mercredi 15 juin 2016

Entretien avec Dmitry Orlov : Les cinq stades de l’effondrement

Dmitry Orlov sur son voilier (08/12)

Voici une interview particulièrement percutante de l'écrivain russe Dmitry Orlov, à l'occasion de la sortie en français de son livre Les cinq stades de l’effondrement :

Le Saker Francophone: – Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?

Dmitry Orlov: – Je suis quelqu’un qui tape sur un ordinateur portable. C’est très certainement vrai; personne ne conteste cela. Tout le reste me concernant n’est pas aussi certain. Je ne cherche pas à être timide, seulement à dire la vérité. La plupart des faits sur moi semblent quelque peu contradictoires. J’ai un diplôme d’ingénieur, mais je traite les sciences de l’ingénieur comme un passe-temps. Je suis diplômé en linguistique, matière que je traite aussi comme un passe-temps. J’écris des livres et des articles, pas comme un passe-temps, mais je ne suis pas un humaniste ou un littéraire. J’ai vécu pendant de nombreuses années aux États-Unis, et je connais l’anglais beaucoup mieux que la plupart des Américains, mais je suis russe et à la maison on ne parle que russe. Il n’est même pas possible de dire précisément où je vis, parce que nous vivons sur un voilier, qui se déplace d’un endroit à l’autre. Donc la meilleure chose à faire est de simplement lire ce que je vous écris, et ne pas essayer d’y lire qui je suis, parce que rien de tout cela n’est particulièrement pertinent. Ma motivation pour l’écriture est très simple : je veux donner un sens au monde, pour moi-même, et pour toute autre personne qui pourrait être intéressée.

– Est-ce que votre livre Les cinq stades de l’effondrement, qui va bientôt être publié en français, sert encore de base à votre réflexion sur la situation mondiale?

– Les cinq étapes offrent un bon échafaudage intellectuel de réflexion sur les différents effondrements qui se déroulent, avec quelques mises en garde.

Tout d’abord, il est clair que les étapes peuvent se chevaucher; il n’est pas nécessaire que l’effondrement financier aille à son terme avant que l’effondrement commercial et politique puisse commencer. Les effondrements sociaux et culturels sont largement entamés à certains endroits (des parties entières des États-Unis me viennent à l’esprit). Les effondrements peuvent se produire dans des poches relativement petites, franchir une ou deux étapes, et parfois même inverser leur cours, comme c’est arrivé en Russie après l’effondrement de l’URSS.

Mais il y a aussi des exemples emblématiques : l’Ukraine traverse actuellement l’ensemble des cinq étapes dans une spectaculaire cascade d’échecs.

Deuxièmement, il y a toujours des surprises. Je suis toujours étonné de voir comment les autorités financières mondiales ont été habiles à perpétuer une sorte de suspension théâtrale de l’incrédulité, ce qui a rendu l’insolvabilité systémique normale. Si j’avais prédit des taux d’intérêt négatifs, il y a quelques années, les gens auraient ri de moi, et pourtant ils sont là! Nous savons tous que la bulle de la dette va éclater, et que quand elle le fera, tout le monde se retrouvera avec du chewing-gum dans les cheveux, mais nous ne savons pas quand cela se produira. Une autre grande surprise a été la volonté des investisseurs de jeter de l’argent facile dans une production marginale d’hydrocarbures, qui est maintenant à l’origine d’une vague massive de faillites dans le secteur de l’énergie. Nous savons que les réserves de pétrole conventionnel s’épuisent de 5% par an, sans rien pour les remplacer, et que la surabondance actuelle ne durera que quelques mois, mais nous ne savons pas encore quel processus va courir le plus vite, l’épuisement du pétrole ou l’effondrement industriel. Nous connaissons le résultat final: le pétrole finira par être considéré comme un déchet toxique inutile.

Troisièmement, lorsque j’ai écrit ce livre, je ne donnais pas l’attention voulue à l’effondrement de l’environnement, et pourtant il se révèle être l’un des plus importants. Mais il est difficile d’être précis à ce sujet en ce qui concerne d’autres tendances de l’effondrement. D’une part, c’est une mort à petit feu; le réchauffement de la planète va rendre l’agriculture impossible dans de nombreuses régions de la planète; l’élévation du niveau des océans va déloger près de la moitié de la population mondiale en inondant les villes côtières; l’acidification des océans est en train de détruire les chaînes alimentaires marines et priver les populations côtières et insulaires d’une source de nourriture essentielle. D’autre part, la probabilité accrue de phénomènes météorologiques extrêmes liés au réchauffement climatique peut avoir des conséquences soudaines et assez surprenantes.

Par exemple, une vague de chaleur en Russie en 2010 a influencé la récolte de blé, ce qui a provoqué l’arrêt des exportations de céréales de la Russie, conduisant le prix du couscous à crever le plafond, provoquant le printemps arabe, qui à lui-même conduit une vague de migrants à inonder l’Europe ensuite, provoquant des divisions dans la solidarité européenne. Le changement climatique est comme une bombe en caoutchouc:

Le nombre de victimes ne peut être calculé, car elle continue à sauter partout, sans fin.

– Comment voyez-vous la situation mondiale actuelle?
– La question la plus importante n’est pas comment je vois la situation du monde, mais si vous la voyez. J’en suis venu à la conclusion que la plupart des gens ne voient rien du tout.

A l’Ouest, en raison du contrôle serré des entreprises transnationales sur les médias de masse, que les Allemands ont commencé à appeler joliment Lügenpresse (presse menteuse), ces médias ont créé un royaume fictif, et la plupart des gens y passent leur vie entière. Par exemple, je suis sûr que beaucoup de Français pensent que la Russie a envahi et annexé la Crimée, et c’est parfaitement vrai. Mais je suis sûr que presque aucun d’entre eux n’a une idée de quand c’est arrivé. Le savez-vous? C’est arrivé en 1783. La Russie occupe la Crimée depuis lors.

Ce n’est qu’un petit exemple, mais il y en a d’innombrables.

Et ce n’est là qu’un seul problème dans la connaissance de la situation mondiale. Un autre problème vient d’une dangereuse hiérarchisation de la connaissance, parce que la situation est vraiment catastrophique. Si vous évaluez la situation attentivement, vous découvrirez que si vous voulez que vos enfants et petits-enfants aient une chance de survivre, alors vous devez commencer à vivre d’une manière très différente au sein de la capacité de charge biologique de la petite parcelle de terre que vous et vos compatriotes pourrez défendre, et vous l’appellerez votre chez vous. Mais si vous deviez essayer de commencer à vivre de cette façon, vous devriez aussi arrêter d’aller travailler et de faire du shopping, les entreprises perdraient de l’argent, il y aurait des pertes d’emplois, les recettes fiscales diminueraient, les gens ne recevraient plus leurs pensions et leurs prestations sociales. Il y aurait donc des troubles sociaux et de l’instabilité politique, et vous pourriez donc finir par en mourir. Aussi peut-être le meilleur plan est-il de ne pas attacher trop d’attention à ce qui se passe dans le monde, et se contenter de rester assis là, tranquillement, en vous persuadant que tout est OK, et d’attendre que certains gentils terroristes réfugiés vous jettent une bombe pour vous sortir de votre misère.

– Quelles sont vos attentes autour des élections américaines, le Brexit, les élections françaises l’année prochaine? Ces événements sont-ils significatifs?

– Il semble qu’à la fois l’UE et les États-Unis sont au bord d’une révolte massive. Ces peuples ont eux-mêmes permis d’être gouvernés par des élites transnationales non élues, et cela a été une catastrophe à tous les niveaux. Hillary Clinton est un spécimen de premier choix de cette élite: elle habite un royaume abstrait où la souveraineté nationale est une chose du passé et où les pays n’existent pas vraiment. Si ces élites essayent d’agir comme si ces pays existaient encore, alors ils doivent les menacer ou les bombarder pour obtenir leur soumission. Mais s’ils sont trop gros et trop puissants pour être menacés ou bombardés afin d’obtenir cette soumission (comme la Russie), alors le seul choix qui reste est de devenir hystérique et de trépigner de rage en menaçant d’anéantissement nucléaire mondial.

J’espère que ce sentiment de révolte peut être canalisé sous des formes démocratiques d’expression individuelle, parce que sinon tout va chuter à partir de maintenant. En Europe, l’objectif devrait être de réaffirmer la souveraineté nationale et de détrôner la bureaucratie transnationale non élue. C’est en fait un objectif très modéré; mais s’il est considéré comme extrémiste, alors les résultats seront encore plus extrêmes, avec des partis d’extrême-droite populiste prenant en charge les pays, les uns après les autres.

Aux États-Unis, il y a maintenant une haine publique très palpable contre la plupart des institutions officielles, et les résultats peuvent être tout à fait imprévisibles. Nous assistons à la mort du duopole des deux-partis républicain / démocrate, ce qui est une chose merveilleuse à observer. Le parti démocrate est une institution complètement anti-démocratique, avec de multiples sorties de route pour priver d’expression le plus grand nombre possible d’électeurs, et qui recourt maintenant à des falsifications pures et simples par le piratage des machines à voter lors de l’actuelle primaire présidentielle. Le parti républicain est aussi un abus de langage, parce que son but a toujours été de convertir la res publica en res privata en privatisant tout ce qui était possible. La disparition de ces deux horribles organisations serait une cause de célébration.

Mais une fois que la clique duopolistique nous asservissant aura été délogée, on ne sait pas ce qui va arriver. Les États-Unis ne sont pas vraiment un pays, que ce soit territorialement, linguistiquement ou culturellement; il s’agit d’un certain nombre de territoires qui ont été occupés, arbitrairement regroupés dans des États en utilisant une règle sur une carte, et maintenus ensemble par la force. Regardez le Nouveau-Mexique: sa population est presque exactement à moitié mexicaine. Donald Trump y a organisé un rassemblement il y a quelque temps, ce qui a provoqué une émeute, parce que son concept de l’Amérique ne comprend pas le Mexique. Eh bien, ne dites pas cela à tous les Mexicains vivant aux États-Unis, en particulier sur le territoire mexicain occupé par les États-Unis, car ils vont littéralement essayer de vous tuer! Non seulement le Mexique fait partie de l’Amérique, mais il est, en fait, les États-Unis: Estados Unidos Mexicanos. Contrairement à l’UE, qui est, après tout, composée de ce qui était des pays anciennement séparés, et qui peut se désagréger pour revenir à ces mêmes pays, les États-Unis vont se fissurer en gros morceaux partant en lambeaux comme une pastèque trop mûre.

– Quel est votre message pour que les gens comprennent à quel point la situation actuelle du monde est mauvaise? Qu’est-ce qu’ils peuvent faire?

– Vous pouvez toujours relire votre Voltaire et suivre l’exemple de Candide: cultiver votre jardin. Vous pouvez difficilement faire mieux.

– Le Saker francophone traduit vos textes depuis maintenant deux ans. Je sais qu’ils sont aussi traduits en italien, en russe et en allemand. Est-il important pour vous de tendre la main à d’autres personnes, et pas seulement aux États-Unis et en Russie? Avez-vous un message universel?

– J’étais déjà lu par des gens partout dans le monde. Mes livres sont sortis en anglais, portugais, japonais, chinois, coréen, français maintenant, bientôt suédois. Le russe n’est pas si important parce que les Russes savent déjà tout cela. Si je dois avoir un message universel, il est celui-ci: vous n’êtes pas des citoyens du monde; vous n’êtes que celui d’où la chance vous a fait naître.

Je suppose que mon attitude envers l’Europe est très russe.

Géographiquement, l’Europe comprend toute l’Eurasie qui est à l’Ouest des montagnes de l’Oural, mais politiquement c’est seulement cette petite péninsule avançant de ce côté de l’Eurasie, et qui est composée de ces minuscules et mignons petits pays, chacun avec sa propre petite langue et ses petites traditions locales. Elle est vraiment très belle. Mais ce qui se passe là-bas ces derniers temps est une abomination.

Imaginez que vous amenez vos enfants au zoo, mais que quelqu’un aurait ouvert toutes les cages, et maintenant vous avez des lions ayant des rapports sexuels avec des tigres, de sorte que vous avez beaucoup de tigrons et de ligres, de jaguars ayant des rapports sexuels avec des léopards, et donc beaucoup de petits jaguleos courant partout, et là dans le coin vous avez un rhinocéros qui s’approche d’une hippopotame, et qui sait ce qui va en advenir. Et maintenant, quelqu’un envoie un troupeau de chameaux en panique au milieu. Ils vont tous essayer de se croiser avec les chameaux aussi? C’est une parodie!

Blague à part, si vous pensez que le monde est un après tout, ou que vous êtes un citoyen du monde, alors vous tenez compagnie à certains autres participants à un voyage mondialisé: les rats, les cafards, les poux et les punaises. Ils n’ont aucune nation non plus, et vont partout où vous allez, et ont autant de raison d’exister que vous, aussi il ne faut pas essayer de les éradiquer. Ils ont les mêmes droits que vous! Mais si vous êtes à la recherche d’une meilleure raison d’exister, il faut commencer par avoir le sens de l’unicité, non pas celui de l’individualisme mais au sens unique du lieu. Il faut être enraciné dans un lieu et parmi un peuple, et avoir le sens du sacré qui est connecté à cet endroit et à ce peuple. Cela concerne tous les lieux, les forêts et les vallées, les champs et les montagnes qui vous donnent un sentiment d’être et un sens du but, quelque part où vous voulez vivre et pour lequel vous êtes prêt à mourir, et dont l’avenir est l’avenir de vos enfants, de sorte que vous ne manquerez pas d’en prendre soin et de le défendre.

Je suis tout à fait sûr que si nous ne parvenons pas à produire ce sentiment de l’attachement, de l’enracinement à nos lieux de vie et à nos peuples, alors tout sera perdu.

– Merci Dmitry.

Le Saker Fr.

Pour aller plus loin avec Dmitry Orlov :

Comment déclencher une guerre et perdre un empire, par Dmitry Orlov

Dmitry Orlov: Les US échoueront même à échouer

lundi 13 juin 2016

Marseille : Pourquoi un "hooligan russe" porte-t-il un tatouage pro-ukrainien ?

Cliquer sur l'image pour l'agrandir
Depuis hier, suite aux incidents de Marseille, nous assistons à un déchainement anti-russe dans les médias qui vont même jusqu'à sous-entendre que les fameux hooligans russes seraient "manipulés par Poutine pour gâcher la fête de l'Euro en France en représailles des sanctions françaises et se venger de l'affaire des navires Mistral". Conspirationnisme de bon aloi entendu au "grand journal" de Canal +...
Les éditorialistes rivalisent d'indignation sélective et appellent à retirer la Coupe du Monde 2018 à la Russie (pour la donner à l'Ukraine?). 

On peut même lire que "le gouvernement balaie la polémique et vise la Russie" alors que les forces de l'ordre n'ont pas réussi a arrêter un seul hooligan russe sur 116 arrestations!
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été jusqu'à organiser des descentes de police dignes de l'anti-terrorisme dans des hôtels ou logeaient des supporters russes apparemment sans histoire...



Les seules images indiscutables de hooligans russes violents dont on dispose en réalité sont celles prises dans le stade Vélodrome lors des échauffourées survenues à la fin du match Angleterre - Russie. Bizarrement, un des hooligans que l'on voit sur plusieurs photos arbore un tatouage représentant Tarass Boulba, héros des nationalistes ukrainiens. (voir ci-dessus)
Cela ne prouve rien sur sa nationalité bien entendu, l'homme peut très bien être un Néo-Nazi russe pro-ukrainien (si si, cela existe bel et bien) mais pour un "complot organisé par Poutine", vous reconnaitrez que c'est quand même étrange...

Autres photos ou l'on voit le même hooligan russe tatoué : ICI et ICI

Photo d'une manifestation anti-Poutine de néo-nazis russes pro-ukrainiens (voir drapeaux au centre), à Moscou en novembre 2014 (twitter)

Alors, pas pro-ukrainien, le tatouage ?
MàJ : Pour tous ceux qui me cassent les pieds parce que soi-disant "ce n'est pas Tarass Boulba" ou "Tarass Boulba n'est pas un symbole nationaliste ukrainien" etc etc.. Voici sur la photo, quelques écussons de "bataillons spéciaux" ukrainiens qui les calmeront, du moins j'espère...














Par ailleurs, sur la photo suivante et sur beaucoup d'autres, on constate que les "russes" qui tabassent les anglais dans les rues de Marseille ont généralement le teint très foncé pour des slaves, ou bien bronzent-ils très vite? 
Des russes à la peau mate ?

Des russes avec des maillots de l'équipe de France et de l'OM ?
(Merci à @marcelsardo et @LepontDahu)
(A suivre...)

Interview de Xavier Moreau de retour du Donbass


Interview de Xavier Moreau, spécialiste de l'Ukraine et de la Russie (www.stratpol.com), par Frédéric Saillot le 12 juin 2016.


Source : Eurasiexpress

Lille : Graham Phillips rencontre les supporters ukrainiens!


Graham Phillips, le célèbre reporter britannique qui a suivi de près le conflit dans le Donbass (conflit loin d’être terminé puisque les faubourgs de Donetsk sont toujours bombardés quasi-quotidiennement par l'artillerie de Kiev, violant ainsi sans vergogne les accords de Minsk) est allé à la rencontre des fans de l'équipe de foot ukrainienne qui rencontrait l'Allemagne, le 12 juin à Lille.
Il leur a posé des questions sur leur sentiment par rapport aux massacres de civils du Donbass commis par les militaires ukrainiens et les milices paramilitaires depuis plus de deux ans, déclenchant des réactions plutôt "mitigées" mais dans l'ensemble, peu sympathiques, ce qui n'est guère surprenant.
De retour à son véhicule garé à proximité, Graham a eu la mauvaise surprise de le retrouver vitres brisées et dévalisé de tout ce qu'il contenait...



PS : Pour permettre aux lecteurs qui ont mal compris la démarche de Graham qui peut paraitre, il est vrai, agressive, il faut savoir que Graham a vécu dans le Donbass de multiples situations  terribles comme dans cette vidéo :



Pour suivre le parcours de Graham Phillips dans le Donbass (une blessure, deux détentions par le SBU avec expulsion du territoire, des centaines d'heures de reportage sur le terrain, etc etc...) :
Voir ici : Graham Phillips

dimanche 12 juin 2016

Compiègne : Show aérien franco-russe en hommage à l'escadrille Normandie-Niemen [Vidéo]


Dans l'indifférence la plus totale des médias français russophobes, plus occupés à imaginer des soi-disant hordes de hooligans russes à Marseille (que personne n'est parvenu à filmer), un show aéronautique spectaculaire mettant en vedette des avions soviétiques de la IIeme Guerre Mondiale a rendu hommage à la célèbre escadrille franco-russe Normandie-Niemen à Compiègne, au nord de Paris, samedi, célébrant ainsi la longue et profonde amitié qui unit nos deux peuples.






L'indéfectible amitié franco-russe symbolisée par l'escadrille héroïque
Pour en savoir plus sur l'escadrille Normandie-Niemen :
Normandie Niemen - Les ailes de la fraternité

Dans sa stratégie contre la Russie, l’Occident n’a peur ni des mensonges ni des contradictions


Comment expliquer que la France décore un prince saoudien de la légion d’honneur et qualifie le président russe de terrible dictateur ? L’auteur du livre Russie-Occident : la guerre de mille ans Guy Mettan explore cette ubuesque situation.



Pour aller plus loin avec Guy Mettan :

jeudi 9 juin 2016

La justice ukrainienne touche le fond à Odessa



Le journaliste dissident ukrainien en exil aux Pays-Bas Anatoly Shary nous raconte le procès d'Eugène Mefedov emprisonné depuis 2 ans sur la base d'accusations infondées suite aux tragiques événements du 2 mai 2014. Le tribunal d'Odessa nous offre ici le spectacle affligeant d'une absolue parodie de justice sous la pression des groupes paramilitaires néo-nazis dits "patriotes ukrainiens" (Secteur Droit, Svoboda et autres). Anatoly considère que la justice de son pays est devenue bien pire que tout ce qu'il a connu sous le régime Yanoukovitch d'avant la révolution du Maidan.


Traduction Française : Thalie Thalie

mardi 7 juin 2016

Washington veut créer un "ministère de la Vérité"


Les législateurs américains ont introduit discrètement au Congrès un projet de loi controversé, visant à créer un "ministère américain de la Vérité", équivalent du ministère de la propagande de 1984, la célèbre dystopie de George Orwell.

Présenté par les membres du Congrès Adam Kinzinger et Ted Lieu, la Loi sur la lutte contre la propagande et la désinformation étrangère de 2016 (Countering Foreign Propaganda and Disinformation Act of 2016), sous couvert de menace extérieure, cherche une "approche pan-gouvernementale sans restrictions bureaucratiques" pour contrer "la désinformation et la manipulation étrangères", lesquelles, selon les parlementaires américains, menacent "la sécurité et la stabilité" du monde entier, informe le site Zero Hedge.

"De l'Ukraine à la mer de Chine du Sud, des campagnes étrangères de désinformation font plus que répandre des sentiments anti-occidentaux, ils manipulent la perception du public en changeant les faits sur le terrain et en subvertissant la démocratie et les intérêts des Etats-Unis" a déclaré M. Lieu, soulignant l'importance de ces dernières paroles.

Le membre du Congrès ne cache pas quel pays est particulièrement ciblé par cette loi, le qualifiant de "menace la plus importante".

"La Russie continue à cracher sa désinformation et ses mensonges, minant les États-Unis et leurs intérêts dans des endroits comme l'Ukraine, tout en alimentant l'instabilité dans ces pays," a expliqué M. Kinzinger dans un communiqué sur son site officiel.

Ce projet de loi ne propose pas de créer une équipe d'honorables enquêteurs, qui sépareraient la vérité de fausses informations des gouvernements étrangers en vue d’améliorer la vie des Américains et des populations alliées. Non, ce document, loin de l'attention du public, devient un clou de plus dans le cercueil de la liberté de la presse en rendant vains les efforts pour créer un système d'informations objectives.

Le document, néanmoins, prévoit la création d’un organisme spécial qui devrait cerner les sources de désinformation, analyser les données, et, d’une manière vraiment dystopique, "élaborer et diffuser des discours basés sur les faits" pour contrer la propagande mensongère.

Une autre raison qui fait réfléchir sur les vrais motifs du gouvernement américain est le fait que le secrétaire américain d'État à la coordination du secrétaire de la Défense et le directeur du renseignement national sont chargés de créer cet organisme spécial, nommé Centre d'analyse des informations et des réponses.

Si on jette un coup d'œil sur la liste des fonctions de ce centre, il est évident que le projet de loi représente un retour spectaculaire à l’époque de la guerre froide.

"Identifier les tendances émergentes et actuelles de la propagande et de la désinformation étrangères, y compris (…) l'utilisation des opérateurs et des agents spéciaux secrets ou clandestins pour influencer les populations et les gouvernements ciblés, afin de coordonner et de façonner le développement des tactiques, des techniques et des procédures pour exposer et réfuter la désinformation étrangère"

Cela signifie que si le projet de loi est adopté, il permettra à la propagande pro-américaine d’infiltrer tous les médias mainstream, aussi bien que les médias sociaux et les services d’information en ligne, autrement dit de s’immiscer partout.

Il est évident que, pour les contribuables américains, le fardeau sera encore très lourd.

"Alors que les dépenses des Etats-Unis pour Voice of America sont assez faibles, le Kremlin alloue d'énormes fonds pour son agence d'information RT (Russia Today)", a expliqué le sénateur Rob Portman, signifiant ainsi que cette nouvelle initiative coûtera cher à Washington.

Sputniknews

samedi 4 juin 2016

Les vérités de Julian Assange


Depuis l’ambassade d’Équateur à Londres, où il est confiné depuis bientôt quatre ans, le cyber-activiste Julian Assange se confie.

Le 11 avril dernier, une équipe du collectif d’investigation Slugnews a fait entrer les caméras d’ARTE Reportage dans l’appartement de l’Ambassade d’Équateur à Londres, où Julian Assange est confiné depuis bientôt quatre ans.

Dans ce face à face rare, Julian Assange revient sur ce jour de Juin 2015 où Wikileaks a révélé l’espionnage des présidents français et allemands par les grandes oreilles américaines.
Face caméra, il révèle que les services de renseignements français ne l’ont jamais contacté, ni lui, ni Wikileaks pour en savoir plus. Il ajoute : « La France n’est pas capable de protéger sa souveraineté vis à vis des Américains. »

Le cyber-activiste aborde également plusieurs sujets qui font la Une de l’actualité : l’après 13 novembre 2015 en France, la création de l’organisation Etat Islamique en Irak ainsi que les Panama Papers, révélés par le consortium international de journalistes ICIJ.

Sous le coup d’un mandat d’arrêt de la justice suédoise, le co-fondateur du site Wikileaks craint surtout d’être extradé vers les Etats-Unis, où il serait jugé pour avoir publié en ligne des milliers de documents secrets de l’armée et de la diplomatie américaine.


(France, 2016, 52mn) ARTE

vendredi 3 juin 2016

Syrie : La Russie publie les images des énormes convois d'approvisionnement des rebelles venus de Turquie


Le Ministère de la Défense de Russie a publié des images vendredi, montrant un gigantesque convoi de renforts militaires présumés en provenance de Turquie se dirigeant vers les positions rebelles des provinces d'Idlib et Alep en Syrie.



Pierre-Emmanuel Barré : Franz-Olivier Giesbert, Daech et la CGT


Pierre-Emmanuel Barré a lu le dernier édito de Franz-Olivier Giesbert dans le journal le Point. Ce dernier explique que la France est soumise à deux menaces : DAECH et la CGT. Mais qu'est il arrivé à Franz ?


Liberté d'expression : Emmanuel Todd parle de la France, des socialistes et du "fascisme rose"


Atlantico : François Hollande se rêvait comme un président social-démocrate, pourtant, les rapports sociaux, entre syndicats ont rarement été aussi violents. Entre une CGT jusqu'au-boutiste, ou un Medef qui l'accuse de terrorisme, ou des agressions de policiers par des jeunes. Comment analysez-vous cette conflictualité, cette violence des rapports sociaux en France ?

Emmanuel Todd : Je voudrais vraiment en parler comme chercheur, c’est-à-dire en avertissant que je n'ai pas trouvé la solution et que je suis réellement conscient du fait que l'on a ici un problème d'interprétation de ce qui se passe. On a un sentiment d'évolution systémique, de mutation, de tout ce à quoi vous venez de faire allusion. Mais la mutation générale, la montée de conflictualité, la violence même, ne me pose pas de problème de compréhension. C’est-à-dire qu'il y a longtemps que moi, ou d'autres, ont perçu le blocage du système.

Le Bloc MAZ, constitué des classes moyennes, des personnes âgées, très importantes, et des ex- catholiques, donnaient une sorte de base électorale à une forme de conservatisme politique qui permettait à l'oligarchie supérieure, aux 0.1%, de faire ce qu'ils voulaient. Le résultat est une société bloquée, une belle au bois dormant qui laisse pourrir sa jeunesse. Un système social immobile, qui condamne les jeunes et le monde ouvrier à la destruction sociale. Il est donc normal d'assister à la montée d'une certaine violence.

Ce système de domination va jusqu'à bloquer le système culturel, et va jusqu'à la télévision. Je travaille de chez moi, je passe donc mon temps devant toutes sortes de chaînes, Itéle, Bfm, france2 etc…Et en fait, tout cela, qui est contrôlé par le haut, fabrique l'image d'une France qui n'existe pas pour tout le monde. C'est une France irréelle pour beaucoup de gens et en particulier pour les jeunes. L'image produite par ce système télévisuel est déroutante pour les jeunes des classes moyennes inférieures. Tout ce monde de gens joviaux qui se posent des problèmes d'enneigement des stations de sport d'hiver, ou "Un dîner presque parfait", comme si tout le monde songeait à faire des petites bouffes. C'est un monde un peu crétin, mais qui produit des tas d'images. Et qui est également une source de tensions.

Mais cette situation est-elle spécifique à la France ?

Ce qui est spécifique de la France, c'est son état d'immobilité sociale. Lorsque l'on pense que l'on se dirige vers une présidentielle dans laquelle s'affrontent Hollande, Sarkozy, Le Pen, Mélenchon et que le seul réel changement peut provenir du jeune espoir Alain Juppé, cela ferait hurler de rire dans n'importe quel pays du monde. Pourtant, notre pays est plus jeune que les autres, et le taux de fécondité a baissé à peine pendant la crise, ce qui est un vrai un signe de vitalité. A l'inverse, l'Espagne ou l'Italie sont dans une situation d'implosion démographique. Est-ce que la France est le pays le plus immobilisé d'Europe, ou est-il le seul pays vivant ?

Je regardais BFM dimanche. Je ne fais pas de critique générale de la chaîne, j'aime beaucoup Ruth Elkrief. Je regardais l'interview de Philippe Martinez par Apolline de Malherbe et Edwige Chevrillon. On avait l'impression de voir deux Manuel Valls à l'écran, face à un Martinez dont on se demandait s'il allait perdre son sang-froid. On y a vu également Philippe Doucet, un socialiste. Il y avait un phénomène de retard à l'allumage dans la prise de conscience. Philippe Doucet suggérait, en brandissant des affiches, que le CGT faisait mitrailler les permanences du PS. Il s'agit d'un univers de fous où la violence verbale venait de gens qui se pensent être les défenseurs raisonnables d'un système démocratique. Ils étaient forcés de reconnaître un petit problème au départ ; que le parti socialiste n'avait pas été élu pour casser le code du travail. Mais ce qui est frappant, c'est qu'ils ne voyaient pas l'énormité que cela représente pour la science politique. Parce qu'en fait, nous traversons une rupture systémique. Parmi les instruments du droit constitutionnel, on avait la distinction entre le mandat impératif et le mandat représentatif. Tout le monde est aujourd'hui d'accord sur le fait que seul le mandat représentatif permet un fonctionnement normal des démocraties libérales, avec des citoyens qui votent, qui élisent des représentants qui prennent des décisions librement à l'intérieur des lignes générales préférées par les électeurs. Or, les intervenants ne semblaient pas se rendre compte que le comportement actuel de François Hollande et du PS suggère l''existence d'un troisième mandat ; le mandat "jemenfoutiste". Ici, l'élection devient parodique, les électeurs votent, mais il est entendu dans l'esprit du grand parti politique de gauche que ce que dit l'électeur n'a aucune importance, et qu'il a donc le droit de faire exactement le contraire. Ce qui est tolérable à droite, comme Jacques Chirac en 1995, mais avec Hollande, c'est quand même plus compliqué. C'est une rupture. Parce que s'il y a des lois, il y a aussi l'esprit des lois. Actuellement, le respect des règles constitutionnelles formelles nous aveugle sur le fait que l'esprit des instituions est bafoué. Il y a une évolution des mentalités, dans la Ve République, qui fait que le corps électoral ne compte plus. Quelle évolution des mentalités a permis cette dénaturation ? L'article 4 de la constitution nous indique que les partis politiques concourent à l'expression du suffrage, mais là, en pratique, cet article a été aboli. Le parti socialiste participe à la dénaturation du suffrage, c'est un problème constitutionnel.

C'est à partir de ce cadre conceptuel qu'il faut comprendre l'attitude d'action anormale de la CGT. Je crois que François Hollande ou Manuel Valls ne sont pas conscients du fait qu'ils sont en train de détruire le droit constitutionnel français. Mais je ne crois pas non plus que la CGT soit consciente de ce qu'elle représente. Martinez était calme. Il a indiqué qu'il défendait les salariés et le code du travail. Mais la vérité profonde est que la CGT est en train de défendre la constitution. C'est ça qui est terrible.

Vous indiquez que le dérèglement politique actuel vous conduit à soutenir les actions de la CGT ?

Les gens pensent que je suis super à gauche, ce qui est faux, parce que j'ai été membre du parti communiste pendant deux ans lorsque j'étais gamin. Mais j'ai eu, par la suite, une solide carrière anticommuniste, en prédisant l'effondrement de l'Union soviétique, en écrivant "La chute finale" ou en associant le communisme à une variante de la schizophrénie dans "le fou et le prolétaire". Mon travail sur les systèmes familiaux ramenait le communisme à la préexistence d'un système familial autoritaire et égalitaire.

Je suis un anti-communiste radical. Donc, si je dis du bien de la CGT, cela ne doit pas être mal compris. C'est la CGT dans sa fonction actuelle de force, nouvelle et inattendue, qui, par effet de vide et de positionnement aléatoire, se trouve défendre la démocratie libérale en France.

Nous devons deux choses à la CGT. D'une, plus personne ne nous parle de l'Islam. C'est le transfert du mot radical de l'islamisme vers le militantisme ouvrier. Tous ceux qui croyaient qu'on pouvait faire n'importe quoi en désignant un bouc émissaire sont tout d'un coup, par volatilité, passés au radicalisme de la lutte des classes. La CGT a fait sortir la France de ce tunnel ethnicisant dans lequel le drame des attentats l'avait mise.

Vous faites référence à l'emploi du mot "terrorisme" employé par Pierre Gattaz lors de son interview au journal Le Monde ?

Les socialistes ou Pierre Gattaz, c'est pareil. Je commence à avoir la nostalgie de Laurence Parisot, que l'on n'imagine pas sombrer dans cette ineptie. Mais le tunnel ethnique emmenait la France beaucoup plus surement vers les problèmes que l'affrontement actuel sur le code du travail. La deuxième chose est que la CGT et l'hostilité de la population face à la loi El khomri ont mis le Front national totalement en porte à faux. Depuis le début de cette crise, le FN vasouille. Si le parti socialiste pense que ses électeurs doivent lui obéir, alors on comprend leur concept de pédagogie ; c'est la stratégie du maître qui doit faire comprendre aux enfants, par l'obéissance. Le même problème de crise de représentation se pose à propos du FN. Parce que les cadres du parti sont des gens d'extrême droite, et on l'a senti au moment de la crise. Ils voulaient de l'ordre. Face à un évènement réel, les cadres du FN sont justes des gens très à droite, et ils se foutent de leurs électeurs ouvriers. Le PS méprise son électorat, mais le FN aussi. Même si Florian Philippot a fait du rétropédalage, il était déjà trop tard.

La menace que fait peser le parti socialiste à la démocratie se voit à travers son attitude face à la liberté d'expression. J'ai vraiment été touché face à la purge à l'Obs, et au licenciement d'Aude Lancelin. Non pas parce qu'elle me permettait de m'exprimer, avec d'autres, parce que je suis un enfant de l'Obs, mais j'ai vu la mise au pas de ce journal par le pouvoir socialiste. J'ai vu, presque en même temps, la suppression de l'émission de Fréderic Taddeï, "Ce soir ou jamais". Ils osent faire des choses que Nicolas Sarkozy n'aurait pas osé faire. J'ai dit des choses cent fois pires sur Nicolas Sarkozy que sur François Hollande, et je n'ai jamais eu aucun problème. Le PS est probablement plus dangereux pour la liberté d'expression que la droite. Ce n'est pas l'intolérance des gens d'extrême gauche, qui n'en auraient pas les moyens. Les socialistes sont beaucoup plus intolérants, en fait, que les gens de droite. Ce n'est pas un hasard. Si je fais la somme de ce que les socialistes ont fait, en termes de contrôle de la presse, d'inversion des valeurs de la gauche sans tenir compte de leur électorat, le bon concept est un concept violent et doux à la fois ; il s'agit du fascisme rose, le mot rose évoquant la douceur du processus.

Dans un tel climat, comment percevez-vous l'approche libérale qui se profile au travers des programmes avancés par les candidats à la primaire de la droite et du centre ?

J'ai senti une crise d'identité de la droite en voyant ses candidats perturbés par le fait que les socialistes n'avaient pas été élus pour faire ça. La droite est en pilotage automatique lorsqu'il s'agit de critiquer la CGT, ce sont des gens de droite et complètement estimables en tant que tels. Mais on sent que ce que fait le PS est un problème pour eux, cela devrait donc être également un problème pour les chercheurs.

Je peux très facilement faire un numéro sur le thème de François Hollande est "méchant" ou "débile" mais ce n'est pas le problème. Le problème est de savoir pourquoi le PS fait une politique tellement à droite, et surtout sur les implications du détraquage du système politique que cela induit. Cela passe, comme je l'ai déjà dit, par le mot "radicalisation". Il y a quelques mois, nous avions le radicalisme islamique. On le dénonçait et on le combattait. Mais aujourd'hui, selon les socialistes, tout est radicalisé. Tout le monde est en train de prendre conscience du fait que le parti socialiste, pour des raisons mystérieuses, se comporte comme un parti de droite. Mais cela produit une dérive générale de tout le système politique. Cela pose un problème existentiel d'autodéfinition à la droite classique. Tous les candidats de la droite classique font de la surenchère libérale. C'est un effet du glissement à droite du PS. La question est pourquoi ?

Quand on voit la gauche allemande, elle a fusionné avec la droite au gouvernement, la question est donc réglée. En ce qui concerne les Etats Unis, il y a le phénomène Bernie Sanders, mais il ne va pas gagner la primaire. Mais les thématiques de gauche, comme le protectionnisme et les inégalités vont être représentées à droite par le parti républicain, par Donald Trump. Avec une dose d'usage de xénophobie. En Angleterre, tout le débat sur le Brexit se passe à droite, la gauche ne participe pas au débat.

L'anomalie du système politique français est que les zones d'implantations territoriales de la droite, le bassin parisien, ou la façade méditerranéenne, sont les vieilles zones égalitaires qui ont fait la révolution française. A l'inverse, les zones d'implantation du PS sont les vieilles zones catholiques hiérarchiques, qui pensent que le pouvoir vient d'en haut. Le PS est un parti d'un genre nouveau, organisé comme l'église catholique ancienne. Avec des électeurs qui votent, des députés qui se foutent de ce que votent les électeurs, où les cadres supérieurs du PS se foutent de savoir ce que pensent les députés, et le Président et ceux qui l'entourent se foutent de ce que pense le reste du PS. Il y a, en France, une sorte de détraquage général qui fait que la droite, d'après son implantation territoriale, devrait passer à la gauche du PS. Il y a une erreur de positionnement. L'ensemble des paramètres sont extrêmement volatils. Il y a un an, nous étions dans le terrorisme islamiste et on célébrait l'union nationale, un an après, on est dans la lutte des classes et "les jeunes caillassent les flics". Il doit y avoir un sens aux choses, mais il faut avant tout constater cette volatilité. (...)

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Pour  aller plus loin :
Voir la Conférence d'Emmanuel Todd à Pont Aven, le 18 Mai 2016.