dimanche 24 août 2025

Non au prêt de la tapisserie de Bayeux

 


Le problème

La tapisserie de Bayeux date de la fin du XIᵉ siècle. Elle est donc âgée de près d’un millénaire. Malgré son nom, il s’agit en réalité d’une broderie, exécutée sur une toile de lin longue de près de 70 mètres et haute de 50 cm. Sa conservation, malgré les nombreuses vicissitudes qu’elle a traversées, relève du miracle. Nous en sommes les héritiers. C’est l’une des œuvres majeures de l’histoire de l’humanité, que nous devons préserver à tout prix pour les générations futures.

Or cette broderie est d’une fragilité extrême. Ce sont les restaurateurs spécialisés dans le textile qui le disent. Ceux-là mêmes qui ont eu la mission de l’examiner, d’établir son constat d’état, de recommander les mesures nécessaires à sa protection pendant les travaux du futur musée, et d’évaluer les risques d’un éventuel voyage vers l’Angleterre.

Leur diagnostic est sans appel : tout transport, même minime, représente un danger. Une vidéo en ligne permet d’en mesurer la réalité.

Il y a encore cinq mois, bien que le président de la République ait annoncé dès 2018 son intention de prêter la tapisserie à l’Angleterre, cette hypothèse était jugée inenvisageable. C’est ce qu’expliquait, dans une autre vidéo publiée par la préfecture du Calvados, la conservatrice des monuments historiques de la DRAC Normandie. Elle y affirmait que même un transfert vers un atelier de restauration, pendant la construction du nouveau bâtiment, était exclu.

Mais Emmanuel Macron en a décidé autrement. Contre l’avis des spécialistes, il a choisi d’envoyer la tapisserie en Angleterre, de septembre 2026 à juillet 2027. Pire encore, il s’autorise à railler les experts qui ont l’audace de s’opposer à sa volonté.

Ce mépris des faits et cette décision arbitraire font peser de graves menaces sur l’œuvre. Les restaurateurs sont formels : au-delà des aléas habituels liés à un transport (aucun accident n’est jamais à exclure), les altérations déjà observées risquent de s’aggraver, et de nouveaux dommages pourraient survenir. Les risques identifiés sont nombreux et très probables : déchirures, extension des accrocs existants, chutes de matière, rupture des fils de tissage…

Deux citations résument leur constat :
« Ce qui est décidé est le contraire de tout ce que nous avons préconisé. »
« En choisissant d’ignorer nos préconisations, on jette le discrédit sur notre métier de restaurateur, qui est de sauvegarder le patrimoine. »

Nous demandons donc solennellement au président de la République de renoncer à ce projet. Ce prêt serait un véritable crime patrimonial.

Cette pétition est lancée par La Tribune de l'Art

Signer la pétition : Non au prêt de la tapisserie de Bayeux

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