vendredi 14 juin 2013
Roland Dumas dit la vérité, Wikileaks le prouve
Aujourd'hui, le président Barack Obama a autorisé l'envoi d'armes aux rebelles syriens soit-disant pour la première fois.
Rappel : En 2011, les câbles publiés par Wikileaks ont révélé que les États-Unis finançaient l'opposition syrienne depuis plusieurs années tout en faisant mine de renouer le dialogue avec le régime de Damas.
Source : Article du CS Monitor du 18 Avril 2011 (En anglais)
vendredi 31 mai 2013
Extraits des Intellectuels intègres, de Pascal Boniface
Pascal Boniface : Comment expliques-tu
l’impunité du mensonge à laquelle on assiste aujourd’hui, le fait que
l’on puisse raconter de grosses bourdes ?
Emmanuel Todd : C’est quelque chose qui me fascine. Personnellement, je vis dans la terreur de faire des erreurs en termes de recherche scientifique. J’ai peur d’avoir tort dans des faits ou des interprétations. Quand je vois certains de ces intellectuels médiatiques, lorsque j’entends ce qu’ils disent et la façon dont ils sont démentis, je me dis que si j’avais fait des trucs pareils, je me suiciderais de honte. Mais ce laxisme, cette complaisance envers soi-même font partie d’une évolution des mœurs qui dépasse tout à fait le monde intellectuel.
Je
ne veux pas qu’il y ait de malentendu. Je n’ai pas la nostalgie du
passé sur le plan psychologique et moral. Je pense que les gens sont
aujourd’hui tout autant moraux qu’autrefois. Les gens ordinaires sont
même beaucoup plus ouverts. L’élévation du niveau de conscience, de la
capacité de communication, de la tolérance envers autrui sont dans les
milieux populaires un phénomène massif. On l’a un peu oublié, les
ouvriers avaient autrefois des difficultés à exprimer leurs émotions,
étant parfois proches d’états schizoïdes – je n’ai pas parlé de
schizophrénie. L’élévation du niveau culturel, la remise en question des
schémas autoritaires, l’équilibrage des rôles masculin et féminin ont
mené l’ensemble de la population à un état psychique et moral très
supérieur à ce qu’il était autrefois. Cela a toutes sortes de
conséquences sociopolitiques positives : l’incapacité à concevoir la
guerre notamment, qui est assurément une bonne chose même si c’est
parfois embêtant lorsque le monde extérieur la conçoit toujours. Reste
que l’un des corrélats – transitionnel j’espère – de cette révolution
psychologique a été l’affaiblissement d’un certain type de rigueur
intellectuelle ; je suis en train de parler de permissivité.
Certes Mai 68 a été pour moi un bonheur extraordinaire, on s’est
marrés comme des fous, et à partir de Mai 68 la société a en gros bien
évolué comme je le disais juste avant. Mais pour le coup on peut
reprendre la leçon d’Aron : on n’a rien sans rien, un phénomène n’est
jamais complètement bénéfique. La libération des mœurs, qui est une
bonne chose, s’est accompagnée d’un certain type de relâchement de
l’autodiscipline morale en milieu intellectuel. Ce n’est pas la peine de
le nier. On le voit dans le rapport à l’argent et dans une tolérance à
des comportements intellectuels indignes : les gens font des plagiats,
se font prendre et ne se suicident pas. Et ils recommencent. C’est tout à
fait stupéfiant.
Tout ça, c’est le livre que je n’écrirai pas parce que je ne m’intéresse pas suffisamment à ces gens pour leur consacrer de l’énergie. Mais si je travaillais là-dessus, j’essaierais de – c’est ce que d’instinct je commençais à faire – trouver une explication socio-psychologique dans laquelle je mettrais en parallèle tout le bien que les évolutions psychiques ont pu faire dans les milieux populaires et les dégâts qu’elles ont pu faire dans le monde intellectuel. Mais ne dramatisons pas. Je vous jure que les historiens restent aussi sérieux et fiables qu’avant.
Et je complète ce schéma sur les évolutions récentes en rappelant que la « déconographie » philosophique est en France un phénomène fort ancien, qui a fait le lit des délires actuels. La philosophie française a été, durant tout le xxe siècle, et plus tôt encore, remplie de propositions – sur l’être, le néant, l’étant, etc. – dépourvues de sens mais qui se prenaient pour des découvertes métaphysiques. « Je pense donc je suis » et toute cette sorte de chose : tautologie, nonsens, poésie ? Peut-on humainement exiger une rigueur morale absolue de gens qui ont réussi un concours parce qu’ils ont su pasticher ces âneries ? Il y avait depuis longtemps une fragilité constitutionnelle dans la pensée française.
Source : Jolpress.com
Emmanuel Todd : C’est quelque chose qui me fascine. Personnellement, je vis dans la terreur de faire des erreurs en termes de recherche scientifique. J’ai peur d’avoir tort dans des faits ou des interprétations. Quand je vois certains de ces intellectuels médiatiques, lorsque j’entends ce qu’ils disent et la façon dont ils sont démentis, je me dis que si j’avais fait des trucs pareils, je me suiciderais de honte. Mais ce laxisme, cette complaisance envers soi-même font partie d’une évolution des mœurs qui dépasse tout à fait le monde intellectuel.
Tout ça, c’est le livre que je n’écrirai pas parce que je ne m’intéresse pas suffisamment à ces gens pour leur consacrer de l’énergie. Mais si je travaillais là-dessus, j’essaierais de – c’est ce que d’instinct je commençais à faire – trouver une explication socio-psychologique dans laquelle je mettrais en parallèle tout le bien que les évolutions psychiques ont pu faire dans les milieux populaires et les dégâts qu’elles ont pu faire dans le monde intellectuel. Mais ne dramatisons pas. Je vous jure que les historiens restent aussi sérieux et fiables qu’avant.
Et je complète ce schéma sur les évolutions récentes en rappelant que la « déconographie » philosophique est en France un phénomène fort ancien, qui a fait le lit des délires actuels. La philosophie française a été, durant tout le xxe siècle, et plus tôt encore, remplie de propositions – sur l’être, le néant, l’étant, etc. – dépourvues de sens mais qui se prenaient pour des découvertes métaphysiques. « Je pense donc je suis » et toute cette sorte de chose : tautologie, nonsens, poésie ? Peut-on humainement exiger une rigueur morale absolue de gens qui ont réussi un concours parce qu’ils ont su pasticher ces âneries ? Il y avait depuis longtemps une fragilité constitutionnelle dans la pensée française.
Source : Jolpress.com
mercredi 22 mai 2013
Todd dans la blogosphere (II)
"(...)
je lis le livre d’Emmanuel Todd et d’Hervé Le Bras, leur grande enquête sur les racines de la France (Le mystère français,
ndlr). Je trouve que ce sont sans doute les auteurs – avec quelques
autres mais peu – les plus prolifiques sur l’analyse de notre pays.
C’est un travail très riche et insuffisamment pris en compte par les
politiques." Jean-Marie Le Guen, député de la 9e circonscription de Paris
Suite des lectures toddiennes, par beau temps (...?) :
- Suivons les traces de la pensée toddienne avec Jean-Louis Prat dans Ragemag :
Sur les premiers écrits d'Emmanuel Todd
- Le retour en fanfare du toujours excellent Yann dans son blog Le Bon Dosage :
Laissons l'Allemagne mourir seule
Suite au prochain épisode...
samedi 18 mai 2013
Todd dans la blogosphère
- Un excellent texte de Simon Fulleda pour Ragemag à propos du mythe de la montée perpétuelle du Front National :
Montée du Front : l’illusion
- une analyse du débat Todd/Quatremer chez Taddei par le blogueur Jcg :
Jean Quatremer versus Emmanuel Todd
Bonne lecture!
mercredi 8 mai 2013
'L'Europe en 2013' par Emmanuel Todd
Pour plus de détails lire l'article de Xipe Totec et l'interview de Todd dans Marianne
vendredi 3 mai 2013
Londres : le coq géant de Trafalgar, un coup des Français?
![]() |
| Le fier gallinacé défiant Nelson à Trafalgar Square. Shocking indeed! |
Un coq bleu de 4,20 mètres de haut est au coeur d'un début d'incident diplomatique. Le projet d'installation en plein coeur de Londres, sur Trafalgar square, d'un coq géant de couleur bleu cobalt - créé par une plasticienne allemande, mais symbole selon ses critiques d'une France conquérante - n'est pas du goût de tout le monde au Royaume-Uni. L'audacieuse pièce d'art, qui n'est pas sans rappeler Footix, la mascotte de la Coupe du monde 1998, serait installée dans un lieu de mémoire de la victoire de l'Empire britannique sur Napoléon. Le conseil municipal de Westminster doit entériner sous peu l'érection de la sculpture en fibres de verre , sortie de l'imagination de Katharina Fritsch, qui a exposé dans les plus grands musées d'art moderne du monde. Son gallinacé a été sélectionné pour orner à compter du 20 juillet «le 4e piédestal» de l'esplanade touristique londonienne. Ce 4e socle, conçu pour recevoir une statue équestre, est resté vide pendant 150 ans. Depuis 1998, il accueille à tour de rôle l'oeuvre d'artistes contemporains, le plus souvent controversés. La création de Katharina Fritsch a les faveurs de la municipalité, qui a paru balayer les critiques en mettant en avant «l'intérêt du public».
Un symbole du chauvinisme ou une oeuvre d'art ?
Au nombre des opposants figure la Thorney Island Society, association de défense du patrimoine, reconnue d'intérêt public. Dans une lettre aux élus municipaux, elle a jugé le projet «parfaitement inapproprié», réfutant l'argument de Mme Fritsch selon lequel «le coq est un symbole du renouveau, du réveil et de la force». L'association y voit surtout un symbole du chauvinisme gaulois, d'autant plus malvenu que Trafalgar square est avant tout célèbre pour sa statue de l'amiral Nelson, juchée sur une colonne. Le héros national est universellement connu pour sa victoire sur la flotte napoléonienne à la bataille de Trafalgar, le 21 octobre 1805. La presse britannique est divisée sur le sujet, la chroniqueuse Culture du Guardian, Charlotte Higgins, défend cet oiseau «gros, bleu, drôle, bizarre et surréaliste» qui «va remonter le moral des Londoniens». Le London Evening Standard cite un membre du conseil municipal de Westminster dubitatif : « Je me demande comment Nelson aurait réagi à son retour de la bataille en voyant cet emblème français fièrement planté dans le centre de Londres» [NDLR : Faudrait déjà qu'il en soit revenu vivant!]. Enfin, la BBC explique que la place Leicester Square ou St James's Park seraient plus appropriés. (...)
Lire la suite sur : Le Parisien.fr
mardi 16 avril 2013
mercredi 10 avril 2013
Todd : "L’austérité n’est pas la vertu, c’est la réduction de l’Etat à sa fonction de serviteur de la dette, et la dette, c’est l’argent des riches !"
Extraits :
Seriez-vous nationaliste, comme on vous en a accusé ? Et germanophobe ?
« C’est ridicule… Je ne dis pas que la France est merveilleuse, je dis qu’elle existe. Je ne dis pas que l’Allemagne est atroce, je dis qu’elle existe, comme les autres nations européennes. Et de la même manière que les régions françaises ne convergent pas, les pays européens non seulement ne convergent pas, mais divergent. Comment imaginer que la France, qui produit deux enfants par femme, va un jour ressembler à l’Allemagne, qui en produit 1,4 – un écart qui n’a jamais été aussi important ?
Or, l’euro a justement été construit sur l’hypothèse d’une convergence des sociétés. Il est donc aisé de comprendre pourquoi la zone euro est en train de se fragmenter, avec des pays qui perdent pied, et d’autres qui se portent bien. Les rapports de force entre sociétés sont une réalité qu’il est absurde de nier. Ou alors on refuse le monde réel, on construit l’euro – et après, on ne s’étonne pas que ça ne marche pas ! »
Vous avez appelé à voter pour François Hollande, voyant en lui « un nouveau Roosevelt », évoquant l’avenir d’un « hollandisme révolutionnaire »… Vous ne le regrettez pas ?
« Non, car il nous a débarrassé d’une droite folle, qui cherchait une issue à son impuissance dans la désignation de boucs émissaires. Mais alors, les vrais problèmes apparaissent à nu : la débâcle économique de la France. Tous les voyants sont au rouge, en France et en Europe. Et la crise de Chypre a fait prendre conscience aux peuples de l’incompétence des gouvernants : un Pierre Moscovici est sans doute sympathique, mais il n’est pas au niveau pour comprendre ce qui se passe dans la zone euro.
Si je suis honnête, je dois reconnaître que la dernière prestation télévisée de François Hollande ne me rend pas optimiste. La politique du gouvernement est vouée à l’échec. L’euro est en train de détruire l’industrie française, et il détruira aussi François Hollande. Sauf que la messe n’est pas dite… J’ai parlé de "hollandisme révolutionnaire" en précisant qu’il n’apparaîtrait qu’après une période de conformisme débouchant sur un échec cinglant. Or on n’en est qu’au début : dans trois mois, ce sera pire, dans six mois, pire encore… La question devient : Hollande aura-t-il encore assez d’autorité pour imposer un revirement ? Le président français est le dirigeant du monde occidental qui, selon les institutions, a le plus de pouvoir, mais son pouvoir est devenu une fiction, il a été annulé par l’euro. Sortir de l’euro serait pour François Hollande la seule manière de reprendre le pouvoir – ce que je lui ai récemment dit, en tête à tête, mot pour mot. »
Et quand vous voyez l’ancien ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, pris avec un compte en Suisse ?
« Je trouve formidable qu’il ait été pris ! Car ce n’est pas seulement un homme qui a été pris, mais un système. Le ministre qui s’occupait du budget, de l’austérité, notre Monsieur la Vertu, apparaît comme un pourri ayant un compte en Suisse. Et c’est la règle : les professeurs d’austérité à travers l’Europe sont des gens qui ont un rapport particulier avec l’argent des riches : Mario Monti (l’ancien président du Conseil italien) et Mario Draghi (président de la banque centrale européenne) ont eu des liens avec Goldman Sachs (la banque d’affaires américaine impliquée dans la crise financière). L’austérité n’est pas la vertu, c’est la réduction de l’Etat à sa fonction de serviteur de la dette, et la dette, c’est l’argent des riches ! »
L'interview en entier sur Le Républicain Lorrain
lundi 25 mars 2013
Apprendre à écrire ? ...Ça sert à rien.
Apprendre à écrire bientôt optionnel dans les écoles de 45 Etats américains
45 États américains vont rendre l’apprentissage de l’écriture manuscrite optionnelle à l’école.
L’apprentissage de l’écriture à l’école ne sera peut-être plus qu’un lointain souvenir, prévient la journaliste Émilie Lanez dans l’édition du Point du 21 février. À l’heure ou nous envoyons des mails, textos ou messages tchats au détriment de belles lettres manuscrites, est-il toujours légitime d’apprendre à écrire à l’école ? La question peut surprendre. Pourtant aux États-Unis, elle a déjà été tranchée : d’ici 2014, l’écriture manuscrite sera un enseignement optionnel dans 45 États américains. À la place, sera privilégié l’apprentissage de … Word. Après tout, en Grande Bretagne d’après un sondage, 40% des citoyens déclarent n’avoir rien écrit à la main depuis 6 mois.
Pour Monica Baerg, 16 ans, élève au lycée d’Arcadia en Californie, interrogée par AP, écrire en attaché, ça ne sert à rien. Les devoirs sont systématiquement tapés à l’ordinateur. Quand Monica est forcée d’utiliser un stylo, elle écrit en lettres d’imprimerie. « Personne ne nous a jamais forcés à utiliser l’écriture cursive, donc c’était pénible de mémoriser les lettres« , raconte cette adolescente… qui a cependant des difficultés à déchiffrer ce que ses parents écrivent.(...)
La suite sur MEGAMAG.fr
jeudi 21 mars 2013
Julian Assange: "Obama est un cyberterroriste"
A 41 ans, cet Australien est passé en quelques mois du statut de simple programmeur informatique surdoué à celui d'ennemi des Etats-Unis: depuis juillet 2010, WikiLeaks, le site Internet qu'il a fondé, a dévoilé des centaines de milliers de télégrammes diplomatiques américains et de documents confidentiels en tout genre. Voilà neuf mois que Julian Assange vit reclus dans l'ambassade d'Equateur à Londres, afin de ne pas être extradé par les autorités britanniques vers la Suède, où il est accusé de viol. Dans son ouvrage, il appelle les citoyens à se défendre contre la disparition progressive de leur intimité, que les réseaux sociaux et Internet auraient rendue accessible aux grandes entreprises et aux Etats. Coécrit avec l'Américain Jacob Appelbaum, figure du logiciel libre, l'Allemand Andy Muller-Maguhn, porte-parole du Chaos Computer Club, le plus grand regroupement de hackers européens, et le Français Jérémie Zimmermann, de la Quadrature du Net, une association libertaire, s'agit-il d'un cri d'alarme salutaire... ou d'un délire paranoïaque?
Pour avoir fourni des documents militaires à WikiLeaks, le soldat Bradley Manning est inculpé. Vous-même êtes cloîtré dans une ambassade. Avez-vous perdu votre guerre?
Non, nous l'avons gagnée. Rappelez-vous, les Etats-Unis ont fait une déclaration publique très précise à notre sujet. Le procureur des armées, Joe Morrow, a expliqué en 2010 que leur objectif était de détruire toutes les publications passées concernant des informations militaires diffusées par WikiLeaks et d'empêcher la parution de nouvelles. Trois ans plus tard, non seulement, rien n'a disparu, mais nous avons poursuivi nos opérations. Le monde entier nous le demandait et nous avons répondu présent. Les Etats-Unis ont échoué sur toute la ligne. Quant à Bradley Manning, dans toute l'histoire américaine, jamais un soldat n'avait été placé en détention si longtemps sans être jugé. Je pense qu'il s'en sortira.
Comment faites-vous pour vivre ainsi reclus, tout en continuant vos activités?
Cela pose quelques problèmes, mais cette situation est le fruit d'un choix stratégique. Elle me laisse une grande liberté pour m'organiser et mener notre combat contre le département de la Défense américain. Mes journées, comme cela a toujours été le cas, se partagent entre mon travail, la liberté que je dois défendre, mes équipes, mon organisation et la recherche de ressources. Je veille à ce que notre contribution à l'Histoire ne s'arrête pas là.
Les Etats-Unis ne veulent pas non plus relâcher la pression. Le vice-président Joe Biden vous a comparé à un cyberterroriste...
Joe Biden et Barack Obama sont des cyberterroristes. Pas moi. Ce sont bien eux qui ont ordonné des attaques informatiques contre les installations nucléaires iraniennes grâce au virus Stuxnet, qu'ils ont financé et développé. De par sa puissance financière et technologique, la National Security Agency est la plus grande et la plus sophistiquée des institutions jamais créées à ce jour, dans le seul but de mettre sur pied des actions de ce genre.
Vous arrive-t-il de regretter votre action?
Jamais. (...)
Lire la suite sur L'express.fr
mercredi 13 mars 2013
Myret Zaki rencontre Jacques Cheminade
Les banques centrales fabriquent l'hyperspéculation et l'hyperinflation
mardi 12 mars 2013
La solidarité palestinienne est-elle une zone occupée ?
Une fois impliqué dans la solidarité palestinienne, il faut accepter que les Juifs, ainsi que leur souffrance, sont spéciaux ; les Juifs ne sont pas comme les autres, leur Holocauste ne ressemble à aucun autre génocide et l’antisémitisme est la forme de racisme la plus horrible que le monde ait jamais connu et ainsi de suite.
Mais quand il s’agit des Palestiniens, c’est le contraire qui devient le cas. Pour une raison ou pour une autre, nous sommes censés croire que les Palestiniens ne sont pas spéciaux du tout - ils sont comme tout le monde. Les Palestiniens ne sont pas soumis à un mouvement nationaliste juif raciste et expansionniste unique, au contraire, nous devons tous convenir que, tout comme les indiens et les Africains, le calvaire palestinien est le résultat du colonialisme ordinaire du 19ème siècle – simplement encore ce même apartheid barbant.
Ainsi, les Juifs, les sionistes et les Israéliens sont exceptionnels, comme personne d’autre, alors que les palestiniens sont toujours en quelque sorte, ordinaires, font toujours partie d’un plus grand récit politique, et sont toujours comme tout le monde. Leur souffrance n’est jamais due à la particularité du nationalisme juif, du racisme juif, ou même de l’AIPAC qui domine la politique étrangère américaine ; ainsi, le Palestinien est toujours victime d’une dynamique terne et sans intérêt : générale, abstraite et totalement dépourvue de particularité.
Cela soulève de sérieuses questions.
Pouvez-vous penser à un autre mouvement de libération ou de solidarité qui se targue d’être ennuyeux, ordinaire et sans intérêt ? Pouvez-vous penser à un mouvement de solidarité qui rétrograde son sujet simplement en une exposition de plus dans un musée d’histoire d’événements matérialistes ? Je ne le crois pas ! Est-ce que les noirs sud-africains se considéraient comme étant comme tout le monde ? Est-ce que Martin Luther King croyait que ses frères et sœurs étaient intrinsèquement indiscernables ?
Je ne le pense pas. Alors comment se fait-il que la solidarité palestinienne a réussi à tomber si bas que leurs porte-parole et défenseurs se concurrencent les uns contre les autres pour voir qui peut le mieux éliminer la singularité de la lutte du peuple palestinien vers un simple rôle de tendances historiques générales tels que l’apartheid ou le colonialisme ?
La réponse est simple. La solidarité palestinienne est une zone occupée et, comme toutes les zones occupées elle doit se consacrer à la lutte contre « l’antisémitisme ». Unis avec dévouement contre le racisme, entièrement en prise avec les questions relatives au LGBT en Palestine et dans le mouvement lui-même, mais pour une raison ou une autre, le mouvement est presque indifférent à l’égard du sort de millions de Palestiniens vivant dans les camps de réfugiés ainsi que leur droit au retour dans leur patrie.
Mais tout cela peut changer. Les Palestiniens et leurs partisans pourraient commencer à voir leur cause pour ce qu’elle est, c’est-à-dire unique et distinctive. Cela n’a pas besoin non plus d’être tellement difficile. Après tout, si le nationalisme juif est par nature exceptionnel comme le proclament les sionistes, n’est-il pas naturel que les victimes d’une telle démarche raciste distinctive soient au moins, elles-mêmes, tout aussi distinctives ?
Jusqu’à présent, la solidarité avec la Palestine n’a pas réussi à libérer la Palestine, mais elle a réussi au-delà de ses rêves les plus fous à créer une industrie de solidarité avec la Palestine, et cette industrie est largement financée par les sionistes libéraux. Nous avons été très productifs dans le trimballage de militants à travers le monde afin de promouvoir le « boycott » et les « sanctions » pendant que le commerce entre Israël et la Grande-Bretagne est en plein essor et que l’Humus Tzabar est clairement apparent dans chaque épicerie britannique.
Toutes ces tentatives pour réduire le calvaire palestinien en un récit matérialiste généralisé, daté et sans intérêt doivent être exposées pour ce qu’elles sont : une tentative pour apaiser les sionistes libéraux. La souffrance des Palestiniens est en fait unique dans l’histoire, au moins aussi unique que le projet sioniste.
Hier, je suis tombé sur ceci du ministre sud-africain Ronnie Kasrils. Dans un commentaire sur l’apartheid israélien, il dit :
« C’est bien pire que l’apartheid. Les mesures israéliennes, la brutalité, font ressembler l’apartheid à un pique-nique. Nous n’avons jamais eu de Jets qui attaquaient nos cantons, nous n’avons jamais eu de sièges qui duraient mois après mois. Nous n’avons jamais eu de tanks qui détruisaient les maisons. »Kasrils a totalement raison. C’est bien pire que l’apartheid et beaucoup plus sophistiqué que le colonialisme. Et pourquoi ? Parce que ce que les sionistes ont fait et font n’est ni un apartheid ni du colonialisme. L’apartheid voulait exploiter les Africains, Israël veut que les Palestiniens s’en aillent. Le colonialisme est le remplacement d’une mère patrie par un État colonial. Israël n’a jamais eu de mère patrie, bien qu’elle puisse avoir eu quelques « mères patries de substitution ».
C’est maintenant le temps de regarder le calvaire unique du peuple palestinien. De même, il est maintenant temps de regarder les crimes sionistes à la lumière de la culture juive et de la politique identitaire.
Le mouvement de solidarité peut-il relever ce défi ? Sans doute, mais comme la Palestine, il faut d’abord, qu’il se libère lui-même.
Trad. : E&R
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