vous en rendre une identique quand vous le voudrez. Et il a le culot de vous demander de l’argent chaque mois pour le "stockage" de la tarte. Et puis le jour où vous la voulez… il n’est pas en mesure de vous la donner. "Je n’ai plus de farine. Il faudra revenir demain", dit-il. Ou bien : "je suis désolé, mais le gouvernement a déclaré que les cerises sont une espèce en danger. Il m’est interdit de vous rendre votre tarte. Elle était très bonne, ceci dit". Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon… s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ? Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon… s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ? Imaginez avoir une automobile… et devoir payer des gens pour la conduire. Ou un appartement… et devoir payer des gens pour qu’ils veuillent bien y vivre. Quand on doit payer quelqu’un pour se débarrasser de quelque chose, vous imaginez combien votre argent vaut vraiment. Et quand votre banque — ou le Deep State — voudra confisquer votre argent, qui l’en empêchera ? Au moins, si vous possédez votre argent en espèces sonnantes et trébuchantes, ils doivent venir s’en emparer physiquement. Lorsqu’il est "à la banque" — n’existant sous aucune autre forme que des soldes bancaires électroniques — tout ce qu’ils ont à faire, c’est appuyer sur un bouton. C’est ce qui est arrivé à Chypre. Les banques allaient dans le mur… et les dépôts ont été confisqués pour les remettre à flot. Qui empêchera que la même chose se produise ailleurs ? Les juges nommés par le Deep State ? La police payée par le Deep State ? Les politiciens achetés par le Deep State ? Lorsque le cash sera hors la loi… seuls les hors-la-loi auront du cash. Et nous avons l’intention d’en faire partie.

Plus d'infos sur : http://la-chronique-agora.com/societe-sans-cash/
Copyright © Publications Agora
L’économiste Larry Summers est une source fiable de sottises. Et un porte-parole régulier duDeep State – l’Etat profond.
Un petit rappel pour les nouveaux lecteurs : les électeurs n’ont pas leur mot à dire sur qui régit un pays. C’est plutôt un « gouvernement de l’ombre », constitué de l’élite, de compères, de lobbyistes, de bureaucrates, de politiciens et de zombies – c’est-à-dire le Deep State – qui est en permanence au pouvoir. Dit plus simplement, peu importe le parti au pouvoir ; c’est leDeep State qui règne.

Et à quoi est-il occupé en ce moment ?
Larry Summers le sait.
« Il est temps de tuer le billet de 100$ », écrit-il dans le Washington Post (une autre source fiable de sottises).

Contrôler, taxer, confisquer
Le Deep State veut que vous utilisiez de l’argent qu’il peut facilement contrôler, taxer et confisquer. Or la devise papier contrarie ses plans…
La France a déjà interdit les transactions en cash de plus de 1 000 euros. Les plus grandes banques de Suède et de Norvège militent pour l’abolition pure et simple du cash. Il y a des plans aux plus hauts niveaux du gouvernement en Israël, en Inde et en Chine pour supprimer le cash de la circulation. Le PDG de la Deutsche Bank, John Cryan, prédit que lecash « n’existera probablement plus » d’ici 10 ans.
Et voilà M. Summers dans le Washington Post :« Les activités illicites sont facilitées lorsqu’un million de dollars pèse 1,1 kg, comme dans le cas des billets de 500 euros, plutôt que 25 kg ou plus comme ce serait le cas si le billet de 20 $ était la dénomination la plus élevée ». Il propose « un accord mondial pour cesser d’émettre des billets valant plus de 50 $ ou 100 $, par exemple. Un tel accord serait aussi significatif que tout ce que le G7 ou le G20 a fait depuis des années ».
Qu’est-ce qui fait croire à M. Summers qu’interdire ces billets serait une bonne chose ?
Un article de recherche présenté par Peter Sands, ancien PDG de la banque britannique Standard Chartered, et publié pour la Harvard Kennedy School of Government.

Des idées idiotes
« Les billets à dénomination élevée », dit la publication, « ne jouent pas un grand rôle dans le fonctionnement de l’économie légitime, mais un rôle crucial pour l’économie souterraine ». M. Sands sait sans doute de quoi il parle, en matière de dissimulation.
Lorsqu’il était PDG, le plus grand régulateur financier de New York a menacé de retirer sa licence bancaire à Standard Chartered. Selon l’organisation, la banque avait « conspiré » avec le gouvernement iranien pour dissimuler au moins 60 000 transactions illégales, représentant au moins 250 milliards de dollars.
A la Chronique Agora, nous ne prétendons pas savoir comment améliorer le monde. Nous savons simplement ce que nous aimons. Et nous n’aimons pas que d’autres nous disent quoi faire.
Les gens qui insistent pour appliquer leurs idées au monde entier sont généralement les gens dont les idées sont idiotes.
« Il faut toujours faire le contraire de ce qu’on vous dit de faire », nous a conseillé un ami en France dont le père était maire d’une petite ville durant la Deuxième guerre mondiale. Il continua :« Il y avait eu un ‘incident’. Je crois que la Résistance avait tué un soldat allemand dans la région. C’était vers la fin de la guerre, quand les nazis menaient des actions de représailles contre les civils. Ils dirent donc à mon père de rassembler toute la population sur la place du village.Au lieu de ça, mon père dit à tout le monde d’aller se cacher dans les bois environnants, ce qu’ils firent. Ils ont eu de la chance — ils ont survécu à la guerre ».

Monnaie électronique
Aujourd’hui, les autorités en général et M. Summers en particulier veulent que nous rassemblions notre cash sur la place du village.
Au lieu de billets, ils veulent nous forcer à utiliser des notations électroniques fidèlement enregistrées dans une banque réglementée par le gouvernement.
Avez-vous déjà vu un de ces « billets électroniques », cher lecteur ?
Nous non. Nous ne savons pas de quoi ils ont l’air. Et nous nous méfions profondément de toute cette histoire.
La Banque centrale européenne et la Banque du Japon, tout comme les banques centrales du Danemark, de la Suède et de la Suisse, ont déjà imposé une « taxe » sous forme de taux d’intérêt négatifs sur les comptes que leurs confient les banques commerciales.
Ces banques centrales espèrent que les banques commerciales répercuteront cette nouvelle taxe à leurs clients. C’est déjà arrivé en Suisse. Selon notre collègue Chris Lowe, Alternative Bank Schweiz (ABS) commencera à facturer des taux négatifs sur les dépôts de ses clients cette année.
ABS prélèvera une pénalité annuelle de 0,125% sur les dépôts de moins de 100 000 francs suisses et une pénalité annuelle de 0,75% sur les dépôts de plus de 100 000 francs suisses. Dans les faits, ABS fait payer ses clients pour déposer leur argent chez elle.
Si on met un million d’euros en banque, avec un taux négatif de 0,75%, on revient un an plus tard et il reste 992 500 euros. La banque a confisqué les 7 500 euros manquants.
A un taux négatif de 3%, disons… vous payez 30 000 euros par an juste pour laisser votre argent en banque. Voilà qui ressemble à une escroquerie.
Les gouvernements abolissent le cash. Vous n’avez pas d’autre choix que de laisser votre épargne en banque. Et vous êtes forcé de payer la banque pour stocker votre argent.

Le cash hors la loi
Mais attendez…
Les banques ne stockent pas du tout « votre » argent. Un dépôt bancaire, c’est une reconnaissance de dette de la part de votre banque. Il n’y a pas de billets dans un coffre-fort… juste des 1 et des 0 dans une banque de données quelque part.
Si la banque décide de ne pas vous rendre « votre » argent, pas de chance.
C’est comme si quelqu’un vous proposait de garder votre tarte aux cerises. Il mange ensuite la tarte, en promettant de vous en rendre une identique quand vous le voudrez. Et il a le culot de vous demander de l’argent chaque mois pour le « stockage » de la tarte.
Et puis le jour où vous la voulez… il n’est pas en mesure de vous la donner. « Je n’ai plus de farine. Il faudra revenir demain », dit-il. Ou bien : « je suis désolé, mais le gouvernement a déclaré que les cerises sont une espèce en danger. Il m’est interdit de vous rendre votre tarte. Elle était très bonne, ceci dit ».
Combien vaut cette tarte électronique, de toute façon… s’il faut payer quelqu’un pour la manger à votre place ?
Imaginez avoir une automobile… et devoir payer des gens pour la conduire. Ou un appartement… et devoir payer des gens pour qu’ils veuillent bien y vivre.
Quand on doit payer quelqu’un pour se débarrasser de quelque chose, vous imaginez combien votre argent vaut vraiment.
Et quand votre banque, ou le Deep State, voudra confisquer votre argent,qui l’en empêchera ? Au moins, si vous possédez votre argent en espèces sonnantes et trébuchantes, ils doivent venir s’en emparer physiquement. Lorsqu’il est « à la banque », n’existe sous aucune autre forme que des soldes bancaires électroniques, tout ce qu’ils ont à faire, c’est appuyer sur un bouton.
C’est ce qui est arrivé à Chypre. Les banques allaient dans le mur… et les dépôts ont été confisqués pour les remettre à flot.
Qui empêchera que la même chose se produise ailleurs ?
Les juges nommés par le Deep State ? La police payée par le Deep State ? Les politiciens achetés par le Deep State ?
Lorsque le cash sera hors la loi… seuls les hors-la-loi auront du cash. Et nous avons l’intention d’en faire partie.

La Chronique Agora

mardi 25 août 2015

Krach boursier : gardez la foi, la Fed et Janet Yellen veillent au grain ! Par Bill Bonner


Nous n’avions même pas terminé notre café du matin lorsque nous avons reçu un message alarmant de Stephen Jones, qui effectue des recherches quantitatives pour nous.
Il travaille à un système simple permettant d’indiquer quand les marchés sont sur- ou sous-évalués, et les rendements qu’on peut en attendre. Nous vous avons déjà parlé de ses prévisions de long terme : il s’attend à ce que les marchés boursiers perdent environ 10% par an sur les 10 prochaines années. De sorte que si le Dow est aux environs de 8 500 en août 2025, Stephen aura eu raison.
Mais qu’en est-il aujourd’hui ? Que pouvons-nous attendre à court terme ?
Nous n’en savons rien, mais dès vendredi, Stephen nous avait envoyé une "Alerte au Krach" — c’est la première fois qu’il émettait un tel signal. Voici ce qu’il disait :

"… Les preuves suggèrent qu’un retournement significatif et dramatique est imminent pour les marchés boursiers. Qu’entendons-nous par ‘significatif’, ‘dramatique’ et ‘imminent’ ? Par ‘significatif’, nous voulons dire un déclin de plus de 50%. ‘Dramatique’ signifie qu’il se déroulera sur une période de moins de trois ans. On trouve par exemple le déclin de 21 mois entre janvier 2973 et septembre 1974, la dégringolade de 25 mois entamée en août 2000, ou encore la chute sur 17 mois d’octobre 2007 à mars 2009.
 [...] Alors que les rendements historiques ralentissent, il en va de même pour le sentiment des investisseurs. On arrive alors à un point où les investisseurs deviennent négatifs. Une fois passé ce point, un déclin auto-réalisateur s’enclenche.
Les similitudes [par rapport aux krachs de 2000... 2008...] sont assez frappantes… Notre environnement actuel suggère la même chose".
Testé rétroactivement jusqu’en 1952, l’indicateur de Stephen n’a été aux niveaux actuels que 7% du temps. Et lorsque c’est arrivé, les investisseurs ont subi de grosses pertes.

Nous ne tirons aucun plaisir d’une débâcle boursière. Pas personnellement, en tout cas. Nous gagnons notre vie en fournissant des commentaires économiques et des conseils financiers. C’est mauvais pour les affaires.

Tout de même, nous pouvons nous en réjouir indirectement… et… nous l’admettons… peut-être que nous aurons un bref sourire sombre… le genre que les Allemands décrivent en un mot : Schadenfreude. Le capitalisme de copinage est en déroute. M. le Marché, M. Tout-le-Monde, l’économie réelle, les travailleurs font enfin leur retour. Tous ces rachats d’actions — à des cours record — commencent enfin à ressembler à ce qu’ils sont depuis le début : le pillage des entreprises par les initiés. Quant aux beaux discours sur la stimulation et la reprise, ils semblent prendre enfin leur vrai visage : des sottises. (...)
... Lire la suite : La Chronique Agora 


Bill Bonner. Une interview par Albert Lu (Sprott 2015) (VO non sous-titrée)

jeudi 28 mai 2015

Enfer et société sans cash par Bill Bonner

Une vision de l’enfer trouble notre sommeil ; la vision de ce que seront les Etats-Unis en particulier — et le monde occidental en général — lorsque les autorités auront effacé cinq millénaires de progrès et auront posé leur botte sur notre nuque.
Voici ce que disait Peter Bofinger dans Der Spiegel : "considérant les possibilités techniques actuelles, les billets et les pièces sont en fait un anachronisme". Ils ont rendu les paiements incroyablement difficiles, les gens perdant beaucoup de temps à la caisse tandis qu’ils attendent que la personne devant eux fouille dans ses affaires pour trouver son argent et que le caissier leur rende la monnaie (au lieu, par exemple, d’attendre que la personne trouve la bonne carte de crédit, tape son code et attende l’approbation de la transaction).
Mais le gain de temps n’est pas le principal avantage de l’élimination du cash. Cela permettrait aussi d’assécher les marchés noirs et le trafic de drogue. En euros, quasiment un tiers des espèces sont des billets de 500 euros. Personne n’en a besoin pour faire ses courses ; des personnalités douteuses les utilisent pour leurs propres activités.

"Il serait plus facile, pour les banques centrales, d’imposer leurs politiques monétaires. Actuellement, elles ne peuvent faire passer les taux d’intérêt radicalement sous le zéro parce que les épargnants accumuleraient des espèces. S’il n’y a pas d’espèces, la limite est éliminée".
▪ Bienvenue dans la préhistoire
Oui, cher lecteur, voilà ce qui se profile à l’horizon… Un terrible recul, au-delà des âges les plus sombres, pour revenir dans la boue et la vase de la préhistoire. A l’époque, la "monnaie" moderne n’avait pas été inventée. On ne pouvait échanger qu’avec des gens qu’on connaissait… et sur une échelle très limitée. Le capitalisme était impossible. Le progrès était inatteignable. La richesse ne pouvait être accumulée.
Ensuite sont arrivées les pièces d’or et d’argent — du vrai cash
Ensuite sont arrivées les pièces d’or et d’argent — du vrai cash. On n’avait pas besoin de connaître la personne avec qui l’on échangeait. On ne connaissait pas sa famille. Ou ses motivations. Ou ses finances personnelles. Et on n’avait pas besoin de noter qui devait quoi à qui. On pouvait simplement payer — en liquide.
Cela a rendu le commerce et l’industrie modernes possibles.
Cette nouvelle richesse a également fourni aux gens une nouvelle sorte de liberté. Ils pouvaient voyager — et payer leur nourriture et leur logement avec cette monnaie. Ils pouvaient investir… et utiliser cette richesse privée pour créer encore plus de richesse. Ils pouvaient même lever leurs propres armées… construire leurs propres fortifications… et défier les élites au pouvoir.
A présent, les gouvernements du monde entier tentent d’abolir le cash. Des économistes de renom veulent qu’il soit aboli. Il y a déjà des limites à l’utilisation du cash dans de nombreux pays.
▪ Pourquoi les autorités veulent-elles éliminer les espèces ?
N’est-ce pas évident ? Elles veulent vous contrôler, vous et votre argent. Où l’avez-vous obtenu, veulent-elles savoir. Qu’allez-vous en faire ? Elles veulent avoir leur mot à dire sur la question. N’allez-vous pas l’utiliser pour faire quelque chose de "mal" ? Bon sang, vous pourriez soutenir "le terrorisme"… faire de l’évasion fiscale… voire acheter un paquet de cigarettes.
Les possibilités sont trop nombreuses pour être ignorées. Et les arguments sont trop persuasifs pour arrêter. Le site Zero Hedge résume les "pour" :
- Améliorer la base fiscale, puisque la plupart/toutes les transactions dans l’économie pourraient être suivies par le gouvernement ;
– Entraver l’économie parallèle, surtout dans les activités illicites ;
– Forcer les gens à convertir leur épargne en consommation et/ou investissement, fournissant ainsi une stimulation au PIB et à l’emploi.
Pour la première fois en 5 000 ans, les dirigeants auront un moyen de contrôler le peuple en lui coupant les vivres
Ces arguments sont creux, mais ils seront probablement convaincants. Et pour la première fois en 5 000 ans, les dirigeants auront un moyen de contrôler le peuple en lui coupant les vivres. La monnaie électronique, gérée par un système bancaire contrôlé par le gouvernement, permet aux autorités de nous mettre là où elles nous veulent : avec des barreaux à nos cages et des fouets au-dessus de nos têtes. Toutes les transactions pourraient être soumises à approbation. Et chacun d’entre nous saurait qu’il pourrait sentir le fouet des autorités à tout moment.
▪ Un redoutable outil de pouvoir
En Argentine, entre 1974 et 1983, approximativement 13 000 personnes ont "disparu". C’est-à-dire qu’elles ont été rassemblées par les escadrons de la mort, tuées, jetées depuis des avions ou noyées dans les rivières.
Combien plus facile — et aussi plus humain — sera-t-il de simplement couper l’accès à l’argent ? Avec les systèmes de reconnaissance faciale, les autorités pourraient identifier n’importe qui dans n’importe quel environnement — dans un café, dans une manifestation ou devant un distributeur de billets. Ensuite, en quelques clics de souris, les comptes pourraient être gelés… ou confisqués. Le pauvre citoyen "disparaîtrait" en quelques secondes, incapable désormais de participer à la vie publique… forcé de fouiller les poubelles pour survivre.
Et qui oserait l’aider ? Qui oserait le soutenir ? Qui oserait s’exprimer contre ce nouveau système diabolique ? Eux aussi seraient marqués comme indésirables… et disparaîtraient. Imaginez le candidat politique qui découvrirait soudain que ses soutiens n’ont pas d’argent… Ou un lanceur d’alerte qui n’a plus rien à lancer.
Sommes-nous en train d’halluciner ? Nous inquiétons-nous pour rien ?
Sommes-nous en train d’halluciner ? Nous inquiétons-nous pour rien ?
En Argentine, les dirigeants militaires ont commencé par cibler les révolutionnaires gauchistes — qui posaient peut-être une vraie menace pour la république. Ensuite, les cibles sont devenues plus variées — des étudiants, des adversaires politiques, des intellectuels, des syndicalistes et quiconque dont ils voulaient se débarrasser.
Cette période a pris fin quand les généraux ont fort inconsidérément envahi les îles Malouines et proclamé leur souveraineté. Les gens simples se laissent facilement entraîner dans une guerre — aussi crétin qu’en soit le prétexte. Comme l’avaient espéré les dirigeants, les Argentins se sont ralliés derrière leurs soldats.
Mais les Anglais ne jouèrent pas le rôle attendu par les généraux. Au lieu de négocier un accord, ils envoyèrent leur flotte. En quelques semaines, les Anglais avaient coulé le Belgrano et pilonnaient les troupes argentines mal préparées, frissonnant dans l’Atlantique sud.
Ce fut une trop grande humiliation pour les gauchos. L’Union Jack flotta à nouveau sur les Falkland, les généraux furent renversés et les disparitions cessèrent.
Sommes-nous plus intelligents que les Argentins ? Nos politiciens sont-ils plus honnêtes ou plus fidèles à l’esprit des lois ? Le pouvoir corrompt-il moins dans l’hémisphère nord qu’au sud de l’équateur ?
Nous en doutons fortement.

Source : La Chronique Agora

mercredi 25 février 2015

Crise du crédit : le jour où votre carte bancaire ne servira plus à rien, par Bill Bonner

Bill Bonner
Rappelez-vous cet avertissement quand ça arrivera. C’est-à-dire quand vous irez au distributeur retirer de l’argent… et qu’il n’y en aura pas ! 

Oui, alors que nous méditions sur ce qui se passe vraiment dans le bizarre système monétaire actuel, une idée saisissante nous est venue.
Notre système financier pourrait subir un retournement stupéfiant et catastrophique que personne ou presque n’imagine… sans parler de l’anticiper. Vous vous rappelez le tsunami mortel qui a frappé les côtes d’Asie du sud-est, tuant des milliers de personnes et causant des milliards de dollars de dégâts ? Eh bien, juste avant que la muraille d’eau de plus de 10 m de haut ne s’abatte sur les plages, une chose extrêmement étrange s’est produite : l’eau a disparu.
La marée s’est retirée plus loin que jamais. Les pêcheurs locaux se sont immédiatement mis à l’abri. Ils savaient ce que ça signifiait. Mais les touristes sont partis à la chasse aux coquillages !
Il pourrait arriver la même chose à la masse monétaire. Le cash pourrait s’évaporer de manière aussi soudaine que désastreuse — juste avant que nous nous y noyions.
Voici comment… et pourquoi.

Ce que nous utilisons comme argent aujourd’hui, c’est en majeure partie du crédit. Il nous est fourni par l’industrie du crédit. Nous ne le voyons jamais. Nous ne le touchons jamais. Nous ne le sentons pas. Nous ne le comptons pas pièce à pièce. Nous ne le perdons pas derrière les coussins du canapé.
Le secteur financier fait des profits — en grande quantité — en nous offrant ce nouvel argent à crédit. Il en produit autant que ce que nous sommes prêts à payer. Après tout, pour une banque, créer du nouveau crédit ne coûte quasiment rien. C’est pour cette raison que nous en avons une si grande quantité.
Comment ce système monétaire se comportera-t-il durant une contraction profonde ou prolongée du crédit ?
Jamais encore un système monétaire de ce genre n’avait existé. Et il n’a connu qu’une époque d’expansion colossale du crédit. De sorte qu’il n’a jamais été complètement testé. Comment ce système monétaire se comportera-t-il durant une contraction profonde ou prolongée du crédit ? Peut-il survivre à un grave marché baissier des obligations ou des actions ? Que se passerait-il si les prix à la consommation s’envolaient ?

▪ Une situation sans précédent pour le système
Notre système monétaire actuel a commencé en 1971. Il a survécu à une inflation de 13% par an en 1980, mais Paul Volcker était aux commandes, restreignant l’offre de nouveau crédit et limitant l’inflation. Le système a également survécu à la crise de 2008-2009 ; mais ensuite, Ben Bernanke a radicalement augmenté le flux de crédit en mettant les taux proches de zéro et en rachetant des milliers de milliards de dollars d’obligations.
La prochaine crise pourrait être très différente. Les taux directeurs sont déjà à zéro… voire au-dessous. Les banques centrales rachètent désormais plus de 100% des nouvelles dettes gouvernementales (grâce au QE). Dans l’ensemble, la dette a atteint des niveaux encore sans précédent… et continue de se développer — bien au-delà de ce que l’économie réelle peut soutenir.
A un moment ou à un autre… une correction de la dette est inévitable. Les expansions de dette sont toujours… toujours… suivies de contractions. Il n’y a pas d’autre moyen. La dette ne peut augmenter éternellement.
Lorsque ça arrivera, les taux zéro et le QE ne suffiront pas à renverser la vapeur, parce qu’ils sont déjà pied au plancher. Alors ?
Une crise du crédit pourrait être déclenchée par n’importe quoi. Lorsqu’elle démarrera, la valeur de la dette chutera brusquement et rapidement
Une crise du crédit pourrait être déclenchée par n’importe quoi. Lorsqu’elle démarrera, la valeur de la dette chutera brusquement et rapidement. Les créditeurs se tourneront vers leurs emprunteurs… les traders se tourneront vers leurs contreparties… les banquiers se tourneront les uns vers les autres…
… et tout à coup, personne ne voudra plus se séparer d’un seul centime, de peur de ne plus jamais le revoir. La fin du crédit.
Ce n’est pas simplement que personne ne veut prêter ; personne ne veut emprunter non plus — à part les gens désespérés qui n’ont pas d’autre choix, généralement ceux qui n’ont aucune chance de rembourser leurs dettes.
Comme durant la crise de 2008-2009, nous pouvons attendre une réponse rapide des autorités. La Fed annoncera de nouvelles facilités d’emprunt illimitées. Mais ça n’aura aucun effet. L’immobilier sera en chute libre ; qui prêtera contre la valeur d’une maison ? Les valeurs seront en plein krach ; qui pourrait emprunter sur la valeur de son portefeuille ? L’art, les objets de collections, les ressources naturelles — tous feront le plongeon ; tous les nantissements seront dans le rouge.
Durant la dernière crise, toutes les grandes banques et sociétés d’investissement auraient fait faillite sans l’intervention des autorités. La prochaine fois, il ne sera peut-être pas aussi facile de les sauver. La prochaine crise affectera probablement toutes les classes d’actifs. Et avec 60 000 milliards de dollars de dettes supplémentaires dans le monde par rapport à 2007 — ce sera probablement bien plus difficile à arrêter.

▪ La prochaine étape
Est-ce que vous nous suivez jusqu’à présent ? Parce que c’est là que les choses deviennent intéressantes.
Dans un système monétaire "normal"… avec, disons, des pièces d’or ou même des morceaux de papier… les prix chutent. Mais l’argent est toujours là ; il ne disparaît pas. Il prend au contraire de la valeur parce qu’on peut l’utiliser pour acheter plus de choses. Naturellement, les gens le conservent. La vélocité de la monnaie chute, de sorte que "l’offre" de monnaie semble chuter aussi.
L’argent ne cesse pas simplement de circuler. Il disparaît
Imaginez maintenant ce qui se passe dans un système de monnaie à crédit. L’argent ne cesse pas simplement de circuler. Il disparaît. Parce que le crédit sous-jacent disparaît. Tous les prix chutent. Soudain, le "crédit" ne vaut rien. Une personne qui avait des "actifs" (assurés par le crédit) de 10 000 $ en juin pourrait se retrouver avec zéro en juillet. Une entreprise qui met des liquidités dans le rachat de ses propres actions une semaine… pourrait trouver ces actions divisées par deux la semaine suivante. Une personne ayant un portefeuille boursier de 100 000 $ le lundi pourrait réaliser que son portefeuille n’a plus aucune valeur quelques jours plus tard.
Tout ça est relativement standard dans une crise du crédit. La nouveauté — et elle est terrible –, c’est que les gens feront ce qu’ils font toujours, mais se retrouveront forcés de le faire d’une manière radicalement différente. Ils cessent de dépenser. Ils stockent des liquidités. Mais quelles liquidités stocker lorsque la plupart des transactions sont faites à crédit ? Stocke-t-on une ligne de crédit ? Met-on sa carte bancaire dans son coffre-fort ?
Non. Les gens stockeront le genre de cash qu’ils comprennent… une chose sur laquelle ils peuvent littéralement mettre la main… une chose qui voit sa valeur augmenter réellement — et rapidement. Ils voudront de la vraie monnaie papier.
Suivant un schéma également bien connu, cette monnaie papier réelle disparaîtra rapidement. Les gens videront les distributeurs. Ils voudront de l’argent tangible — de l’argent à l’ancienne, qu’ils peuvent mettre en sécurité chez eux et dans leurs poches…

▪ Et ensuite ?
Faisons une pause pour nous rappeler, cher lecteur, qu’on parle là d’une période très courte : des jours, peut-être des semaines — quelques mois tout au plus. Il s’agit de la période après que la crise du crédit ait aspiré tout le cash du système… et avant que le tsunami d’inflation des gouvernements ne frappe.
Comme l’a dit Ben Bernanke, "une banque centrale déterminée peut toujours créer de l’inflation des prix à la consommation positive". Mais ça prend du temps !
Une ruée sur les billets de banques, les gens cherchant désespérément à s’en emparer pour payer la nourriture
Pendant cet intervalle, la panique s’installera. Une ruée sur les billets de banques, les gens cherchant désespérément à s’en emparer pour payer la nourriture… le carburant… tout ce dont ils ont besoin.
Le crédit sera peut-être encore disponible. Mais il ne servira à rien. Personne n’en voudra. Les distributeurs et les banques se retrouveront à cours de cash. Les banques mettront des pancartes en vitrine : d’abord "les retraits en liquide sont limités". Puis "pas de retraits en espèces".
Vous vous retrouverez avec une "carte de crédit" dont la réserve se monte à 10 000 euros. Mais toutes les institutions financières vacillent. Dans le journal, vous lisez que votre banque a fait faillite et a été placée sous tutelle. Que préféreriez-vous ? Votre réserve de crédit de 10 000 euros… ou une pile de billets de 500 euros ?
Vous irez faire le plein. Vous sortirez votre carte de crédit pour payer :
"Paiement en espèces uniquement", dira un panneau. Parce que tout le mécanisme de l’économie du crédit sera en train de s’effondrer. La station-service… ses fournisseurs… et ses financiers ne veulent pas se retrouver coincés avec un "crédit" de votre prêteur en faillite !
Quelles cartes de crédit seront encore bonnes ? Quelles réserves auront encore de la valeur ? Quelle banque est sur le point de faire faillite ? Qui honorera sa dette de carte de crédit ? Lors d’une crise, ces questions seront aussi ordinaires que "qui gagnera un Oscar" l’était hier.
Personne ne connaîtra les réponses. Rapidement, les gens cesseront de jouer aux devinettes… et se tourneront vers les espèces sonnantes et trébuchantes.
Notre conseil : gardez du vrai cash sous la main. Vous pourriez en avoir besoin.


Source : La Chronique Agora

jeudi 3 avril 2014

L’Etat profond s’est installé aux Etats-Unis


Par Bill Bonner

Nous sommes allé à Cafayate il y a quelques jours, à trois heures de route du ranch — sur des pistes la majeure partie du temps. Nos vieux amis Doug Casey et John Mauldin donnaient une conférence.
L’"Etat profond", entre autres choses, faisait partie des sujets débattus.
"Le terme vient en fait de la Turquie", a expliqué Doug. "Les gens se sont rendu compte qu’il y a le gouvernement… vous savez, le gouvernement dont on parle à l’école. Et il y a un gouvernement plus en profondeur, plus important. Il n’est décrit dans aucune constitution. Les journaux n’en parlent pas. Pour la plupart des gens, il est largement invisible. Mais c’est ainsi que le pays est gouverné".
En deux mots, Doug — et de nombreux autres — pensent qu’un "Etat profond" s’est installé aux Etats-Unis.

"La Guerre de Sécession a été la guerre la plus importante et la plus sanglante que les Etats-Unis aient jamais vécue", a continué Doug. "Quasiment tout le pays était mobilisé, avec une plus grande proportion d’hommes sous les drapeaux que jamais auparavant — et depuis. Mais une fois la guerre terminée, les soldats sont rentrés chez eux. L’armée était minuscule. Et les choses se revenues à la normale. Idem après la Première Guerre mondiale".
"Après la Deuxième guerre mondiale, les choses ont commencé à changer. Petit à petit, une partie croissante des ressources américaines est allée à l’armée de manière permanente, quand bien même il n’y avait pas de guerre digne de ce nom".
Après la Deuxième guerre mondiale, le retour sur investissement du secteur militaire a chuté. Pourquoi ?
▪ Pourquoi un tel changement ?
Pour regarder les choses autrement, après la Deuxième guerre mondiale, le retour sur investissement du secteur militaire a chuté. Pourquoi ? Parce qu’il n’y avait pas de guerre valant la peine d’être menée. Il n’y avait pas de véritable rival pour les Etats-Unis… en dehors de l’Union soviétique, qui s’est révélée être une menace creuse. Puis, en 1989, l’Union soviétique a disparu… alors que les dépenses américaines pour la "sécurité" ralentissaient à peine.
Après les années 80, les Etats-Unis ont été conquis par l’Etat profond… dont les intérêts utilisaient la "sécurité" pour justifier de gigantesques transferts de pouvoir et d’argent du public vers eux-mêmes.
"La France aussi a eu un Etat profond," a avancé Elizabeth durant le voyage de retour. "Pendant la Révolution, il y avait des comités politiques secrets, une armée parallèle et tout un système destiné à contrôler les gens. Les révolutionnaires utilisaient la terreur — y compris l’idée que le pays était rempli d’espions — pour maintenir la population dans la peur et l’inquiétude. Un peu comme ce qu’on voit aux Etats-Unis avec toutes ces agences secrètes et ces alertes Code rouge. Tout ça est conçu pour entretenir l’angoisse générale… et faire en sorte que la population continue d’obéir à l’Etat".
Il n’en a pas été question durant notre conversation à Cafayate, mais l’idée d’Etat profond va plus loin que simplement l’armée. Dans l’Amérique moderne, des arrangements informels et largement cachés existent dans tous les secteurs principaux — en particulier la santé, l’éducation et la finance. Dans ces secteurs, tout est minutieusement réglementé jusqu’au moindre détail pour empêcher l’innovation et la concurrence.
Nous avons déjà parlé du pourcentage élevé de généraux à la retraite qui ont des sinécures dans le secteur de la défense. Il en va de même pour bon nombre de chercheurs, d’universitaires ou d’huiles de Wall Street — tous circulent en toute fluidité entre le gouvernement, des think tanks quasi-publics et des entreprises privées… échangeant des informations, des faveurs et des dessous-de-table.
Regardez Tim Geithner. Il a renfloué Wall Street (on estime désormais le coût total à 10 000 milliards de dollars… en tenant compte de l’aide de la Fed). Surprise, surprise ! Il est désormais partenaire de l’une des sociétés de private equity de Wall Street.
Dans tous ces secteurs, le retour sur tout investissement additionnel frôle le zéro… ou est déjà négatif. Malgré ça, l’Etat profond insiste pour qu’ils reçoivent de plus en plus de ressources.
▪ Pourtant, personne ne bouge…
David Stockman sait cela mieux que quiconque. Il faisait partie du gouvernement en tant que directeur du budget sous Ronald Reagan. Ensuite, il est allé à Wall Street où il est lui aussi devenu partenaire dans une société de private equity. Il a observé la conquête du pays par des institutions de l’Etat profond financées par de l’argent emprunté… et avec un but principal — veiller à leurs propres intérêts.
Stockman appelle cette transformation de la société américaine "la Grande déformation". C’est ce qui arrive quand le capitalisme est corrompu par le gouvernement et son appareil d’Etat profond.
"L’Etat profond", a expliqué Doug, "comprend des dizaines d’agences dont personne n’est rien censé savoir. Il inclut un million de personnes ayant des accès top secret à la CIA. Au plus bas niveau, il y a les gens qui vous fouillent à l’aéroport… et au plus haut niveau, il y a les gens qui gagnent des millions de dollars en fournissant des contrats de services au gouvernement".
"Les Américains, pour la plupart, se soumettent volontiers à cet état de fait", a continué Doug. "C’est là la chose la plus étonnante. Les Américains sont devenus un peuple d’esclaves, prêts à accéder à n’importe quelle demande de l’Etat profond".

mercredi 30 mai 2012

Bill Bonner : 100 millions d’Américains sont sans emploi



“100 millions d’Américains sans emplois”…
Business Insider nous en dit plus :
“Le taux de chômage [américain] attire beaucoup l’attention, et ces derniers temps, on s’est particulièrement penché sur le taux de participation de la main-d’oeuvre, dans la mesure où beaucoup d’Américains ont abandonné la recherche d’emploi. [Cependant], nous pouvons également constater que pas moins de 100 millions d’Américains n’ont pas d’emploi… Selon les chiffres d’avril, le nombre d’Américains au chômage atteint les 100,9 millions”.

Lire l'article de Bill Bonner : La chronique Agora

samedi 24 septembre 2011

Bill Bonner : Préparez-vous pour la Grande Correction!

(...) En deux mots, la Grande Correction semble être encore plus grande que ce que nous pensions. Elle a complètement pris de court les autorités. Elle a fait passer les rendements obligataires à leurs plus bas niveaux en six décennies. Elle a fait couler les prix des maisons américaines. Elle a supprimé sept millions de personnes de la main-d’oeuvre US.

Et on dirait qu’elle ne fait que commencer.

Alors que vise cette correction ?

… Va-t-elle corriger la bulle de l’immobilier entamée en 1997… et s’arrêter ?

… Va-t-elle corriger le boom boursier de 2001… voire 1982… et s’en tenir là ?

… Va-t-elle corriger le marché haussier de l’obligataire qui remonte à 1983… ou le marché haussier de l’obligataire qui remonte à 1971 ?

… Et que pense-t-elle du système monétaire post-1971 basé sur le dollar ?

… Va-t-elle corriger le boom des dépenses de consommation/expansion du crédit entamé en 1949 ?

… Ou peut-être va-t-elle corriger le boom de la puissance économique et militaire américaine qui remonte à 1917 ?

… Qui sait ? Peut-être va-t-elle effacer tout le boom de la révolution industrielle, entamée au XVIIIe siècle.

… Où même le boom de l’espèce humaine qui remonte au XVIIe siècle ?

Nous ne savons pas où va cette correction… mais nous voulons être certain de nous trouver dans un endroit sûr lorsque nous finirons par le découvrir.

La Chronique Agora

lundi 18 juillet 2011

Bill Bonner : Voici le Règne des Zombies !

Bill Bonner

"Oui, cher lecteur, ce bruit que vous entendez… c’est un empire qui s’effondre. L’Empire américain. L’Empire anglo-saxon. L’Hégémonie impériale européenne en place depuis l’invention du moteur à vapeur — au moins.

Le modèle d’Etat-Providence démocratique européen — qui a pris racine en Amérique du Nord, en Australie et dans d’autres colonies de par le monde — atteint un gigantesque sommet de plusieurs décennies. Les taux de natalité sont bas. La croissance du PIB est basse. La création d’emplois est basse. La dette est élevée. Leur devise est pourrie par le dollar-papier, le système tout entier a dégénéré… s’est calcifié… et corrompu. A présent, il est dominé par la fraude, les incompétents et les parasites.

Kurt Richebächer appelait ça le “capitalisme mûr et dégénéré”. Nous appelons ça  le Règne des Zombies !"

Lire l'article en intégralité sur : La Chronique Agora

Bill Bonner, grand connaisseur des arcanes de la finance mondiale est l'auteur, entre autres, de L'Empire Des Dettes paru en 2006 et dont le sous-titre était :"A l'aube d'une crise économique épique".