mardi 20 décembre 2011

Salah est enfin libre!

Bienvenue parmi les tiens, Salah! 

6 ans que le jeune français (et pas "franco-palestinien", il n'a qu'un seul passeport) Salah Hamouri croupit dans les cachots des prisons politiques israéliennes dans l’indifférence quasi-générale des médias de son pays (à part l'Huma), somptueusement ignoré de son propre gouvernement.
L'acteur François Cluzet avait même interpellé Copé sur France 2 à son sujet, en vain, bien sûr.
6 ans que son comité de soutien se bat avec ténacité contre ce silence scandaleux.

Entendu hier matin sur France Inter :"...la libération a été possible grâce au soutien du Quai d'Orsay et du président Sarkozy..."

Non, ne riez pas, Il sont tout à fait sérieux.

dimanche 11 décembre 2011

Roulements de tambour contre l'Iran. Mais qui donc est en train de jouer ?

Terry Jones

Le 14ème siècle a connu deux grandes épidémies. L’une fut celle de la peste noire et l’autre fut celle de la commercialisation de la guerre.

Il y a toujours eu des mercenaires, mais sous le règne d’Edward III, ils devinrent le pilier de l’Armée Anglaise, au cours des vingts premières années de ce qui allait devenir la Guerre de Cent Ans. Quand Edward signa le Traité de Brétigny en 1360 et qu’il dit à ses soldats d’arrêter le combat et de rentrer chez eux, beaucoup d’entre eux n’avaient pas de chez eux où rentrer. Ils s’étaient habitués à combattre et c’est ainsi qu’ils savaient gagner leur vie. Alors, ils se constituèrent en armées indépendantes, appelées très justement « compagnies libres », et commencèrent à écumer la France en pillant, tuant et violant.

Une de ces armées s’appelait « La Grande Compagnie ». Elle totalisait, selon une estimation, 16 000 soldats et était de fait plus nombreuse que toute autre armée nationale de l’époque. Elle alla attaquer le pape à Avignon et le pris en otage. Le pape commit l’erreur de payer les mercenaires avec de grosses sommes d’argent, ce qui eu pour conséquence de les inciter d’avantage à poursuivre leurs pillages. Il leur suggéra également de passer en Italie où ses plus grands ennemis, les Visconti, étaient à la tête de Milan. Ils s’exécutèrent sous la bannière du Marquis de Monferrato, là encore subventionné par le pape.

Le cauchemar venait de commencer. Seule la peste fût plus catastrophique que ces énormes armées de brigands qui se déchaînèrent à travers l’Europe. C’était comme si le Génie était sorti de sa bouteille et qu’il était désormais impossible de l’y faire rentrer. La guerre venait de devenir une affaire rentable. Les villes-États italiennes s’appauvrirent au fur et à mesure que l’argent des contribuables servait à payer les « compagnies libres ». Et comme ceux qui tiraient leur subsistance de la guerre souhaitaient naturellement pouvoir continuer à le faire, on n’arrivait plus à en voir le bout.

Projetons-nous environ 650 ans plus tard. Les États-Unis, sous George W. Bush, ont décidé de privatiser l’invasion de l’Irak en ayant recours à des « entrepreneurs » privés comme Blackwater, désormais rebaptisé Xe Services. En 2003, Blackwater gagna sans appel d’offre un contrat de 27 millions de dollars pour la protection de Paul Bremer, alors à la tête de l’Autorité de la Coalition Provisoire. Pour la protection des fonctionnaires dans les zones de conflit depuis 2004, la société a reçu plus de 320 millions de dollars. Et, cette année, l’administration Obama s’est engagée à payer à Xe Services 250 millions de dollars pour assurer la sécurité en Afghanistan. Et il ne s’agit que d’une société parmi tant d’autres qui tirent leurs profits à partir de la guerre.

En 2000, le Project for the New American Century a publié le rapport Rebuilding America’s Defenses, dont le but avoué était d’accroître les dépenses de défense de 3 % à 3.5 %, ou 3.8 % du Produit Intérieur Brut américain. En fait, elles représentent désormais 4.7 % du PIB. Au Royaume Uni, nous dépensons environ 57 milliards de dollars par an pour la défense, ou 2.5 % du PIB.

Tout comme les contribuables des villes-états de l’Italie médiévale, nous voyons notre argent détourné dans le business de la guerre. Toute société responsable se doit de faire des profits pour ses actionnaires. Au 14ème siècle les actionnaires des « compagnies libres » étaient les soldats eux-mêmes. Si la compagnie n’était pas engagée par l’un pour faire la guerre à l’autre, les actionnaires étaient contraints de renoncer à leurs dividendes. Alors Ils devaient chercher à créer des marchés par leurs propres moyens.

La « White Company » de Sir John Hawkwood offrait ses services au Pape ou à la ville de Florence. Si tous les deux refusaient son offre, Hawkwood faisait simplement une offre à leurs ennemis. Comme Francis Stonor Saunders l’écrit dans son remarquable ouvrage Hawkwood – Diabolical Englishman : « La valeur de ces compagnies était purement négative, et résidait uniquement dans leur capacité à maintenir l’équilibre des forces militaire entre les cités » Exactement comme ce qu’il s’est passé durant la Guerre froide.

Il y a deux décennies, je suis tombé sur une revue interne de l’industrie de l’armement. Son éditorial s’intitulait « Merci Dieu pour Saddam ». Il expliquait que depuis la chute du communisme et la fin de la Guerre froide, les carnets de commande de l’industrie de l’armement étaient vides. Mais que désormais il y avait un nouvel ennemi, et que l’industrie pouvait se réjouir de cette aubaine. L’invasion de l’Irak s’est faite sur un mensonge : Saddam n’avait pas d’armes de destruction massive, mais l’industrie de la défense avaient besoin d’un ennemi et les politiciens lui en ont fourni un.

Et maintenant, les mêmes tambours de guerre, encouragés par l’assaut de l’ambassade britannique à Téhéran la semaine dernière, résonnent pour une attaque contre l’Iran. Seymour Hersh écrit dans le New Yorker : « On tient maintenant la comptabilité exacte de tout l’uranium faiblement enrichi produit en Iran ». Le récent rapport de l’IAEA, qui a provoqué un tel tollé contre les ambitions nucléaires de l’Iran, continue-t-il, « ne contient rien qui prouve que l’Iran est en train de développer des armes nucléaires ».

Au 14ème siècle c’était l’Église qui vivait en symbiose avec le militaire. Désormais, ce sont les politiciens. Le gouvernement états-unien a dépensé en 2010 un montant astronomique de 687 milliards de dollars pour la « Défense ». Imaginez ce qu’on pourrait faire avec cet argent s’il était mis dans les hôpitaux, les écoles ou pour rembourser les prêts hypothécaires et ainsi éviter les expulsions.

Le président Dwight D Eisenhower avait saisit l’occasion lors de son fameux discours d’adieu à la nation de 1961, pour mettre en garde ses concitoyens face au danger d’autoriser des relations trop proches entre les politiciens et l’industrie de la défense.

« Cette conjonction d’une immense institution militaire et d’une énorme industrie de l’armement est un fait nouveau en Amérique » disait-il. « Au sein des conseils gouvernementaux, nous devons donc nous garder de toute influence injustifiée, qu’elle ait ou non été sollicitée, exercée par le complexe militaro-industriel. Le risque potentiel d’une désastreuse ascension d’un pouvoir illégitime existe et persistera. »

Et il existe encore. Le Génie est sorti de la bouteille, à nouveau.

Terry Jones (scénariste, acteur et réalisateur, membre des Monty Python.)

Trad. : Réseau Voltaire

vendredi 9 décembre 2011

Bourdin 2012 : Emmanuel Todd



«Soit la monnaie unique ne se fait pas, et L'Invention de l'Europe apparaîtra comme une contribution à la compréhension de certaines impossibilités historiques.
Soit la monnaie unique est réalisée, et ce livre permettra de comprendre, dans vingt ans, pourquoi une unification étatique imposée en l'absence de conscience collective a produit une jungle plutôt qu'une société».
Emmanuel Todd, Novembre 1995
(préface à la réédition de "L'invention de l'Europe")

lundi 5 décembre 2011

Echos de la Chute finale : Il avait 22 ans... Elle en avait 12...


 Un article de Tom Englehardt (TomDispatch)
 
Extrait :
[...]souvenez-vous des grands espoirs de Washington il y a seulement 10 ans : les divisions "légères" engendreraient "shock and awe" (terreur et effroi), ne feraient qu’une bouchée de l’ennemi, réorganiseraient le Moyen Orient, créeraient un nouvel ordre mondial, feraient couler le pétrole à flot, privatiseraient et reconstruiraient des pays entiers, et instaureraient une paix globale, spécialement au Moyen Orient, qui conviendrait en tous points a la seule superpuissance de la planète.
Le fait que de telles "espérances" démesurées aient reçu alors le sceau de Washington, illustre à quel point les illusions ont pu passer pour des stratégies et comment les dirigeants de toutes sortes les ont considérées comme la réalité. Et pourtant il n’y a rien d’étonnant à ce qu’une "politique étrangère" à la pointe de l’épée commandée par une armée d’une puissance technologique écrasante se révèle incapable de construire quoi que ce soit. Personne ne devrait être surpris qu’une telle armée ne soit bonne qu’à accomplir ce pourquoi elle a été faite, c’est à dire tuer et détruire.[...]

jeudi 17 novembre 2011

Echos de la chute finale : Sgt Thomas Vs NYPD


Sgt Thomas face à la tyrannie des policiers par rikiai
Aux États(soit-disant)Unis d'Amérique, le sacro-saint "American Dream" a du plomb dans l'aile. Ce n'est plus un secret pour personne, à part, bien entendu les sempiternels spécialistes-contempteurs, telle l’inénarrable Michelle Bacharan, omniprésents dans nos médias français de masse.

Des clients en colère décident un peu partout d'aller clôturer leur comptes en banque en signe de défiance envers la dictature des institutions financières. Ici, des clients de la Citibank se retrouvent séquestrés par la police de New York à l'intérieur de l'agence. Certains tentent de s'enfuir, d'autres de communiquer leurs noms et adresses à ceux restés à l'extérieur. C'est là qu'intervient le Sergent Shamar Thomas de l'US Army, qui, du haut de sa stature imposante et de sa voix tonitruante va renverser le rapport de force, mettre en déroute la maréchaussée new-yorkaise, libérer les protestataires séquestrés et nous donner au passage une belle leçon de vie.

Merci Sgt Thomas.

lundi 14 novembre 2011

Arno Klarsfeld, les Roms et les Marocains juifs


Par Dedefensa.org

L’avocat Arno Klarsfeld vient de proférer fin octobre, il y a peu de semaines, une éternité pour nous autres à l’opinion orientée selon le vecteur des petites phrases, une évidence qui non interrogée fera office de vérité aisément assimilable, slogan déflecteur de faits historiques ensevelis sous les récits d’une alliance hellène et les décombres encore fumants d’une Troie vaincue.

L’immigration de populations pauvres a pour corollaire la délinquance dans le pays receveur. Voici la thèse.

Selon l’avocaillon Klarsfeld, c’est le cas des Roms en France comme ce fut le cas des Marocains juifs en Israël.

Même si l’ignorance a été élevée au rang de vertu par l’ équipe politique dirigeante en France, rappeler les quelques éléments connus de cette saignée des juifs arabes vers l’entité sioniste au milieu du siècle dernier, ses circonstances et ses buts dépeindra sous un jour mal connu car expurgé du calendrier occidental le fait colonial israélien.

Les sources convergent pour appuyer qu’au lendemain de l’indépendance du Maroc en 1956 Mohamed V avait interdit aux juifs marocains de rejoindre la Palestine occupée. Le fils de Moulay Youssef, le sultan de substitution intronisé par la Régence de Lyautey, Mohamed qui deviendra le cinquième est connu pour s’être opposé au port de l’étoile jaune par ses sujets juifs sous les Vichyssois. Mais il ne pouvait ignorer la solidarité panarabe qui avait entouré le mouvement de libération marocain et lui avait permis son retour sur le trône. Elle recommandait de s’opposer à la colonisation de la Palestine par des européens juifs qui se déclaraient athées et socialistes.

De plus, Mohamed V souhaitait la présence de tous ses sujets pour la construction d’un Maroc nouveau et libéré, les juifs, souvent éduqués par l’alliance israélite universelle fondée par Isaac Adolphe Crémieux (1), le même qui ministre de la Justice en 1870 avait donné par décret la nationalité française aux juifs d’Algérie.
Le régime de Tel Aviv malgré l’épuration ethnique réussie par le plan Dalet (2) n’avait pas obtenu une majorité démographique juive dans les territoires conquis militairement sur les Palestiniens. Ses appels à la montée en Israël des juifs occidentaux ne trouvant pas d’échos, des opérations de psy-op bien documentées maintenant et de la plus pure veine du terrorisme de l’État sioniste furent menées en Irak et en Égypte. Elles ont visé à paniquer les Juifs arabes des pays de la première ceinture en faisant exploser des bombes dans leurs lieux de rencontre pour les convaincre de s’exiler.

Comment disposer de la réserve des 300 000 juifs marocains gardés jalousement par la Maroc, pays de la deuxième ceinture ? En 1960, le sort du Maroc n’est pas scellé. Il pouvait encore évoluer vers une monarchie authentiquement constitutionnelle avec un gouvernement issu des urnes et responsable devant un Parlement élu. L’aile gauche du parti de l’indépendance était au pouvoir et l’on s’acheminait vers une politique économique d’inspiration socialiste. L’invention très pratique d’une tentative de coup d’État et d’assassinat du prince héritier a permis des arrestations massives et la restauration de la fraction conservatrice au commandement politique. Le Mossad entre à cette occasion dans les coulisses de la scène politique marocaine puisque que ce serait lui qui aurait ‘prévenu’ ou plus précisément intoxiqué Moulay Hassan. Depuis, celui qui devint Hassan II entretiendra les meilleurs rapports avec les sionistes patents ou non, en particulier avec ceux qui deviendront des figures du journalisme français, Jean Daniel et Anne Rosenberg Sinclair. Il était généreux avec ses conseillers en communication et toujours reconnaissant pour la ‘protection’ que lui concédait le régime sioniste.

La livre de chair exigée par le Mossad pour service rendu à Hassan ben Mohamed fut celle des cent mille juifs Marocains envoyés en Israël et qui versèrent chacun entre 50 à 150 $ pour leur droit de passage au couple Oufkir-Hassan.

Une fois arrivés sur la Terre promise d’après un vieux document qui atteste de son attribution divine à une tribu qui le reçut bel et bien mais qui n’a pas su le garder, les Arabes, leur qualité de juifs disparaît dès l’aéroport de Tel Aviv, sont reçus avec de touchants égards, une douche au DTT.

Deuxième marque de bienvenue, leur entassement dans des tentes de transit qui durent et au mieux leur installation dans des banlieues vite devenues des lieux de relégation, exactement à l’image des lieux de bannissement en France, où le nom, l’aspect de la peau et l’adresse rendent inapte au travail l’émigré.
Le juif séphérade a constitué la variable démographique d’ajustement pour l’économie israélienne, précarisée, niée dans son identité et prolétarisée. Le sépharade qui avait opté de rester dans son pays d’origine eut bien meilleure condition de vie. L’exemple le plus significatif d’une réussite marocaine juive est celle de Yoel Zaoui (4), patron de la Goldman Sachs Europe depuis 2004 (5). D’autres, dont le regretté Abraham Serfaty (6) furent des antisionistes convaincus et ne renièrent jamais leur marocanité en faveur d’une identité israélienne artificielle. Assidon Sion (7) secrétaire général de la section marocaine Transparency International appelle au boycott d’Israel.

Le cantonnement dans les ghettos des Marocains a conduit à l’éclosion de mouvements politiques radicaux. Dans le sillage des mouvements contestataires de gauche dans le monde des années soixante dix, les Panthères Noires israéliennes (8) se firent connaître par nombre d’actions spectaculaires dont la plus émouvante a été la distribution des bouteilles de lait destinées aux quartiers riches ashkénazes aux enfants de la plèbe juive arabe.

Arno Klarsfeld, entre deux poudrages de nez, pourra prendre le temps de voir un documentaire présenté sur une chaîne israélienne, Channel Ten, intitulé Les enfants de la Teigne (9) mis en scène par David Belhasen et Asher Hemias. Il expose comment furent irradiés pour les besoins de la recherche (déjà bioterroriste) américaine des milliers d’enfants exclusivement sépharades. Le gouvernement des US(a) aurait versé 300 millions de livres israéliennes par an pour que des doses de rayons X représentant des milliers de fois la norme admise soient délivrées sur le crâne d’enfants de migrants arabes juifs. Ils ont été odieusement sélectionnés dans des camps de vacances sous prétexte de soins contre un parasite fungique (10).
L’État au sein duquel les juifs du monde devraient se sentir en sécurité a reconnu sa responsabilité, cependant les indemnités versées aux victimes survivantes semblent attribuées avec parcimonie.

L’officier israélien Arno Klarsfeld a servi dans l’arme qui est directement impliquée dans la répression des Palestiniens, la Police des frontières. Il a donc bien le titre qui lui donne compétence à diriger un établissement public administratif français, l’Office de l’Immigration et de l’Intégration. En 2009, l’ANAEM, agence de l’accueil des étrangers et des migrations, change d’intitulé et de fonction et devient un office ou sous ministère de l’Intégration, en parfaite harmonie copiée et collée avec le Ministère de l’Intégration israélienne.
La machinerie française s’occupe vaillamment à sécréter de l’ennemi intérieur et/ou extérieur pour cimenter une identité très mal en point sous les assauts répétés de la finance sans frontière.

Badia Benjelloun

Ouverture Libre

Voir aussi : Israël invente l' Energy Drink ultime : Le Jus de fruits enrichi à l'uranium

vendredi 11 novembre 2011

11 novembre


The French soldiers are grand. They are grand. There is no other word to express it.
Arthur Conan Doyle, A visit to three fronts (1916)



vendredi 4 novembre 2011

Radioscopie avec Emmanuel Todd (1976)


Flashback : Nous sommes en 1976, Jacques Chancel reçoit le jeune historien Emmanuel Todd à l'occasion de la sortie de son ouvrage polémique "La chute finale" annonçant l'effondrement prochain de l'Union Soviétique.