vendredi 23 avril 2010

Un policier dit la vérité sur le système sarkozyste






Il faut absolument regarder cet interview passionnant qui, bien que déjà un peu ancien (avant 2007) est plus que jamais d'actualité, où un ex-policier courageux dénonce la dangereuse dérive sécuritaire dans laquelle notre pays s'enfonce inexorablement.
Une politique profondément dégueulasse qui nous entraine tout droit vers la catastrophe.

Pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, je conseille également de lire l'excellente analyse de Malakine dans son blog "Horizons" : La guerre civile comme stratégie électorale.

Ps : Merci à "Joe Liqueur".

vendredi 16 avril 2010

Arthur

(Photo DR/Libraires associés)

Deux libraires parisiens ont découvert cet extraordinaire cliché inédit du grand poète posant devant "l'hôtel de l'Univers" à Aden où il séjourna dans les années 1880. Il doit avoir la trentaine.

Comme quoi les brocantes sont parfois l'occasion de dénicher de fabuleux trésors.

jeudi 1 avril 2010

PSYOPS (*)


Rapport de la CIA : comment manipuler l’opinion publique européenne sur l’Afghanistan

Vraiment rien que de très banal et sans surprises dans ce rapport.
En tout cas, une chose est sure : dorénavant, lorsque vous verrez à la télé ou lirez dans les journaux des propag..., pardon, des journalistes vous présenter divers reportages et articles larmoyants sur la condition de la femme afghane ou l'amour du peuple afghan pour ses occupants occidentaux, vous saurez pour qui ils bossent...


(*)"Opérations psychologiques (PSYOPS) - induire ou renforcer des attitudes et comportements des étrangers qui favorisent l'atteinte des objectifs de la source en conduisant des opérations planifiées pour acheminer des informations choisies vers des audiences étrangères afin d'influencer leurs émotions, mobiles, raisonnement objectif et, finalement, le comportement des gouvernements, organisations, groupes et individus étrangers"

mardi 23 mars 2010

«L’électeur de droite ne s’y retrouve plus»


En 2008, dans Après la démocratie, le démographe Emmanuel Todd analysait la victoire du chef de l’Etat. Il dissèque pour Libération le vote des régionales.

Le premier tour des régionales marque-t-il la fin de l’effet Sarkozy, notamment auprès de l’électorat populaire ?

La majorité des commentaires se focalise, à tort, sur le vote de la classe populaire, dont le vote serait retourné d’où il venait: vers le Front national. Or, au sens strict, c’est-à-dire si l’on définit la classe populaire comme la classe des ouvriers et des employés, le vote FN n’a connu aucune décrue significative. En 2007, les ouvriers ont voté à 20% pour Le Pen, soit deux fois plus que la moyenne nationale : ils étaient les derniers fidèles, en particulier dans le nord et nord-est du bassin parisien. Or, dimanche - et même si le taux d’abstention doit inciter à la prudence - on retrouve le même chiffre. Au reste, il faut rappeler que, depuis 1984, le FN dispose d’un socle à 10-11%, avec des accès de fièvre jusqu’à 15 ou 16%. Dimanche, il n’a pas dépassé 12,5% : c’est donc une poussée, oui, mais d’ampleur modeste, qui a surtout permis de voir réapparaître son socle traditionnel autour de la façade méditerranéenne.

La faute au débat sur l’identité nationale ?

C’est l’analyse dominante, mais je ne la partage pas. Pour m’en expliquer, je remonterai à 2002, où le vote Le Pen rassemble à la fois une partie du peuple de gauche - les ouvriers - et une partie du peuple de droite - les artisans et commerçants - autour d’une thématique nationale et anti-immigrés. On assiste alors à un dépassement du clivage de classes. Mais ce dépassement n’a pas duré : dès 2007, les enquêtes montrent que l’immigration n’est plus au cœur des préoccupations des Français, remplacée par l’emploi et le pouvoir d’achat. Ceux des électeurs FN qui venaient de la droite choisissent d’y retourner. Ils votent Sarkozy, plébiscitant un vrai programme de classe : baisse des impôts, libéralisation du marché du travail, réduction de l’Etat… Il faut le souligner : la victoire de 2007 a été mal interprétée. Sarkozy n’a pas volé le fonds de commerce du FN, ni siphonné une pulsion identitaire, mais au contraire a profité, sans le comprendre, de l’effondrement de cette pulsion. Ce qui n’empêche pas que la dimension sécuritaire y ait eu un rôle : les émeutes de 2005, et leur étrange réactivation par les événements de la gare du Nord juste avant le scrutin, ont assuré une mobilisation sans pareil des personnes âgées. 2009 vérifie l’hypothèse : la droite et le gouvernement n’ont cessé de faire du battage autour de l’identité nationale, du renvoi de sans-papiers, de la burqa, de l’islam, la stratégie du bouc émissaire n’a jamais été poussée aussi loin et pourtant ça n’a pas marché. En réalité, ni l’électorat populaire ni l’électorat artisans-commerçants ne se détermine prioritairement à partir de cette question.

Comment, dès lors, expliquer les résultats de dimanche ?

Par la crise, tout d’abord, par son épaississement, la déroute industrielle de régions entières, le début de baisse du niveau de vie pour certains et ce constat que l’opinion commence à faire : le plan de soutien à l’activité a réussi le tour de force de relancer le CAC 40 sans faire repartir l’économie. La France, à cet égard, est dans la même situation que les autres pays industrialisés. C’est pourquoi il faut y ajouter un facteur spécifique à Nicolas Sarkozy : tout se passe comme si, pour lui, le peuple de droite n’était composé que de racistes et de super-riches. Pour plaire aux premiers, il organise le débat sur l’identité nationale ; aux seconds, il donne le bouclier fiscal. Sa proximité exhibée avec l’oligarchie, les baisses d’impôts, l’utilisation de l’appareil d’Etat au service des copains ou encore les coupes dans le budget des services publics le placent en contradiction avec le cœur de l’électorat de droite : les personnes âgées. Annoncer à la veille du scrutin une réforme des retraites après avoir attaqué ostensiblement le système hospitalier - le service public auquel les personnes âgées ont le plus souvent affaire - c’était prendre un risque électoral majeur. Selon l’enquête OpinionWay (1), l’UMP ne recueille que 38% des voix chez les plus de 60 ans contre 42% pour la gauche, en additionnant le PS, Europe Ecologie et le Front de gauche. C’est du jamais vu, d’autant, sur cette tranche, que l’abstention ne dépasse pas 39%. C’est tout le style de l’homme qui est insécurisant pour la droite : insulter un quidam au Salon de l’agriculture, placer sa progéniture à l’Epad, abandonner la diplomatie gaullienne, jouer l’ouverture. Dans la même enquête, si 41% des artisans, commerçants ont voté UMP, 38% ont choisi la gauche. Chiffre lui aussi frappant, que l’abstention dans cette catégorie pourrait expliquer en partie.

C’est la droite classique qui flanche ?

Oui, mais que la gauche ne se réjouisse pas trop vite. L’électeur de droite classique ne s’y retrouve plus, mais, s’il a une véritable identité de droite, il ne peut pas voter à gauche. Face à l’UMP transformée en club de copains sans valeurs et sans contrôle, faisant bloc autour d’un président sans boussole, son choix se limite au FN ou à l’abstention. Au point que, par défaut, le FN se retrouve presque en situation d’occuper le rôle de la droite traditionnelle. Et cela au moment même où, profitant du départ programmé de Jean-Marie Le Pen, la stratégie de sa fille est de reléguer la thématique anti-immigrés au second plan pour se concentrer sur une thématique sociale. On pourrait même envisager une permutation des places… du moins en théorie. Car, dans la réalité, les barons de l’UMP, en embuscade, restent pour Sarkozy une menace autrement plus sérieuse…

Sarkozy est-il durablement atteint ?

Depuis 2007, je ressens sa situation comme pathologique: cet homme n’est pas à sa place, son personnage est absurde, le cœur dirigeant de la France n’a aucun projet économique - par contraste, dimanche, le corps électoral s’est montré sain et raisonnable. La nouveauté est que la situation générale elle-même devient absurde. Le seul moment où le chef de l’Etat a semblé efficace a été la crise financière. Or, un an et demi plus tard, la finance est repartie de plus belle, mais pas l’emploi. Du coup, l’absurdité du personnage Sarkozy et celle du système semblent se rejoindre et fusionner, faisant du chef de l’Etat le symbole de la folie des temps.

(1) Réalisée le 14 mars auprès de 9 342 personnes.

Libé

vendredi 12 mars 2010

Amicalement votre

En aout 1951, la CIA, dans le cadre du projet ultra-secret MK-NAOMI (inclus dans le célébrissime projet MK-ULTRA), dirigé depuis la base de Fort Detrick dans le Maryland, intoxiqua au LSD, à l'aide d'un puissant aérosol, la population de Pont-Saint-Esprit dans le Gard (notez l'humour typiquement américaniste dans le choix d'un village avec un tel nom), provoquant plusieurs suicides et des dizaines d'internements psychiatriques dans la population de cet ordinairement paisible village provençal. (*)

Une information qui n'étonnera que les naïfs, pas de quoi sauter au plafond à priori.

Cette interview de l'auteur Hank Albarelli, qui publie une enquête sur le projet MK-NAOMI est néanmoins intéressante car on y apprend l'implication des tristement célèbres Rumsfeld et Cheney dans la dissimulation de ces opérations.

D'après Albarelli, les expériences n'auraient pas cessées et la CIA continuerait encore aujourd'hui de tester de nouvelles drogues.
On ne peut s'empêcher de penser que Guantanamo et les multiples prisons secrètes en Pologne, Roumanie ou Lituanie, pour ne citer que celles situées au sein de la vertueuse "Union Européenne" constitueraient un laboratoire idéal.

(*) on suppose que le pilote criait "La Fayette, nous voila!" au moment de vaporiser le village.

dimanche 7 mars 2010

"Le pére de tous les désastres industriels"


Nouveau dérapage pour le futur avion de combat américain

Selon les dernières estimations, l'avion de combat de 5 e génération F35 accuse deux ans de retard supplémentaires et son développement coûtera 2,8 milliards de dollars de plus. Pas question d'abandonner, avertit le Pentagone.

Le « père de tous les programmes d'armement » est en passe de s'attribuer le titre de « père de tous les désastres industriels ». Le Pentagone vient en effet de prévenir que le F35 - le futur avion de combat américain de cinquième génération, également connu sous le sigle de « JSF » -allait encore déraper dans les grandes largeurs. En cause : d'énormes difficultés de mise au point de l'appareil qui en font l'armement militaire le plus coûteux de tous les temps. La dernière facture évoquée tourne autour des 300 milliards de dollars pour 2.500 exemplaires. Un cauchemar pour les industriels impliqués, en premier lieu Lockheed Martin, alors que le Pentagone commence à leur demander des comptes (« Les Echos » du 9 février).

Des dernières estimations, il ressort que le premier exemplaire ne sera finalement livré à l'armée de l'air qu'en 2015, au mieux, et non plus en 2013. « Nous attendons un retard de deux ans », a déclaré à la presse le secrétaire à l'armée de l'air, Michael Donley. Aucune indication de calendrier n'a été donnée en revanche pour les versions de l'appareil à destination de l'US Navy ou du corps des marines.

Un mémo interne dévoilé récemment par le site www.dod-buzz.com vient d'ailleurs de mettre à nouveau de l'huile sur le feu. Signé par Ashton Carter, le responsable des acquisitions du ministère de la Défense, le document en question fait le point sur tous les audits du programme lancés ces derniers mois. Il en ressort que l'avion ne souffre pas de problèmes technologiques insurmontables et que les performances attendues devraient (in fine) être au rendez-vous.
Estimations chiffrées douteuses

N'empêche, sa mise au point exigera treize mois et 2,8 milliards de plus que prévu rien que pour la simple phase de développement. Conséquences : Washington commandera 122 avions de moins dans les cinq années à venir pour pouvoir amortir ces dépenses supplémentaires.

Le pire reste que les officiels américains de la défense semblent naviguer à vue avec le F35. Toujours selon ce document en effet, Ashton Carter estime que les estimations chiffrées dont il dispose à ce jour ont… 50 % de chances d'être fausses ! D'autres dérapages sont donc très probables.

Pas question d'abandonner pour autant, a averti le Pentagone, alors que les critiques se multiplient. « Robert Gates, le secrétaire de la Défense, défend le programme parce qu'il n'a pas d'autre choix », estime Eaglen Mackenzie, analyste au sein de l'Heritage Foundation, cité par le « Washington Post ».

ALAIN RUELLO, Les Echos

lundi 22 février 2010

Todd : "Les sarkozystes agissent contre la Nation. Le patriote, c'est moi!"


Todd : "Le sarkozysme, un vide dangereux" (Mediapart)
envoyé par Mediapart. - L'actualité du moment en vidéo.


Todd : sarkozysme et les nationaux-républicains (Mediapart)
envoyé par Mediapart. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Que devient le sarkozysme? En décembre 2009, Emmanuel Todd, 58 ans, suggérait dans une interview au Monde, «ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre». En plein débat sur l'identité nationale, le propos avait frappé de la part de cet historien et démographe qui réfléchit depuis longtemps à la nation et à l'immigration. L'occasion ici d'y revenir en approfondissant quelques traits du régime et de la période. Ses idées, son personnel politique.

mercredi 10 février 2010

Le casse-tête du pétrole irakien


Par Michael Schwartz*
(Titre original : "The Iraqi Oil Conundrum")


L'énergie et le pouvoir au Moyen-Orient

*Comment les puissants ont échoués.

Il y a à peine quelques années, une administration Bush en pleine confiance espérait évincer le dictateur irakien Saddam Hussein, pacifier le pays, y installer un gouvernement conciliant, privatiser l'économie, et établir l'Irak comme siège politique et militaire pour une présence dominante des Etats-Unis au Moyen-Orient. Ces succès étaient sensés, en retour, ouvrir la voie à des objectifs ambitieux, inscrits dans le rapport de 2001 de la task force secrète du Vice President Dick Cheney sur l'énergie. Ce rapport portait sur l'exploitation des monstrueuses et en grande partie inexploitées réserves d'énergie irakiennes - plus grandes que celles de tout autre pays hormis l'Arabie Saoudite et l'Iran - y compris le quadruplement de la capacité de pompage du pétrole irakien et la privatisation du processus de production.

Le rêve en ces temps lointains était de dépouiller l'OPEP - l'entente composé des principaux exportateurs de pétrole de la planète - du pouvoir de contrôle de l'approvisionnement en pétrole et de son prix sur le marché mondial. Comme "récompense" pour avoir élargi considérablement la production irakienne et avoir libéré sa distribution du contrôle de l'OPEP, les hommes-clés de l'administration Bush avaient imaginé que les États-Unis pourraient prélever une petite proportion de cette production de pétrole en augmentation pour compenser le coût prévu de 40 milliards de dollars de l'invasion et de l'occupation du pays. Le tout en un an ou deux.


*Une Inlassable ambition tempérée par un échec politique et militaire


Presque sept ans plus tard, c'est sans grande surprise que les choses se révèlerent un peu plus couteuses que prévu en Irak et que le plan n'avait pas fonctionné exactement comme envisagé. Bien que l'invasion de Mars 2003 ait rapidement renversé Saddam Hussein, le reste du programme ambitieux de l'administration Bush restait encore largement inaccompli.


Au lieu de la pacification rapide d'une nation reconnaissante, suivie du retrait de toutes les troupes américaines, à l'exception de 30 à 40000 hommes (qui devaient être en garnison dans des bases géantes loin des zones urbaines de l'Irak), l'occupation a déclenché des rebellions sunnites et chiites, tandis que les opérations de contre-insurrection américaines ont conduit à des carnages massifs , une guerre civile sectaire, le nettoyage ethnique de Bagdad, et une crise humanitaire qui occasionna des centaines de milliers de morts, quatre millions de réfugiés tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, et un taux de chômage qui est resté constamment au-dessus de 50% avec tous les conséquences que sont la faim, la maladie et la misère qui en découlent.

Dans l'intervalle, le gouvernement du Premier ministre chiite Nouri al-Maliki, ardemment soutenu par l'administration Bush et jugé par Transparency International comme le cinquième le plus corrompu du monde, s'est transformé en un régime de moins en moins fiable pour les états-unis. En dépit des diktats et des désirs américains, il a réussi à établir des relations politiques et économiques cordiales avec l'Iran, à ralentir le processus de privatisation économique lancé par les administrateurs néocons envoyés à Bagdad en 2003, et s'est instauré lui-même comme le principal employeur du pays. Il semble même périodiquement réticent dans son rôle désigné comme hôte possible à long terme pour une force de frappe militaire américaine au Moyen-Orient.


Cette résistance s'est exprimée avec le plus de force lorsque M. Maliki a fait pression sur l'administration Bush pour qu'elle signe un accord de statut des forces (SOFA) en 2008 qui incluait un retrait complet de l'armée américaine d'ici la fin de 2011. Maliki a même exigé - et obtenu - une promesse de libérer les cinq énormes bases militaires "durables" que le Pentagone avait construit - avec leurs installations complexes, peuplées de dizaines de milliers d'hommes, dont pratiquement aucun irakien, même parmi les milliers de travailleurs non qualifiés qui font le sale boulot nécessaire pour maintenir ces véritables «villes américaines» en état de fonctionnement.


Malgré ces revers, l'administration Bush n'a pas abandonné l'idée que l'Irak pourrait rester le futur siège d'une présence américaine dans la région, pas plus qu'à l'élection présidentielle de 2008 ne l'a fait le candidat Barack Obama. Celui-ci a, en effet, à plusieurs reprises insisté sur le fait que le gouvernement irakien devrait être un allié puissant des USA et l'hôte le plus vraisemblable pour une force militaire de 50.000 hommes qui allait « permettre à nos troupes de frapper directement al-Qaïda partout où il existe, et démontrer aux organisations terroristes internationales qu'ils ne nous ont pas chassés de la région ».


Depuis son entrée dans le bureau ovale, Obama n'a pas sensiblement varié dans l'engagement d'établir l'Irak comme un allié clé au Moyen-Orient, en promettant lors de son discours sur l'état de l'Union que les Etats-Unis "continueraient de collaborer avec le peuple irakien" pour une durée indéterminée. Dans la même discours, cependant, le président a promis que «toutes nos troupes rentreraient à la maison», signalant apparemment l'abandon des plans militaires de l'administration Bush. Le secrétaire à la Défense Robert Gates, d'autre part, a récemment fait part d'une vision contraire, faisant allusion à la possibilité que les Irakiens pourraient être intéressés par la négociation d'un moyen de contourner l'accord SOFA pour permettre aux forces américaines de rester dans le pays après 2011.


* La "paralysie dynamique" force le pétrole à rester sous terre


Le pétrole irakien, lui aussi, est resté au centre de l'ambition constante de Washington, même tempérée par l'échec. Bien avant que le coût de la guerre ait commencé à inquiéter devant l'estimation du Congrès d'une facture de 700 milliards de dollars, l'idée d'utiliser les recettes pétrolières pour financer l'invasion avait disparu, tout comme l'idée de quadrupler la capacité de production en quelques années. L'espoir de le faire un jour, cependant, reste vivace. La spéculation que la production Irakienne pourrait - dans un avenir pas trop éloigné - dépasser celle de l'Arabie Saoudite semble représenter encore la principale stratégie de Washington pour repousser à plus tard la grave pénurie énergétique mondiale à venir.


Déjà avant les attentats du 11 Septembre 2001, la «Secret Energy Task Force» du Vice President Cheney avait prévu l'attribution des différents champs pétrolifères d'un futur Irak pacifié aux principales compagnies pétrolières internationales. Avant l'invasion de Mars 2003, le Département d'État avait effectivement élaboré une législation éventuelle pour un gouvernement post-Saddam Hussein, qui aurait transféré le contrôle des champs pétrolifères principaux à des géants étrangers du pétrole. Il fut alors prévu que ces sociétés investisse dans l'industrie pétrolière branlante de l'Irak les milliards nécessaires pour stimuler la production au maximum.


Peu après l'entrée des troupes américaines à Bagdad, le proconsul de l'administration, L. Paul Bremer III, promulgua la législation du Département d'État par décret (et en violation flagrante du droit international, qui interdit aux puissances occupantes le changement des législations fondamentales d'un pays conquis). Sous la bannière de la "débaasification" - le démantèlement du parti sunnite au pouvoir de Saddam Hussein - il avait également licencié des techniciens du pétrole, des ingénieurs et des administrateurs, ne laissant qu'une équipe réduite d'Irakiens pour gérer la production existante (et attendre l'arrivée des géants du pétrole avec toutes leurs compétences).


En peu de temps, beaucoup de ces professionnels devenus parias ont fuit vers d'autres pays où leurs compétences furent valorisées, créant ainsi une véritable exode des cerveaux qui, pour un temps, handicapa l'industrie pétrolière irakienne. Bremer nomma alors un groupe de consultants internationaux du pétrole et de cadres au sein d'une nouvelle structure (officialisée par l'ONU) nommée «Fonds de développement de l'Irak» (DFI), chargée de superviser l'ensemble des revenus pétroliers du pays.


Les administrateurs, techniciens et travailleurs irakiens qui avaient subsistés organisèrent rapidement une résistance remarquablement déterminée et efficace pour faire face aux projets de Bremer. Ils furent aidés en cela par une insurrection en pleine expansion.


Lors d'un épisode dramatique, Bremer annonça le transfert du contrôle du port de Bassorah (qui alors assurait le transit de 80% des exportations de pétrole du pays) d'une entreprise publique à KBR, une filiale de Halliburton, la société que le Vice Président Cheney avait autrefois dirigée. Prévoyant que leurs propres emplois disparaîtraient bientôt au profit d'une main d'œuvre importée, les travailleurs du secteur pétrolier se mirent immédiatement en grève. KBR se retira rapidement et Bremer abandonna le projet.


A la suite d'autres initiatives de Bremer, des entreprises étrangères de construction et d'énergie prirent en charge le développement, la réparation et différentes opérations sur les champs pétrolifères principaux d'Irak. Les résultats furent rarement suffisants et souvent destructeurs. Des contrats de réparation d'infrastructures ou de renouvellement furent souvent bâclés ou laissés inachevés, les sociétés internationales détruisirent des installations utilisables ou réparables parce que construites avec des technologies qui leur étaient étrangères, afin d'installer des équipements qui s'avérèrent en fin de compte incompatibles. Dans un cas, une réparation de pipeline de 5 millions de dollars est devenue une «modernisation» de 80 millions de dollars, projet qui a sombré sur des questions d'ingénierie insolubles et, trois ans plus tard, a été laissé inachevé. Dans plusieurs cas, les collectivités locales ont saboté ces projets, soit parce qu'ils employaient des travailleurs et des techniciens étrangers plutôt que des Irakiens, soit parce qu'elles avaient été conçues pour priver les habitants de ce qu'ils considéraient comme leur «juste part» des recettes pétrolières.


Dans les deux premières années de l'occupation, il y eut plus de 200 attaques contre des oléoducs et des gazoducs. En 2007, 600 actes de sabotage contre les pipelines et les installations avaient été enregistrés.


Après une vague initiale d'intérêt, les sociétés pétrolières internationales considérèrent les dangers et refusèrent poliment l'invitation de Paul Bremer à risquer des milliards de dollars sur les investissements énergétiques irakiens.


Après ce premier échec, l'administration Bush chercha une nouvelle stratégie pour assouvir ses ambitions pétrolières. Fin 2004, une fois Bremer hors du jeu, Washington négocia un accord entre le Premier ministre irakien parrainé par les états-unis Iyad Allawi et le Fonds monétaire international. Les pays européens promirent d'annuler un quart de la dette accumulée par Saddam Hussein, et les Irakiens promirent de mettre en œuvre le plan pétrolier américain. Mais cela ne fonctionna pas mieux que le plan Bremer. La poursuite des sabotages par les insurgés, la résistance des techniciens et des travailleurs irakiens, et la corruption et l'incompétence des compagnies contractantes rendirent tout progrès impossible. Les compagnies pétrolières internationales continuèrent à se tenir à l'écart.


En 2007, sous la pression directe des Etats-Unis, pratiquement la même loi fut approuvée à contrecœur par le Premier ministre Maliki et fut transmise au Parlement irakien, pour examen législatif. Au lieu de l'approuver, le Parlement s'imposa comme un nouveau centre de résistance au plan américain, ce qui souleva une myriade de plaintes [occidentales - Note du traducteur] familières, et refusa à plusieurs reprises de la soumettre à un vote. Elle est restée en sommeil jusqu'à ce jour.


Cette impasse resta inchangée durant la première année de l'administration Obama comme l'illustre le conflit qui se poursuit concernant le pipeline qui transporte le pétrole de l'Irak vers la Turquie, source d'environ 20% des revenus pétroliers du pays. Pendant l'administration Bremer, les États-Unis avaient mis fin à la tradition de l'ère Saddam de permettre aux tribus locales de siphonner une partie du pétrole passant sur leur territoire. Les insurgés, voyant cela comme un vol américain, entreprirent le sabotage systématique de l'oléoduc, et - malgré les féroces offensives de l'armée américaine - il resta fermé, excepté pendant quelques jours, durant les cinq années suivantes.


Le pipeline a été rouvert à l'automne 2009, lorsque le gouvernement irakien a rétabli la coutume de l'ère Saddam en échange d'un arrêt des actes de sabotage. Cela n'a été qu'une réussite partielle. Les livraisons ont été encore interrompues par des attaques de l'oléoduc, évidemment montées par des insurgés qui considèrent que les recettes pétrolières servent de financement illégitime à la poursuite de l'occupation américaine. La fragilité de l'oléoduc, encore aujourd'hui, est un signe de plus de la résistance en cours qui pourrait être un obstacle à toute augmentation significative de la production pétrolière jusqu'à ce que la présence militaire américaine soit terminée.


L'ensemble de la saga des six années de politiques, de pressions et de rêves pétroliers américains en Irak a donné jusqu'ici peu de résultats - pas d'augmentation significative de la production pétrolière irakienne, aucune augmentation de sa capacité future à produire, et aucune augmentation de ses exportations d'énergie. La grande ambition de transférer le contrôle effectif de l'industrie pétrolière entre les mains des compagnies pétrolières internationales s'est révélée être un projet mort-né.


Au fil des ans depuis que les États-Unis ont commencé leur campagne pour l'énergie, la production a en fait stagné, tombant parfois jusqu'à 40% en dessous des niveaux antérieurs à l'invasion, dans un secteur déjà maintenu précédemment à flot grâce au ruban adhésif et au système D. D'après les derniers chiffres de la Brookings Institution de Décembre 2009, la production s'élevait à 2,4 millions de barils par jour, soit 100.000 barils de moins que la moyenne quotidienne d'avant la guerre.


Pour ne rien arranger, le prix du pétrole, qui avait atteint des pics historiques au début de 2008, a commencé à décliner. En 2009, avec l'économie mondiale en lambeaux, les prix du pétrole ont coulés radicalement et le gouvernement irakien ne dispose même pas des recettes nécessaires pour soutenir ses dépenses courantes, sans parler de trouver de l'argent pour réparer ses infrastructures dévastées.


En conséquence, au début de 2009, le gouvernement Maliki a commencé activement, même désespérément, à chercher des moyens d'augmenter la production, même en l'absence de loi sur le pétrole. C'est, après tout, la seule voie possible pour un pays par ailleurs indigent à l'agriculture dévastée, souffrant d'une sécheresse d'une gravité extrême en vue d'augmenter les ressources disponibles pour des projets publics - ou, bien sûr, pour générer encore plus de corruption.


* Les compagnies pétrolières réagissent


En Janvier 2009, le gouvernement a ouvert un nouveau chapitre dans l'histoire de la production pétrolière en Irak quand il a annoncé son intention de permettre à une liste de plusieurs dizaines de compagnies pétrolières internationales de soumissionner pour des contrats de développement pour huit champs pétrolifères existants.


Les contrats proposés ne leur offrent pas, en fait, le type de contrôle sur le développement et la production que la task force Cheney avait envisagé en 2001. Au lieu de cela, ils seraient engagés à financer, planifier et mettre en œuvre une vaste expansion des capacités de production du pays. Après avoir remboursé leur investissement initial, le gouvernement devrait les récompenser à un taux ne dépassant pas deux dollars pour chaque baril de pétrole additionnels extraits des champs pétrolifères sur lesquels ils auraient travaillé. Les prix du pétrole devant théoriquement rester supérieur à 70 $ le baril, cela représenterait, une fois les coûts initiaux remboursés, un bénéfice pour le gouvernement irakien de plus de 60 dollars le baril, ce qui promettrait une résolution de la crise financière en cours dans le pays.


Les grandes compagnies pétrolières internationales, ont initialement rejeté ces termes du revers de la main, exigeant à la place un contrôle complet sur la production et des revenus d'environ 25 $ le baril. Cette résistance initiale a commencé à s'éroder, toutefois, lorsque la Chinese National Petroleum Corporation (CNPC), une compagnie publique du gouvernement chinois, a imposé à son partenaire, BP, l'énorme compagnie pétrolière britannique, d'accepter les conditions du gouvernement irakien pour augmenter la production du champ de Rumaila près de Bassorah dans le sud de l'Irak d'un million de barils par jour.


La compagnie chinoise, selon les experts, peut se permettre d'accepter des retours si maigres en raison de la volonté de Pékin d'établir une relation énergétique de longue durée avec l'Irak. Ce contrat, comme l'espèrent de toute évidence les dirigeants chinois, ouvrirait ainsi la porte à d'autres contrats pour explorer les vastes et sous-développées (et peut-être encore à découvrir) réserves de pétrole Irakiennes.


Les autres compagnies internationales se sentant peut-être menacées par la possibilité que les compagnies chinoises pourraient accumuler la plus grande partie des contrats concernant les plus riches champs pétrolifères irakiens, les laissant ainsi le nez dans la poussière, en Décembre une véritable ruée s'est produite pour présenter des offres. Au final, les principaux gagnants sont les entreprises publiques en provenance de Russie, du Japon, de Norvège, de Turquie, de Corée du Sud, d'Angola, et - bien sûr - de Chine. La compagnie nationale Malaisienne, Petronas, a établi un record en participant avec six partenaires différents dans quatre des sept nouveaux contrats que le gouvernement Maliki a distribué. Shell et Exxon, ont été les seules grandes major-compagnies pétrolières à participer à des soumissions gagnantes, les autres ayant dut céder face à des offres supérieures de consortiums dirigés par des compagnies publiques. Ces résultats suggèrent que les compagnies pétrolières nationales, contrairement à leurs concurrents privés recherchant la maximisation du profit, étaient plus disposées à renoncer à des bénéfices immédiats en échange d'un accès à long terme au pétrole irakien.


Sur le papier, ces contrats peuvent potentiellement satisfaire l'un des aspects de l'appétit pétrolier de Washington, tout en frustrant les autres. S'ils étaient pleinement mis en œuvre, ils pourraient collectivement stimuler la production irakienne de 2,5 millions à 8 millions de barils par jour en seulement quelques années. Ils ne remettraient pas, cependant, le contrôle de la production (ou la majeure partie des revenus) aux entreprises étrangères, ainsi l'Irak et l'OPEP pourraient continuer, s'ils le souhaitaient, à limiter la production, maintenir des prix élevés, et ainsi exercer leur pouvoir sur la scène mondiale.


Néanmoins, les centres de résistance à la politique pétrolière américaine ont exprimé leur opposition à ces nouveaux contrats. Les membres du Parlement ont immédiatement exigés que tous les contrats soient soumis à leur approbation, laquelle ne serait accordée qu'à la condition que des mesures de protection draconiennes soient accordées aux travailleurs, techniciens et gestionnaires irakiens. Les compagnies pétrolières appartenant à l'état irakien ont exigé des garanties que leurs techniciens, ingénieurs et administrateurs soient formés aux nouvelles technologies apportées par les compagnies étrangères, et qu'ils obtiennent le contrôle opérationnel des champs pétrolifères au fur et à mesure que leurs compétences se seront développées.


Le puissant syndicat du pétrole irakien s'est opposé aux contrats à moins qu'ils ne comprennent des garanties que tous les travailleurs seraient recrutés en Irak. Les chefs tribaux locaux ont exprimé leur opposition à moins qu'ils ne soit garanti une utilisation intégrale de travailleurs locaux, et de sous-traitance pour les entreprises de proximité au cours de la phase de développement. Puis il y a les insurgés, qui ont continué à s'opposer aux exportations de pétrole jusqu'à ce que les États-Unis se retirent complètement du pays, et ont exprimé leur opposition par les 26 attentats qu'ils ont lancés sur les pipelines et les installations pétrolières depuis Septembre 2009.


Certains de ces mêmes groupes ont réussi à bloquer les initiatives pétrolières précédentes.S'ils ne sont pas satisfaits, ils pourraient représenter le dernier obstacle à l'offre du gouvernement pour faire jaillir le pétrole en Irak. Un signe d'avertissement peut être perçu dans le destin d'un contrat signé avec la CNPC, au début 2009, prévoyant le développement du relativement petit (un milliard de barils) champ pétrolifère d'Ahdab près de la frontière iranienne. Les termes du contrat initial ont rencontré les conditions exigées par les dirigeants et les travailleurs locaux, mais le travail, une fois commencé, a généré peu d'emplois et encore moins d'opportunités d'affaires pour les entreprises locales. Les Chinois ont, à la place, fait venir des travailleurs étrangers, en suivant le modèle établi par des sociétés américaines impliquées dans la reconstruction irakienne. Finalement, le matériel a été saboté, le travail mis à mal et la viabilité du projet reste menacée.


La fin n'est pas en vue et l'issue reste incertaine. Est-ce que les vastes réserves pétrolières irakiennes vont être bientôt exploitées et venir enfin assouvir la faim du marché mondial ? Si elles le sont, qui déterminera la vitesse d'écoulement, et ainsi exercera le pouvoir que confère cette prise de décision ? Et une fois que cet océan de pétrole sera vendu, qui va en recevoir les potentiellement incroyables revenus ? Comme pour tant d'autres choses, au sujet du pétrole irakien, la guerre américaine a généré une multitude de problèmes et de catastrophes - et très peu de réponses.

Traduction : BDGD

*Michael Schwartz est professeur de sociologie à la Stony Brook State University. Il est l'auteur de War Without End: la débâcle irakienne dans son contexte (Haymarket Press), qui explique comment la géopolitique militarisée du pétrole a conduit les Etats-Unis à démanteler l'Etat irakien et l'économie de ce pays tout en alimentant une guerre civile sectaire. Il collabore régulièrement au site TomDispatch.com.


TomDispatch

jeudi 4 février 2010

Des Français sur la Place Rouge, pour célébrer la victoire de 1945

La lettre d'information TTU nous apprend, dans sa dernière livraison, que le ministre russe de la Défense Anatoli Serdioukov propose à la France - ainsi qu'aux Etats-Unis et au Royaume-Uni - de participer aux grandes cérémonies militaires qui ont lieu chaque année sur la Place Rouge de Moscou, le 9 mai, pour commémorer la victoire de 1945. Chaque pays est invité à envoyer 75 hommes en tenue d'époque avec un drapeau, comme le font les Russes.

Selon TTU, la France dépêchera le drapeau du régiment de chasse Normandie-Niémen, ainsi que des aviateurs. On le sait, cette unité aérienne française a combattu au sein de l'armée soviétique de 1943 à 1945, obtenant 273 victoires contre l'ennemi et perdant 42 de ses pilotes.

Las ! Le "Neu-Neu", surnom du prestigieux "régiment de chasse" comme disent les Russes, n'existe plus. Il a été dissous en juillet 2009, ce qui ne lui était jamais arrivé depuis sa création à la fin de 1942. Cette décision a suscité un certain malaise dans l'armée de l'air et dans les milieux attachés au souvenir du Neu-Neu. L'escadron devrait être recréé à l'avenir : il sera le troisième à être équipé du Rafale.

Cette invitation russe arrive alors que le président russe Medvedev est attendu pour une visite officielle en France début mars, dans le cadre de l'année France-Russie. Au plan militaire, les discussions se poursuivent pour la vente à la Russie d'un bateau amphibie (BPC) de la classe Mistral. Vente que les milieux néo-conservateurs, américains et français, espèrent voir échouer.

Secret Défense

mardi 2 février 2010

Afghanistan : Villepin veut "engager un processus de retrait"

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin à son arrivée à une conférence sur le rôle des puissances occidentales en Afghanistan, le 1er fevrier 2010 à Paris

Lors d'un débat public, hier soir à SciencesPo, organisé par l'association Jeune République, Dominique de Villepin a pris ses distances avec la politique française en Afghanistan. Il a souhaité que s'engage "un processus de retrait" militaire, "énergique, maîtrisé, volontaire", des Occidentaux et fixé la date de 2011. "L'intervention militaire n'est pas la solution, elle est le problème " a-t-il affirmé, car elle est "incomprise" par la population afghane.. "Ma conviction que c'est à la France de porter cette exigence de retrait, c'est à la France à marquer les esprits".

Pour l'ancien Premier ministre, la perspective d'un retrait prochain obligerait le président Karzaï à modifier sa politique, s'il veut survivre et pousserait les puissances régionales à s'impliquer davantage dans le règlement de la crise, si elles veulent éviter le chaos. Faute de ce retrait annoncer, assure Dominique de Villepin, les militaires français resteront comme "le fruit confit sur le gâteau" : "une cible immobile".

Ce retrait militaire ne doit pas être un abandon du pays, affirme l'ancien Premier ministre, qui plaide pour un renforcement de la coopération avec l'Afghanistan.

Intervenant dans ce débat, auquel je participais également aux côtés de Josselin de Rohan, Jean Glavany et Jean-Luc Mélenchon, Dominique de Villepin a, pour la première fois, expliqué que le retrait des forces spéciales, décidé alors qu'il était Premier ministre en 2006, était déjà, dans l'idée de Jacques Chirac, la volonté d'un désengagement militaire. "Les interventions militaires doivent avoir une fin", a-t-il expliqué.

Secret Défense


"Il faut engager un processus de retrait en Afghanistan"
envoyé par clubvillepin. - L'actualité du moment en vidéo.