lundi 5 juin 2017
dimanche 4 juin 2017
Tanguy Pastureau : MACRON, nouvelle icône de l'humour noir
Macron est passé du statut de gendre idéal à fils de Belzébuth en une minute en voulant essayer de faire de l'humour comme François Hollande, qui lui est un vrai pro.
samedi 3 juin 2017
MACRON ET LES MÉDIAS RUSSES. RÉACTION D’UN ENFANT GÂTÉ ?
AVEC EMMANUEL MACRON, LES FRANÇAIS ONT ÉLU UN TRÈS JEUNE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE. À LA FIN DU SIÈCLE DERNIER, LA FRANCE ENTRAIT DANS L’ÈRE DE L’ENFANT ROI ET CAPRICIEUX, PERSUADÉ QUE TOUT LUI EST DÛ. LE NOUVEAU PRÉSIDENT EST-IL UN FAUX ADULTE OU PARFOIS UN GAMIN SUPPORTANT DIFFICILEMENT CONTRADICTIONS ET FRUSTRATIONS ? UN ENFANT GÂTÉ EN SOMME ? SON COMPORTEMENT AU SUJET DE DEUX MÉDIAS RUSSES PRÉSENTS EN FRANCE, RUSSIA TODAY ET SPUTNIK PEUT POSER QUESTION.
UN MACRON À LA RUSSE JE VOUS PRIE
Le 29 mai 2017, le président Macron recevait à Versailles le chef d’État de la Russie. Le président de la République française n’a pas apprécié, mais pas du tout, que des médias de langue russe soient moins favorables à son élection que l’immense majorité des médias français et européens. Médias qui ont fabriqué l’élu avant même que le peuple ne choisisse. Comme Michel Onfray, l’affirme dans L’Obs du mercredi 31 mai. Des médias qui ne sont pas parvenus à masquer une grande joie une fois les résultats du 2etour connus. Seuls des observateurs peu honnêtes ou une presse militante peuvent nier le soutien que Macron a reçu de la part des médias dominants. Mais voilà, une partie de la presse présente en France n’est pas en ordre, pardon En Marche. En particulier les médias russes. Recevant le président Poutine et répondant à une question, Emmanuel Macron accuse ces médias : « Quand des organes de presse répandent des contre-vérités infamantes, ce ne sont plus des journalistes, ce sont des organes d’influence. Russia Today et Sputnik ont été des organes d’influence durant cette campagne qui ont à plusieurs reprises produit des contrevérités sur ma personne et ma campagne. Et donc j’ai considéré qu’ils n’avaient pas leur place, je vous le confirme, à mon quartier général ». En conclusion de son recadrage adressé aux deux médias : « Donc on va se dire les choses en vérité : Russia Today et Sputnik ne se sont pas comportés comme des organes de presse et des journalistes, mais ils se sont comportés comme des organes d’influence et de propagande mensongère, ni plus ni moins ». Le président de la République répondait à une question de Xénia Fedorova, directrice de Russia Today France. Réponse surprenante aux yeux de la majorité des observateurs et qui rappelle la relation établie par Trump avec les médias américains au lendemain de son élection. Sauf que le président des États-Unis avait presque toute la presse de son pays contre lui lors de sa campagne. Pour Emmanuel Macron, c’est le contraire. Et l’honnêteté impose de reconnaître que le comportement des médias français a tourné en propagande en sa faveur.
QUI ACCUSE QUI ET DE QUOI ?
Au fond, Emmanuel Macron semble mal supporter la contradiction. Comme le font certains gamins. De quoi s’agit-il ? Lors du débat présidentiel de 2e tour, la candidate adversaire de Macron interroge le futur président au sujet de rumeurs qui circulent sur internet. Rumeurs évoquant un éventuel « compte offshore au Bahamas ». Le lendemain du débat, le candidat d’En Marche déposait plainte contre X pour « faux » et « propagation de fausse nouvelle », disant de madame Le Pen qu’elle « a derrière des troupes sur internet qui se mettent en place », l’accusant d’avoir « des alliés » propageant des mensonges, alliés « pour certains liés à des intérêts russes ». Les médias officiels ne dénonceront pas comme rumeur cette affirmation non vérifiée selon laquelle madame Le Pen aurait des alliés russes propageant de fausses nouvelles. Cette affirmation lancée à l’emporte-pièce au sujet des prétendus intérêts russes liés à madame Le Pen demeure pourtant à ce jour du domaine pur et simple de la rumeur. Exactement au même titre que celle portant sur un compte au Bahamas établi au nom d’Emmanuel Macron. Force est de constater, à ce moment de débat et de l’analyse, que la question est plutôt de déterminer qui fait pipi le plus loin dans la cour de récréation de la campagne. Sauf que le 29 mai 2017, ce n’est plus le candidat Macron ou la candidate Le Pen qui parlent et sont en campagne l’un contre l’autre. C’est le président de la République française. Moins un homme qu’une fonction, dont les français attendent de la hauteur de vue. Et non du ressentiment. La rédaction de Sputnik a publié une mise au point demandant à ce que les « pièces » pouvant être qualifiées de fake news prétendument publiées par ses soins soient produites par les accusateurs, autrement dit les proches de l’actuel président actuel, alors membres de l’équipe de campagne d’En Marche. À l’heure où nous écrivons, ces pièces n’ont pas été fournies. Ce que Sputnik explique. Quant à Russia Today, le média donne la parole au journaliste Guy Mettan. Et le même média publie le 1er juin 2017 une information qui confirme combien l’équipe d’En Marche, entre les deux tours, et le président récemment élu, le 29 mai 2017, semblent intégrer de vraies rumeurs dans leur relation personnelle des prétendus faits : « Guillaume Poupard, le directeur de l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) qui a enquêté sur le piratage de l’équipe de campagne d’Emmanuel Macron, a déclaré qu’aucune trace de hackers russes n’avait été relevée » (…) « L’attaque informatique était si générique et simple qu’elle aurait pu être perpétrée par pratiquement n’importe qui », a-t-il expliqué, ajoutant « qu’il était possible qu’elle soit le fait d’une seule personne, dans n’importe quel pays ». Il n’y a tout simplement pas d’affaire Sputnik ou Russia Today. Par contre, la légèreté avec laquelle le jeune président de la République accuse des médias russes en public et en présence du chef de l’État de ce pays peut interpeller.
À RUMEUR, RUMEUR ET DEMIE
Retour en arrière. Le Point du 4 mai 2017 : « L’équipe de Macron n’a pas tardé à réagir, revenant tôt jeudi matin sur les différentes étapes de la diffusion de cette « fake news » et observant que l’article en question a été partagé plusieurs milliers de fois sur Twitter. D’une publication anonyme sur le forum 4chan à la reprise en direct lors du débat télévisé par Marine Le Pen, « l’information » aurait circulé sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter, relayée par des soutiens de Donald Trump, puis s’est retrouvée « dans la sphère d’influence de comptes associés, en France, à Sputnik et à RussiaToday, affirme En Marche ! ». Notons l’origine de l’information : « affirme En Marche ».
Qu’une équipe en campagne comme celle d’En Marche réagisse après les graves maladresses de madame Le Pen lors du débat télévisé, cela peut se comprendre. Les campagnes électorales sont rarement d’une grande élégance. Qu’elle parle de « sphère d’influence », autrement dit propage une rumeur fondée sur des opinions personnelles non vérifiées, cela ne manque pas de surprendre. Que cette rumeur revienne le 29 mai dernier, lors de la rencontre entre deux chef d’État, cela ressemble tant à une gaminerie que l’observateur impartial est en droit de s’interroger sur les motivations du président de la République française. Compte-t-il intégrer la capacité de déterminer qui est ou n’est pas journaliste dans la fonction présidentielle ? Définir les médias autorisés ou non sur le territoire de la République ? Ou bien s’agit-il d’un simple caprice comme en font si souvent les jeunes de cette génération et des suivantes ? Les journaux satiriques ont sans doute intérêt à faire attention à l’humour de leurs Unes à venir… et peut-être aussi les autres.
Maria Zakharova propose à un journaliste d'aller vérifier sur place la situation réelle des gays en Tchétchénie
N'OUBLIEZ PAS D'ACTIVER LES SOUS-TITRES (Trad : L. Guillon)
Poutine : le silence international sur la défense antimissile US favorise la course aux armements
Lors d’une rencontre avec les dirigeants de grandes agences de presse en marge du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, Vladimir Poutine les a accusées de garder le silence sur le déploiement de la défense antimissile américaine.
vendredi 2 juin 2017
Le traitement médiatique des "petits" candidats - Natacha Polony
Question d'un abonné polony.tv : Quelle est votre avis sur le traitement médiatique des mal nommés " petits candidats" ? Je pense notamment à François Asselineau, dont le parti existe depuis 10 ans mais qui n'a eu aucune médiatisation et est traité avec mépris.
http://polony.tv
Xavier MOREAU sur TVL :"En Russie, il y a plus de liberté d'expression qu'en France"
Franck Tanguy [Le présentateur qui croit que Moreau vit en Union Soviétique! LOL] et ces invités débattent de la présidence Macron, de la venue de Vladimir Poutine en France, de la moralisation de la vie politique et de la recomposition du Front national.
Interrogé sur la sortie des USA de l'accord de Paris, Poutine répond : «Don't worry, be happy»
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| Vladimir Poutine au Forum International Economique de Saint-Pétersbourg le 2 juin 2017 © Grigory Dukor Source: Reuters |
«Ces accords [de Paris] ne sont pas encore entrés en vigueur. Ils entreront en vigueur en 2021. Nous avons donc le temps. Si nous coopérons tous de manière constructive, nous pourrons nous accorder sur quelque chose. Don’t worry, be happy», a répondu Vladimir Poutine, commentant l’avenir des accords de Paris sur le climat lors de la session plénière du Forum économique international de Saint-Pétersbourg.
Le président russe a même plaisanté au sujet de cette décision de Donald Trump de se retirer des accords de Paris. «Nous devons être reconnaissants envers le président Trump. Aujourd’hui, il a neigé, il a plu, il fait très froid à Moscou. On pourrait en rejeter la responsabilité sur lui et l’impérialisme [américain]. Mais nous ne le ferons pas», a-t-il dit.
RT
Chef de la cybersécurité française : aucune trace de hackers russes de la campagne de Macron
Merci Thomas Pesquet et Donald Trump de permettre aux médias français de ne plus parler des affaires Ferrand et Sarnez et d'éviter le sujet des "hackers russes" dont on ne trouve trace nulle part... B.R.
Le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information Guillaume Poupard a expliqué qu'aucune trace de hackers russes n'avait été relevée dans l'attaque de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron.
Dans une interview accordée à l'agence de presse AP le 1er juin, Guillaume Poupard, le directeur de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) qui a enquêté sur le piratage de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, a déclaré qu'aucune trace de hackers russes n'avait été relevée.
Il a expliqué que l'attaque informatique était si générique et simple qu'elle aurait pu être perpétrée par pratiquement n'importe qui, ajoutant qu'il était possible qu'elle soit le fait d'une seule personne, dans n'importe quel pays.
A la veille du second tour des élections présidentielles, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron avait subi un piratage massif de ses données, qui avaient été diffusées sur les réseaux sociaux – le «MacronLeaks». L'équipe du candidat avait dans la foulée dénoncé une opération qui relevait «de la déstabilisation démocratique». «Cela s’est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle», avait-elle ajouté.
L'allusion au piratage du camp démocrate américain sous-entendait que la Russie se cachait derrière cette attaque, étant donné que Moscou est accusé sans relâche – mais toujours sans preuve – d'être à l'origine de la fuite de documents écornant l'image d'Hillary Clinton, candidate démocrate malheureuse à la Maison Blanche.
Soupçons de cyberattaques russes véhiculés par En Marche! durant la présidentielle
Les insinuations d'En Marche! à l'occasion du «MacronLeaks» perpétuaient une paranoïa autour de la Russie dans le cadre des élections françaises, entretenue notamment par le rapport d'une société japonaise spécialisée dans la cybersécurité, Trend Micro. Cette dernière avait estimé probable, en avril, que le groupe de hackers russes «Fancy Bears» s'en soit pris à En Marche!, tout en précisant qu'il existait toujours une incertitude technique dans l'attribution des attaques informatiques. Ces accusations, bien que formulées sans preuves convaincantes, avaient reçu un large écho dans la presse française.
Début février, l'actuel ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand qui était alors le secrétaire général d'En Marche!, avait laissé entendre que Moscou travaillait à l'échec de son candidat. «Je dis qu'il y a [...] des centaines, voire des milliers, d'attaques sur notre système numérique, sur notre base de données, sur nos sites. Et comme par hasard cela vient des frontières russes», avait-t-il déclaré sur France 2.
Le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov a répété récemment que ces accusations ne se fondaient sur aucun élément tangible et le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti les insinuations sur une possible ingérence de Moscou, les qualifiant d'«absurdes».
Le directeur général de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information Guillaume Poupard a expliqué qu'aucune trace de hackers russes n'avait été relevée dans l'attaque de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron.
Dans une interview accordée à l'agence de presse AP le 1er juin, Guillaume Poupard, le directeur de l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI) qui a enquêté sur le piratage de l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron, a déclaré qu'aucune trace de hackers russes n'avait été relevée.
Il a expliqué que l'attaque informatique était si générique et simple qu'elle aurait pu être perpétrée par pratiquement n'importe qui, ajoutant qu'il était possible qu'elle soit le fait d'une seule personne, dans n'importe quel pays.
A la veille du second tour des élections présidentielles, l'équipe de campagne d'Emmanuel Macron avait subi un piratage massif de ses données, qui avaient été diffusées sur les réseaux sociaux – le «MacronLeaks». L'équipe du candidat avait dans la foulée dénoncé une opération qui relevait «de la déstabilisation démocratique». «Cela s’est déjà vu aux Etats-Unis pendant la dernière campagne présidentielle», avait-elle ajouté.
L'allusion au piratage du camp démocrate américain sous-entendait que la Russie se cachait derrière cette attaque, étant donné que Moscou est accusé sans relâche – mais toujours sans preuve – d'être à l'origine de la fuite de documents écornant l'image d'Hillary Clinton, candidate démocrate malheureuse à la Maison Blanche.
Soupçons de cyberattaques russes véhiculés par En Marche! durant la présidentielle
Les insinuations d'En Marche! à l'occasion du «MacronLeaks» perpétuaient une paranoïa autour de la Russie dans le cadre des élections françaises, entretenue notamment par le rapport d'une société japonaise spécialisée dans la cybersécurité, Trend Micro. Cette dernière avait estimé probable, en avril, que le groupe de hackers russes «Fancy Bears» s'en soit pris à En Marche!, tout en précisant qu'il existait toujours une incertitude technique dans l'attribution des attaques informatiques. Ces accusations, bien que formulées sans preuves convaincantes, avaient reçu un large écho dans la presse française.
Début février, l'actuel ministre de la Cohésion des territoires Richard Ferrand qui était alors le secrétaire général d'En Marche!, avait laissé entendre que Moscou travaillait à l'échec de son candidat. «Je dis qu'il y a [...] des centaines, voire des milliers, d'attaques sur notre système numérique, sur notre base de données, sur nos sites. Et comme par hasard cela vient des frontières russes», avait-t-il déclaré sur France 2.
Le ministre des Affaires étrangères russes Sergueï Lavrov a répété récemment que ces accusations ne se fondaient sur aucun élément tangible et le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a démenti les insinuations sur une possible ingérence de Moscou, les qualifiant d'«absurdes».
jeudi 1 juin 2017
SAPIR : Les deux fautes d’Emmanuel MACRON
Emmanuel Macron a commis deux erreurs. Elles constituent de véritables fautes politiques. Leur proximité indique les limites de sa présidence. Elles peuvent encore être corrigées, mais le Président en a-t-il le désir et la volonté ? Ce que ces fautes nous révèlent, c’est peut-être la vérité de ce que sera la Présidence Macron.
Une odeur d’affairisme
La première est indiscutablement le mode de gestion de ce que l’on peut appeler « l’affaire » Richard Ferrand. Vient alors s’y joindre l’affaire autour de Murielle de Sarnez, mais aussi l’affaire François Bayrou. Ces trois personnes sont actuellement des ministres du gouvernement Edouard Philippe. Ils ont été des piliers de la candidature d’Emmanuel Macron : Richard Ferrand étant le secrétaire générale de La République en Marche, le parti du Président, et François Bayrou ayant été l’un des principaux alliés d’Emmanuel Macron.
On dira qu’il n’y a rien eu d’illégal. Cela reste à prouver, mais ne constitue pas le cœur de l’affaire. Cette dernière est morale avant d’être légale. L’odeur d’affairisme qui se répand désormais autour du gouvernement, un gouvernement que le Président voulait exemplaire, est dévastatrice pour sa légitimité. Quand ce gouvernement va, par ordonnances, gravement attaquer les droits des salariés, quand ce gouvernement va accroître les impôts (par la CSG) et baisser les cotisations chômages, cette odeur d’affairisme deviendra parfaitement insupportable.
On dira que le Président n’a pas à demander à des ministres qui ne sont pas encore mis en cause par la justice de démissionner. On devrait même dire qu’une mise en examen, en bonne logique, ne devrait pas entraîner de démission, car tout accusé est présumé innocent jusqu’à ce que la justice le déclare coupable. Mais, c’est encore une fois se retrancher derrière le légal quand c’est le moral qui est en cause. Et c’est là tout le problème. Emmanuel Macron a fait de la question du comportement de ses (futurs) ministres une question morale, une question de légitimité. Il ne peut aujourd’hui revenir en arrière et prétendre se cacher derrière des arguments de légalité. Ou, alors, cela signifie que ses principes sont à géométrie variable, intangibles pour ses ennemis, ajustables pour ses amis.
Car, la vérité d’un homme se révèle dans la manière dont il traite ses amis, et non ses ennemis. La démonstration qu’Emmanuel Macron est en train de faire est qu’il est un politicien comme les autres, un adepte du double discours. Cette démonstration sera un acide qui rongera sa Présidence jusqu’à la racine. Il peut encore faire la démonstration inverse, et se décider à se séparer des ministres sur lesquels plane le doute ; la femme de César n’a pas à être suspectée, et les ministres de la République doivent être inattaquables. Mais, s’il ne prend pas cette décision très vite, alors le mal sera fait.
Une odeur d’autoritarisme
La seconde erreur réside dans sa réaction vis-à-vis de la presse. Emmanuel Macron a ainsi déclaré que les journalistes n’ont pas à s’ériger en juges. C’est exact ; mais on aurait aimé qu’il le dise non pas quand ses ministres sont attaqués, mais quand la presse a commencé à se déchaîner contre tel ou tel de ses adversaires.
Cette déclaration, juste sur le fond, révèle alors le mépris dans lequel Emmanuel Macron tient ceux qui s’opposent à lui. Il montre que, là encore, le Président applique un double langage. Venant après une campagne présidentielle qui fut extraordinairement violente, venant après des comportements de journalistes qui ont été scandaleux, et qui le sont encore comme on peut le voir dans le traitement des principaux adversaires de LREM, cette déclaration relève en réalité du plaidoyer pro domo. Elle n’a donc aucune légitimité, et de ce fait, aucune crédibilité.
Mais, cette déclaration est aussi grave car elle révèle la volonté d’instrumentaliser la presse au profit de sa Présidence. Le nombre de sociétés de journalistes, pas une, pas deux, mais en réalité quinze, qui ont protesté devant les tentatives d’instrumentalisation est révélateur[1]. Emmanuel Macron voudrait que les journalistes lui appliquent certaines règles, toutes de déférences, et se déchainent sur ses adversaires. C’est revenir aux pratiques du Second Empire, ou de Charles X. Cela ne peut que rendre ridicule et odieux l’attaque publique qu’il a faite lundi 29 mai contre deux médias russes. Que le contenu de ces médias ne lui plaise pas, c’est son droit. S’il se considère avoir été calomnié, qu’il les attaque devant la justice. S’il y a eu diffamation, c’est à un tribunal de trancher. Cela s’appelle l’état de droit. Mais, ce qui se dévoile dans les pratiques de la nouvelle Présidence et dans sa récente déclaration montre que c’est à une véritable mise au pas de la Presse qu’Emmanuel Macron entend aboutir. Et pourtant, cette même presse, des chaines de télévisions aux hebdomadaires dits politiques qui ont multiplié à loisir les unes consacrées à Emmanuel Macron durant ces derniers mois, avait donné de nombreux gages de sa docilité. Mais, le Président veut plus ; il veut tout.
La faute est grave ; elle est lourde. Emmanuel Macron n’a que quelques jours pour chercher à réparer les dommages causés. On peut douter qu’il en est conscience. Au-delà, on peut douter qu’il le veuille.
Cela commence donc à faire beaucoup. Entre l’odeur – il n’est plus temps de parler de parfum – d’affairisme qui vient de ses alliés, et l’autoritarisme que révèle son rapport à la presse, mais aussi à la politique, et l’on en revient ici au projet de légiférer par ordonnances, la Présidence Macron pourrait faire reculer dramatiquement la démocratie en France. Mais la France intéresse-t-elle encore Emmanuel Macron ? Perdu dans ses rêves européens, se croit-il tout puissant ?
Nous sommes désormais à moins de deux semaines du premier tour des élections législatives. Les Français peuvent encore freiner ce gouvernement sur la pente dangereuse dans laquelle il s’est engagé en refusant de lui donner une majorité, et en votant contre ceux des candidats qui d’ores et déjà annoncent leur volonté de composer avec le Président.
Xavier MOREAU - Macron-Poutine: "Premiers Amours ?"
Xavier Moreau, homme d'affaires français vivant à Moscou, a suivi pour la chaîne de télévision Russia-1, la première rencontre officielle entre Emmanuel Macron et Vladimir Poutine à Versailles.
http://www.tvlibertes.com/
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