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dimanche 5 août 2018

Tentative d'assassinat de Nicolas Maduro : La guerre des drones a-t-elle commencé ?


Le président vénézuélien Maduro a survécu à une tentative d’assassinat impliquant des drones chargés d’explosifs. (Images de la TV vénézuélienne)

mardi 26 septembre 2017

L'Amérique est-elle encore un modèle ?

Sommes-nous irrémédiablement devenus des « gallo-ricains », comme le dit Régis Debray ? L’Amérique a-t-elle encore quelque chose à nous apporter ? Ou devons-nous lui claquer la porte au nez ? Pour en débattre, nous accueillons en studio Charles Gave, financier, élève de Milton Friedman, Président de l'Institut des Libertés, et Thibault Isabel, Rédacteur-en-chef de la revue Krisis, créée par Alain de Benoist, et auteur l’ouvrage, préfacé par Michel Onfray, 'Pierre-Joseph Proudhon : L'anarchie sans le désordre' (Autrement, 2017).

dimanche 17 septembre 2017

Une tribu isolée d’Amazonie massacrée par des chercheurs d’or


Par Brice Louvet

En août, dix membres d’une tribu inconnue et en voie d’extinction auraient été massacrés par des orpailleurs dans la vallée du Javari, en Amazonie brésilienne, selon le New York Times. La tribu n’avait eu aucun contact avec le monde extérieur auparavant.

Ils récoltaient des œufs le long de la rivière Jandiatuba dans l’ouest du Brésil quand ils ont rencontré les chercheurs d’or. L’attaque meurtrière aurait pu passer inaperçue si les orpailleurs ne s’étaient pas vantés du massacre dans un bar d’un village voisin. La Funai, l’agence brésilienne pour les affaires indigènes, a ouvert une enquête. Deux des mineurs (connus sous le nom de garimpeiros) ont été arrêtés et emmenés vers la ville de Tabatinga pour témoigner sur l’incident. Les chercheurs d’or plaident quant à eux la légitime défense.

« Ils se sont même vantés d’avoir découpé les corps et de les avoir jetés dans la rivière et ont ramené une pagaie en trophée », raconte Leila Burger Sotto-Maior, responsable de la Funai, au quotidien américain. Il s’agit par ailleurs du deuxième cas de meurtre d’indigènes en six mois dans la région où environ 2 000 individus se répartissent en 20 groupes isolés. « L’enquête s’annonce d’ores et déjà compliquée, tant les territoires sont grands et les accès limités », a déclaré au New York Times le procureur chargé de l’affaire, Pablo Luz de Beltrand.

De son côté, l’ONG Survival International accuse le pouvoir brésilien. « Si l’enquête confirme les rapports, ce sera un autre massacre génocidaire résultant directement de l’échec du gouvernement brésilien à protéger les tribus isolées, un droit garanti dans la Constitution », a dénoncé sa responsable, Sarah Shenker. « La réduction des fonds de la FUNAI a laissé des dizaines de tribus isolées sans défense contre des milliers d’envahisseurs qu’ils soient mineurs, éleveurs ou bûcherons. Toutes ces tribus auraient dû avoir leurs terres correctement reconnues et protégées il y a des années ».

Source

lundi 10 octobre 2016

La vraie raison de la sortie miraculeuse de la vidéo "obscène" de Trump : étouffer les dernières révélations gênantes de Wikileaks sur Hillary

Et la, je leur ai dit : "Je suis contre le TPP"

Wikileaks publie des extraits de discours d’Hillary qui datent de 2013 et 2014, face à de grandes banques. Contrairement à la position qu’elle adopte aujourd’hui pendant sa campagne, la candidate démocrate affirmait dans les extraits publiés hier, qu’elle rêve d’un marché commun fondé sur le libre-échange et pense que l’industrie financière est la plus à même de s’auto-réguler.

Une version différente de celle qu’elle a récemment soutenue pendant ses campagnes où elle a pris position contre le vaste traité de libre-échange commercial signé entre les Etats-Unis et onze pays de la région Pacifique (TPP).

L'équipe de campagne de l'ex-Première dame n'a ni infirmé, ni confirmé l'authenticité de ces extraits qui proviendraient de discours donnés en 2013 et 2014 devant des grandes banques et dont Mme Clinton a toujours refusé de publier le contenu.
Poussée sur sa gauche pendant les primaires démocrates, Mme Clinton a récemment pris position contre le vaste traité de libre-échange commercial signé entre les Etats-Unis et onze pays de la région Pacifique.
Mais dans un discours prononcé en 2013 devant la banque brésilienne Itau, l'ex-secrétaire d'Etat affirme que son "rêve est d'avoir un marché commun sur l'ensemble de l'hémisphère américain, avec du libre-échange et des frontières ouvertes, avec une énergie qui est aussi verte et soutenable que possible".
Dans ce même discours, la candidate démocrate plaide plus généralement pour un renforcement du commerce sur le continent. "On peut faire tellement plus, il y a tellement de fruits à récolter", dit-elle.
Dans un discours prononcé en 2014 devant la Deutsche Bank, Hillary Clinton, souvent accusée de liens étroits avec Wall Street, laisse par ailleurs entendre que la régulation du secteur financier doit "venir de l'industrie elle-même".

"Les gens qui connaissent l'industrie mieux que quiconque sont ceux qui travaillent dans l'industrie", déclare-t-elle également dans un discours de 2013 devant la banque Goldman Sachs.
La candidate, qui se pose en championne de la classe moyenne, assure également qu'il y a "des préjugés contre les gens qui ont eu des vies couronnées de succès et/ou compliquées" et défend le fait que les politiciens aient "une position publique et privée" sur certaines questions.

Ces révélations, potentiellement embarrassantes pour la démocrate, ont été totalement éclipsées par le scandale provoqué par la publication de propos sexistes tenus par son rival républicain Donald Trump et datant de 2005.
Wikileaks a déjà tenté de mettre en difficulté le camp Clinton en publiant à la veille de la convention démocrate des documents montrant l'hostilité de la direction du parti vis-à-vis du sénateur du Vermont Bernie Sanders, son rival dans la course aux primaires.
Capital

mardi 12 avril 2016

[VIDEO EXCLUSIVE] En hommage à Youri Gagarine, 30 pays disent «Poekhali!»

"Поехали!"

 Pour célébrer le 55e anniversaire du premier vol spatial de Youri Gagarine.

Il n'est jamais trop tard pour commencer quelque chose de nouveau.
Peu importe qui vous êtes, d'où vous venez et quelle langue vous parlez.
Le plus important est de choisir les bons mots pour commencer.

'Youra' a choisi le bon mot : "Allons-y!" ("Поехали!")


Pour activer les sous-titres français, utiliser le bouton "sous-titres" (1er en bas à droite de la vidéo)


samedi 6 décembre 2014

Jean Bricmont : "Le monde est en guerre et la gauche se combat elle-même sur Facebook"


Interview ( skype) du physicien et essayiste belge Jean Bricmont, auteur de "La République des censeurs". Editions de l’Herne. Propos recueillis le 03.12.2014 par Silvia Cattori - Montage vidéo Gérard Lazare.



Arrêt sur Info 

mercredi 28 mai 2014

McDonald ferme tous ses restaurants en Bolivie

La Bolivie est devenue la première nation à se libérer de la malbouffe de McDonald, qui a lutté pendant plus d’une décennie pour conserver son icône «rouge». Et cette victoire de la Bolivie a encore fait la une des journaux.
Après 14 ans de malbouffe dans le pays et en dépit des nombreuses campagnes de promotion, McDonald a été contraint de fermer en 2002, ses 8 restaurants boliviens dans les principales villes de La Paz, Cochabamba et Santa Cruz de la Sierra.
McDonald a servi ses derniers hamburgers en Bolivie un samedi à minuit, après avoir annoncé un plan de restructuration global dans lequel il allait fermer ses portes dans sept autres pays à faibles marges bénéficiaires. Une victoire pour la santé des peuples du sud.
L’échec de McDonald en Bolivie a eu un impact profond qui a donné lieu à un documentaire intitulé “en Bolivie  «Por que quebro McDonald» ou «Pourquoi McDonald a fait faillite en Bolivie». Ce documentaire tente d’expliquer pourquoi les Boliviens n’ont jamais délaissé leurs empanadas traditionelles pour un Big Mac de merde et plein d’OGM. (...)

Lire la suite sur mondialisation.ca

samedi 9 mars 2013

Nicolas Maduro remercie François Hollande, silence dans la presse française



Combien sommes-nous, en France, à avoir écouté le discours de Nicolas Maduro, nouveau président par intérim, lors de sa prestation de serment à l'assemblée du Venezuela ?
Nous étions sans doute fort peu nombreux à cette heure tardive en France et, apparemment tous les journalistes de notre beau pays dormaient du sommeil du juste (NDLR : ironie!).
C'était pourtant un discours fort intéressant dans lequel le successeur désigné d' Hugo Chavez mit l'accent sur le respect de la constitution de la République Bolivarienne, les élections qui devront se tenir dans trente jours en conformité avec celle-ci, sa confiance dans le choix du peuple vénézuelien, et la continuité de l’œuvre politique de feu son prédécesseur.
Il fut un moment où il salua les chefs d'états amis présents dans la salle tels l'équatorien Rafael Correa, bien sur, ou encore Manuel Zelaya, président élu du Honduras (qui fut renversé par un coup d'état téléguidé de Washington) ainsi que le Paraguayen Fernando Lugo (lui aussi étrangement atteint d'un cancer). Puis, il entreprit de saluer les délégations présentes englobant nombre de pays dits "émergents" selon la terminologie en vogue, comme la Chine, l'Inde ainsi que plusieurs pays africains mais pas un seul représentant du bloc occidental à proprement parler ni de l'Union(soit-disant)Européenne. Mais il brandit soudain une lettre qu'il entreprit de lire dans un français approximatif, écrite par, mais oui, François Hollande lui-même, le félicitant par avance pour sa prise de fonction. Maduro le remercia avant de saluer le ministre de l'Outremer Victorin Lurel, présent dans la salle.
Il ne s'agit pas de faire de ceci un évènement politique majeur, mais il me semble que ce fait aurait pu être au moins signalé par nos chers médias, même pour le déplorer, il ne faut pas trop leur en demander non plus.

PS : L'interview de Victorin Lurel sur I-Télé :
Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

mercredi 10 octobre 2012

Chavez, France 2 reconnait ses mensonges mais dans le JT de la nuit




Bah, une petite erreur de 50 % sur le taux de pauvreté, c'est pas bien méchant,
On va pas chipoter, quoi...

PS : L' analyse du bouzin par ACRIMED

mercredi 30 mars 2011

Libye : Se poser les bonnes questions


Le journaliste belge Michel Collon nous invite à plus de prudence concernant le conflit en Libye. 

Toutes les guerres sont précédées de grands "média-mensonges"."Les grandes puissances n'ont pas de principes, seulement des intérêts" disait cette vieille raclure d'Henry Kissinger. Deux concepts essentiels qu'il ne faut jamais négliger.

Pourquoi "l'occident" n'intervient-il systématiquement que dans les pays pétroliers et/ou géostratégiques ?

S'il y avait vraiment un massacre en Libye, n'y avait-il vraiment aucun autre moyen pour l'arrêter qu'un bombardement massif par des centaines de missiles de croisière à l'uranium appauvri ? 

Pourquoi les offres de médiations, du Venezuela ou de l'Union Africaine notamment, ont-elles été systématiquement refusées par les US, la France et le CNT Libyen ?

Que penser des affirmations d'un journal Italien sur cette affaire ? (*)

Cette intervention est-elle vraiment légale ?

Et surtout, pourquoi BHL dirait-il subitement la vérité ???

Beaucoup de questions qui sont plus que légitimes.

(*) Pas très crédibles selon moi, étant donné la précipitation désordonnée et l'improvisation dans laquelle cette opération a été lancée. le scénario ne cadre pas vraiment avec la théorie.

mercredi 6 janvier 2010

Crise économique et déclin de l'empire au pays du soleil levant


Le 20 octobre 2009, Emmanuel Todd était l'invité d'une conférence à l'université de Kyoto dont le thème était :"La Crise économique mondiale et le Déclin de l'Empire américain". L'occasion pour lui de faire un exposé d'une quarantaine de minutes suivi d'une discussion/débat avec le professeur japonais Keishi Saeki :


jeudi 15 octobre 2009

Honduras : du coup d'État à la faillite économique

Le président déchu du Honduras, Manuel Zelaya (g), le 14 octobre 2009 à Tegucigalpa
AFP
Magasins vides, aide internationale gelée, chômage en hausse : le coup d'État du 28 juin au Honduras a déjà coûté très cher au Honduras, troisième pays le plus pauvre des Amériques, dont l'économie devrait se contracter de 4 % cette année, selon les analystes.

Alors que le président déchu Manuel Zelaya et le gouvernement putschiste négocient toujours une sortie de crise, dans les commerces de Tegucigalpa, les vendeurs attendent les clients, comme Ada Moltalban, qui désespère de voir arriver quelqu'un dans le restaurant de fruits de mer où elle travaille. Cette femme de 46 ans a du mal à nourrir ses quatre enfants avec le salaire minimal, 289 dollars par mois, pourtant augmenté de 60 % par le président Manuel Zelaya, avant qu'il soit renversé par le coup d'État.

"Je complète avec les pourboires, mais ces derniers mois, il n'y a personne et j'ai peur d'être licenciée. Nous les pauvres, nous sommes toujours les plus touchés", dit-elle à l'AFP. "Nous étions pauvres, maintenant nous sommes misérables. Beaucoup de commerces ferment. Chaque jour, j'arrive avec la peur de trouver ma lettre de licenciement, car les chiffres sont dans le rouge", témoigne aussi Filiberto, serveur dans l'hôtel où des délégués des deux camps négocient. Le Honduras est enferré dans une crise politique complexe depuis le coup d'État qui a renversé M. Zelaya. Pour pousser le gouvernement putschiste à rétablir le président déchu dans ses fonctions, la communauté internationale a gelé de nombreuses programmes économiques. Les États-Unis et l'Union européenne ont ainsi suspendu plus de 120 millions de dollars d'aide à eux deux.

Le Fonds monétaire international (FMI) et d'autres organismes internationaux ont également gelé leurs crédits, en attendant que la situation politique se stabilise. Associée à la crise internationale, cette coupure de l'aide internationale a créé 180.000 chômeurs de plus dans le petit pays d'Amérique centrale, où 40 % de la population active (3,5 millions de personnes) n'a pas de travail ou est sous-employée. Environ 700.000 membres de la classe moyenne sont menacés de glisser sous le seuil de pauvreté cette année, estime le Forum social de la dette extérieure du Honduras (Fosdeh), organisme non gouvernemental, selon qui 70 % de la population (7,6 millions d'habitants) pourrait bientôt vivre sous ce seuil.

"La situation du Honduras est sans précédent et 2010 sera encore plus difficile", prévient le responsable du Fosdeh, Mauricio Diaz, qui prévoit une chute de 4 % de l'économie cette année. Le gouverneur en exil de la Banque centrale, Edwin Araque, table, lui, sur une baisse de 3 %, après une croissance de 4 % en 2008. "Nous avions déjà la crise internationale et avec ce conflit, la situation a empiré. Pour ne pas déprimer, nous préférons ne pas faire les comptes", a déclaré à l'AFP le patron des patrons, Adolfo Facussé, allié du régime putschiste. Les ventes de véhicules neufs ont déjà chuté de 60 %, selon les entreprises du secteur.

Les couvre-feu décrétés à plusieurs reprises par le gouvernement putschiste ont également durement affecté les bars, restaurants et hôtels. Certains affichent des taux d'occupation inférieurs ou égaux à 30 %. Et la crise s'est déjà étendue au-delà des frontières du pays. Le commerce interrégional est en baisse et les voisins du Honduras souffrent aussi d'une baisse des investissements étrangers et du tourisme, selon Juan Daniel Aleman, secrétaire général du Système d'intégration centraméricain.


Honduras: les délégués établissent un plan de sortie de crise

AFP

TEGUCIGALPA — Les représentants du président déchu du Honduras, Manuel Zelaya, et du gouvernement putschiste de Roberto Micheletti sont parvenus à un accord mercredi sur la restitution du dirigeant évincé par le coup d'Etat du 28 juin, a annoncé l'un des délégués.

Ce compromis doit cependant encore être accepté par MM. Zelaya et Micheletti.

"Nous avons approuvé un document sur le point numéro six, qui est le point portant sur la restitution des pouvoirs de l'Etat tels qu'ils fonctionnaient avant le 28 juin 2009", a déclaré l'un des négociateurs du président déchu, Victor Meza, lors d'une conférence de presse.

Le retour à la situation précédant le coup d'Etat du 28 juin implique le retour de M. Zelaya au pouvoir, hypothèse jusqu'ici rejetée par M. Micheletti.

Le point numéro six était le dernier des huit points clés du plan de sortie de crise qui restait à approuver.

"Je suis optimiste par nature", a ajouté le négociateur avant de se diriger vers l'ambassade du Brésil, où M. Zelaya a trouvé refuge depuis son retour clandestin dans le pays le 21 septembre.

M. Meza, ministre du gouvernement au sein de l'exécutif déchu, a en revanche refusé de dévoiler les termes de l'accord "pour ne pas violer un pacte" conclu par les représentants des deux équipes de négociateurs.

M. Meza a par ailleurs rappelé que M. Zelaya avait donné jusqu'à jeudi soir 00H00 (vendredi 06H00 GMT) pour arriver à un accord de sortie de crise. Le dirigeant déchu n'a cependant pas précisé ce qu'il comptait faire en cas de statu quo.

Mardi soir, les négociateurs avaient annoncé être tombés d'accord sur sept des huit points clés du plan de sortie de crise en discussion, parmi lesquels la formation d'un gouvernement d'unité nationale, le rejet d'une amnistie ou le renoncement de M. Zelaya à convoquer une assemblée constituante.

Manuel Zelaya a été renversé et expulsé du pays par un coup d'Etat le 28 juin, le jour où il avait organisé contre l'avis de la Cour suprême une consultation populaire sur un éventuel changement de la Constitution, qui interdit à un président de briguer un deuxième mandat.

Il est réfugié à l'ambassade du Brésil depuis son retour clandestin au Honduras le 21 septembre.

mardi 25 août 2009

Le « retour » de la France dans l'OTAN : fausses raisons et vraies conséquences


Leurres, illusions et contre-vérités

Pour les avocats d’une réintégration pleine et entière dans l’OTAN, ce « retour » est d’autant plus naturel que, dans les faits, il est déjà quasiment acquis. Il est vrai que sur le plan politique, la France n’a jamais cessé sa participation de plein droit dans l’Alliance, et que sur le plan militaire un rapprochement « à petit pas » fut amorcé dès le début des années 1990. Après la guerre dans les Balkans et la possibilité accordée pour la mise sous commandement OTAN des unités françaises d’Eurocorps, la France annonce en 1995, dans le cadre d’une première tentative de réintégration initiée par le Président Chirac, qu’elle participera de nouveau aux réunions des ministres de la défense de l’OTAN et que son chef d’état-major retournera au Comité militaire. (Traditionnellement, le chef de la mission française à l’OTAN était physiquement présent pendant les délibérations du Comité militaire, mais ne s’exprimait pas, siégeant en bout de la table, tout près de la porte pour pouvoir quitter la salle lorsqu’il était question du nucléaire). Résultat des courses : la France participe aujourd’hui à toutes les instances intergouvernementales de l’Alliance, à l’exception du Comité des plans de défense (qui vise en théorie, par le biais d’objectifs censés être incitatifs à défaut d’être directifs, à coordonner les politiques de défense des alliés, préparation et équipement des forces compris) et le Groupe des plans nucléaires (à propos duquel le ministre Kouchner, auditionné mi-février à l’Assemblée nationale en compagnie de son collègue Hervé Morin tenait à rassurer qu’« il n’est pas question de remettre en cause la totale autonomie de la force nucléaire française »).

Pour ce qui est du commandement militaire intégré, la participation française, limitée et ciblée, est pour le moment régie par l’accord dit « Flag to posts » de 2004, prévoyant l’insertion (avec maintien sous contrôle national et la possibilité de retrait à tout moment) de 110 officiers français dans les états-majors de l’Alliance. Comme l’avait fait remarquer le rapport intitulé « Les enjeux de l'évolution de l'OTAN » du Sénat en juillet 2007 : cette présence française au sein du commandement intégré « reste extrêmement modeste ». Du moins en termes quantitatifs, et comparée aux chiffres affichés par les autres pays membres (environ 1 % de l'effectif total dans les états-majors multinationaux où la présence américaine avoisine les 2 800 personnes, celle de la Grande-Bretagne et de l’Allemagne plus de 2 000 personnes chacune, les Italiens comptant environ 1 200 militaires intégrés et les Turcs près de 600).

Par ailleurs, si la position singulière de la France n’est pas sans incidences pour sa contribution au budget commun des alliés, celle-ci est des plus significatives et va déjà croissant. Ne participant qu’à une partie des dépenses militaires, la France figure néanmoins au 5ème rang des contributeurs financiers de l’OTAN. Or le budget de l’Alliance a ceci de particulier que (1) il est en augmentation rapide (il s’est accru de 20% entre 2003-2007, avec la contribution française progressant de 50% durant la même période) ; (2) il fait l’objet de tentatives insistantes de la part des US et les pays euro-atlantistes pour élargir davantage le champ des financements en commun ; (3) le calcul des parts de chacun est tout sauf arithmétique : comme l’avait noté un rapport du Service de recherches du Congrès américain « lorsque le partage des fardeaux est négocié, l’Alliance prend en compte les responsabilités globales des Etats-Unis en matière de sécurité ». Concernant la France, d’après une audition d’experts devant le Sénat, une participation pleine et entière aux structures de l'Alliance devrait se traduire par un surcoût annuel de l'ordre de 85 millions d'euros pour Paris (sur une contribution de 170 millions d'euros par an actuellement). Soit une augmentation équivalente, en elle-même, au triple de ce que la France avait versé annuellement à l’OTAN entre 1966 et 1996.

Force est de constater, par ailleurs, que les spécificités du statut de la France à l’OTAN n’empêche en rien le pays de figurer parmi les principaux contributeurs en forces aux opérations de l’Alliance, ni les officiers français d’assurer le commandement de l’ensemble des forces alliés sur le terrain, comme ce fut déjà le cas à plusieurs reprises, notamment au Kosovo et en Afghanistan. En effet, il y a aujourd’hui davantage de troupes françaises déployées sous bannière OTAN que sous commandement de l’ONU ou de l’Union européenne. Dans la même logique, la France participe aussi, et de façon très significative, à la NRF (NATO Response Force ou Force de réaction de l’OTAN), de même qu’à la vaste majorité des programmes d’investissement. Mais si ce sont autant d’arguments en appui du raisonnement « on est déjà dedans ou c’est tout comme », ce même raisonnement coupe l’herbe sous les pieds de ceux qui voudraient faire croire que la réintégration envisagée est essentiellement une démarche technique. Et montre qu’il s’agit, au contraire, d’une décision hautement politique. Or, sur ce plan, il n’y absolument rien qui la justifie.

Premièrement, quand bien même le processus de réintégration pourrait être conduit sans perte réelle d’autonomie (ce qui exigera une vigilance continue, en particulier sur la question des modalités d’engagement des forces sur les théâtres d’opération, du financement en commun, des projets d’investissement), du fait du message qu’il envoie la France risque de voir sa marge de manœuvre automatiquement réduite. Car si les partisans du retour se plaisent à observer que la portée de la singularité française au sein de l’OTAN est aujourd’hui plus symbolique que pratique, la symbolique, justement, du retour aura inévitablement des répercussions pratiques. Les dirigeants français ont beau marteler les principes qu’ils avaient posés (maintien de l’autonomie de décision, exclusion de tout engagement automatique dans les opérations et absence de forces placées sous le commandement de l’OTAN en temps de paix), il ya peu de chance que les partenaires de la France dans le monde entier soient réceptifs à ce genre de subtilités. La perception sera unanime et sans équivoque. Ce n’est pas un hasard si l’ancien Premier ministre Villepin qualifie la réintégration de « faute ». Pour lui, « ça banalise le rôle de la France (…) la situant clairement dans les bataillons de l’OTAN ». Le « mauvais signal » d’alignement qu’une telle décision envoie entraînera forcément un « rétrécissement » de l’influence diplomatique de la France.

Deuxièmement, les arguments « pro-OTAN » non seulement nient ces évidences, mais prétendent même que de par cette décision la France renforcerait sa capacité d’influence. Tant par rapport à l’Amérique qu’au sein de l’Alliance. D’après ce raisonnement, en « normalisant » sa position, la France pèsera davantage sur les évolutions en cours à l’OTAN, et ses interlocuteurs à Washington seront plus enclins à prendre en compte ses vues et ses positions après cette belle démonstration d’allégeance. On verra. Ou plutôt : c’est déjà tout vu. Regardons d’abord l’OTAN. Avant de faire l’éloge du « choix de la responsabilité », titre de sa tribune dans le quotidien Le Figaro en février dernier, le ministre de l’Intérieur (et ex-ministre de la Défense) Michèle Alliot-Marie avait elle-même noté que « le statut singulier de notre pays au sein de l’Alliance lui permet de faire entendre sa voix et d’être écoutée ». En effet, loin des chimères sur une hypothétique future influence française à l’OTAN, la réalité est que pour les 25 pays non-US de l’organisation la seule capacité qui reste est celle de la résistance.

L’équation est toute simple : pour l’Amérique, l’Alliance atlantique lui appartient. Des microphones laissés allumés par inadvertance aux télégrammes diplomatiques ébruités, de nombreux incidents sont là pour témoigner que les « diktats » et les « oukases » reçus de Washington sont compris et ressentis comme tels par les alliés – et, la plupart du temps, acceptés. S’y ajoute l’usage abusif de la « procédure de silence », méthode consistant à appliquer la règle « qui ne dit mot consent », pour forcer les consensus derrière les propositions venant du premier des Etats membres. Dans ces conditions, et vu les pressions énormes que les Etats-Unis sont habitués à exercer sur leurs alliés (dont 24 sont en situation de dépendance par rapport à eux depuis des décennies), on peut se demander si c’est à partir d’une position originale ou d’une place alignée qu’un pays membre aurait, a priori, plus de chance de résister.

Il reste néanmoins l’espoir de s’ériger en meilleur ami de l’Amérique et attendre béatement de pouvoir influencer Washington en contrepartie des gages de fidélité successifs. A cet égard, l’exemple britannique est à méditer. Soixante ans de bons et loyaux services, en effet, n’ont pas été sans conséquence. Comme l’a résumé l’ex-président de la Commission de Renseignement de Sa Majesté, M. Rodric Braithwaite : « Contrairement aux Français qui avaient préféré suivre un chemin plus solitaire, mais indépendant, la coopération avec les Américains a privé les Britanniques de la plupart de leur indépendance. » Il s’ensuit que : « Dans une guerre réelle, les forces britanniques ne pourront plus opérer que faisant partie intégrante des forces américaines, sous commandement américain, et servant des intérêts américains ». Voilà qui a le mérite d’être clairement dit.

Pour une illustration récente, il suffit de jeter un coup d’œil sur la prestation du Premier ministre Blair dans l’affaire irakienne – et sur sa « récompense » en termes d’influence. Côté politique, l’ambassadeur britannique a lui-même avoué par la suite que Londres n’avait pas été tenu au courant (encore moins associé à l’élaboration) des plans de l’après-guerre. Côté militaire, quelques révélations de la presse ont mis en exergue qu’une fois placées sous commandement américaine, les forces britanniques ne disposent plus de leurs propres moyens (incident emblématique dès le début de l’opération Iraqi Freedom : les troupes britanniques engagées au sol auraient eu besoin de l’appui de leurs propres avions – mais leurs appels sont restés sans effet. Le commandement américain a préféré envoyer les appareils britanniques à l’appui des forces US – en plus des avions US). Côté diplomatique, Londres n’a pas vraiment eu plus de succès. En témoignent les efforts de plus en plus désespérés déployés par Tony Blair pour pouvoir afficher ne serait-ce qu’un semblant de contrepartie en échange de son soutien inconditionnel. Washington ne leur a pas donné de suite – ni sur le dossier israélo-palestinien, ni sur celui du changement climatique. Pour une fois, l’ex-chancelier Schröder a mis plein dans le mille en faisant le constat que « sur le pont » (que la Grande-Bretagne croit constituer entre les deux rives de l’Atlantique) « la circulation est à sens unique ».

Troisièmement, et pour clore ce petit aperçu des arguments fallacieux, il nous reste les élucubrations sur les progrès que la réintégration française à l’OTAN précipiterait en matière de l’Europe de la Défense. Afin d’essayer de convaincre sur ce dossier, les militants pro-OTAN ont commencé par réchauffer le mythe de la complémentarité entre l’Alliance atlantique et la PESD. « Les deux vont ensemble », répète le chef de l’Etat à qui veut l’entendre, et d’après le ministre de la Défense, ce constat vient de « l’intuition géniale du Président ». Soit. Mais dans ce cas, ses conseillers doivent être affreusement en retard. Car l’éloge de la complémentarité est, depuis quinze ans, un exercice obligatoire dans tous les discours et débats. Il n’en comporte pas moins deux erreurs fondamentales. D’une part, dans l’acception partagée par l’Amérique et la plupart des gouvernements européens (mais pas la France) la complémentarité signifie, bien entendu, celle de l’Europe par rapport à l’Amérique et pas vice versa.

De l’autre, si poussées au bout de leurs logiques respectives, l’OTAN (cadre institutionnel de la mise sous tutelle US de l’Europe) et la PESD (ambition d’une autonomie de décision et d’action de cette même Europe) non seulement ne sont pas complémentaires, elles sont tout simplement incompatibles. Comme l’avait observé, devant la Commission de la Chambre des Communes britannique un des experts auditionnés dans le cadre d’une série de consultations sur « L’avenir de l’OTAN et l’Europe de la défense » : la contradiction entre les deux peut être gérée « tant que la PESD n'est pas très sérieuse ». Toutefois, si la PESD devenait vraiment sérieuse, « il pourrait y avoir une incompatibilité », et il serait possible d'envisager une situation dans laquelle « la main gauche pourrait commencer à se battre avec la main droite ».

Pour ce qui est de l’argument selon lequel la France réintégrée dans l’OTAN rassurerait ainsi ses partenaires sur ses intentions, et les rendrait donc plus ouverts à son projet d’une défense européenne indépendante, il est, hélas, sans aucun fondement. Prenons l’exemple du rapprochement annoncé par le Président Chirac en 1995. Si la décision française a certes réchauffé l’atmosphère dans les salles de négociation, c’était sans impliquer un infléchissement quelconque dans les positions de fond. Au contraire, c’est la fin de non-recevoir brutale opposée par le Président Clinton aux demandes françaises (révélant ainsi au grand jour la détermination américaine à ne pas céder une once de contrôle) qui a enfin amené les Européens à envisager une véritable percée (avec le lancement de la défense européenne, en 1998, en dehors de l’OTAN, sous bannière UE). En règle générale, ce n’est que les échecs transatlantiques cuisants et les humiliations spectaculaires infligés par l’Amérique qui peuvent faire bouger, un tant soit peu, les blocages persistants sur le chemin d’une émancipation européenne en matière de sécurité. Or, il y a tout lieu de penser que, sur ce plan, nous serons servis.

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Hajnalka Vincze

jeudi 9 juillet 2009

Les 18 crimes de Manuel Zelaya

Le passage qui suit est extrait d'un récit de Medea Benjamin pour le site CommonDreams.org. L'auteur raconte la journée du 5 juillet à Tegucigalpa et la grande manifestation populaire organisée pour le retour (avorté) du président constitutionnel Manuel Zelaya, qui s'est achevée par le drame de la mort d'au moins deux manifestants.
Dans l'extrait qui nous intéresse ici, l'auteur interroge une jeune étudiante hondurienne sur ses motivations concernant le soutien à Zelaya. La réponse qu'elle lui fait éclaire singulièrement ce point crucial et pourtant étrangement occulté dans les rares médias français qui ont relatés ces évènements, médias généralement plutôt critiques sur la personnalité du président hondurien et peu diserts en ce qui concerne ses actions politiques durant son mandat.

"Je lui demandais pourquoi elle soutenait le président Zelaya, ou "Mel", comme l'appellent ses partisans. "Le gouvernement dit qu'il a enfreint la loi et qu'il est coupable de 18 crimes," me répondit-elle, "sais-tu lesquels ?". Elle sortit alors son téléphone portable et commença à y lire une liste : Il a augmenté le salaire minimum, offert des repas gratuits dans les cantines scolaires, fait distribuer du lait pour les bébés et des pensions de retraites pour les personnes âgées, distribué des ampoules basse-consommation, fait baisser le prix des transports publics, donné des bourses d'études aux étudiants pauvres." Subitement une foule se rassembla autour de nous et commença à nous interrompre. "Il a réparé les routes" disait l'un."Il a ouvert des écoles dans les endroits reculés, comme mon petit village où il n'y en avait jamais eu." ajouta un autre. "il a permis à tout le monde de rentrer dans le palais présidentiel et l'a transformé, d'une résidence pour l'élite en une maison du peuple", dit encore un autre.

"Tu vois ?" sourit Alejandra. "Il est même coupable de plus de 18 crimes. C'est pour cela que les classes supérieures le détestent et que nous voulons qu'il revienne. C'est réellement un conflit de classe."

(Trad.: BDGD)

mercredi 8 juillet 2009

Photoshopez ce sang que nous ne saurions voir


Voila comment la presse conservatrice hondurienne considère l'éthique journalistique : le journal de droite La Prensa, souvent utilisé comme "référence" par nos journaux français de "gauche" pour décrire les évènements au Honduras, s'est tout simplement permis de publier la photo du jeune manifestant de 19 ans Isis Obed Murillo, assassiné d'une balle dans la tête par l'armée lors de la grande manifestation du 5 juillet, en effaçant les traces de sang.
Voila comment l'information est manipulée, en ce
moment au Honduras.

Détail de la page du journal "La Prensa"

Photo originale

Les putschistes au Honduras formés à la "Torture Academy"


Par Doug Ireland

Depuis un demi-siècle, les Etats-Unis forment des militaires sud-américains avec un net penchant pour la dictature au sein de la School of Americas, une annexe du Pentagone. Le responsable du coup d’Etat au Honduras en est issu.

Ainsi, les États-Unis n’auraient pas de responsabilité dans le coup d’Etat militaire du 28 juin dernier qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Honduras ? Faux et archi faux !

Comme l’a rapporté l’hebdomadaire National Catholic Reporter du 29 juin, l’homme qui a fait ce coup, le général Romeo Orlando Vasquez Velasquez, commandant de l’armée, a été diplômé à deux reprises de l’infâme School of the Americas (L’École des Amériques), une succursale du Pentagone située à Fort Benning dans l’Etat de Géorgie et tristement célèbre école de torture d’où sont sortis une belle brochette de dictateurs et d’affairistes militaires en Amérique centrale et latine. Un autre leader du coup d’Etat est, lui aussi, diplômé de la même école : il s’agit du général Luis Javier Prince Suazo, chef des forces aériennes et responsable du transport du président déchu, Manuel Zelaya, en dehors du pays.

Relique de la Guerre Froide, la School of the Americas a été créée il y a un demi-siècle afin, disait-on, de former des militaires, des policiers et des agents de renseignement des pays au sud des États-Unis afin qu’ils conduisent la lutte contre les « insurrections » étiquetées « communistes » par le Pentagone. Mais dans les faits, les diplômés de cette école ont toujours constitué les troupes de choc de la répression politique contre la gauche dans ces pays hispanophones.

La torture enseignée à la School of the Americas

Bien avant les horreurs d’Abou Ghraïb en Irak, les pires techniques de torture étaient enseignées à la School of the Americas. En mai 2004, les manuels d’interrogatoire utilisés par l’école ont été rendus publics par le National Security Archive, un institut de recherche indépendant, après un procès qui s’est tenu selon la loi du Freedom of Information Act, intenté par des médias réputés comme le Baltimore Sun. Ces manuels, traduits en espagnol et dont des milliers d’exemplaires ont été distribués aux alliés hispanophones de Washington, donnaient des consignes explicites pour torturer, bastonner et assassiner.

La longue histoire de ces supplices pratiqués par les voyous diplômés de la School of the Americas a également été bien documentée par d’autres organismes, notamment Amnesty International dans son rapport intitulé « Unmatched Power, Unmet Principles » (Pouvoir incomparable, Principes abandonnés), ainsi que dans les excellents ouvrages « Hidden Terrors » (Terreurs cachées) de A.J. Langguth (un ancien reporter du New York Times), « Rogue State : A Guide to the World’s Only Superpower « (publié en France sous le titre L’État voyou : un guide de la seule superpuissance mondiale) par William Blum, ancien diplomate du Département d’Etat, ou encore « A Miracle, A Universe ») (Un miracle, un univers) par Lawrence Weschler (l’expert Amérique latine du New Yorker).

L’enseignement de la torture dans cette école été suspendu par le président Jimmy Carter en 1977, mais réintroduit par Ronald Reagan quatre ans plus tard. En 2000, suite à des enquêtes sur cette école par des médias tels que le Washington Post et le Baltimore Sun et grâce à une opposition grandissante à son encontre au Congrès, le Pentagone en a relifté le nom et l’a rebaptisé Western Hemisphere Institute for Security Cooperation (WHINSEC). Mais comme le disait à l’époque le sénateur Paul Coverdale de l’Etat de Géorgie, un conservateur membre du Parti républicain, cette soi-disant « réforme » n’était qu’« essentiellement superficielle ». D’ailleurs, aujourd’hui, tout le monde en dehors du Pentagone continue d’appeler l’école par son ancien nom.

Des généraux-dictateurs diplômés de cette annexe du Pentagone

Le coup d’Etat du 28 juin au Honduras est le troisième dans l’histoire de ce petit pays de 7 millions d’habitants, dont 50 % vivent dans une pauvreté extrême. En 1975, le général Juan Megler Castro, diplômé de la School of the Americas, est devenu le dictateur militaire de ce Honduras. Puis, entre 1980-1982, le chef de la dictature était un autre diplômé de « l’école de torture », Policarpo Paz Garcia. Ses principaux faits d’armes consistent à avoir intensifié la répression et semé la terreur avec le Bataillon 3-16, l’un des plus terrifiants escadrons de la mort de toute l’Amérique latine fondé par des diplômés honduriens de la School of the Americas, avec l’aide de diplômés argentins de cette école. Car cette dernière n’a pas essaimé qu’au Honduras. Loin de là.

Parmi les soixante mille et quelques militaires qui y sont passés, on compte plusieurs dictateurs avérés : les généraux Noriega et Trujillo au Nicaragua, le général Hugo Banzer Suarez en Bolivie, le général Guido Vildoso Calderon au Pérou, le général Efrain Rios Montt au Guatemala et les généraux Leopoldo Galtieri et Roberto Viola en Argentine.

La lutte pour fermer cette école immonde est menée depuis vingt ans par l’association School of the Americas Watch, animée par des catholiques de gauche et fondée par un prêtre, le père Roy Bourgeois, lui-même une ancienne victime des tortionnaires de cette institution au Salvador, après les meurtres de quatre bonnes sœurs catholiques et de l’évêque Oscar Romero par des escadrons de la mort organisés et commandés par le colonel Roberto D’Aubuisson, un autre diplômé de l’école et auteur des pires crimes commis pendant la guerre civile salvadorienne.

Hollywood se mobilise

Des manifestations récentes qui ont mobilisé des dizaines de milliers de personnes demandant sa fermeture devant les portes de l’école ont attiré la participation des personnalités comme l’actrice Susan Sarandon, l’acteur Martin Sheen et la sœur Helen Prejean, auteur du livre « Dead Man Walking » devenu un film célèbre avec Sean Penn (La Dernière Marche, de Tim Robbins).

Pour comprendre les dessous du coup d’Etat du 28 juin, il faut savoir que le président Zelaya du Honduras, comme l’a rapporté le National Catholic Reporter dans son article cité plus haut, « était un homme d’affaires qui penchait plutôt à droite quand il a été élu en 2006. Mais il a surpris beaucoup de monde quand il a commencé à desserrer les liens entre le Honduras et les Etats-Unis qui contrôlait le pays à tel point qu’on le surnommait “U.S.S. Honduras”. »

De plus, Zelaya avait augmenté le Smic local de 60 %, ce qui a rendu l’élite économique du pays folle de rage puis s’est « heurté aux multinationales pétrolières et à l’ambassade des États Unis quand il a tenté de réduire le prix du pétrole pour les Honduriens », comme l’a écrit le National Catholic Reporter.

La dernière fois qu’il y a eu un vote au Congrès américain pour stopper le financement de la School of the Americas — en 2007 — sept voix ont manqué pour fermer l’école. Mais lors des élections législatives de 2008, une trentaine de ses supporters ont perdu leurs sièges.

Ainsi, si le président Obama est vraiment sérieux au sujet de son auto-proclamé « nouveau départ » en politique étrangère, rien ne l’empêche du point de vue électoral de fermer immédiatement la School of the Americas. Mais jusqu’ici la Maison-Blanche est muette sur ce sujet.

Pour l’administration américaine, il n’y a pas eu de coup d’Etat au Honduras

Même si Barack Obama a déclaré que le renversement du président Zelaya n’était « pas légal », il l’a fait dans des termes bien moins forts que l’Organisation des États Américains, qui représente les 34 pays indépendants de l’hémisphère.

Qui plus est, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, a refusé de le qualifier de « coup d’Etat » ce qui entraînerait automatiquement l’arrêt de toute aide économique et militaire au nouveau régime illégal du Honduras, selon la loi américaine qui régit l’aide aux pays étrangers. Le fait que Zelaya se soit laissé photographier souriant bras-dessus bras-dessous avec Hugo Chavez du Venezuela et Raul Castro de Cuba au sommet des gouvernements de gauche de l’Amérique latine en est sans doute pour quelque chose…

Bakchich