mercredi 4 juin 2014

Ukraine, journée du 04.06.2014, Pourquoi il n'y a pas d'intervention militaire russe en Ukraine

Pchelkino, Donbass, Ukraine. Le 16/04/14. (Photo : C.G.D)
Aujourd'hui, je vous propose de sortir de l'actualité brulante et sanglante pour analyser froidement la situation d'un point de vue russe. Ce texte permettra de mieux comprendre pour certains, les raisons de la non-intervention russe dans le conflit en cours et donne une synthèse assez complète et lucide des enjeux géostratégiques, énergétiques et financiers qui agitent la pétaudière ukrainienne et son chaudron bouillonnant du Donbass.



Pourquoi il n'y a pas d'intervention militaire russe en Ukraine

Par le soldat Soukhov de l'Armée Rouge
Article Original (publié le 30.05.2014) : worldcrisis.ru

Le niveau analytique des discussions sur l'Internet russe est parfaitement décrit par le politologue Simon Ouralov : " Considérer que la crise ukrainienne a tourneboulé seulement l'esprit des collègues de Kiev et les a tous transformés en hystériques sanguinaires est fondamentalement erroné. Parmi les collègues de Moscou, il y en a aussi un nombre incroyable qui sont dans le même cas." 

Le but de ce texte est de prendre du recul par rapport à l'hystérie ambiante et de froidement analyser la situation en Ukraine. Je vais commencer par les éclaircissements nécessaires sur plusieurs sujets émotionnellement importants :

Pourquoi n'y a-t-il pas intervention militaire russe ?

Si ce texte avait été écrit quelques jours plus tôt , une partie importante de celui-ci aurait dû être consacrée à expliquer pourquoi l'envoi de troupes en Ukraine était inapproprié et tout simplement stupide, même après le référendum. Heureusement, le chef de la résistance à Slaviansk, Igor Strelkov, a accompli cette tâche mieux que moi : dans son message vidéo , il a décrit très clairement l'inertie de la population locale de Lougansk et Donetsk en termes de mesures concrètes pour protéger leurs intérêts contre la junte. Anticipant l'argument du référendum , je m'empresse de dire que cocher une case sur un bulletin de vote est certainement cool, mais pas très différent de cocher un "j'aime" sur Facebook comme n'importe quel bobo en col blanc. Parce qu' un "j'aime" coché à la  main sur un bulletin ne change rien . Le référendum a été une action nécessaire mais pas suffisante.

A quel point le Kremlin était-il préparé pour les événements en Ukraine et à quel point improvise-t-il  encore maintenant ?

Je vous conseille de lire ce cable de Wikileaks dans lequel il est montré que le Kremlin a clairement désigné les américains en 2008, derrière les scénarios que nous voyons aujourd'hui : "Les experts nous disent que la Russie est particulièrement inquiète du fait que les fortes divisions en Ukraine au sujet de l'OTAN, avec une grande part de la communauté ethnique russe contre l'adhésion, pourraient conduire à une scission majeure, impliquant de la violence ou, au pire, une guerre civile. Dans cette éventualité, la Russie aurait à décider d' intervenir ou pas ; une décision à laquelle la Russie ne veut pas avoir à faire face ".
Il est logique de supposer que ces développements ne sont pas une surprise pour le Kremlin et que nous sommes aujourd'hui dans une situation qui n'est pas idéale, mais a néanmoins été plus ou moins bien préparée, en quelque sorte comme un genre de " Plan E ".

Afin de comprendre ce que le Kremlin va faire , nous allons formuler des objectifs :
-Ne pas permettre l'entrée de l'Ukraine dans l'OTAN.
-Ne pas permettre la mise en place et la stabilisation en Ukraine d'un régime russophobe, ce qui suppose la dénazification.
-Ne pas permettre le génocide de la population russe du Sud-Est .Idéalement cela nécessite la mise en œuvre des trois objectifs tout en veillant, dans le même temps, à ne pas casser l'économie russe durant sa réorientation vers l'Asie et, en même temps, empêcher les américains d'atteindre leurs objectifs économiques au détriment de l'UE.

Comment peut-on réaliser ces objectifs ?

Penchons-nous sur le scénario le plus simple et voyons quelles sont les vulnérabilités et les conséquences négatives qui en découlent :

Ainsi donc, l'armée de la Fédération de Russie entre en Ukraine ,
atteint Kiev en quelques jours, et prend alors possession de toute l'Ukraine . Les "patriotes" sont en liesse , il y a des défilés sur la rue principale Khreshchatyk de Kiev , etc...

Il semble que les trois objectifs ont été atteints , mais les problèmes suivants se posent :

    1 . Au sein de l'UE, dans laquelle les élites d'affaire européennes tendent actuellement à faire pression sur leurs politiques afin de mettre le frein sur les sanctions , le " parti de la guerre " (alias " Party USA " , ou pour être plus précis , " Parti de la Pax Americana " ) emporte immédiatement l'adhésion. De véritables sanctions sont appliquées contre la Fédération de Russie , qui ont leur effet le plus terrible sur l'économie européenne , qui entre immédiatement en récession . Mais il n'y a aucune raison de se réjouir.

    Dans ce contexte , les Américains poussent plus facilement à la signature de leur variante de partenariat transatlantique pour le commerce et l'investissement - un accord commercial qui fait de l'Union un appendice de l'économie américaine . Les négociations à ce sujet sont en cours en ce moment même , et l'entrée de troupes de la Fédération de Russie en Ukraine serait un énorme cadeau aux Américains . Les sanctions contre la Russie détruiraient les affaires en Europe et les barrières commerciales européennes avec les États-Unis sauteraient. À la fin de tout cela : l'UE se retrouve dans une sorte d'état d'après-guerre . Les États-Unis contrôlent les marchés européens , pour lequel ils n'ont dorénavant plus de concurrence ( ni plus aucun risque d'en avoir ) . La Fédération de Russie est en mauvaise posture . Ne pensez vous pas que quelqu'un qui se retrouve dans cette situation est un couillon , si ce quelqu'un n'est pas les États-Unis d'Amérique ? Par ailleurs , il est inutile d'examiner les arguments selon lesquels les politiciens européens ne permettront pas leur propre suicide économique . Les Euro-bureaucrates sont capables de cela et bien plus encore , la pratique l'a amplement montré .

    2 . Outre le fait que le Kremlin rendrait service à Washington , nous devons regarder la situation en Russie même :

    • Si les sanctions contre la Russie sont appliquées avant que le méga contrat gazier de 30 ans avec la Chine soit signé , la Chine sera en mesure de négocier le prix en position de force. Pratiquement à partir d'une position de chantage ( ce que la Chine est déjà en train de faire , mais qui n'est pas si évident ) .
    • Si les sanctions contre la Russie sont appliquées avant que le méga contrat pétrolier avec l'Iran soit signé , par lequel Rosneft sera en mesure de contrôler 500 000 barils de pétrole supplémentaires par jour , l'Iran sera en mesure de négocier le prix en position de force.
    • Toutes les tentatives ultérieures pour signer des contrats commerciaux , même simplement des importations dont nous avons besoin , deviendront extrêmement coûteuses.
    • Si les sanctions sont appliquées avant la signature de l'accord de la Communauté Économique Eurasienne , imaginez les arguments que cela donnera à Loukachenko et Nazarbayev [ présidents de la Biélorussie et du Kazakhstan ] pour tordre le bras de Poutine lors des négociations . Encore un peu , et Moscou devra payer pour vendre son propre pétrole afin de pouvoir mettre en place la CEE .

    3 . La Fédération de Russie devra prendre à son compte la responsabilité du redressement de l' économie ukrainienne , de la dénazification ( où va-t-on trouver le nombre nécessaire de dénazificateurs ? Si quelqu'un a oublié , selon Okudzhava [ célèbre chanteur -compositeur-interprète ] , ce sont les commissaires aux casques poussiéreux qui s'inclinèrent devant les héros morts de la guerre civile ) , mener la lutte contre des groupes compacts de nazis ukrainiens , qui seront soutenus et alimentés depuis l'étranger .

    En résumé , il est clair que dans ce scénario , les grands gagnants sont les Etats-Unis et la Chine . La Russie est laissé seule avec un sentiment de profonde satisfaction morale , les problèmes économiques et les malédictions des «généreux» ( schiryh ) Ukrainiens qui seront forts mécontents de " vivre sous l'occupation " .

    Voici le calendrier de nos points vulnérables primaires :

    1. contrat sur le gaz naturel avec la Chine - Mai-Juin ( signé le 21 mai ! )

    2. Contrat pétrolier avec l'Iran – cet été (c'est pourquoi les Etats-Unis ont levé l' embargo , car Rosneft a une influence sur BP mais pas sur Exxon Mobil. Où va le flux de pétrole ? vers la Chine.) 

   
    3 . Important ! Les élections européennes, où les eurosceptiques (alliés de la Fédération de Russie) recevront de nombreux suffrages. Après les élections , une nouvelle Commission européenne sera mise en place , avec laquelle il sera plus facile de travailler - Le 25 mai est encore plus important ! Si le contrat gazier avec la Chine est signé , les députés nouvellement élus seront alors plus disposés à discuter du gazoduc South Stream.

    4 . Rassembler tous les documents / autorisations nécessaires etc. pour la construction du gazoduc South Stream - mai

    C'est ce que l'on peut voir à l' œil nu, mais il y a d'autres aspects qui sont très importants pour lesquels il est difficile d'établir un calendrier précis :

    1 . Transition vers les transactions en roubles pour l'énergie ( pétrole et gaz ) - . Ce n'est pas du gâteau , il existe des contrats à long terme qui ne peuvent être réécrits de manière unilatérale . Un long travail est nécessaire pour les échanger avec de nouveaux contrats ou modifier ceux qui existent déjà .

    2 . Transition vers la fixation des prix du pétrole et du gaz en roubles au sein des marchés russes- . Cela représente une quantité effroyable de travail , pour la bonne et simple raison que personne auparavant n'a jamais vraiment essayé de faire quelque chose comme ça.

    3 . Un système de paiement autochtone

    4 . Préparation des substitutions d'importation c'est-à-dire améliorer nos relations avec les fournisseurs asiatiques (pas en mode d'urgence)
 

 La liste peut et doit être allongée ; c'est ce que je vois , mais le Kremlin a certainement un point de vue plus large.

 Ajoutons maintenant plusieurs initiatives intéressantes du ministère russe des Affaires étrangères , qui agit beaucoup. Par exemple , le vice-ministre Karasin était à Doha [ capitale du Qatar ] , le 6 mai , pour une réunion avec toute l'élite du Qatar. Les résultats , selon mon jugement , sont effarants. Selon les déclarations du ministère , l'émir du Qatar a déclaré qu'il apprécie " la politique convaincante et cohérente de la Fédération de Russie dans les affaires internationales et régionales " , ce qui est très inattendu venant d'un pays qui n'est pas simplement un allié des États-Unis , mais un partenaire politique d'Exxon Mobil au Proche-Orient et un adversaire à 100% de la Russie en Syrie. Mais le mystère s'explique aisément , le rêve américain d'inonder le monde entier avec son gaz naturel bon marché est une condamnation à mort pour le Qatar et son élite. Sans des prix du gaz exorbitants , le Qatar perd non seulement ses espoirs de grandeur régionale , mais n'est plus qu'un cadavre. Doha se réoriente donc rapidement et propose quelque chose d'intéressant : "dans le même temps , il a été proposé d'accélérer la coordination au sein du Forum des pays exportateurs de gaz ( FPEG )" , dont le prochain sommet Sera (quelle coïncidence !) au Qatar. Le FPEG est une organisation qui comprend des pays comme la Russie , l'Iran , le Qatar , le Venezuela , la Bolivie et d'autres exportateurs , et que le Kremlin a longtemps mais en vain tenté de transformer en un équivalent
de l'OPEP pour le gaz naturel. Il est en effet possible que l'heure d'une entente potentielle sur le gaz soit enfin venue. Tout d'abord , les trois principaux exportateurs de gaz naturel , la Russie , le Qatar et l'Iran , ont des intérêts très similaires et peuvent travailler ensemble afin de se partager à la fois le GNL [ gaz naturel liquéfié ] et les marchés du gaz par gazoduc. Un tel cartel du gaz , même dans une configuration minimale ( seulement la Russie , le Qatar et l'Iran ) contrôlera au minimum 55 % des réserves mondiales de gaz et aura la possibilité d'influencer sérieusement les marchés de l'énergie de l'UE et de l'Asie. Bien sûr, un tel projet aura de nombreux problèmes ; il rencontrera de la résistance , personne ne peut garantir que tout fonctionnera parfaitement , mais il est important de voir que Moscou cherche activement des opportunités d'acquérir des avantages stratégiques supplémentaires dans la bataille avec les Etats-Unis.

    Ainsi, je l'espère, il est maintenant clairement établi pourquoi le Kremlin cherche à gagner du temps en Ukraine, et pourquoi c'est important.

    Revenons à des questions directement liées à l'Ukraine et notons que même la mise en œuvre de tous ces projets importants de politique étrangère ne va pas aider à la réalisation de la dénazification de Kiev , ni faire en sorte que les troupes russes ou l'armée rebelle de Novorossia soient accueillis joyeusement au moins dans les régions centrales. Si l'armée de Novorossia a des problèmes de mobilisation à Lougansk et Donetsk , alors mobiliser dans les régions les plus zombifiées sera très , très difficile. Cependant, il semble que les divisions des forces spéciales du colonel Faim et de l' " hyperinflation " vont bientôt faire leur apparition aux côtés de la Fédération de Russie sur le champ de bataille , ce qui va considérablement modifier l'équilibre des forces.

    L'économie ukrainienne est détruite . Compte tenu des semis de printemps désastreux , les récoltes détruites de légumes (dues au gel) , le manque de crédit , les problèmes de gaz , la hausse des prix du carburant , on peut dire sans risque que l'économie va faire face à une certaine bête du nord , animal au gros ventre et à la fourrure épaisse. Personne ne veut donner d'argent à la junte , même le FMI , qui a fait quelques promesses pour environ 17 milliards (50% exactement de ce que doit l'Ukraine pour cette année) a inclus une " clause de sauvegarde " dans son contrat : si Kiev ne contrôle pas toutes les régions , alors Kiev ne recevra pas un sou. La faim , le froid et l'hyperinflation (causée par l'effondrement de la hryvnia) travailleront activement à affaiblir la junte et corriger les esprits des "généreux" (shchirykh) Ukrainiens . Ils ne vont certainement pas tomber amoureux de la Russie , mais ce n'est guère nécessaire. Il est seulement nécessaire qu'ils commencent à se souvenir de la période Ianoukovitch comme d'un bonbon , d'un rêve inaccessible. Le chaos inévitable et l'effondrement total des structures sociales , couplés avec une guerre civile de basse intensité , garantit que l'OTAN ne pourra pas intégrer l'Ukraine puisque l'Europe se retrouverait alors elle-même "sur les rails" , et même aux États-Unis , les politiciens plus ou moins modérés empêcheront un tel mouvement qui n'aurait évidemment aucune chance de conduire à une victoire des États-Unis , mais plutôt à entraîner le pays dans une guerre nucléaire.

 En outre , dans le contexte de l'effondrement économique total , pour les mineurs , les métallurgistes et leurs camarades qui sont maintenant si fermement agrippés à leur emploi de peur de le perdre et dans l'espoir d'aller "se réfugier dans leurs huttes à l'autre bout (du précipice)", il n'y aura plus une telle possibilité. Ils devront s'impliquer d'une manière ou une autre dans les problèmes politiques et économiques de la Novorossia. Très probablement, ils devront s'impliquer les armes à la main.

    Dans le même temps , la junte de Porochenko , imposée au pays par l'Union européenne , va maintenant avoir une forte incitation à négocier avec Moscou , à faire des concessions et offrir des compromis. Porochenko va commencer à être poussé dans cette direction par la nouvelle Commission européenne , qui a besoin de la paix à l'Est et d'un transit stable du gaz. Porochenko sera également poussé dans la même direction par les bouleversements sociaux provoqués par le Colonel Faim et le saboteur Hyperinflation.

    Tous ces facteurs , en somme , ouvrent de grandes possibilités pour le Kremlin de reformater l'ancienne Ukraine en quelque chose d'approprié pour les intérêts de la Fédération de Russie. C'est précisément ce scénario que les États- Unis tentent d' éviter , et c'est pour cette raison que les États-Unis ont des raisons sérieuses pour amener le conflit dans une phase chaude par l'utilisation de troupes et de bains de sang massifs.

    Si vous ajoutez le temps nécessaire pour que se manifeste les effets de la faim et pour résoudre les problèmes de politique étrangère en termes d'établissement de plan de travail avec la Chine , l'Iran , le désarrimage du dollar , la substitution des importations , etc. nous pouvons (très grossièrement) arriver à la conclusion que vous avez besoin d'environ 5-9 mois (ce qui mène au mois de décembre, la même échéance que M. Ianoukovitch avait essayé de négocier) pour trouver des solutions aux problèmes ukrainiens et aux autres au mieux des intérêts de la Russie. Pendant cette période , vous devez au minimum assurer le maintien de l'Ukraine dans un état de guerre civile ( c.-à- d un soutien à la résistance de Donetsk et Lougansk , mais qui soit insuffisant pour lui permettre de prendre Kiev trop vite afin de ne pas créer des problèmes supplémentaires inutiles pour vous-même) et , idéalement , de combiner la guerre civile avec de longues et paralysantes négociations au sein de l'Ukraine , avec la participation d'observateurs internationaux , quelque chose comme le format 2 + 4 , c'est à dire Porochenko + Tsarev + Russie , UE , OSCE , Etats-Unis.

    Maintenant, la touche finale. 

Ces derniers mois, les États-Unis ont fortement ralenti le travail de leur planche à billets , la diminution de ces "perfusions d'argent" ( je simplifie volontairement la terminologie ) a été de 85 à 55 milliards de dollars par mois . Beaucoup s'attendent ( exemple ) à ce que la machine soit complètement arrêtée avant la fin de cette année . Là encore, toujours ce même mois de Décembre . Cela est dû au fait que le dollar , s'il est la principale monnaie internationale , ne peut pas être imprimé à l'infini. Selon diverses estimations , les États-Unis ont presque entièrement utilisé la " capacité de ressources " du dollar qui leur avait permis de faire leurs magouilles au sein du système financier . En outre , le corollaire et la conséquence inévitable de ces magouilles est de réduire les taux sur les obligations des États-Unis , ce qui , d'une part , contribue à réduire la facture de Washington pour le remboursement de sa dette , mais , d'autre part , est en train d'étrangler le système de pension et d'assurance américain qui est construit sur ​​l'hypothèse de rendements très différents des portefeuilles d'obligations . À la fin de l'année , grosso modo, les États-Unis auront le choix entre faire sauter leur système social afin de maintenir la planche à billets , ou réduire considérablement leurs appétits afin de préserver la stabilité chez eux . A en juger par la réduction de la quantité de dollars qui sont déversés dans le système , Washington a décidé que la prévention d'une explosion sur son propre sol est plus importante que ses ambitions de politique étrangère.

    Pour compléter le puzzle, nous allons faire nos prédictions :

    - L'Amérique va essayer de toutes ses forces d'aggraver la crise en Ukraine , afin d' affaiblir la Russie et mettre l'ensemble du marché européen sous sa domination avant de devoir arrêter sa planche à billets.

    - Le Kremlin va essayer de faire passer la crise en Ukraine de la phase aiguë à la phase chronique : une guerre civile , couplée à de lentes négociations en plein effondrement économique de l'Ukraine . Dans le même temps , le Kremlin utilisera ce délai pour créer des conditions favorables à la transition vers une confrontation brutale avec les États- Unis: désarrimage du dollar , travailler avec la Chine , l'Iran , le Qatar , la création de la CEE , etc.

    - La résolution de la crise viendra en Décembre 2014, peut-être plus tôt si les États-Unis renoncent à essayer d'aggraver les hostilités .

    - Et s'ils ne renoncent pas ?

    - Alors ... la guerre ... Une grande guerre pour les ressources , parce que le "boum" du gaz de schiste s'est avéré être une simple bulle .

    Ce sujet est couvert en détail dans l'article de William Engdahl : "Washington's Shale Boom Going Bust"


(Traduction : Bertrand Gaideclin - BDD) 

2 commentaires:

  1. Existe-t'il une version Anglaise? Texte passionnant.

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  2. Décembre 2015, la crise est toujours présente et terriblement aiguë. Merci Bertrand, pour la publication de cet article.

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