mardi 12 janvier 2010

Réflexions d'un vieux grognard


J'ai mal à mon identité nationale.

Quand je vois les entreprises de ma Nation fermer les unes après les autres pour aller chercher le profit dans des contrées lointaines où hommes, femmes et enfants vivent en état de semi-esclavage.

Quand je vois les miséreux de ma Nation crever de froid dans l'indifférence au sein même d'une des plus riches Nations du monde où l'on trouve des sommes astronomiques quand il s'agit de sauver les banquiers.

Quand je vois de jeunes hommes aller mourir là-bas, si loin de ma Nation qu'ils sont sensés défendre, aller se faire tuer en occupant une autre Nation qui ne nous a jamais rien fait pour des intérêts qui ne sont pas les nôtres.

Quand je vois le président de ma Nation faire son "jogging" moulé dans un "t-shirt" siglé "NYPD".

Quand je vois le président de ma Nation s'envoler, à peine élu, prendre des congés au pays de l'oncle Sam, pour aller en trottinant se faire tapoter affectueusement la tête par le chef de la Nation la plus belliqueuse du monde. Bon chienchien. Gentil, Médor, gentil.

Quand je vois la langue de ma Nation, si riche de beautés et de culture, devenir, lentement mais surement un patois vernaculaire, par la grâce de ceux qui sont sensés la défendre.

Quand je vois, à la place des bons petits restos de ma Nation, où j'avais mes habitudes, fleurir les "Macdos" et autres "Kentucky Fried Chicken".

Quand je vois mon petit bistrot, le "National", baisser le rideau pour laisser place à un "Starbucks".

Quand je vois mon jeune compatriote Salah, croupir au fond des geôles d'une Nation ségréga-sioniste dans l'oubli et le déni des élus de ma Nation.

Quand je vois des milliards partir en fumée pour protéger la carrière de quelques élus de ma Nation, pendant que la recherche médicale est réduite à la mendicité.

Quand je vois les élus de ma Nation oublier de célébrer Austerlitz pour aller fêter Trafalgar au pays des "angliches de Vilain Jeton" (*).

Quand je vois qu'on veut oublier l'Histoire de ma Nation dans ses propres lycées où bientôt l'on enseignera en anglais.

Quand je vois des élus de ma Nation s'exciter, pour quelques profits électoraux, sur quelques jeunes filles voilées qui ne m'ont jamais fait aucun mal.


Oui, elle est bien menacée mon identité nationale.

Je le sais.

... Mais certainement pas par ceux que l'on me montre complaisamment du doigt.


(*) "Anglais de Wellington" en argot des grognards de la Garde Impériale.

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