samedi 12 mai 2012

Emmanuel Todd : le temps joue contre l'Allemagne

Pour Emmanuel Todd, François Hollande doit avant tout gagner du temps. Il doit d'abord expliquer à la Chancelière qu'il a devant lui des élections législatives décisives et qu'il serait suicidaire pour lui de rentrer de Berlin les mains vides. Une fois reportée l'échéance de négociation, Todd propose de prendre langue avec Madrid et Rome afin de montrer qu'une coalition européenne peut se former en dehors de l'Allemagne : « François Hollande peut tout à fait profiter d'une conjoncture exceptionnelle par laquelle l'Espagne, traditionnellement plus proche de l'Allemagne, peut basculer du côté de la France. Parallèlement, il serait bon de développer un projet franco-anglais de nouvelle règlementation bancaire séparant banque d'investissement et banque de dépôt puisque les Français et les Anglais ont sur ce point des points de vue convergents. » Bref, il s'agit pour l'historien de « faire douter l'Allemagne » et de montrer, de façon indirecte, à ses dirigeants que la France peut être un leader européen alternatif s'il s'avérait que, décidément, la politique économique imposée par l'Allemagne mène ses voisins dans le mur en provoquant la colère des peuples. L'inextricable situation dans laquelle est plongée la Grèce pourrait d'ailleurs contribuer à accentuer le doute. D'autant que les banques allemandes sont très exposées à la dette grecque (113 milliards d'euros, selon la Banque des règlements internationaux ). Pour résumer la pensée d'Emmanuel Todd, il convient donc de mettre en place progressivement « une stratégie d'isolement de l'Allemagne » en ayant conscience de ce que le temps, avec le développement de la récession, « joue contre elle ».

Marianne2

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