jeudi 23 janvier 2014

JSSNews ressuscite les heures sombres de notre histoire

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Voici un article de Nicolas Bourgoin, démographe, maître de conférences à l’Université de Franche-Comté, membre du Laboratoire de Sociologie et d’Anthropologie de l’Université de Franche-Comté (LASA-UFC). Monsieur Bourgoin est l’auteur de trois ouvrages : La révolution sécuritaire aux Éditions Champ Social (2013), Le suicide en prison (Paris, L’Harmattan, 1994) et Les chiffres du crime. Statistiques criminelles et contrôle social (Paris, L’Harmattan, 2008).

Quel magazine peut se vanter de proférer des menaces de mort et des insultes racistes à l’encontre de personnalités et d’en appeler publiquement à la délation sans être inquiété le moins du monde par la justice ? Réponse : JSSNews, fer de lance du sionisme en France.
Ce webzine fondé en 2008 s’est fait connaître du grand public à l’occasion de sa campagne injurieuse lancée en juillet 2013 contre la sénatrice de l’Ain Sylvie Goy-Chavent qui s’est vue traînée dans la boue et traitée d’"antisémite" (voir ici).
Pratiquant un activisme idéologique et institutionnel intensif au bénéfice exclusif de la communauté juive, il n’hésite pas à utiliser des méthodes peu reluisantes : pressions sur les hiérarchies, dénonciations calomnieuses, traques, appels au meurtre et diffusion de contrevérités. Les heures sombres de notre histoire, c’est maintenant.

Le sionisme en France a son lobby (le CRIF), sa police politique (la LICRA), sa milice (la LDJ), ses relais idéologiques (Riposte laïque, Résistance Républicaine entre autres), son appareil de propagande (les medias).
Il a également son service de renseignement : JSSNews, acronyme de son fondateur Jonathan-Simon Sellem. Né en 1983, de nationalité franco-israélienne, JSS est stagiaire à la Télévision Française Juive (TFJ) de 2004 à 2006. Durant cette période, il travaille également pour le supplément économique du journal Le Monde et à Actualité Juive.
Au cours de la guerre menée par Israël contre le Liban en 2006, il dénonce une propagande des médias français à l’encontre d’Israël en se livrant à un  « plaidoyer contre la désinformation » pour justifier l’intervention sioniste et ses atrocités (voir ici).
Politiquement proche du Likoud israélien (le parti de Benjamin Netanyahu), il est en France membre du Nouveau Centre d’Hervé Morin (dont il est un ami proche) et a été en mai dernier candidat à la députation dans la 8è circonscription des français de l’étranger sous cette étiquette (voir ici).
Le 13 janvier 2013, JSS, qui considère les palestiniens comme "le peuple le plus gâté du monde" (voir ici), est invité à la convention nationale du CRIF où il disserta longuement sur les liens entre antisionisme et antisémitisme. Conclusion : toute critique à l’égard d’Israël relève de l’antisémitisme (voir ici), ce qui tombe plutôt bien puisque la vocation première de JSSNews est justement de "défendre « la communauté juive française » en luttant contre l’antisémitisme, l’anti-judaïsme et l’antisionisme".
Mais JSSNews ne se limite pas à ce travail de propagande idéologique, il mène aussi et surtout un activisme institutionnel sans failles.
Ainsi, en novembre 2012, suite aux sanctions envisagées par la France contre Israël qui avait annoncé la construction de 3.000 logements dans la zone E1, entre Maale Adoumim et Jérusalem, il a lancé une pétition pour demander à Benjamin Netanyahu l’expulsion du Consul Général de France à Jérusalem, Frédéric Désagneaux, en ces termes : « Je demande que le gouvernement d´Israël décide ipso-facto d’expulser le Consul Général de France à Jérusalem, Monsieur Frédéric Desagneaux, qui d´ailleurs a également le rang d’Ambassadeur. Puisque la France considère ce diplomate comme son Ambassadeur en Palestine, qu´il soit donc nommé à Gaza ou Ramallah mais pas dans notre capitale qu´il considère appartenir aux Palestiniens et non à Israël » (lire ici).
Quelques mois plus tard en avril 2013, JSS réclamera le départ d’Israël du proviseur du Lycée Consulaire français de Jérusalem ainsi que du Consul Général de France, en charge de ce lycée, pour avoir voulu rendre facultatif le respect de la minute de silence du jour de la Shoah (voir ici).
En juillet 2013, il s’en prend vivement à la sénatrice UDI Sylvie Goy-Chavent, rapporteuse de la « commission viande » du Sénat. Celle-ci avait été mise en place suite au scandale de la viande de cheval dans les lasagnes, pour améliorer la traçabilité des produits, notamment en instaurant un étiquetage obligatoire du mode d’abattage (voir ici). Insultée, menacée de mort par le magazine (voir ici) la sénatrice portera plainte… sans aucune suite pour l’instant. Il faut dire que cette campagne calomnieuse n’a pas suscité la moindre indignation politique à droite comme à gauche… on peut imaginer qu’il en aurait été différemment si elle avait été le fait de la communauté musulmane.
Les cibles changent, les méthodes restent : Dieudonné est menacé de mort par JSSNews (le sol va s’ouvrir sous tes pieds titre délicatement l’éditorial qu’on peut lire ici), le dessinateur Joe Lecorbeau également dont le site a dévoilé l’identité et publié certains de ses documents administratifs  (les coordonnées de sa société ainsi qu’une photo de son permis de conduire) (lire ici).
Les commentaires injurieux et racistes publiés par le journal à propos de l’humoriste valent le détour. A l’occasion de l’affaire Dieudonné, la délation est remise à l’ordre du jour : JSSNews a lancé une véritable chasse à l’homme en publiant des photos de « quenelliers » (qualifiés de "nazillons" alors que l’ambiguïté du geste – antisystème ou antisémite – reste entière) afin de les débusquer, les identifier et les dénoncer. Le nom et prénom de la personne, son email, son téléphone, son adresse – fruits du travail de renseignement réalisé par les activistes bénévoles - sont publiés avec sa photo et jetés en pâture aux internautes (voir ici). Cette véritable traque aux dissidents utilise les moyens puissants du renseignement technologique -,et a déjà fait plusieurs dizaines de victimes en France et aux États-Unis (voir ici).
En dépit de ses outrances et son extrémisme, JSSNews – tout comme la Ligue de Défense Juive dont il est politiquement très proche (voir ici) – reste un auxiliaire du gouvernement pour faire le "sale boulot" consistant à traquer les dissidents et les briser psychologiquement (en attendant de pouvoir les incarcérer purement et simplement comme le permettra la "loi anti-quenelle" actuellement préparée par le député israélien des français de l’étranger Meyer Habib – voir ici). Ainsi, le magazine sioniste entretient des liens étroits avec la presse officielle, notamment le journal Le Monde qui n’hésite pas à relayer certaines de ses informations sur l’identité des opposants (voir ici).
Leur statut d’alliés objectifs du pouvoir pour museler la dissidence politique leur assure une impunité de fait que l’on réservait autrefois aux "barbouzes".

Bourgoinblog

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